Ce classement-ci est un peu particulier, parce qu’il s’agit de mes meilleures découvertes faites en 2009. Et donc, les albums en questions ne datent pas tous de 2009. Disons qu’il s’agit des petits groupes et petits albums qui m’ont surpris cette année. Peut-être le top le plus intéressant, puisque sur le classement définitif de cette année, il n’y aura probablement pas de grandes surprises…

8. Buraka Som Sistema « Black Diamond »

Je n’en fais un secret pour personne, la musique catégorisée « world » ne me plaît généralement pas. Mais je fais des efforts pour tenter de m’y habituer. C’est pour cela que dès que j’entends parler de nouveaux style qui émergent fortement basés sur la musique traditionelle « world », je tente à chaque fois l’écoute. Souvent sans grand succès, sauf cette année, avec cet album de Buraka Som Sistema. Son style, le kuduro, est à a croisées des musiques électroniques européennes et des rythmiques du Cap Vert. Le groupe portugais a réussi à garder l’essence de ces rythmiques endiablées et de les enrichir avec des sons et un flow hip-hop. L’album n’est pas fait pour s’écouter de bout en bout (c’est assez épuisant et répétitif) mais quelques titres valent le coup d’oreilles. En tout cas, avec l’album de Major Lazer qui me réconcilie plus ou moins avec les styles jamaïcains, l’année 2009 aura contribué à me pousser un peu plus à m’ouvrir à la musique non-européenne.

http://www.myspace.com/burakasomsistema

7. Fagget Fairys « Feed The Horse »

Album découvert tout récemment, mais auquel j’ai vraiment bien accroché. Il aurait peut-être grimpé encore un ou deux échelons si j’avais eu le temps de l’apprécier sur la longueur. Il s’agit d’un duo lesbien danois qui propose un électro-hip-hop, mais pas uniquement ! Influence dubstep, drum & bass et musiques balkaniques rendent cet album beaucoup plus varié qu’il n’y paraît. On retiendra la plage titulaire « Feed The Horse« , « Roll The Dice« , « Watch My Back » et les 9 minutes de délire balkanique de « Negori ». En plus, c’est assez drôle, un peu provocant et s’accordera très bien entre mes albums de Yo Majesty et Thunderheist, plus linéaires mais également bien sympathiques.

http://www.myspace.com/faggetfairys

6. Filastine « Dirty Bombs »

Une des raisons qui expliquent que j’aime la Médiathèque, c’est la possibilité de tomber presque par hasard sur ce type de disque. Encore un album qui va piquer ses sons dans les musiques plus traditionelles pour en ressortir un hip-hop très engagé, pas toujours abouti, quelques fois assez ennuyant même, mais tellement original qu’on reste accroché aux meilleurs morceaux : « Singularities » qui ouvre l’album, « Fitnah » et sa voix envoutante ou « Hungry Ghosts« . De toute façon, en 17 pistes, c’est également un album d’une belle unité qui réussit à néanmoins maintenir l’intérêt de l’auditeur jusqu’au bout.

http://www.myspace.com/filastine

5. Loney, Dear « Dear John »

La pop à guitare est souvent confinée dans les bas-fonds de ma musicothèque, elle réussit rarement à m’émouvoir, ce qui est sensé être son but. J’étais donc extrêmement dubitatif à l’écoute de cet album de Loney, Dear. Ca commence d’ailleurs mal avec le single « Airport Surrounding » qui reprend tout les poncifs du single à guitares que je déteste. Mais, heureusement, je ne me suis pas arrêté là, grâce au titre suivant « Everything turns to you » qui, sans être exceptionnel, m’a suffisamment accroché avec ces compléments rythmiques de bon goûts pour me pousser jusqu’aux excellents titres « Under a Silent Sea« , « I Get Lost » presque jazzy et surtout le glaçant « Distant.« . Sans doute l’album le plus irrégulier de ma sélection, mais les quelques bons titres de la galette compense largement ce défaut. On pourrait presque se laisser emporter par l’ambiance globale du disque, assez mélancolique il faut le dire, jusqu’à échouer sur « Harm.. » vraiment suicidaire…

