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Le Critikakouatique est un personnage de Fred, dans sa série Philémon. Logés sur leur siège flottant, ils assaillent le bateau-théâtre voguant sur l’océan du A pour assister à sa représentation. S’ils ne sont pas satisfait, ils envoient par le fond le navire et les comédiens qui s’y trouvent.

incredule

Me voici donc à jouer aux critiques en direct théatralisé (puisque je ne fais qu’écouter un CD) pour en livrer les impressions, entre chaud et froid (je réagis à ce que j’entends, mais j’ai déjà écouté l’album auparavant). Une première expérience que j’estime concluante, et que j’espère refaire, un prochain dimanche!

Voici le résumé de l’heure passée en compagnie de Del Naja/Marshall et leurs amis:

Si ça vous intéresse, j’avais déjà parlé de cet album dans mon top 2010

20110504-073523.jpgOn ne le dira jamais assez, le rose est une couleur trompeuse. Les égarés qui la portent en chemise devraient d’ailleurs tous écouter l’album « A Brief History Of Love » de « The Big Pink » pour se rendre compte de ce que cette couleur inspire. Rien de très joyeux, en tout cas.

Évacuons tout de suite le single « Dominos » qui essaye de cacher derrière un refrain catchy la déprime profonde de ce disque. Il faut dire qu’entre les influences très Kazabian sur ce single mais aussi sur « Too young to love » (où on ressent aussi un fond Krautrock typique de ce groupe) et celles plus proche de The Verve sur « Love In Vain » (surtout dans le chant, mais aussi les arrangements que je rapproche du titre « Sonnet » de The Verve), les modèles sont loin d’être les lurons les plus gais du paysage musical anglais (quand bien même porterait-ils des chemises roses).

Le problème, c’est que je suis plutôt client de Kazabian, mais nettement moins de The Verve. Du coup, je suis assez partagé sur ce disque, qui se laisse néanmoins écouter sans déplaisir. Ça ne réinventera pas la musique, mais des titres comme « Dominos », « Too young to love », « Frisk » ou « Tonight » m’ont divertis suffisamment quelques écoutes pour que l’album ne finisse pas dans l’oubli des tréfonds de ma bibliothèque iTunes. J’ai néanmoins des doutes sur le pérennité du groupe (mais c’est ce que j’aurais dit aussi sur le premier Kazabian, donc, pour ce que ça vaut…).

Au final, ce qu’il y a à retenir, c’est que si vous pensez que porter des chemises roses vous donne l’air de businessman jeune et actif, dites-vous que pour d’autres, cela donne plutôt une image de romantique dépressif. Donc ne portez pas de chemise rose, et puis c’est tout.

Écouter des extraits sur MySpace: http://www.myspace.com/musicfromthebigpink

PS: apparemment, fin 2009, cet album était attendu. Voilà ce qu’en dit Fluctuat (mais où voient-ils du Pivot et du Massive Attack…)

Temps d’écriture: 35 minutes

Je parle encore de quelqu’un qui chante en français, mais elle chante aussi en anglais. Néanmoins, ces titres ayant le plus d’intérêt sont en fait plutôt dans la langue de Molière que celle de Shakespeare. La jeune dame en question, c’est Peau qui présente son premier album « Première Mue ». Bon clairement, il y a du bon et du moins bon dans l’album, mais c’est suffisamment intéressant pour mériter quelques lignes.

Il y a d’abord l’excellente introduction « Première Mue », un titre electro-pop soutenue par la voix murmurante de la jeune dame qui pose bien son univers. Hélas, à cet excellent titre succède celui qui crystalise l’ensemble de ce qui me déplaît dans l’album : « Kyle » et « Enola Gay ». Ca ressemble à du Charlotte Gainsbourg ou à du Emilie Simon, mais sans la personnalité et avec un accent anglais et des arrangements déplorables. Le premier dans le registre électronique, le second plus guitare.

