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On dit souvent que le combat pour le respect de l’homosexualité est gagné ici, au coeur de l’Europe. Sans vouloir comparer la situation en Belgique à certaines régions du globe, l’idée que la bataille contre la discrimination des homosexuels dans la capitale de l’Europe est terminée est une douce illusion. En Voici l’exemple par une petite fable franchement inspirée de fais réel.

L’homo et la musulmane

C’est donc l’histoire de l’homo, jeune garçon comme on en rencontre de nombreux en rue car il ne porte pas son orientation sexuelle sur le visage. Cet homo est amené à faire partie d’un groupe de personnes toutes différentes les unes des autres. Parmi elles, la musulmane qui porte elle son choix religieux sur la tête. La musulmane est convaincue et intelligente, et sa foi est profonde et véritable. C’est pourquoi, quand  l’homo lui parle de son orientation sexuelle, la musulmane semble fière de pouvoir lui dire qu’elle tolère son orientation sexuelle. Que celle-ci n’est bien évidemment pas compatible avec sa foi et le Coran, mais que chacun est libre de choisir sa foi, et que puisque l’homo n’est pas musulman, elle est tolérante de ce qui est forcément son choix.

L’homo et le maghrébin

Parmi ce groupe, l’homo rencontre également un jeune homme maghrébin. Il est très doux, très gentil et a un beau sourire. Comme il est un peu réservé, c’est plus tard que l’homo parle de son orientation sexuelle au maghrébin. Sa réaction a été la curiosité, avant tout. Les questions qu’il posaient étaient assez naïves et tournaient toutes autour d’une seule : dans le couple de l’homo, qui fait la femme ? Et comme il avait beaucoup de respect pour l’homo, le maghrébin supposait même, en particulier dans la relation sexuelle, que l’homo devait faire l’homme et que l’autre devait être la femme.

L’homo et le béninois

Dans ce groupe décidemment très riche, il y avait aussi un béninois. Souriant mais presque taciturne, le béninois appréciait beaucoup l’énergie communicative de l’homo. C’est pourquoi l’homo évita tout un temps de lui parler de son orientation sexuelle. Le jour où il le fit, le béninois en paru fort attristé. Passant de l’incompréhension, lui qui dit préférer ce qui est simple, au refus, puisqu’il regrettait de ne pas être de la gente féminine pour remettre l’homo dans le droit chemin, pour finir dans la tristesse pour l’homo, qui ne pourrait pas se reproduire.

La morale de cette histoire

C’est que les efforts pour promouvoir la compréhension et l’acceptation de l’homosexualité en Belgique doivent continuer. Il faut rappeler que l’homosexualité, c’est aussi simple que deux personnes qui s’aiment et que l’homosexuel ne doit être guérit de rien. Il faut rappeler que l’homosexualité n’est en rien liée au changement de genre et que ce même changement de genre n’est en rien lié au sexe. Il faut rappeler que les homosexuels veulent plus que de la tolérance, ils veulent leur parfaite et totale intégration dans l’ensemble des institutions de notre société, qu’elles soient politiques ou religieuses.

Si ce genre d’articles enfonce des portes ouvertes pour vous, tant mieux ! Mais je crois que pour beaucoup, il est encore bon de se retrouver devant ces quelques mots, et pour moi, c’est important de les rappeler, aussi naïfs peuvent-ils sembler !

Je ne suis pas un grand militant de la cause homosexuelle, et même si je me revendique proche des mouvances en lien avec les Gender Studies, je ne suis pas particulièrement revendicatif dans ce domaine. Il y a pourtant une absurdité qui m’a sans arrêt fait hérisser les poils dans le domaine des discrimations à l’encontre des homosexuels : l’interdication de donner son sang à la Croix-Rouge.

Or, il s’avère que pas plus tard qu’hier, M. Pascal Smets, Ministre de l’Egalité des Chances et parrain de la campagne de la Croix-Rouge pour le don de sang, fait son coming-out. Rien d’exceptionnel à cela, si ce n’est que cela remet en plein jour cette interdication (et son absurdité) : le parrain de la campagne pour le don de sang ne peut pas donner son sang.

Examinons de plus près cette interdiction. La Croix-Rouge justifie le fait de considérer les homosexuels masculins comme un groupe à risque grâce aux statistiques qui montrent que le Sida est nettement plus présent dans ce groupe social. C’est sans doute vrai. Mais qu’on ne mette pas en avant le risque sanitaire et la santé publique pour justifier cette exclusion : chaque poche de sang est testée quelles que soient les réponses au fameux questionnaire. Il s’agit bien d’une question d’argent : l’afflux de nouvelles poches issues des homosexuels masculins va entraîner des coûts pour les tester, et il est supposé qu’on trouvera plus de poche contaminée par le virus du Sida, donc inutilisables, ce qui fera augmenter le coût moyen de la poche de sang.

J’émets néanmoins une réserve par rapport à cette conclusion. Les vrais chiffres à comparer ne sont pas les chiffres de pénétration du virus dans la population homosexuelle par rapport aux autres, mais bien ceux du nombre de personne contaminée à leur insu. Vu que la communauté homosexuelle est, je crois, nettement plus sensibilisée et testé que la communauté hétérosexuelle, il est probable, je pense, que l’écart entre les deux populations soit nettement moins important qu’on pourrait le croire. Ce qui aurait donc un impact moindre sur le coût moyen par poche de sang. La Croix-Rouge base peut-être sa décision sur ces chiffres qui me semblent plus opportuns, donc je n’irai pas plus loin dans cette direction sans en savoir plus.

Car au-delà de ces questions de coûts, il me semble important de mener une réflexion plus globale. L’attitude de la Croix-Rouge me semble en effet dommageable en termes de discrimination mais également de santé publique. Je m’explique… Le fait d’associer une nouvelle fois l’homosexuel masculin et le Sida contribue à renforcer les stéréotypes gay = sida. Plus grave (ou peut-être pas plus grave, mais moins souvent évoqué), cela renforce également sans doute l’idée hétéro = sain. Or la progression du virus est actuellement tout aussi inquiétante parmis la population hétérosexuelle. L’attitude de la Croix-Rouge dans ce contexte me semble donc peu appropriée, si pas dangereuse.

Par ailleurs, la charge lourde envers les homosexuels concernant le Sida, si elle a bien fonctionné dans les années 90, montre à présent ses limites dans l’émergence et le gain en puissance des mouvements de Relapse et Barebacking. Cette émergence est bien sûr en partie due à l’idée – fausse – que l’on vit à présent aussi bien infecté que sain. Mais elle est aussi une réaction à la quasi criminilisation de l’homosexuel face à la propagation du Sida. Renforcer cette communication agressive à l’encontre des homosexuels n’amène plus tant des réactions comme « Ils ont raisons, il faut faire quelque chose, soyons très prudent » que plutôt des réactions « On en a rien à foutre, on préfère vivre notre vie, vous nous jugerez de toute façon », du moins dans certains milieux. En tout cas, on oberve une augmentation très nette du nombre de contamination ces dernières années.

Enfin, au final, je trouve réellement chocante la charge lourde des médias en faveur du don de sang quand on préfère finalement se priver d’un ensemble de donneurs potentiels pour des raisons de coûts. Car à n’en pas douter, les homosexuels « out », souvent de classes sociales et économiques en moyenne plus élevées, sont particulièrement dans le public-cible des donneurs.

Bref, pour toutes ces raisons, je pense que l’argument économique de la Croix-Rouge pour le maintien des homosexuels masculins dans la catégorie des groupes à risques est discriminatoire et participe probablement à des effets néfastes qui poussent la propagation du virus du Sida.

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