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Alain Bashung est mort. Désolé de vous l’apprendre de manière si brusque si vous n’étiez pas au courant, mais je ne suis pas bon pour les condoléances (vous pouvez par contre trouver de très touchant commentaires par exemple). Je préfère me consacrer à ce qui reste vivant de lui et en particulier un de ses albums, celui qui m’a probablement le plus marqué, « Fantaisie Militaire« .

La première fois que j’ai écouté cet album, c’était en le louant pour ma mère. J’avais déjà en background du Jacques Higelin, mais il faut bien admettre que dans la chanson rock française me laisait plutôt froid à l’époque, préférant le côté beaucoup plus pop d’Alain Souchon. Et pourtant, cet album d’Alain Bashung va me marquer. Par sa pochette, d’abord, que je trouve très belle et intrigante. Mais surtout par quelques titres parfaits.

A commencer par « Malaxe« , le titre d’ouverture, qui démontre à quel point Bashung était un parolier formidable, qui ne s’intéressait de toute évidence pas qu’au sens mais surtout aux sonorités. Le refrain « Malaxe, le coeur de l’automate, malaxe, malaxe, les omoplates » produit réellement le son du coeur d’un automate !

Je ne parlerai pas de « La nuit, je mens » que je trouve trop grandiloquent à cause des violons mais bien de la plage titulaire de l’album « Fantaisie Militaire » et ses paroles poignantes réellement habitée par la voix de Bashung que j’ai rarement trouvée aussi bien mise en valeur.

Après « 2043« , le « Cendrillon » de Téléphone par Bashung, réussit vraiment à instaurer une ambiance puissante et « Samuel Hall » et son instrumentation tout à fait expérimentale, l’album se finit par deux titres beaucoup plus pop mais très plaisants, « Le Pavillon des Lauriers » et ses relents orientaux et « Sommes-nous » où les violons sont aussi très présents mais n’écrase pas autant le reste de l’instrumentation.

Bref, un album qui m’a réconcilié un moment avec le rock français et qui a lui seul me fait classer Alain Bashung parmi les plus grands de la chanson française, même si les quelques autres albums que j’ai écouté de lui ne m’ont pas autant convaincu. De « Osez Joséphine » à « Bleu Pétrole« , je n’ai plus retrouvé le côté expérimental dans la musique qu’on trouve particulièrement sur cet opus.

Fantaisie Militaire

Ca ne va pas rajeunir toute cette nouvelle vague de french touch, mais leur maître à penser et leur pierre fondatrice a 10 ans (et même un peu plus).

La duo de robots français, génie du sample qui tue et de la compression sonore, ont sorti leur premier opus et ont défini un style qui, 10 ans plus tard, devait être repris quasiment son pour son par des petits jeunes et un label en particulier (Ed Bangers pour ne pas le citer), et ainsi redevenir un phénomène musical remettant le gros sons au goût du jour, après avoir été temporairement éclipsé par les sons minimaux allemands.

Comme Prodigy, le succès de Daft Punk est dû en partie à la bonne gestion de leur image et à tout le mythe autours de leur musique. Mais contrairement à Prodigy, on peut considérer qu’ils ont réellement posé un jalon dans la musique contemporaine. De leur travaux à domicile, difficile de sortir quelques morceaux ou d’écrire une critique différente de ce qui a déjà été de nombreuses fois raconté.

Premier LP, premier succès avec le titre « Da Funk » ou encore « Around The World« . Cet album aura fait beaucoup pour rapprocher les adeptes des musiques à guitares des sons électroniques, alors même que les structures des morceaux sont très éloignés du couplet-refrain. C’est sans doute grâce à une richesse sonore rare en musique électronique telle qu’envisagée à l’époque. Entre un « Rolling & Scratching« , ses montées acid doublées d’un beat très puissant et les sons totalement pop de « Around The World« , il y a une patte commune, mais une volonté de balader l’auditeurs dans différents climats. Cette richesse trouve sa source dans la variété des influences et des samples qui parsèment le disque, auquel le duo a consacré une chanson complète « Teachers« . Si il y a un exemple à prendre en terme d’utilisation d’influences, c’est celui-là, car sans en renier aucunes, Daft Punk a réussi à dépasser chacune d’elles pour offrir une musique réellement novatrice.

Finalement, écouter « Homework » est une expérience musicale fondamentale qui en apprend plus sur ce qu’on peut attendre de l’électro à la française que les innombrables clones actuels (sans les citer Justice ou le dernier album de Birdy Nam Nam, dont le son est terriblement semblable à son ainé de 10 ans). Daft Punk, entre temps, a sorti deux autres albums différents et qui n’ont pas toujours convaincu, avant de remettre tous le monde d’accord grâce à leur album live qui prouve que leur musique, anciens comme nouveaux titres, est toujours d’actualité, et qu’ils sont toujours les maîtres en la matière.

