Archives for posts with tag: politique
Je ne suis pas un grand militant de la cause homosexuelle, et même si je me revendique proche des mouvances en lien avec les Gender Studies, je ne suis pas particulièrement revendicatif dans ce domaine. Il y a pourtant une absurdité qui m’a sans arrêt fait hérisser les poils dans le domaine des discrimations à l’encontre des homosexuels : l’interdication de donner son sang à la Croix-Rouge.

Or, il s’avère que pas plus tard qu’hier, M. Pascal Smets, Ministre de l’Egalité des Chances et parrain de la campagne de la Croix-Rouge pour le don de sang, fait son coming-out. Rien d’exceptionnel à cela, si ce n’est que cela remet en plein jour cette interdication (et son absurdité) : le parrain de la campagne pour le don de sang ne peut pas donner son sang.

Examinons de plus près cette interdiction. La Croix-Rouge justifie le fait de considérer les homosexuels masculins comme un groupe à risque grâce aux statistiques qui montrent que le Sida est nettement plus présent dans ce groupe social. C’est sans doute vrai. Mais qu’on ne mette pas en avant le risque sanitaire et la santé publique pour justifier cette exclusion : chaque poche de sang est testée quelles que soient les réponses au fameux questionnaire. Il s’agit bien d’une question d’argent : l’afflux de nouvelles poches issues des homosexuels masculins va entraîner des coûts pour les tester, et il est supposé qu’on trouvera plus de poche contaminée par le virus du Sida, donc inutilisables, ce qui fera augmenter le coût moyen de la poche de sang.

J’émets néanmoins une réserve par rapport à cette conclusion. Les vrais chiffres à comparer ne sont pas les chiffres de pénétration du virus dans la population homosexuelle par rapport aux autres, mais bien ceux du nombre de personne contaminée à leur insu. Vu que la communauté homosexuelle est, je crois, nettement plus sensibilisée et testé que la communauté hétérosexuelle, il est probable, je pense, que l’écart entre les deux populations soit nettement moins important qu’on pourrait le croire. Ce qui aurait donc un impact moindre sur le coût moyen par poche de sang. La Croix-Rouge base peut-être sa décision sur ces chiffres qui me semblent plus opportuns, donc je n’irai pas plus loin dans cette direction sans en savoir plus.

Car au-delà de ces questions de coûts, il me semble important de mener une réflexion plus globale. L’attitude de la Croix-Rouge me semble en effet dommageable en termes de discrimination mais également de santé publique. Je m’explique… Le fait d’associer une nouvelle fois l’homosexuel masculin et le Sida contribue à renforcer les stéréotypes gay = sida. Plus grave (ou peut-être pas plus grave, mais moins souvent évoqué), cela renforce également sans doute l’idée hétéro = sain. Or la progression du virus est actuellement tout aussi inquiétante parmis la population hétérosexuelle. L’attitude de la Croix-Rouge dans ce contexte me semble donc peu appropriée, si pas dangereuse.

Par ailleurs, la charge lourde envers les homosexuels concernant le Sida, si elle a bien fonctionné dans les années 90, montre à présent ses limites dans l’émergence et le gain en puissance des mouvements de Relapse et Barebacking. Cette émergence est bien sûr en partie due à l’idée – fausse – que l’on vit à présent aussi bien infecté que sain. Mais elle est aussi une réaction à la quasi criminilisation de l’homosexuel face à la propagation du Sida. Renforcer cette communication agressive à l’encontre des homosexuels n’amène plus tant des réactions comme « Ils ont raisons, il faut faire quelque chose, soyons très prudent » que plutôt des réactions « On en a rien à foutre, on préfère vivre notre vie, vous nous jugerez de toute façon », du moins dans certains milieux. En tout cas, on oberve une augmentation très nette du nombre de contamination ces dernières années.

Enfin, au final, je trouve réellement chocante la charge lourde des médias en faveur du don de sang quand on préfère finalement se priver d’un ensemble de donneurs potentiels pour des raisons de coûts. Car à n’en pas douter, les homosexuels « out », souvent de classes sociales et économiques en moyenne plus élevées, sont particulièrement dans le public-cible des donneurs.

Bref, pour toutes ces raisons, je pense que l’argument économique de la Croix-Rouge pour le maintien des homosexuels masculins dans la catégorie des groupes à risques est discriminatoire et participe probablement à des effets néfastes qui poussent la propagation du virus du Sida.

