En tout cas, c’est ce qu’a eu l’air de dire son organisateur Jean Derely, tout heureux de donner les excellents chiffres et les excellents résulats de l’année écoulée. Ce qui est certain, c’est que les starts-ups présentées ce mois-ci à l’ULB (après l’escale plus branchée du Café Numérique au Mirano) concluaient de manière assez convaincante avec quelques projets intéressants.

1. Yaxo

Le premier service est peut-être celui qui a le moins convaincu, à cause sans doute d’un anglais assez hésitant du présentateur. Yaxo permet d’enrichir le site web d’une entreprise en facilitant les contacts téléphoniques entre l’utilisateur du site web et les opérateurs de la marque. D’une part en insérant des boutons de demande d’appel gratuit, d’autre part en permettant un tracking des clients sur le site web afin que l’opérateur puisse directement (à l’aide d’un pop-up) proposer un contact téléphonique (par exemple, pour aider à remplir un formulaire). La démonstration par l’exemple de La Redoute était assez parlant, mais il faut bien admettre qu’on a du mal à s’emballer. Peut-être par cette monétisation à l’aide de licence vendue au lieu d’un système de pay-per-click. Ou alors les expériences globales de chacun avec des téléphonistes qui sont généralement de piètre qualité, ce que Yaxo n’améliore absolument pas, puisque chaque utilisateur du service gère lui-même les contacts téléphoniques. Reste que le système pourrait convaincre facilement certaines entreprises de vente en ligne et permettraient des stratégies commerciales intéressantes (par exemple, appeler le consommateur qui reste longtemps devant un panier rempli afin de lui proposer une réduction supplémentaire pour l’inciter à conclure la vente)

2. iDiscover

Projet issu de l’Université de Gand, iDiscover est un logiciel qui vise à rendre l’expérience de la visite du musée interactive et ludique tout en gardant les aspects pédagogiques. Le projet a été implémenté à un musée de Tongres et on voit immédiatement les retombées pour le musée mais également pour les visiteurs (groupes et classes, qui restent les principales sources d’entrées dans les musées). Malheureusement, créer une start-up sur ce projet me semble très difficile, en l’état. Si le logiciel dispose de couches réutilisables et transposables à d’autres musées, une grande partie de celui-ci, dont l’interface, doit être recodé et adapté au nouvel espace. De plus, celui-ci est dépendant d’une plate-forme, en l’occurence Windows Mobile. Bref, le produit va vite revenir cher pour les musées souhaitant l’implanter (coûts de développement élevé plus l’achat des devices). L’idée est pourtant excellente, mais il est dommage qu’elle ne se soit pas matérialisée sous la forme d’une sorte de CMS multi-plateforme permettant à chaque musée de développer son propre programme d’animation, de le faire évoluer avec le musée et même de l’adapter en fonction des expositions temporaires. Maintenant, je suis loin d’être un business analyst, et je serais donc curieux de connaître l’avis de personnes plus spécialisées dans le domaine.

3. Twoddler

La troisème présentation est la présentation « gag » de ce Betagroup. Un autre projet issu de l’université de Gand qui vise à permettre aux parents de garder un lien avec leurs enfants en bas-âge quand ils sont au boulot : il s’agit d’un « hack » d’un jeu Fischer Price Activity Center qui envoie, en fonction du bouton qui est manipulé, des messages sur les comptes Twitter des parents, permet également au parent de « jouer » à distance avec leur enfant et qui permet même à deux enfants de jouer ensemble. La vidéo de démonstration est assez parlante, mais on peut néanmoins se demander s’il existe réellement un marché pour ce type de produit. L’idée est drôle, mais la société européenne est loin d’être aussi big-brotherisée que la société japonaise où chaque enfant est muni de puces RFID qui traquent leur position (transport en commun, école,…). On n’en est pas là avec ce produit, mais je doute réellement que cela intéresse beaucoup de parents de recevoir des tweets émis par le jouet de leur enfant… Reste que l’objet est rigolo, l’idée originale et la présentation a permis de se détendre avant d’entamer les deux autres services, nettement plus sérieux.

4. Bebuzy
Peut-être la présentation la plus attendue hier soir, Bebuzy a en effet déjà parler de lui, notamment au salon de l’emploi européen au Berlaymont il y a quelques semaines. Il s’agit en effet d’une plateforme qui propose à tout un chacun de vendre non pas des produits à la façon de eBay mais des services (faire du jardinage, réparer votre ordinateur, donner des cours de néerlandais,…). La plate-forme est en version béta mais déjà accessible au public (même si il n’y est pas très nombreux). Déjà assez complète, elle permet de gérer l’agenda, les trajets des différents intervenants, envoie des SMS pour prévenir de nouvelles demandes de services,… Le service est donc déjà assez riche (même si une API pourrait être utile et qu’elle sera peut-être développée à termes), mais le premier problème qui vient à l’esprit est la monétisation. Comme Bebuzy exclut d’office une rémunération à la commission, il pense alors à la publicité bien sûr, mais à d’autres moyens qui m’ont semblé un peu confus dans la présentation, même dans l’excellent anglais du présentateur. Et puis, le problème de ce genre de plate-forme est toujours identique : tant qu’elle n’atteint pas une masse critique d’utilisateur, elle ne fonctionne pas… Et en Belgique, le taux d’adoption d’un tel service risque d’être fort lent !

5. Ergotools

La dernière présentation s’est donnée en français. Le service étant relativement complexe, cela était préférable à une présentation en soupe d’anglais, même si cela a exclu d’office certains membres de l’assistance. Ergotools est une suite d’outils destiné à objectiviser le design d’écran « multimédia », et de manière générale, de page web. Ces outils se basent sur des recherches scientifiques sur des techniques comme le Eye Tracking et qui permettent par exemple de simuler ce que le cerveau perçoit quand quelqu’un pose son regard sur une page. Ou encore qui permet d’évaluer la complexité et le niveau de connaissance requis pour comprendre un texte. La démonstration qui en a été faite est intéressante et les chiffres donnés (notamment pour Nespresso) étaient impressionnants (plus que ceux de Yaxo). Reste qu’on a du mal a croire que la complexité d’un texte puisse être mesurée sur une simple échelle de facile à difficile, et qu’on a l’impression que c’est trop simple pour réellement correspondre à une réalité humaine. Mais bon, si c’était le cas, et vu l’expérience que j’ai de la conception de pages web dans les grandes entreprises, ce serait un investissement absolu génial pour n’importe laquelle d’entres-elles !

La soirée s’est terminée sur les retours très positifs de la Webmission à Séville par Ramon au milieu d’un live tweeting qui annonçait pleins de conférences (à retrouver sur l’agenda des événements web du Betagroup) et une discussion intéressante sur le social marketing dans les couloirs en travaux de l’ULB. Peut-être moins glamour que la grande salle du Mirano, mais certainement beaucoup plus détendu !