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Un an après, on se rend compte d’oublis tragiques dans ces oeuvres absolues et magnifiques que sont les classements de fin d’année. Et donc, je reviens sur ces erreurs en toute humilité pour vous offrir ce qui ne doit pas être loin de mon top 2008 définitif. Mieux vaut tard que jamais.

1. Les retraits ou reculs

La plus grosse erreur de ce top 2008 est sans doute la place accordée à l’album de British Sea Power. Je ne l’ai plus jamais réécouté et souvent appuyé sur le bouton skip lorsque que les titres de Do You Like Rock Music venait à pointer leurs harmonies de guitares un peu faciles sur mon iTunes. Cet album serait donc très certainement sorti de mon classement à l’heure actuelle.

Mais au-delà de cette erreur, il y aurait beaucoup plus d’agencements dans le classement que de réelle modification en profondeur. L’album de The Whip, un peu trop passe-partout pour tenir la distance descendrait au bas du classement tandis que l’album de The Presets remonterait. De même, le haut du classement ne serait sans doute plus attribué à Neon Neon et Beck mais plutôt à Santogold et Dan Le Sac Vs Scroobius Pip qui est un album fondamental pour moi.

A noter que je me suis également réconcilié avec l’album de MGMT qui pourrait sans doute intégrer ce classement après que j’admette que Oracular Spectacular n’était pas un simple petit album pop et qu’il renferme des pépites comme « Kids », « The Youth » ou « Electric Feel ». Bref, à l’heure actuelle, et sans les nouvelles découvertes réalisées en 2009, les dix premières places de mon classement 2008 seraient :

10. The Whip « X Mark Destination »
9. Beck « Modern Guilt »
8. Neon Neon « Stainless Style »
7. The Presets « Apocalypto »
6.  MGMT « Oracular Spectacular »
5. Santogold « Santogold »
4. The Notwist « The Devil, You + Me »
3. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip « Angles »
2. Yoav « Charmed & Strange »
1. Portishead « Third »

2. Les ajouts

Mais ce classement ne pourrait pas être complet sans ajouter quelques disques qui m’avaient échappés l’année dernière. Il y a ceux que j’ai classé parmi mes meilleures découvertes de 2009 : Loney Dear, Fujiya & Miyagi et Saul Williams se retrouveraient sans doute dans le classement des albums 2008. Mais il y en a également d’autres, dans des styles que je n’ai pas l’habitude de pratiquer, ce qui explique le retard dans la découvertes de ces trois albums exemplaires de 2008.

Paul Kalkbrenner « Berlin Calling »

Je n’ai jamais été fan de la musique électronique minimale, sauf quand celle-ci réussi à avoir une âme. Tout n’est pas excellent dans cette B.O. de film, mais à l’instar de Gui Boratto, Paul Kalkbrenner réussi à rendre sa musique électronique vibrante. Certains morceaux sont exceptionnels, d’autres tombent dans les poncifs « lougne d’ascenseur ». Mais c’est réellement à l’écoute de l’ensemble de l’album qu’on peut se laisser emporter par cette musique où le froid de Berlin se conjugue avec la chaleur d’Ibiza, mais celle du petit-matin, où tous les fêtards trop drogués tombent doucement dans une trance fatiguée vers le sommeil réparateur.

http://www.myspace.com/paulkalkbrenner

Jeronimo « Mélodies démolies »

Je n’ai jamais été fan de la chanson française. A part quelques auteurs morts comme Bashung ou Gainsbourg, je suis peux sensibls aux textes écrits dans ma propre langue. Mis à part les textes de Jeronimo. Cet auteur liégeois parvient à synthétiser l’humour belge, les sentiments doux-amers si représentatifs de l’art populaire en Belgique (le cinéma en particulier – voir Eldorado) dans des textes émouvants et franchement drôle. « Heidi », « L’argent c’est Bien », « Irons-nous voir Ostende » sont des titres que j’écoute encore régulièrement pour leurs textes car il est vrai que les arrangements sont plutôt simplistes tout en étant de suffisamment bonne qualité pour ne jamais décevoir. Malgré les difficultés commerciales que rencontre le plus si jeune homme, j’espère qu’il continuera à proposer ses petites comptines belges que je n’ai jamais pu retrouver autre part que dans ses disques.

http://www.myspace.com/jeronimojerome

The Kills « Midnight Boom »

