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Je n’aime pas particulièrement Path. L’interface est très jolie, mais je n’en vois pas l’utilité. Certes, à l’heure actuelle, créer des outils avant de trouver les problèmes qu’ils peuvent résoudre est assez dans le vent. Mais ici, j’ai surtout peur que ce soit Path qui s’en prenne un, de vent.

Bref, le but de cet article n’est pas de parler de Path en lui-même mais bien du problème de « vie privée » qu’il affronte depuis hier, lorsqu’un hacker à montré que Path aspirait et stockait tous les contacts de son iPhone via son application (sans en demander la permission, donner la possibilité de l’empêcher, et même simplement sans prévenir). Et montrer en quoi, malgré 2012, malgré les gens et leur vision stupide de la vie privée, c’est un problème pour Path.

Tous égaux devant la Loi

Sans être un spécialiste de la législation sur l’exploitation de données personnelles en Europe, il me semble assez clair que la pratique de Path enfreint les lois de plusieurs pays européens. La France en premier, avec leur schizophrénie entre flicage des internautes et protection contre l’exploitation commerciale de leurs données.

Oui, bien sur, la Loi, c’est assez oldschool en 2012. Mais bon, l’air de rien, pour une start-up qui doit pas avoir une équipe juridique pléthorique ni les moyens/temps de se lancer dans des procès à tout va, le fait de ne pas respecter les vieux textes du vieux continent sclérosés et tellement moins bien que la Silicon Valley, ça peut malgré tout vite devenir chiant.

Tous égaux devant Apple

Même si Dave Morin (co-fondateur de Path) s’en défend, je crains que l’application Path enfreint, en plus des lois, les règles d’Apple sur son store.

Je vois en effet mal comment le comportement de l’application Path peut être compatible avec les points suivant des guidelines de l’App Store.

17.1 Apps cannot transmit data about a user without obtaining the user’s prior permission and providing the user with access to information about how and where the data will be used

17.2 Apps that require users to share personal information, such as email address and date of birth, in order to function will be rejected.

Alors, oui, on peut pester sur ces sales App Stores fermés où ce qu’il y a même pas de porn. Mais bon, je doute que Path pourrait atteindre la masse critique à une plateforme sociale sans être présent sur la plateforme d’Apple.

On peut se demander comment l’application à pu passer au travers du processus de vérification sur l’Apple Store. Mais je doute que si cette version n’est pas rapidemment corrigée, Apple puisse maintenir Path très longtemps disponible, ce qui serait définitivement un problème.

Mais le plus gros problème de Path n’est pas encore là.

Des amis à qui vous pouvez fait confiance sur une plateforme de confiance

Quand on est une plateforme sociale donc les seules valeurs ajoutées par rapport à d’autres concurrents sont une interface utilisateur chiadée et un recentrage autour des relations de confiances des utilisateurs, on essaye généralement de ne pas compromettre un de ces deux arguments. Ils sont déjà bien faibles, à mon sens, et n’en avoir plus qu’un des deux est suicidaire.

Dès lors, c’est bien beau de mettre en avant « les véritables amis » avec lesquels on partage de « véritables moments en commun » et qu’on partage en toute sécurité sur Path,si c’est pour après en profiter pour exploiter le carnet d’adresse de votre téléphone pour vous suggérer de nouveaux contacts. Parce que c’est bien connu, à l’heure actuelle, les carnets d’adresse d’iPhone sont uniquement utilisés pour conserver les numéros des gens qui vous sont les plus proches, et certainement pas de vos clients, fournisseurs et autres plus ou moins inconnus croisés un soir dans un bar. Bref, l’exploitation de ce carnet d’adresse par Path me semble déjà aller à l’encontre des valeurs qu’ils tentent de véhiculer.

Mais le faire en plus sans être explicite à ce sujet auprès des utilisateurs, c’est démontrer qu’en fait, comme Facebook, tout ce qu’ils veulent, c’est beaucoup de données sur vous. Et que derrière ce discours marketing de la proximité, tout ce que souhaite Path, c’est que vous partagiez le plus de trucs avec le plus de monde pour qu’ils puissent après exploiter ces données personelles pour faire de l’argent. Bref, rien grand chose en commun avec la proposition de départ.

Je vais donc quitter Path. Non pas parce que j’en ai quelque chose à foutre que mes informations de contacts soient sur leurs serveurs (elles sont déjà publiquement disponible sur Facebook), non pas parce que cela me pose un problème fondamental que mes données soient utilisées pour faire de l’argent si cela me permets de disposer gratuitement d’un service sympa, mais par simple respect pour les contacts sur mon iPhone. Par principe aussi, ce truc de gens vraiment trop oldschool. Bon, et parce que Path, c’est de la merde et ça sert à rien.

