Les voilà, enfin, mes albums favoris sortis en 2008. Le top le plus prestigieux, ou presque, mais aussi celui qui a le moins de sens. D’autant plus qu’il me manque pas mal d’écoutes de certains pour pouvoir les inclure – peut-être – dans le top. C’est le cas de Fleet Foxes (mais peu probable, les première écoutes de leur EP ne m’ont pas convaincu), Vampire Weekend, Last Shadow Puppet, Jeronimo ou Ladyhawke. Bref, un top gratuit, un peu comme un bilan à modifier l’année prochaine, puisque j’aurai, à priori, écouté beaucoup plus de trucs de 2008 à ce moment-là !

12) N*E*R*D – « Seeing Sound »
Le groupe de Pharrel Williams est passé complètement inaperçu avec cet opus, alors qu’il contient des tueries de malades. Bon, j’admets, certains morceaux sont très mauvais, mais à côté, peut-on réellement en vouloir à cet album qui nous délivre coup sur coup « Time For Some Action », « Everyone Nose« , « Antimatter », « Spaz » et quelques autres titres tout à fait passables. Un tout bon album de N*E*R*D, donc, sans grande prise de risque, mais avec un savoir-faire indéniable.

11) Cadence Weapon – « Afterparty Babies »
Nos amis de Cadence Weapons avaient sans doute trop impressionné dans leur premier opus avec des titres comme « Fathom » ou « Oliver Square ». Du coup, à l’écoute du début de ce deuxième album, les critiques se sont sans doute arrêtés et ont pu vociférer que c’était raté. Et c’est vrai que le meilleur de l’album se trouve à la fin. Il n’empêche que des titres comme « Do I Miss My Friend » ou « Real Estate » sont assez culotés, tandis que « House Music », « Getting Dumb » et « We Move Away » sont trop puissants pour être ignorés. Moins barré que le premier opus, mais franchement efficace, cet album ne mérite pas d’être boudé comme il l’a été.

10) The Presets – « Apocalypto »
C’est quoi un grand album ? Pas « Apocalypto » des Presets, sans doute. « Apocalypto », c’est un hymne hédoniste aux années 80, à la pop synthétique qui rappelle à gros coup de vocalises « de tapettes » et de claviers dégoulinants les Pet Shop Boys par exemple. Et pourtant, sur des titres comme « My People », « This Boy In Love« , « Together » ou « Anywhere », le duo trouve une efficacité, une énergie et une forme de libération finalement assez moderne qui fait de leur musique un pantin désarticulé en grand écart entre Sebastien Tellier et Justice. Finalement assez déconcertant et original derrière une apparence de bonbon commercial formaté.

9) British Sea Power « Do you like rock music »
On avait pourtant un peu parlé de ce groupe à la sortie de leur opus précédent. Et ici, pas un mot sur l’excellent « So You Like Rock Music ». De la grandiloquence quand il en faut, des guitares, des cordes et des organons. Quand on croit que cela va tomber dans les poncifs trop usés du rock anglais facile, il y a toujours bien quelques riffs bien placés, une déferlante de batterie pour permettre au groupe de rester en équilibre sur le fil ténu du bon goût. Et puis, avec des titres comme « All In It », « No Lucifer », « Atom » ou « Waving Flag », difficile de rester insensible. L’armada anglaise au mieux de sa forme.

8) The Whip « X Marks Destination« 
J’avais déjà chroniqué cet album, je vais juste en rappeler les éléments principaux : des riffs de guitares qui fonctionnent comme des boucles, des morceaux en mélopée du côté de la voix et de la batterie, le tout renforcé par quelques claviers et samplers. Avec une capacité foudroyante de ces longs morceaux à nous vriller la tête de refrain et de riffs qui reviennent inlassablement toujours plus forts. Et puis, il y a « Trash« , « Divebomb« , « Blackout » et autres « Save My Soul », tous des singles imparables. Si le monde était bien fait, ils auraient autant de succès que Ting Tings…

7) Santogold « Santogold »
Si ça tombe, avec quelques écoutes en plus, cet album aurait encore pu grappiller quelques places. Beh oui, ça ne fait que deux semaines que j’ai découvert cette charmante galette, et déjà, je ne peux plus vraiment m’en passer. C’est aussi fou-fou que M.I.A. avec cette capacité impressionnante à digérer des influences multiples. Ce sont des titres aussi différents et puissants que « Creator », « My Superman », « I’m A Lady », « You’ll Find A Way » ou le fameux « Say Aha ». Plus une collection de titre qu’un véritable album, ces titres sont néanmoins de toute bonne facture !

