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Diplo ne serait pas encore fini ?

Je suis tombé par hasard sur une version leakée du prochain album de M.I.A., prévu à la sortie dans une dizaine de jour. Il faut bien admettre que j’avais été un peu refroidi par le deuxième single sorti après le petit buzz de la vidéo « Born Free » de Romain Gavras. Le titre XXXO peut en effet faire craindre que les producteurs de M.I.A. (Rusko, Diplo et Switch) avait définitivement basculé du côté facile de la Force, celui où toutes les voix sont vocodées et où les beats ne sont que des pâles copies de ce qui a déjà été fait. Je suis assez rassuré avec les autres singles et titres à venir, malgré la mauvaise qualité des enregistrements que j’ai pu écouter. Steppin’ Up confirme la tendance indus annoncée dans Born Free, Teqkilla ressemble à un bon gros délire mélangeant beaucoup trop d’influence pour être réellement dénombrée tandis que Lovalot s’annonce comme un tout grand morceau qui me fait penser au morceau lâché plus tôt cette année : Theres space for ol dat I see. Bref, je ne demande qu’à être convaincu par cet album. Cela éviterait que je perde encore un peu plus ma foi dans le music business…


M.I.A. – Theres Space For Ol Dat I See

Darwinisme de la distribution musicale

Vous la savez peut-être, la médiathèque de la communauté française avait inauguré, il y a quelques mois déjà, une formule d’abonnement pour accéder à ses collections. Le principe était simple : 20 euros par mois pour pouvoir garder 10 médias chez soi, quels qu’ils soient, pour la durée que l’on veut, du moment qu’on ne disposait pas simultanément de plus de 10 médias. L’heure des bilans venus, il apparaît que la formule s’est avérée très réussie, faisant non seulement tourner le catalogue de la médiathèque et sortir des médias oubliés, mais également augmenter le nombre d’utilisateurs de ces services, et donc augmenter les recettes de cette institution. Dès lors, l’offre qui était sensée se terminer continue jusqu’au 29 juillet et la Médiathèque annonce déjà une nouvelle offre pour prendre la relève, qui serait moins coûteux pour le service qui fait toujours face à d’énorme difficulté financière.

Je suis réellement très content d’apprendre le succès de cette offre, la médiathèque restant pour moi le moyen idéal de réellement faire des découverte musicale. Internet permet bien sûr d’avoir accès à un catalogue immense, mais s’il est impossible de passer à côté des dernières sorties de Justin Bieber et ses confrères, les petites perles même bien distribuées restent souvent introuvable sur la Toile. A la médiathèque, elles sont (presque) au même niveau.

Voir : http://archives.lesoir.be/culture-l-abonnement-forfaitaire-porte-ses-fruits_t-20100610-00Y04Z.html

Un autre projet solo d’un membre de Radiohead

Philip Selway n’est sans doute pas le plus connu des membres de Radiohead mais le batteur a pourtant sorti son propre album solo. Radiohead étant un groupe encore relativement uni malgré la grand présence du chanteur et leader Thom Yorke, la nouvelle m’est parvenue via la newsletter du groupe et j’ai ainsi pu écouter le premier titre de l’album à paraître en août « Familial ». Pour ceux qui regrette l’époque plus acoustique de Radiohead, ce premier titre appelé « By Some Miracle » devrait être un régal et on y découvre une voix ma foi pas désagréable ainsi que quelques bonnes idées dans les percussions (bon, ça c’est pas trop étonnant). Un sens mélodique également. Peut-être une bonne surprise de la fin de l’été !

By Some Miracle by Philip Selway

Temps d’écriture : 36 minutes

Avant toute chose, je ne suis pas friand du travail de Kourtrajmé et de Romain Gavras. Néanmoins, après avoir vu le clip Born Free tourné pour M.I.A et en ayant les souvenirs vagues du clip précédent ayant déclenché les mêmes passions (Stress pour Justice), j’ai tout de suite voulu écrire un article sur le sujet. Parce que, contrairement à ce que je lis beaucoup, je ne trouve pas que Born Free est dans la continuité de Stress. Au contraire, je le considère plutôt comme un changement d’approche.