J’adore la presse. Vraiment. Elle se surpasse tous les jours dans sa médiocrité, dans son éloignement de la réalité, dans le colportage des fantasmes contemporains. Ca n’a rien à voir avec de l’information, mais c’est quand même fort divertissant (même si je ne paierai jamais un centime pour ça).

Le truc qui va marcher aujourd’hui, dans la presse et dans les blogs à audience, c’est d’expliquer, avec capture d’écran à l’appui, comment désactiver la reconnaissance faciale sur Facebook. Et bien, je vais faire mieux, je vais vous expliquer comment NE PAS désactiver la reconnaissance faciale sur Facebook. Et en plus c’est beaucoup plus simple, tout ce que vous avez à faire, c’est NE RIEN FAIRE.

Quoi? Des dangers pour la vie privée? Ma petite dame, vous mettez votre vie privée bien en danger toute seule, sans que Facebook ait besoin de reconnaissance faciale pour cela. Entre vos commentaires aux relents racistes, vos propos de soutien à la peine de mort, votre partage de vidéo de Justin Bieber et les photos de vous en train d’allaiter votre bébé, je crois que l’information que vous diffusez volontairement sur Facebook apporte bien plus que votre nom sur une photo.

Mais pour vous rassurer, je vais quand même vous expliquer ce que fait cette reconnaissance faciale de Facebook: elle suggère à vos amis de vous taguer sur les photos qu’il publie où le système vous reconnaît. En gros, ce système va servir presque uniquement à taguer des photos de famille lors du goûter de communion du petit Kevin avec les noms de tous les membres qui sont présents, une coupette de mousseux bon marché à la main. Bien sûr, il y a peut-être des photos où vous ne souhaitez pas être tagué qui pourront l’être plus facilement par vos amis (même si, honnêtement, je ne crois pas que cela va augmenter sensiblement le nombre de ces cas de figure). Si vos amis sont suffisamment cons pour vous identifier sur une photos où vous êtes à poil en train de tirer une pipe à leur chien, sachez que Facebook vous propose de ne jamais rendre visible les photos sur lesquelles vous êtes tagué, pour personne. Sachez que vous pouvez vous désidentifier de n’importe quelle photo et que vous recevez une notification à chaque fois que vous apparaissez sur une nouvelle photo. Et enfin, sachez que si vous apparaissez sur une photo où vous préféreriez éviter d’être identifié, et bien, il vaut mieux simplement qu’elle ne soit pas sur Facebook.

Bref, s’il y a quelque chose à faire pour la vie privée sur Facebook au niveau des photos, c’est bien dans les réglages de confidentialité plus que dans des suggestions de noms pour l’identification.

Temps d’écriture: 22 minutes

J’ai vraiment envie d’écrire un article sur Facebook. D’une part parce que c’était le sujet du dernier Café Numérique, et que les présentation étaient intéressantes et variées, d’autre part parce que les déclaration du PDG de Facebook dernièrement ont pu en agacer certain. Le problème, c’est que c’est difficile de rajouter quelque chose de pertinent à tout ce qui a déjà été dit sur ce site. Et en plus, quand je parle de Facebook, j’ai toujours envie de dire « on vous l’avait bien dit ».

Honnêtement, les journalistes qui s’amusent à annoncer un changement radical de Facebook au niveau de la vie privée se foutent un peu du monde. C’est vrai que les options par défauts rendent actuellement Facebook beaucoup plus public qu’avant. Mais bon, cela ne change rien au fait que depuis le début, vous ne pouvez pas réellement contrôler ce que vous rajoutez à Facebook. Le réseau est ainsi conçu que vos contenus sont dupliqués, partagés, distribués ce qui rend impossible toute marche arrière une fois la publication. Vos contenus deviennent publics. Les évolutions successives depuis plusieurs mois (années ?) montrent que cette tendance a toujours été présente. Mais il devient urgent que les gens intègrent bien ce facteur primordial !

Maintenant, si les moyens ont changé, le fait de s’exprimer et s’étaler publiquement n’est pas neuf. Combien ne se sont-ils pas épanchés sur les libres-antennes radiophoniques, combien n’ont-ils pas fait tout pour leur minute sur RTL-TVI. L’envie d’être connu et si possible reconnu du public n’est pas venue de Facebook, l’outil répond juste à un besoin et l’amplifie de manière impressionante. Cette amplification est également un élément primordial à prendre en compte.

Et donc, quand vous dites quelque chose sur Facebook, c’est tout aussi public que si vous le disiez au micro de la RTBF. Sauf que ce passage de quelques secondes se retrouvent comme enregistré sur les cassettes VHS (ou les décodeurs Belgacom TV) de tous vos proches (et de pas mal de proches de vos proches). Plus besoin que quelqu’un soit devant son écran au moment où vous prononcez les mots, il peut les retrouver quelques heures ou quelques jours plus tard. L’effet d’amplification n’est donc pas de la même nature que les mots lachés au micro de AB3 (bon, ils font pas d’émission, mais faisons comme si), car ils vont toucher beaucoup de personne, pendant longtemps. Ils ne disparaîtront pas une fois prononcés. En fait, ils ne disparaîtront plus jamais.