6) Dan Le Sac Vs Scroobius Pip  » Angles »
Étrangement, alors que cet album était taillé pour moi, les premières écoutes ont été laborieuses. Je l’ai donc laissé tomber quelques semaine avant d’y revenir. Et là, j’ai finalement pu apprécier le flow si particulier de Scroobius Pip et les sons ciselés de Dan Le Sac. Les hommages-reprises-sampling à Dizzee Rascal (« Fixed ») ou Radiohead (« Letter From God To Man »), les délires surréalistes (« Magician’s assistant ») et les gros morceaux qui s’imposent tant grâce à la variétés des sons utilisés que par cet accent Cockney qui fait mouche (« Angles », « Development »). Le hip-hop indépendant dans sa meilleure forme.

5) The Notwist « The Devil, You + Me »
En arrivant dans le top 5, on retrouve des noms beaucoup plus cités par d’autres blogueurs et journalistes. Le dernier des Notwist en fait partie. En rendant leur pop typiquement allemande et froide plus accessible et plus vivante, The Notwist réussissent à renouer avec un succès mérité, mais dans un registre tout à fait différent de « Pick Up The Phone ». Et au milieu des morceaux plus organiques assez frappants « Good Lies », « Hands On Us » ou « Gloomy Planets », on retrouve des pépites aux sons industriels destructeurs comme « Alphabet », « Gravity » ou l’excellent « On Planet Off ». Du grand public pas vendu.

4) Beck « Modern Guilt »
Je n’ai pas bien compris pourquoi ce titre s’est souvent retrouvé mal classé dans les tops de fin d’année. Etait-ce la réminiscence du décevant « Guero » ? Ou alors cette classe étrange qui ressort de chanson tantôt très simple, tantôt faussement brouillon. Pourtant, de cette pop solaire, rien n’est à jeter. Beck retrouve avec cet album son statut de cool attitude à toute épreuve, sans renier une forme de complexité. Des titres comme « Gamma Ray » et « Replica » pourtant très différents offrent finalement des sentiments tout positifs qui sont à savourer !

3) Neon Neon « Stainless Style« 
On l’a souvent vu bien classé, mais jamais suffisamment bien pour prendre ce projet au sérieux. Et bien, ce disque-concept devrait l’être. Enchaînant des titres si proches et éloignés à la fois (« Raquel » et « Trick For Treat »), le duo offre un des albums des plus rafraîchissants de cette année. Puissant, dansant, souriant, il n’y a pas de second degré dans cet hommage aux années 80. Et quand c’est bien fait, le premier degré cras et velus, ça fait simplement beaucoup de bien. Un indispensable, réellement.

2) Yoav « Charmed And Strange« 
Là, je pense que je pourrai plus dire beaucoup sur Yoav, après ce classement. Mon coup de coeur de 2008, une pop à la guitare tellement simple que ça en devient ridicule, des émotions pour ménagères de plus de 40 ans peut-être, mais une réelle sincérité, je crois, dans ce qui est offert. Yoav m’a accompagné toute mon année avec cet album et ses titres parfaits comme « Club Thing », « Adore Adore », « Angel And The Animals » ou la reprise très réussie de « Where Is My Mind« . On entendra peut-être plus jamais parler du jeune homme (je vois mal comment il va pouvoir faire évoluer sa musique), mais il restera ce premier album d’une réalisme simple et parfait.

1) Portishead « Third« 
Est-ce que « Third » est le meilleur album de 2008 ? Objectivement, peut-être pas. Mais pour un groupe qui a modifié ma manière de percevoir et d’écouter la musique avant de disparaître pendant 10 ans et qui m’a donc incité à avoir cette attitude détestable face au come-back – le dédain – il est assez frappant de constater qu’ils ont réellement réussi à se réapproprier leur univers largement emprunté par d’autres groupes, et remettre les pendules à l’heure. Le trip-hop, c’est pas un ours en peluche dans la forêt, le trip-hop, c’est sombre, industriel, hanté. A la façon de Mezzanine de Massive Attack, le groupe a réussi à contenir toute leur rage pour offrir un diamant noir. « Silence », « Machine Gun », « Threads », « Small » ou « We Carry On » sont terrifiantes et belles. Une musique totale, qui absorbe son auditeur et le transforme, petit à petit, en cet Homme de 2008, si proche et éloigné de celui de 1998.