Heureusement quelques titres viendront nous sauver : « Sensuelle », « Breathe » et surtout le titre le plus réussi du disque « Litanie » avec des arrangements plus osés et un texte un peu plus prenant que les quelques rimes riches qui nous sont proposées au début de l’album. Ces titres offre également au disque une vrai personnalité, un peu moins calquée sur celle des modèles cités plus haut (qui reste néanmoins présents).

A l’heure où beaucoup salue le travail de Mélanie Laurent, je me permets d’attirer l’oreille de mes lecteurs sur cette alternative un peu plus crédible et personnelle, que je rapprocherais au niveau de l’univers de celui de Cécilia H.

A écouter sur son MySpace, sur Deezer (même pour les belges apparemment, ce qui est rare) et à regarder par là

Temps d’écriture : 22 minutes

20110413-084030.jpgJe ne suis pas particulièrement fana du label du label Warp. Je trouve souvent leur sortie pompeuse et leur ouverture vers d’autres styles opportuniste. C’est pour cela que, lorsqu’on me dit qu’un groupe electro-pop sort son premier album sur Warp, je suis loin de me jeter directement dessus. Encore moins quand le groupe se nomme « The Hundred In the Hands ». Sérieusement, penser un tout petit peu marketing lorsqu’on choisit son nom de groupe, c’est pas interdit. Ici, le nom est long, difficile à écrire (c’est In ou And, le pluriel est sur Hundred ou Hand,…) et c’est pas particulièrement sexy.

Mais bon, tout cela ne me décourage pas totalement et je décide de jeter une oreille relativement attentive à l’album éponyme. Je me rends compte alors que tous les gens « qui comptent » dans la blogosphère musicale francophone (et anglophone aussi) en ont déjà parlé il y a 9 mois et que ma chronique a donc une pertinence proche du zéro. Pourtant, il n’y a pas de quoi d’exciter autour de ce projet.

Pour situer, c’est de l’electro-pop vintage comme elle n’a jamais été plus à la mode que depuis les années 2000. Je suis sur qu’on a comparé la musique de The Hundred in the Hands à Ladytron, et j’irai plus loin en disant que sur certains morceaux, cela se rapproche plus de Client (Dead Ending) ou même de Radio 4 sur les morceaux à la guitare sage et à la basse gentillement rebondissante, et c’est pas trop un compliment (Commotion, Pigeon).

Et puis, on sait pas trop pourquoi, certains morceaux ont un semblant de début de personnalité. Killing It et surtout This Day Is Made a un petit coté electronica pas déplaisant, même si les voix montrent là encore opus leur faiblesse. Les guitares deviennent un peu moins lisse et les compositions plus osées sur Gold Blood et surtout Dressed In Desden.

Au final, c’est parfois grossier et difficile à supporter, parfois juste peu inspiré sans que cela soit mal réalisé. Et on pourra même en retirer un ou deux titres un peu plus intéressants.

PS : certains en parlent comme de la pop/disco new-yorkaise, mais il n’y a rien de disco, et c’est pas le meilleur du panier de la scène de Brooklyn. D’autre le situe entre Dub, pop et post-punk, el là, je dois dire, je sais pas…

Temps d’écriture: 23 minutes

J’étais donc ce jeudi dernier au Botanique pour le concert de The Dø (ouais, je me fais chier à l’écrire avec le o barré, mais sans doute pas dans tout l’article). Si j’avais été complètement emballé par le titre « Slippery Slope » de leur deuxième album, le second single m’avait bien refroidi et j’y arrivai donc sans attentes démesurée.

Bien m’en a pris, car le résultat a été plutôt médiocre. Il n’y a rien de bien concret pourtant à reprocher au groupe: il joue bien, ils proposent de véritables relectures de leurs morceaux tendant vers le côté tribal/bruitiste qui me plait justement sur « Slippery Slope ». Mais le tout manque cruellement d’âme. Les interludes en percussions métalliques n’amène ni tension ni attente, juste ennui, et les solos de guitares électriques/saxophones/… en fin de chaque morceau deviennent vite rébarbatives. Sur quelques morceaux, on perçoit au loin ce que le groupe aimerait faire (Slippery Slope, On My Shoulder, Dust if Off), mais les quelques moments où leur univers arrivent à réellement nous emporter sont vite gâchés par des passages pseudo arty totalement artificiels. Ils auraient mieux fait de rester plus pop ou avoir des morceaux beaucoup plus solides pour supporter ces grands travaux.