PS : je suis sélectionné parmis les meilleurs commentateurs du site Truvo.be. Si vous avez envie, vous pouvez voter pour moi sur ce site (3 pts pour Yann Lebout) et vous pouvez même jeter un oeil à ce que j’écris via ce lien. Je ne vous promets rien si je gagne, parce qu’il n’y a rien à y gagner 😉

Ecolo gagnant, PS qui ne perd pas trop de plume, CDH stable et MR mal barré, c’est ce qu’on peut retirer de ces élections. En Wallonie, le PS restera probablement au pouvoir malgré les affaires. Certains commentateurs politiques, les perdants souvent, s’étonne de cette résistance du PS face aux « affaires » et prenne l’exemple anglais comme déroulement « normal » des opérations. Personnellement, je suis rassuré.

Rassuré parce que nous ne tombons pas dans le vote par sensationnalisme. On connaît la presse anglaise comme celle des magazines people et des manchettes tapageuses. La presse belge suit le sillon, et même si elle en est encore loin, est aussi encline à mettre les erreurs d’individus, choquantes, en unes et ainsi résumer une idéologie, un parti ou une élection à cet enjeu. Mais voyons les choses autrement. Quelles ont été les propositions électorales des différents partis ? Ecolo avait l’avantage de la régularité et d’être le plus crédible dans son économie verte. Le PS a axé sa campagne sur l’opposition au capitalisme sauvage et a très finement joué son rejet du MR, grâce à une campagne plus agressive qu’à l’habitude. Il a en fait fait une campagne d’un parti dans l’opposition… Qu’ont proposé le MR et le CDH ? A part une critique des autres ?

On en revient à une conviction personnelle forte : les gens en ont marre de toujours entendre parler de ce qui ne va pas ou n’a pas été. Ils préfèrent de loin des propositions positives, et parlant plus du futur que du passé. Quelle est la vision d’avenir du MR, quelle est son idéologie, son axe de campagne ? A force de parler du passé, on a du mal à voir le MR dans l’avenir et dans le changement. Quelque part, le MR a de son côté fait une campagne comme un parti de la majorité, et finalement assez peu progressiste pour un mouvement réformateur.

Je trouve donc que le comportement électoral wallon est très noble, centré sur des programmes et des propositions plus que sur la polémique. Tout le monde s’étonne que le PS ne souffre pas plus des problèmes d’éthique, mais c’est parce que les gens croient, et je le crois aussi, que ces problèmes sont bien des problèmes de personnes et pas des problèmes de parti. Après, il y a toujours du clientélisme, comme dans tous les partis, mais réduire le soutien du PS a du clientélisme et à de l’assistanat est assez insultant pour les quasiment 50% des montois qui ont soutenu la liste emmenée par Di Rupo.

Les gens vote PS et Ecolo par idéologie, pour quelle raison les gens votent-ils MR ?

PS : La Wallonie est une exception notable dans le paysage européen, toujours plus à droite, toujours plus conservateur, toujours plus eurosceptique. Que les défenseurs du libéralisme se rassurent, c’est leur formation qui est à la tête du Parlement européen, qui a beaucoup plus de pouvoir sur notre vie de tous les jours que le Parlement bruxellois et wallon !

De ces temps-ci, je suis révolté. Je sais, c’est stupide, ça ne sert à rien, ça n’apporte pas de solutions à quoi que ce soit. Mais il n’empêche que je ne peux m’empêcher de m’énerver quand on parle des transports en commun à Bruxelles, que ce soit la STIB ou Villo.

Villo, magnifique contraction de ville et vélo (tiens, les considérations linguistiques n’ont pas joué ici, parce que pour le coup, ça fait vraiment très francophone. Enfin, on s’en fout, c’est un détail). Un nouveau projet pour promouvoir le déplacement en vélo dans la ville en remplacement de Cyclocity qui avait franchement foiré à Bruxelles. Apparemment, les autorités publiques n’ont pas compris pourquoi. Ils n’ont pas compris que Cyclocity ne servait à rien, et que Villo non plus. Parce que le réseau Cyclocity comme celi de Villo est entièrement ou presque à l’intérieur du centre de Bruxelles, qui est petit et accessible à pied. Qui travaille et vit dans le centre de Bruxelles ? Et surtout, dans ce cas-là, qui va se faire chier à prendre voiture ou vélo pour se déplacer alors qu’il peut tout faire à pied.

