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Cela fait un certain temps que je n’ai pas nourri la série des albums qui ont 10 ans mais qui nous paraissent si proches. Je vais aujourd’hui rattraper cela avec un album de légende pour lequel j’ai une véritable affection : OK Computer, troisième album de Radiohead, sorti en 1997 (bon d’accord, ça fait un peu plus de 10 ans, mais c’est pas grave).

Il faut savoir que, quand on me demande de citer mon groupe favori, même si je déteste cette pratique, Radiohead est sans doute le nom qui sort le plus souvent. Ce préalable annoncé, il n’en reste pas moins que l’album OK Computer reste un opus acclamé pour tous et partout. Elu à de nombreuses reprises « Meilleur disque de rock », la force d’OK Computer est en réalité de dépasser les frontière du rock et de la pop comme cela n’avait jamais vraiment été fait à l’époque. Il est également puissant par sa consistance : du premier morceau au dernier, chacun trouve sa place dans une exploration des craintes des auteurs (Thom Yorke principalement, mais également Johnny Greenwood) dans la société moderne, globalisée.

L’album s’ouvre ainsi sur le remarquable morceau Airbag où chaque instrument répond à l’autre, de la ligne de basse accidentée à la batterie épileptique, des riffs de guitares aux sons plus électroniques. Un morceau remarquable en termes de cohérence qui s’enchaîne sur Paranoïd Androïd et Subterrenean Homesick Alien, eux aussi toujours aussi bien construits et nerveux, le dernier proposant quelque chose d’un peu plus grandiloquant. S’en suit le formidable Exit Music [For A Film], qui crée une ambiance d’une tristesse insondable et effectivement très cinématique. Ce morceau mène à des titres plus assagis, Let Down et la célèbre ballade Karma Police qui est très bien faite mais respecte plus les formats classiques du genre.

L’interlude Fitter Happier qui suit, où une voix déshumanisée évoque les plus grandes craintes des auteurs, est selon moi centrale dans l’album (en plus d’être remarquable d’un point de vue sonore), car elle ouvre la voie à deux titres particuliers : Electioneering, le morceau le plus rock avec une guitares extrêmement nerveuses puis Climbing Up The Wall, morceau glauque au possible qui répond un peu au Street Spirit [Fade Out] du précédent opus. Les trois morceaux qui suivent, plus pop, oscillent entre jolies comptines au fond assez glauque (voir le clip de No Surprises) et complaintes tristes qui est sans doute l’aspect musical qui déplaît le plus aux détracteurs de l’album et du groupe.

Au final, OK Computer reste inoubliable pour certains de ses titres qui n’ont rien perdu de leur pertinence, même si d’autres se comprennent et s’écoutent maintenant plus au sein de l’ensemble du LP que seuls. Est-ce le meilleur album rock de tous les temps, comme certains magazines anglais l’ont quelques fois affirmé? Non, car ce n’est pas un album de rock. Il amène déjà en sous-teinte la plupart des éléments qui vont constituer le tournant radical de Kid A et Amnesiac, leurs deux albums suivant beaucoup plus proches de l’electronica. Il s’agit donc d’un album de transition, plus qu’un sommet duquel on ne peut que redescendre, ce qui est finalement logique pour un groupe en constante évolution.

Pour écouter

Airbag : http://www.youtube.com/watch?v=8__vHs3xcR4
Climbing Up The Wall : http://www.youtube.com/watch?v=OWibEwJLzRs
Exit Music [For A Film] : http://www.youtube.com/watch?v=iHaaZ1IwH1g

Vous la savez, d’habitude, sur ce blog, je parle de ce dont tout le monde parle ou a entendu parler. Je ne m’aventure jamais sur le véritable terrain de l’indépendant, appréciant plus de chroniquer les grosses sorties Universalesque ou des quelques gros labels plus ou moins indépendants, ou à la mode. Et bien, pour une fois, je vais déroger à cette règle, et vous parler d’un groupe belge même pas signé (vous voyez à quel point je suis « indie ») mais qui déculoterait bien tous ces petits jeunes de chez Anorak Supersport ou 62 TV Records. Ce groupe, c’est Flying Superkick, comme la prise de catch (quoi, vous la connaissez pas ?)

C’est un peu par hasard que je me retrouve à leur prestation ce jeudi 12 février au Bazaar, un resto/bar dansant dans les Marolles qui représente bien l’envahissement du Sablon de ce quartier autrefois populaire. Rien qu’au prix de la bière, on sait que le lieu n’est pas destiné aux personnes qui habitent toutes les résidences sociales du quartier… Pourtant, ce qu’on va entendre ce soir-là dans la cave habituellement plutôt dancing du lieu, c’est du gros rock un peu rétro.

Mais pas uniquement, contrairement à ce que j’aurais pu craindre. On retrouve vraiment de tout dans cette musique. Des riffs de guitare à la Radio 4 sur « The Party« , des beats électronique presque Jungle sur « What Do You Do To Me » ou la basse ronronnante à single sur « Aircrash In Stereo« , on voyage beaucoup à travers ce concert, même si la base oscille entre le rock 70’s et le métal plus moderne. Plein de références nous viennent donc à l’esprit, j’ai même pensé à « I’m Afraid Of American » de Bowie, mais on finit vite par oublier tout cela pour se laisser gagner par l’énergie. Le groupe joue bien, sans en faire trop, mais avec une maturité que ne peuvent avoir les jeunes de moins de 25 ans qui se prennent pour des rocker (non, je ne pense pas à The dIPLOMAT). La son est bon, la voix du chanteur assurée, le set est maîtrisé, on passe donc un bon moment même quand on est pas nécessairement fan de ce style de musique, ce qui est plutôt mon cas. Parce qu’au delà de l’énergie, il y a aussi des mélodies bien senties et une belle progression tout le long du concert.

Bref, si vous avez un label et que vous ne savez pas qui signer en ce début d’année, je vous suggère de jeter un oeil sur leur MySpace ou écouter les quelques morceaux de leur démo sur Blip.fm (ou sur le lecteur juste à côté)