Homework

Pour être honnête, il a plus que 10 ans, cet album. Mais bon, la constatation est la même. On ne peut nier qu’on aime ou pas le style néo-punk de Prodigy que cet album aura marqué les esprits.

Du point de vue de la musique d’abord, évidemment. Des titres comme « Smack My Bitch Up« , « Breathe« , « Firestarter » ont marqué dans les mémoires collectives. En réalité, c’est le son général de l’album qui a réussit à s’imposer, plus que des titres. Ce qui fait que beaucoup de gens serait capable de reconnaître un morceau de « The Fat Of The Land« .

Comment un si gros son est parvenu à devenir populaire. On a des grosses basses puissantes, un BPM franchement haut, quelques sons trance bien marquant et des éructations vocales passées dans toute sorte de machine. Je crois que cette musique est tellement primaire, fait ressortir tellement de pulsions brutes chez l’auditeur, qu’il y adhère immédiatement. C’est moins le cas des albums suivants ou précédents qui touche moins à l’animal qui est en nous.

Et puis, il y a toute l’imagerie qui accompagne le groupe. C’est sans doute la plus grande différence avec Massive Attack qui a précédé dans ce dossier. Difficile pour un quidam de définir une image du groupe de trip-hop. Par contre, pour Prodigy, on voit des gens à crêtes roses éructant sur scène, on voit le clip « Smack My Bitch Up ». On voit ce crabe sur la plage qui semble totalement décalé par rapport au contenu de l’album (en plus d’être très moche). Je crois sincèrement que la réussite de « The Fat Of The Land » tient autant à la musique qu’à l’imagerie qui accompagne le groupe devenu finalement gentillet dans son dernier album mais qui a réussit à capitaliser sur cette image de dur moderne pour continuer à faire venir le public à ses shows.

En attendant, « Serial Thrilla » repasse dans mes enceintes, il est temps pour moi d’abandonner le clavier pour quelques bons épileptiques…

S’il existe un album qui a définitivement marqué toute ma jeunesse, c’est celui-là. Je l’ai découvert pourtant quelques années après sa sortie, après avoir été marqué par deux apparitions de titres liés à cet album : « Superpredator » comme titre de générique du film « The Jackal » (version Bruce Willis) et surtout « Angel » dans la scène des caravanes en feu de « Snatch ». Et l’écoute complète de cet album m’a rendu accro.

En réalité, l’album est parfait à deux niveaux. Tout d’abord, il comprend des titres absolument imparables seuls. « Angel », sa basse et sa guitare me font encore frémir autant qu’à la première écoute, « Teardrop » et la voix éthérée de Liz Frazer ou « Inertia Creep » et sa rage à tout niveaux.

Mais au delà des morceaux, l’album réussit vraiment à développer une ambiance complète tout au long de ses titres. Et des morceaux un peu plus faibles comme « Exchange » prennent tout leur sens comme une pause entre la rage noire qui traverse l’ensemble du LP

Car oui, c’est ce qui ressort de cet album : la rage et le conflit. On peut sentir que les membres du collectif étaient déjà prêts pour la rupture tant les différentes tendances s’affrontent ici. Riffs de guitares distordues punk s’appliquent à exploser des beats très profonds directement tirés du dub, tandis que les morceaux au flow très hip-hop succède à d’autres beaucoup plus chantés. C’est cette opposition si âpre qui rend cet album unique, un album qui a défini selon moi tout un pan de ce style multilatéral qu’est le trip-hop.

« Mezzanine » a dix ans, Portishead ressort un album, et si on les met l’un a côté de l’autre, on se rend compte que l’un comme l’autre sont toujours aussi pertinents.


Découvrez Massive Attack!

Je vous propose une nouvelle série de review d’album pour nous (me) rappeler que le temps passe vite, et qu’il faudra peu d’années encore pour que les « jeunes » trouvent que mes albums-références sont vieux et démodés. Pour ne pas (me) faire trop mal, je commence par un LP contesté, pas un album mythique, sorti en 1998, le second opus du groupe Garbage, tombé bien bas depuis, « Version 2.0 ».