Dans le clip Stress, Romain Gavras filme des jeunes gens noirs et beurs dans des scènes de violence urbaine totalement gratuites. Le clip finit par l’agression de l’équipe du film sur fond de bagnole brûlée. Ce clip est totalement apolitique et amoral, il n’y a strictement aucun point de vue, à mon sens, il est plus une expression concrète d’un fantasme de la violence extrême. L’accoutrement et les références à certains autres clips musicaux violents (Come To Daddy d’Aphex Twin) rende ce clip principalement cosmétique (ce que je considère être le cas de la plus grande partie du travail de Kourtrajmé).

C’est assez différent pour Born Free de M.I.A qui, derrière le trick des roux (autre manière de situer la scène dans le fantasme, comme pour les vêtements dans Stress), on ne peut nier la connotation politique assez forte du clip. Les militaires sont américains, les scènes sont tournées dans des lieux qui pourraient être Bagdad ou l’Afganistan. La violence n’y est pas gratuite mais bien dirigée vers un but. Au vu de tout cela, je trouve qu’on peut difficilement comparer Born Free qui est un véritable film politique avec Stress qui ne joue que sur des aspects visuels. Je ne doute pas que M.I.A y soit pour quelque chose, elle est nettement plus engagée que Justice. A l’époque, ce dernier groupe avait réfuté toute volonté politique, et c’est ce qu’on lui avait reproché. Ici, je ne doute pas que M.I.A ne réfutera pas la volonté de dénonciation des dernières guerres américaines.

Je n’ai pas contre pas d’avis sur la musique ou les qualités esthétiques du film. Mais j’attends avec beaucoup plus d’impatience le travail de M.I.A que celui de Justice (et je me fous de Gavras)

Temps d’écriture : 22 minutes

Deux ans plus tard…

Source : Wikipedia

Source : Wikipedia

Deux ans plus tard, MGMT n’a pas tellement changé, ou a beaucoup changé, c’est selon. Si certains considèrent le deuxième album du groupe, Congratulation, surprenant, d’autres trouvent au contraire que le groupe s’est peu renouvelé, finalement. Moi, je m’en fiche, je trouve simplement le nouvel album mauvais. Il faut dire qu’en s’inspirant de la pop 60’s et psychédélique, ils étaient mal parti pour me séduire. L’album m’ennuie simplement, encore plus la frénésie qui a entouré sa sortie.

Mais je suis bon joueur, la dernière fois que j’ai dit ça, c’était il y a deux ans, à l’écoute de l’album Oracular Spectacular, je suis revenu sur mes paroles un an après en trouvant finalement beaucoup de qualité au premier opus et son immédiateté absolue (en particulier « Electric Feel« ). J’ai néanmoins beaucoup plus de doute pour le délire d’auto-Congratulation.

Par contre, il est des albums dont on n’attend pas grand chose, rien en fait, et qui s’avère constituer une bonne surprise. Une très bonne surprise, même, une excellente surprise, on ne s’en remet pas. Et quelle est cet album…

Je reviens, je prends un verre de vin…

Source : Indiemusicfilter.com

Source : Indiemusicfilter.com

C’est l’album Swim de Caribou. Caribou, magnifique animal aux bois majestueux, s’avère être le nom d’un petit artiste sympathique, peu connu (il joue au Beurschouwburg, c’est vous dire !) et qui mérite sa place au panthéon de l’électro-pop. Certains en ont parlé comme d’une réminiscence plus indie de Hot Chip, j’en parlerais plutôt comme une version apaisée des expérimentateurs sonores de Warp. Une sorte de Jon Hopkins sans éléments classiques. Avec des morceaux comme Odessa, Found Out ou Sun, on tient un album solaire tout en gardant le côté froid mystérieux de la musique des machines. Un album de paradoxe, et donc un album indispensable.