Soyons honnête, il y a quelques stations hors de la petite ceintures : quelques unes pour les fonctionnaires européens, une à la gare du Nord et trois quatre à Anderlecht près de la gare du Midi. Par contre, pas une seule station à Ixelles, où les nombreux étudiants seraient, j’en suis sur, tout à fait motivé par le fait de prendre le vélo pour aller au centre, plutôt que le 71 toujours bondé et ralentit par la circulation. Et surtout, rien dans les communes plus éloignées du centre, celles-là même où les gens prennent leur voiture pour se rendre dans l’intra-muros, à cause de la pauvreté des transports en communs. Rien à Uccle ou Forest, sans parler des Woluwé, Watermael, Jette et Ganshoren, ni au nord de Schaerbeek.

Du coup, je ne vois vraiment pas qui utiliserait ces vélos et pour aller où ? Du centre au centre ? Autant le faire à pied, c’est agréable et moins dangereux vu l’absence d’aménagement des voies cyclables. Et surtout, pourquoi payer pour un service qui n’apporte rien du tout. Soyons honnête, les prix sont raisonnables, si le service me permettait d’aller de chez moi au centre, aussi vite, si pas plus vite, qu’en utilisant le bus. Mais si c’est pour aller de la Bourse à De Brouckère, franchement, je ne vois pas l’intérêt !

Mais alors, le comble du summum, c’est le manque total d’intégration de ce service dans les transports en commun de la ville. Pourquoi ne pas avoir intégré ces abonnements dans la magnifique carte Mobib qu’on nous vend à coup de pubs sans véritablement rassurer sur la confidentialité des données qu’elle contient, et encore moins sur son utilité. Un jour, cela servira peut-être de titre de transport unique. Mais pas pour le vélo apparemment, puisqu’il faut prendre une autre carte d’abonnement si on souhaite utiliser le service à l’année. Pas non plus de possibilité de prendre l’abonnement STIB + Villo, avec une réduction pour encourager les usagers réguliers de la STIB à utiliser les vélos de la ville.

La STIB, parlons-en aussi, et son nouveau Métro. On a pu croire à une époque avec la campagne de pub massive qu’on allait réellement voir une révolution du transport à Bruxelles. On avait du mal à y croire, vu le peu de changement sur les cartes. Et en réalité, évolution, il y a eu. Des évolutions dans les retards et des trous dans la régularité des navettes. Il n’est pas rare de devoir attendre 15 minutes pour prendre une rame bondée que vous preniez déjà avant, sauf qu’elle était à l’heure. De plus, cela fait maintenant deux mois que le service est en route et la STIB semble toujours incapable de régler les problème d’affichage du temps d’attente, alors même que cet affichage fonctionnait parfaitement bien avant le Nouveau Métro. J’ai réellement constaté une dégradation énorme du service métro de la STIB, et il est clair que cela n’est plus lié à un lancement et qu’il faudra s’habituer à ces problèmes de façon récurrente (sans compter que les nouvelles lignes 1 et 5 sont déjà en travaux la semaine prochaine).

Bref, on se demande bien pourquoi on devrait utiliser les transports en commun, avec tout ça. La réponse est simple : parce qu’on a pas le choix ! La voiture, ça coute cher, il devient impossible de trouver un parking gratuit (en face de chez moi, on a installé des horodateurs, je plains les riverains qui n’ont pas de garage). Le message est clair : les pauvres ont le droits de faire des efforts pour la planète en utilisant un réseau de transport en commun de moins en moins efficace et des vélos qui ne servent à rien (et qui coutent eux aussi de toute façon de plus en plus chers). Tandis que les riches peuvent payer des parkings très chers et les amendes qui vont avec pour renflouer les caisses des communes (et des entreprises privées qui gères les horodateurs et parkings couverts).

Et là, je n’ai même pas parlé des transports de nuit avec le formidable projet des taxis Collecto (ou on paye 24 euros à trois une course qui coute normalement 15 euros), des travaux incessants avec interruption de ligne, de Cambio au prix réellement prohibitif (70 euros si je l’utilise une fois pour une sortie, 60 euros pour une journée. A ce prix là, je préfère louer la voiture à un loueur « classique »).

Vive la politique de transport bruxelloise.