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Je parle encore de quelqu’un qui chante en français, mais elle chante aussi en anglais. Néanmoins, ces titres ayant le plus d’intérêt sont en fait plutôt dans la langue de Molière que celle de Shakespeare. La jeune dame en question, c’est Peau qui présente son premier album « Première Mue ». Bon clairement, il y a du bon et du moins bon dans l’album, mais c’est suffisamment intéressant pour mériter quelques lignes.

Il y a d’abord l’excellente introduction « Première Mue », un titre electro-pop soutenue par la voix murmurante de la jeune dame qui pose bien son univers. Hélas, à cet excellent titre succède celui qui crystalise l’ensemble de ce qui me déplaît dans l’album : « Kyle » et « Enola Gay ». Ca ressemble à du Charlotte Gainsbourg ou à du Emilie Simon, mais sans la personnalité et avec un accent anglais et des arrangements déplorables. Le premier dans le registre électronique, le second plus guitare.

Heureusement quelques titres viendront nous sauver : « Sensuelle », « Breathe » et surtout le titre le plus réussi du disque « Litanie » avec des arrangements plus osés et un texte un peu plus prenant que les quelques rimes riches qui nous sont proposées au début de l’album. Ces titres offre également au disque une vrai personnalité, un peu moins calquée sur celle des modèles cités plus haut (qui reste néanmoins présents).

A l’heure où beaucoup salue le travail de Mélanie Laurent, je me permets d’attirer l’oreille de mes lecteurs sur cette alternative un peu plus crédible et personnelle, que je rapprocherais au niveau de l’univers de celui de Cécilia H.

A écouter sur son MySpace, sur Deezer (même pour les belges apparemment, ce qui est rare) et à regarder par là

Temps d’écriture : 22 minutes

Cela fait un certain temps que je n’ai pas nourri la série des albums qui ont 10 ans mais qui nous paraissent si proches. Je vais aujourd’hui rattraper cela avec un album de légende pour lequel j’ai une véritable affection : OK Computer, troisième album de Radiohead, sorti en 1997 (bon d’accord, ça fait un peu plus de 10 ans, mais c’est pas grave).

Il faut savoir que, quand on me demande de citer mon groupe favori, même si je déteste cette pratique, Radiohead est sans doute le nom qui sort le plus souvent. Ce préalable annoncé, il n’en reste pas moins que l’album OK Computer reste un opus acclamé pour tous et partout. Elu à de nombreuses reprises « Meilleur disque de rock », la force d’OK Computer est en réalité de dépasser les frontière du rock et de la pop comme cela n’avait jamais vraiment été fait à l’époque. Il est également puissant par sa consistance : du premier morceau au dernier, chacun trouve sa place dans une exploration des craintes des auteurs (Thom Yorke principalement, mais également Johnny Greenwood) dans la société moderne, globalisée.

L’album s’ouvre ainsi sur le remarquable morceau Airbag où chaque instrument répond à l’autre, de la ligne de basse accidentée à la batterie épileptique, des riffs de guitares aux sons plus électroniques. Un morceau remarquable en termes de cohérence qui s’enchaîne sur Paranoïd Androïd et Subterrenean Homesick Alien, eux aussi toujours aussi bien construits et nerveux, le dernier proposant quelque chose d’un peu plus grandiloquant. S’en suit le formidable Exit Music [For A Film], qui crée une ambiance d’une tristesse insondable et effectivement très cinématique. Ce morceau mène à des titres plus assagis, Let Down et la célèbre ballade Karma Police qui est très bien faite mais respecte plus les formats classiques du genre.

L’interlude Fitter Happier qui suit, où une voix déshumanisée évoque les plus grandes craintes des auteurs, est selon moi centrale dans l’album (en plus d’être remarquable d’un point de vue sonore), car elle ouvre la voie à deux titres particuliers : Electioneering, le morceau le plus rock avec une guitares extrêmement nerveuses puis Climbing Up The Wall, morceau glauque au possible qui répond un peu au Street Spirit [Fade Out] du précédent opus. Les trois morceaux qui suivent, plus pop, oscillent entre jolies comptines au fond assez glauque (voir le clip de No Surprises) et complaintes tristes qui est sans doute l’aspect musical qui déplaît le plus aux détracteurs de l’album et du groupe.