Sinon, au rayon des nouvelles branchées, l’album de LCD Soundsystem est en écoute intégrale sur leur site (ça a l’air pas mal) et M.I.A. est de retour avec deux titres en prélude de son album annoncé pour le 29 juin. Un premier sorti il y a quelques semaines avec un clip psychédélique mais très moderne sur une espèce de balade électro-hip-hop mutante indubitablement sorti des studios Diplo / Switch et ses potes. Le second n’a pas encore été écouté par mes soins dans une qualité correcte, mais la vidéo est de Romain Gavras, ce qui promet un clip « choc » et surtout violent. Bref, je ne cache pas que j’ai hâte d’entendre ces deux albums (quoi qu’en dise cet article navrant de médiocrité de Fluctuat)

Temps d’écriture : 30 minutes

Le hip-hop est un style musical particulier. Si à une époque, les DJ’s semblaient tenir la vedette aux côtés des MC’s, à l’heure actuelle, c’est plutôt les producteurs qui les ont remplacés. C’est ainsi qu’une personne aussi peu charismatique que Timbaland a pu devenir une star planétaire grâce à la production de quelques stars du hip-hop puis de la pop. La comparaison n’est pas gratuite quand on s’attaque à Diplo. Si le bonhomme est loin d’avoir atteint la même notoriété que son bon ami américain, il suit une trajectoire montante qui pourrait l’amener au même point. Petit retour sur quelques projets du monsieur…

Mixtape et solo

En 2004, Diplo sort un album solo après quelques mixtapes. Cet album, Florida, est un véritable manifeste de son style, un croisement entre le hip-hop américain et baile funk brésilien. Il a réellement contribué à la popularisation des styles sud-américains aux US. Personellement, je trouve le résultat pas spécialement accessible et assez inégal, même si on sent une richesse et surtout un son personnel et novateur.

M.I.A.

La carrière de Diplo va réellement décoller en 2005 lorsque la chanteuse Sri-lankaise M.I.A. va l’approcher et lui demander de produire sa musique. En deux albums, Diplo va pouvoir faire connaître au monde son style, d’abord à la critique par le premier album de M.I.A resté assez confidentiel, ensuite au grand public avec le second album qui a pu en plus profiter de la notoriété du film « Slumdog Millionaire » qui met en avant son titre « Paper Plane ». A partir de là, Diplo va être invité à mixer le numéro 24 de la célèbre compilation Fabric.live et va être fort demandé pour remixer de nombreux artistes plutôt indépendants (Hot Chip, Spank Rock, Daedalus, CSS…) ou mainstream (Kanye West, Gwen Stephany, Justin Timberlake,…).

Mad Decent

Fort de ces petits succès et disposant apparemment encore de temps, il lance son propre label, Mad Decent, où il invite indifférement des artistes brésiliens de baile funk et des rappeurs américains indépendants. Avec ce label, il produit des podcasts et des mixtapes ainsi que des compilations tout en essayant de donner une visibilité à certains artistes pas nécessairement connu.

Santogold et Amanda Blank

Pas de quoi remplir les caisses, d’autant plus qu’il participe très régulièrement à des actions caritatives. Diplo va pourtant pouvoir profiter de quelques collaborations très fructueuses. La première qui vient en tête est évidemment Santogold qui prend la place de M.I.A. dans les révélations de l’année. On peut quand même admirer Diplo qui a placé M.I.A. dans le coeur des critiques en 2008 et leur refait le coup en 2009 avec Santogold ! Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Diplo produit également l’album d’Amanda Blank, une dame surtout connue pour ses apparitions dans les disques d’un peu tout le monde. Il sort là un album beaucoup plus assagi, beaucoup plus commercial, mais toujours très efficace.

Major Lazer

A côté de ces projets de production plus « mainstreams », Diplo se lance également dans un projet en duo avec son comparse Switch sous le nom de Major Lazer. Il s’agit ici de quitter un peu le brésil pour se rendre en jamaïque et pondre un album reggae/dub/electro/hip-hop très inspiré par la couleur locale. Le résultat est assez dansant, déroutant de vulgarité par moment, mais pas désagréable. En 2009, il sort également une compilation de ses remixs qui manque un peu de consistance malheureusement (entre un remix de Britney Spears et de Spank Rock, difficile de faire le lien).

Et après ?

Difficile de savoir vers quoi va se tourner notre ami Diplo pour la suite. On sent une envie de rester honnête au travers de projets comme MadDecent ou Major Lazer, mais on voit aussi poindre le moment où Madonna lui demandera de produire son album. Je suivrai donc avec plaisir la suite de sa carrière (sur Twitter par exemple) sans idolatrie mal placée mais avec une petite tendresse pour ce producteur encore hors normes.

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