http://www.myspace.com/loneydear

4. Circlesquare « Songs About Dancing And Drugs »

J’écoute le deuxième album de Circlesquare depuis deux jours seulement, mais j’avais également découvert le premier cette année. Et il ne fait aucun doute que, si javais déjà beaucoup aimé le premier opus, celui-ci le dépasse très certainement. Alors que tout le monde s’extasie sur The XX et parle des ambiances glacées de la cold wave, je me dis que le qualificatif conviendrait beaucoup mieux à Circlesquare. Le groupe réussit vraiment à recréer la rage froide et la tension à travers une ligne de basse accidentée mais toujours un peu remuante. D’autres morceaux font plus penser à She Wants Revenge en mois grandiloquent ou encore Fujiya & Miyagi (j’y viens après). Bref, c’est très recommandable, dont le premier single qui est extrait de cet album « Dancers » (que vous pouvez recevoir gratuitement ici), une petite perle pour danseurs psychotiques.

http://www.myspace.com/circlesquare

3. Saul Williams « The Inevitable Rise and Liberation of Niggy Tardust »

Voilà un album qui m’aura marqué même si il n’est certainement pas celui que je ré-écoute le plus souvent. Il représente pour moi le meilleur de ce qui peut se faire quand le hip-hop rencontre le métal. Produit par Trent Reznor (Nine Inch Nails – cela m’a d’ailleurs poussé à la découverte de la discographie très intéressante du bonhomme) , l’album est extrêmement violent et sombre (les deux titres d’ouvertures « Black History Month » et « Convict Colony« ) et éprouvant sur la longueur vu la tension qui y règne même sur les morceaux le plus calmes ou la reprise de « Sunday Bloody Sunday » de U2. Bref, un album exceptionnel, mais qu’on ne ressort que dans les grandes occasions (genre, quand on a envie d’exploser son voisin dans le train)

http://www.saulwilliams.com/

http://www.myspace.com/saulwilliams

2. Fujiya & Miyagi « Lightbulbs »

On arrive là à un album que j’ai énormément écouté cette année. Le deuxième album de Fujiya & Miyagi a l’avantage d’être adapté à toutes les situations. Il est en même temps énergiques et sobre, émouvant et joyeux, pop et plus que ça. Les ingrédients sont les mêmes que pour le premier opus : une grosse ligne de basse qui s’arrange entre funk et krautrock, une voix toujours sur le souffle et quelques éléments de guitares et d’instruments électroniques rythmiques pour habiller le tout. C’est cette économie de moyen qui fait la réussite de cette musique, avec la qualité des mélodies qu’on retient dans la demi-seconde.  Même si l’album s’écoute très facilement dans son ensemble, on retient quelques titres : « Knickerbocker« , « Uh« , « Pussyfooting« , « Goosebump » ou même « Lightbulbs » comme moment d’accalmie de la basse sur fond de paroles assez mignonnes. Si vous connaissez le premier album, c’est la même chose et vous regretterez sans doute les mélodies connues du premier. Je ne le connaissais pas, et je préfère donc le deuxième opus…

http://www.myspace.com/fujiyaandmiyagi

1. CirKus « Medecine »

Non, je n’ai pas honte de choisir le projet de Neneh Cherry à la première place de ce top. Je n’ai d’ailleurs pas compris que cette sortie soit passée si inaperçue. Il est vrai qu’on avait eu en trip-hop le troisième album de Portishead pour nous contenter, mais on ne peut pas dire que les sorties de qualité dans ce style sont pléthores. Et ce deuxième album de cirKus est un petit bijou, sans doute pas fondamentalement innovant, mais tellement bien produit qu’il serait dommage de s’en priver. Développant une ambiance constante sur la longueur, entre morceau plus planants et morceaux plus agités, on retiendra le titre d’ouverture « Drug Of Choice » et le morceau titulaire « Medecine » comme chef-d’oeuvre de cet album, sans dénigrer aucun des autres morceaux du disque, tout très bons. La meilleure surprise de cette année, sans aucun doute !

http://www.myspace.com/cirkus