Je n’ai jamais été un grand fan de rock garage. Bien sûr, il y a eu Elephant des White Stripes, mais j’ai été peu sensible aux Strokes et leurs copies. Pourtant, j’ai toujours eu une attirance pour le groupe The Kills. Tout d’abord via Ivan Smagghe qui me faisait découvrir dans son mix pour Fabric (numéro 23) le morceau « No Wow » sur l’album éponyme auquel j’ai finalement eu du mal à accrocher. C’est donc avec soulagement que je peux enfin placer un album de The Kills dans un classement (en retard). Midnigh Boom est plus pop, mieux produit et cela me suffit pour adhérer à la voix de la chanteuse (qu’on retrouve sur le projet The Deadweathers avec… Jack White). « Cheap & Cheerful » est la chanson que j’ai le plus écouté cette année tellement son évidence pop m’a conquis, mais l’ensemble de l’album se tient ( « U.R.A. Fever », « Tape Song », « Hook and Line », « Alphabet Pony »).

http://www.myspace.com/thekills

Et pour écouter tout cela :

Le hip-hop est un style musical particulier. Si à une époque, les DJ’s semblaient tenir la vedette aux côtés des MC’s, à l’heure actuelle, c’est plutôt les producteurs qui les ont remplacés. C’est ainsi qu’une personne aussi peu charismatique que Timbaland a pu devenir une star planétaire grâce à la production de quelques stars du hip-hop puis de la pop. La comparaison n’est pas gratuite quand on s’attaque à Diplo. Si le bonhomme est loin d’avoir atteint la même notoriété que son bon ami américain, il suit une trajectoire montante qui pourrait l’amener au même point. Petit retour sur quelques projets du monsieur…

Mixtape et solo

En 2004, Diplo sort un album solo après quelques mixtapes. Cet album, Florida, est un véritable manifeste de son style, un croisement entre le hip-hop américain et baile funk brésilien. Il a réellement contribué à la popularisation des styles sud-américains aux US. Personellement, je trouve le résultat pas spécialement accessible et assez inégal, même si on sent une richesse et surtout un son personnel et novateur.

M.I.A.

La carrière de Diplo va réellement décoller en 2005 lorsque la chanteuse Sri-lankaise M.I.A. va l’approcher et lui demander de produire sa musique. En deux albums, Diplo va pouvoir faire connaître au monde son style, d’abord à la critique par le premier album de M.I.A resté assez confidentiel, ensuite au grand public avec le second album qui a pu en plus profiter de la notoriété du film « Slumdog Millionaire » qui met en avant son titre « Paper Plane ». A partir de là, Diplo va être invité à mixer le numéro 24 de la célèbre compilation Fabric.live et va être fort demandé pour remixer de nombreux artistes plutôt indépendants (Hot Chip, Spank Rock, Daedalus, CSS…) ou mainstream (Kanye West, Gwen Stephany, Justin Timberlake,…).

Mad Decent

Fort de ces petits succès et disposant apparemment encore de temps, il lance son propre label, Mad Decent, où il invite indifférement des artistes brésiliens de baile funk et des rappeurs américains indépendants. Avec ce label, il produit des podcasts et des mixtapes ainsi que des compilations tout en essayant de donner une visibilité à certains artistes pas nécessairement connu.

Santogold et Amanda Blank

Pas de quoi remplir les caisses, d’autant plus qu’il participe très régulièrement à des actions caritatives. Diplo va pourtant pouvoir profiter de quelques collaborations très fructueuses. La première qui vient en tête est évidemment Santogold qui prend la place de M.I.A. dans les révélations de l’année. On peut quand même admirer Diplo qui a placé M.I.A. dans le coeur des critiques en 2008 et leur refait le coup en 2009 avec Santogold ! Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Diplo produit également l’album d’Amanda Blank, une dame surtout connue pour ses apparitions dans les disques d’un peu tout le monde. Il sort là un album beaucoup plus assagi, beaucoup plus commercial, mais toujours très efficace.

Major Lazer

A côté de ces projets de production plus « mainstreams », Diplo se lance également dans un projet en duo avec son comparse Switch sous le nom de Major Lazer. Il s’agit ici de quitter un peu le brésil pour se rendre en jamaïque et pondre un album reggae/dub/electro/hip-hop très inspiré par la couleur locale. Le résultat est assez dansant, déroutant de vulgarité par moment, mais pas désagréable. En 2009, il sort également une compilation de ses remixs qui manque un peu de consistance malheureusement (entre un remix de Britney Spears et de Spank Rock, difficile de faire le lien).

Et après ?

Difficile de savoir vers quoi va se tourner notre ami Diplo pour la suite. On sent une envie de rester honnête au travers de projets comme MadDecent ou Major Lazer, mais on voit aussi poindre le moment où Madonna lui demandera de produire son album. Je suivrai donc avec plaisir la suite de sa carrière (sur Twitter par exemple) sans idolatrie mal placée mais avec une petite tendresse pour ce producteur encore hors normes.

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