Une sélection de 2009 très originale
Je commence cet article par une sélection tardive du meilleur de 2009 par un des rédacteurs de l’excellent blog La Blogothèque. Il faut dire que le bonhomme n’y va pas par quatre chemin en mettant en ouverture de son article le dernier album des Pet Shop Boys. Si je ne suis pas d’accord avec ce choix, je le trouve si intelligent et consistant du reste de ses choix (Patrick Wolf, Annie, A-Ha) que cela me donne une réelle envie de découvrir les quelques noms inconnus de la liste de Pierre, puisque c’est son nom. En attendant, une petite dose de pop acidulée ne fait jamais de mal à personne…
Un Vampire Weekend qui choisit bien son moment
Après les fêtes de fin d’année, le syndrome post-classements en tous genres fait surface : il faut vite trouver du nouveau matériel pour remplir les pages de nos blogs désertées par les articles-marronniers faciles que constituent les rétrospectives de l’année écoulée. Remercions donc Vampire Weekend de nous sortir son album assez attendu, suffisamment en tout cas pour occuper tout le web musical en ce début morne de l’année (à lire sur WATM, Soul Kitchen, The Violette Roll, Playlist Society, Esprits Critiques, Dance Dance Dance entre autres). Je n’ai pas écouté ce deuxième opus Contra. Mais comme le premier opus m’a déjà assez déplu et qu’il n’y aurait pas de grande révolution à l’horizon, je crois que je vais faire l’impasse cette fois-ci. Néanmoins, si vous aimez la pop sautillante, vous pouvez tenter le coup ! Je suis pour ma part convaincu à la lecture des critiques que c’est le calme de la période qui offre à Vampire Weekend autant de part d’audience…
Le coin branché : Animal Collective, Phantogram et Tings Tings
Un autre groupe qui avait fort bien réussi à profiter du creux de fin d’année pour placer son horrible Merryweather Post Pavillon début 2009, c’est Animal Collective. Et pour fêter la première année de l’album (youpie), ils nous proposent un clip vidéo pour la chanson « Brothersport » (qui est, selon moi, la plus horrible de l’album). Sauf que cette fois-ci, même leurs plus fervents supporter sur le web sont dubitatifs. Si même Fluctuat ou Ziknation se mettent à douter des rois de l’indie, il ne faudra peut-être plus longtemps pour que les Inrocks les abandonnent également. Non, là, je fantasme…
A contrario, un groupe qui a été vite grillé parce que trop branché, les Tings Tings, m’avaient impressionnés sur scène en défendant avec énergie et simplicité leur premier opus sur la scène du Botanique. Du coup, je suis plutôt curieux de leur second opus qui sortira en 2010 et portera le nom de Kunst. Selon Ziknation, il sera plus rock. Je sais pas pourquoi, mais j’en doute…
Enfin, une découverte (aussi via Ziknation, décidément) qui risque de devenir fort branchée, Phantogram, duo à la voix féminine et aux beats breakés assez massifs renforcés de guitares qui marchent bien et de quelques claviers. Non seulement, je trouve ça pas mal. Mais surtout je vois chez eux un gros potentiel commercial buzzique. Je me trompe sans doute, comme souvent, mais que cela ne vous empêche pas d’aller jeter une oreille sur leurs trois morceaux sur leur MySpace (mon préféré étant « When I’m Small »).
Jon Hopkins insuffle une âme à la musique expérimentale
Pourtant, à la lecture d’un trait saillant de son CV, la production de parties électroniques du dernier Coldplay Viva la Vida, on pourrait croire que le bonhomme n’a ni lien avec la musique expérimentale, ni âme. Si on poursuit un peu, on apprendra pourtant qu’il a également travaillé avec notamment Massive Attack. Et c’est à l’écoute de son opus Insides qu’on finira par succomber aux qualités incroyables de ce musicien issu du classique. En effet, en deux parties de 5 titres, Jon Hopkins met les beats aux services du piano, et inversement, et réciproquement. Après une introduction qui n’augure pourtant rien d’exceptionnel, la première partie va nous emmener au pays du beat saccadé. Si vous aimé Modeselektor, Ellen Allien ou Apparat (et à fortiori Moderat), vous adhérerez à ces 4 morceaux impeccables du bout en bout, jusqu’au « Colour Eyes » nettement plus difficile d’accès mais dans la prolongation parfaite de la montée que constitue les 3 morceaux précédents. La deuxième partie nous propose des ambiances plus apaisées, plus lumineuses. Elle s’ouvre sur « Line Through The Veins » que vous pourrez reconnaître puisqu’il s’agit d’une autre version du morceau d’ouverture de l’album Viva La Vida de Coldplay, « Life In Technicolor« . Elle se poursuit quelques fois simplement au piano, souvent accompagnées de quelques machines qui déroule le velours de leurs beats électroniques. Je ne vous en dit pas plus, d’autres en parle de toute façon avec bien plus de brio que moi (chez Esprits Critiques notamment), j’espère juste vous avoir donné l’envie d’y jeter une oreille.