Au final, OK Computer reste inoubliable pour certains de ses titres qui n’ont rien perdu de leur pertinence, même si d’autres se comprennent et s’écoutent maintenant plus au sein de l’ensemble du LP que seuls. Est-ce le meilleur album rock de tous les temps, comme certains magazines anglais l’ont quelques fois affirmé? Non, car ce n’est pas un album de rock. Il amène déjà en sous-teinte la plupart des éléments qui vont constituer le tournant radical de Kid A et Amnesiac, leurs deux albums suivant beaucoup plus proches de l’electronica. Il s’agit donc d’un album de transition, plus qu’un sommet duquel on ne peut que redescendre, ce qui est finalement logique pour un groupe en constante évolution.

Pour écouter

Airbag : http://www.youtube.com/watch?v=8__vHs3xcR4
Climbing Up The Wall : http://www.youtube.com/watch?v=OWibEwJLzRs
Exit Music [For A Film] : http://www.youtube.com/watch?v=iHaaZ1IwH1g

Je les avais déjà vus en première partie de Ladytron (détestable, Ladytron, en live) il y a quelques mois, mas j’avais manqué le début et je n’en avais pas gardé beaucoup de souvenirs. En plus Radio Campus ULB m’offrait une place pour voir ce concert mardi soir, donc je me suis dit que ce ne serait pas mal de réactualiser ma mémoire et me faire un avis définitif sur le groupe.

Il faut dire que l’écoute de leur album ne m’avait pas emballé plus que ça. Paradoxalement, il n’a certainement pas été composé au métronome. Les mélodies et les sons déglingués donnent parfois une impression de Hot Chip, mais ça reste très loin de l’efficacité que peut offrir ce dernier groupe. Je me souvenais néanmoins qu’en terme de show, le trio Metronomy était assez efficaces.

Pas de première partie, et ils commencent une demi-heure plus tard que l’heure indiquée (le Botanique devrait faire un effort à ce sujet et indiquer les heures de débuts et les premières parties quelque part), bon. Il faut pas être grand devin pour savoir que la musique va principalement être fournie par l’ordinateur derrière le chanteur principal. Elle sera soutenue par un bassiste au pantalon tellement moulant qu’on se demande comment il l’a enfilé et qui danse vraiment comme une folle, en assurant néanmoins sa ligne de basse rythmée. Il y aura aussi une guitare dans les mains du chanteur, et un saxophone pour le troisième. Le tout avec des claviers et un micro évidemment pour chacun des intervenants. Reste que le saxophoniste joue la plupart du temps du clavier, à une main, utilisant l’autre pour faire des petites gesticulations très drôles parce qu’absolument pas dans le rythme de sa musique. Bref, on a plus de la musique préenregistrée soutenue par une basse et une guitare. Et les voix.

A ce constat, on pouvait craindre le pire. D’autant plus qu’en terme d’inspiration, tout n’est pas parfait non plus. En jouant en même temps sur les terres de Hot Chip par le côté pop aux sons et rythmes venus d’ailleurs, de MGMT pour les mélodies quelques fois efficace et les voix et de LCD Soundsystem pour la basse très funky, ils se perdent un peu en référence, sans jamais les égaler, et n’impose pas vraiment leur style. Pire, on se retrouve souvent assis entre deux chaises. Mais si Metronomy ne convint pas trop musicalement, il faut bien avouer qu’ils réussissent à nous faire passer un bon moment de show. Les petites chorégraphies ridicules, le jeu de lumière minimaliste qui donne un cachet rétro-futuriste à la scénographie, les danses du bassistes, les gesticulations du saxophoniste, les bons mots du chanteurs et ses déclarations galvanisantes (« honnêtement, on s’est jamais autant amusé ») font qu’on oublie presque les défauts musicaux, le manque de rythme parfois alors qu’on sent que la musique est faite pour danser, pour sourire avec ce spectacle un peu hors du temps (et pourtant franchement dans l’air du temps).

Metronomy