Si j’avais envie de vous en parler, c’est que même si ce disque a beaucoup déçu, si il est loin d’être un chef-d’oeuvre comme d’autres qui viendront dans les prochains jours, il m’a énormément marqué. C’est par ce disque que j’ai découvert le groupe, et même par les quelques remixs trip-hop qui en ont été tirés (j’étais très trip-hop à 13 ans…). Je connaissais toutes les paroles par coeur, et j’appréciais particulièrement les titres les plus pop. Les trois premier morceaux « Temptation Waits », « I Think I’m Paranoïd » et «  »When I Grow Up » me plaisaient énormément à l’époque par leurs sons synthétique et leurs gimmick vocaux rigolos. J’aimais aussi beaucoup « Sleep Together » autant pour les paroles que je trouvais sulfureuses à l’époque (if we sleep together/ will you like me better/ if we come together / prove it now or never) ou pour les accords aux claviers comme repère sonore tout au long du morceau et même le vocoder (pas toujours du meilleur goût, on le reconnaîtra). Enfin, « You Look So Fine » me plaisait, mais pas autant que « Milk », la balade du précédent album.

Et puis, le temps passant, j’ai fini par continuer à écouter ce disque pour d’autres morceaux. J’aime toujours « Sleep Together », mais ce disque reste dans ma collection pour deux titres : « Push It » et son riff inoubliable du refrain et sa batterie endiablée, « Medication » pour ses guitares dissonantes et son tempo plus lent qui correspond beaucoup plus à la voix de Shirley Manson.

Bref, un album pop qui m’a ouvert à des sonorités plus rock que je réprouvais à l’époque, et un groupe qui a marqué son époque surtout par son iconographie et sa chanteuse, plus que par sa musique qui a vite été oubliée (et qu’on préfère oublier en 2005 avec la sortie de « Bleed Like Me »).

Voilà donc la suite de l’article concernant l’électro-rock belge… Pour ceux qui auraient manqué la première partie (c’est vrai que ça fait un certain temps, j’avais un peu perdu ça de vue), voilà le lien.

La transition

Un des groupes sans doute des plus influencés par dEUS à ses débuts, ce sont les fameux frère Dewaele de Soulwax. Et oui, avant de de devenir un des groupes des plus branchés de la planète, ils ont fait du rock avec des grosses guitares électriques. Leur premier album, « Leave the story untold » reprend en bloc les sons de dEUS, mais ils vont un peu casser le modèle de mélodie progressive qui domine les compos de Tom Barman, et vont aussi introduire déjà plus de sons purement électroniques. Un seul problème, la voix manque un peu de puissance et de profondeur, ce qui pourra faire passer à tord leur musique pour de la pop mal embouchée, vu leur approche très en efficacité des mélodies. La véritable révélation critique arrivera avec leur second opus « Much against everyone’s advice« , beaucoup plus abouti, où le groupe se joue justement de cette voix très pop du chanteur. On retrouve toujours l’influence « dEUSienne », mais on est déjà plus à la même recette, notamment avec l’utilisation remarquable de beat électronique en renfort de la batterie. L’ensemble de l’album est très réussi, avec notamment la chanson titulaire, « Too many DJ’s » (nom qui leur resservira par la suite), « Conversation Intercom » ou encore les trois derniers morceaux « My cruel joke », « Scream » et « Funny » qui ont réellement une bonne interaction et une ambiance commune.

Mais bien sur, il y eu quantité de groupe influencé par dEUS, pas seulement Soulwax, et pas tous très intéressant. Néanmoins, il y a un cas que je souhaite signaler, c’est le groupe Millionaire. Leur premier album sorti en 2001 (quelques année après le « Much against everyone’s advice ») aura une approche assez similaire à Soulwax et dEUS même si, dans celui-ci, les éléments électroniques finissent par prendre une place majoritaire dans la musique comme sur « Come with You » qui est un morceau d’électro-rock à part entière. Si leur premier album était donc une réussite appréciable, je suis plus réservé sur leur dernière parution « Paradisiac » en 2005 qui est nettement plus rock et énervé, moins fin, et surtout insupportable en live. Et en plus, je n’ai pas pu vous trouver d’autres extraits que ceux de ce deuxième opus sur leur myspace.

Dans le prochain article (qui arrivera plus vite que celui-ci, je vous rassure), j’évoquerai la vague « bastard pop » et principalement les 2 Many DJ’s. Bonne lecture !

Liens

Myspace de Soulwax : http://www.myspace.com/soulwaxyeah
Site officiel Soulwax, beaucoup de truc, mais il faut chercher un peu : http://www.soulwax.com
Myspace de Millionaire : http://www.myspace.com/millionairetheband
Site officiel de Millionaire, un peu vide : http://www.millionaire-theband.com/