Pour ces différentes raisons, il devient urgent et crucial d’offrir une éducation aux nouveaux médias aux jeunes et aux parents, mais à tout le monde également. Il ne faut pas avoir peur de Facebook, il est totalement contre-productif d’appeler au boycott face à des décisions de l’entreprise Facebook, puisque son produit répond à un besoin tellement imposant qu’un appel au boycott est aussi efficace que l’appel au boycott du chocolat. Mais il va devenir d’une nécessité absolue d’aider les gens à se servir de ces outils dans leur travail et dans leur vie privée.

En réalité, je suis d’accord avec Mark Zuckerberg, la manière dont on perçoit la vie privée évolue, et il est probable que les enfants qui surfent pour le moment sur Facebook n’auront pas la même vision que les quarantenaire qui s’y inscriront dans 1 an par dépit. Je ne crois pas qu’il soit utile de lutter contre ce phénomène (qui est finalement assez similaire en termes de changement de paradigme à ce qu’on a pu observer fin des années 60, début des années 70), je crois qu’il faut éduquer à cette transformation pour qu’on puisse en tirer le meilleur : plus de collaboration, plus de tolérance. Et plus de chatons.

  • Stratégie de communication Le Routard Textile (done)
  • Essay about financial crisis (0%)
  • English exam (20%)
  • Examen de communication corporate (25%)
  • Défense de communication marketing (50%)
  • Rapport de stage (5%)
  • Mémoire (35%)

Désolé pour ce post totalement inintéressant, mais j’en avais besoin !

Voilà, je viens de passer une heure à effacer mes photos, enlever le marquage d’autres, me désinscrire de la plupart de mes groupes et de toutes les pages promotionnelles de Facebook. Pourquoi, me direz-vous ? Et bien parce que les conditions d’utilisation du site ont changé. Rien de révolutionnaire, je n’en aurais rien su si quelques articles de blogs n’avaient pas attirés mon attention (ici, ou encore ).

Bon, c’est vrai, le fondateur de Facebook s’explique et on comprend plus ou moins où il veut en venir. Néanmoins, je reste très sceptiques quand à ces nouvelles conditions d’utilisation.

Ce qui change par rapport à la précédente version, principalement, c’est le retrait de l’obligation de Facebook de supprimer vos données du réseau si vous vous désinscrivez du site. Cela implique évidemment que vous ne pouvez pas non plus effectuer ce retrait de donnée sur demande. En d’autres termes, et comme l’explique très bien Zuckerberg, quand vous partagez une photo et qu’elle atterrit sur le compte d’un ami, l’ami en question possède alors cette photo, et Facebook aussi. En soi, ce n’est pas très grave si cela ne permettait pas à l’entreprise d’utiliser ces données à des fins commerciales même quand vous quittez le site.

Vous mettez donc en ligne un article, une vidéo personnelle, quelques photos que vous envoyez à vos amis, et Facebook pourra en profiter tant qu’il en restera une trace sur leur réseau. Partager avec ses amis, c’est donc partager avec Facebook… La comparaison avec les services de webmail n’est pas entièrement fausse, mais elle diffère sur un point très important : un service de webmail ne peut pas utiliser les contenus transmis à des fins commerciales, même si ces données sont toujours présentes sur les serveurs du service après votre désincription.

Bref, sans que cela mette en cause ma politique personnelle d’ouverture aux nouvelles technologies de la communication, à l’ouverture et au partage de donnée sur le net, cela me fait néanmoins douter du contrôle que je peux encore avoir sur les données qui transitent pas Facebook.

Plus que cela, je me suis demandé si j’avais réellement besoin de Facebook, si je ne pouvais pas simplement supprimer mon compte pour limiter les dégâts. Mais je ne crois pas que cela soit réellement une solution. Se priver d’outils efficaces et répandus ne doit pas être une réponse à une menace sur la vie privée. Je me servirai donc désormais uniquement de Facebook afin de communiquer à des personnes des informations factuelles temporaires. J’y hébergerai le moins possible de données exploitables et je conseillerais à toute personne qui produit des documents sur lesquels elles souhaitent conserver des droits de ne pas les publier sur Facebook et de les retirer dès à présent du site.

En gros, Facebook va devenir pour moi une sorte de Caramail amélioré, ce mythique service qui a fermé ses portes ce week-end… Quand on compare à l’ambition de base du réseau social, il y a un écart, ou plutôt un canyon.