Heureusement, ma soirée, dans l’ensemble, a été très positive pour moi. Car j’ai eu l’occasion de découvrir en première partie de ce concert « Random Recipe », un groupe québécois de musique « fusion »: deux voix, une plutôt soul et une plutôt rap, un guitariste/claviériste et un percussioniste ont réveillé une salle qui ne s’attendait sans doute pas à cela. Les influences sont nombreuses, mais ce qui ressort de la prestation, c’est l’énergie et le partage, ainsi qu’une certaine maîtrise technique. Celle-ci n’est pas suffisante pour sauver l’enregistrement studio, un peu trop plat faute d’une production à la hauteur de titres, même si cela reste tout à fait écoutable, mais est tout ce qu’il faut pour placer une excellente soirée. Je suivrai donc de loin la carrière de ce groupe (pas distribué en Europe) et je vous invite à vous rendre ce vendredi au Café de la Maison du Peuple de Saint-Gilles à 22h pour assister à leur prestation sur scène, clairement l’endroit où les titres vibrent!

Temps d’écriture : 24 minutes

Je ne suis pas, d’un coup, devenu fan de chansons en français. Mais comme dans tous les styles qu’on aime pas en général, on apprécie d’autant plus de parler de disques qui nous séduisent. C’est le cas du second album de Nicolas Fraissinet : les métamorphoses.

La force de cet album tient en quelques éléments qui, pris isolément, ne font pas nécessairement un bon disque, mais qui, mis ensembles, font la différence entre un album anodin et quelque chose de plus personnel.

Le premier élément essentiel est la cohérence du disque tout au long des 15 titres qui le composent. Il y a un véritable univers qui existe dès l’introduction. Cela amène au problème lié, le côté lassant que peuvent prendre les moins bons morceaux. Néanmoins, les quelques trouvailles sonores sur certains titres viennent judicieusement casser le flot du piano et des structures parfois trop similaires de certains titres.

Le second élément fort du disque est la voix du chanteur, très personnelle, tout comme l’interprétation qu’il réalise de ses titres. Une voix plutôt aiguë au timbre particulier, qui compense le manque de justesse et de puissance sur certaines montées par un véritable engagement.

Cette voix se pose sur des arrangements créé autours d’un piano plutôt énergique, renforcé d’éléments rock ou plus électroniques. Les structures syncopées varient entre cascades et ruisseaux sautillants, long fleuve tranquille ou rivière impétueuse. Parfois plus pop, parfois plus osées, les structures des titres peuvent, sur le milieu de l’album, un peu lasser quand la voix de Nicolas Fraissinet se fait trop souvent plaintive.

Néanmoins, l’ensemble est encore renforcé par les textes aux nombreuses métaphores, parfois alambiquées et gratuites, mais qui participent au style. Entre le single « La Métamorphose du Papillon » et son refrain assez radiophonique, la rythmique particulière de « Méduse » (indubitablement le meilleur titre du disque), le mixage ingénieux de « Fragile » et le magnifique piano-voix sur « Le sourire de ma mère », les bons titres ne manquent pas pour éviter de se noyer.

Au final, il s’agit sans doute d’un album moins facile d’accès qu’on peut l’imaginer mais qui peut séduire autant les personnes sensibles aux textes, celles plus accrocs à l’énergie comme celles qui ne jurent que par le son ou les mélodies.

Pour vous faire une idée, rendez-vous sur le site web de Nicolas Fraissinet où deux titres sont en écoute ou sur le mini-site consacré au single « La Métamorphose du Papillon »

Temps d’écriture: 29 minutes

Disclaimer: je travaille en tant que Community Manager pour Akamusic, la maison de disque sur laquelle le disque chroniqué ici est sorti. Les avis publiés sur ce blog n’engagent que moi et ne sont pas dictés par des raisons professionnelles.