Vous le savez sans doute, je suis un grand défenseur de l’institution qu’est la Médiathèque de la Communauté Française de Belgique. Si l’idée de rassembler dans un lieu des supports physiques contenant de la musique, des films et des jeux peut sembler désuète et couteuse à l’heure actuelle, je n’ai pas encore pu découvrir un moyen aussi efficace sur Internet pour amener l’auditeur acharné que je suis à de nouvelles découvertes (Internet est en réalité fondamentalement « mainstream » au niveau musical). Démonstration par l’exemple…

Fagget Fairys ou les lesbiennes danoises de l’espace

On connaît surtout les groupes lesbiens dans le style d’électro-punk façon riot girl (Peaches, Le Tigre, Lesbian on Ecstacy, Cobra Killer,…) mais les Yo Majesty ont apparemment ouvert la voix vers un hip-hop-électro lesbien. Mais si les Yo Majesty enfonçait le clou du hip-hop américain en retournant ses clichés sexistes au profit d’un féminisme exacerbé, les Fagget Fairys sont beaucoup plus fines. Les inspirations sont variées, plongeant dans l’ensemble du spectre des genres « breakbeat » : électro, hip-hop, drum & bass, dubstep,… Le tout sous légère influence balkanique (ou parfois plus que légère). Les morceaux « Feed The Horse« , « Watch My Back » ou « All I Want » sont des décharges de basses qui vous feront remuer à coup sûr. Cela donne un mélange franchement intéressant, drôle, parfois indécent, mais qui va rejoindre gracieusement les CD d’électro-hip-hop de qualité qui peuplent mes étagères (Cadence Weapons, Reverse Engineering, Thunderheist, Yo Majesty,…)

MySpace : http://www.myspace.com/faggetfairys

Un patron de label qui a bon goût

source : www.balencourt.com

A la médiathèque, on peut également louer (gratuitement) des démos que de nombreux producteurs en herbe (ou pas) laisse à la disposition du public. Parmi ces démos, on trouve parfois des perles comme l’album de Ext Int. Il s’agit du projet du directeur du label belge Boya Entertainement, sur lequel on a pu retrouver Depotax et son producteur Bishop Dust (maintenant passé sur AKA Music) ou encore Ucture que vous retrouverez tous en concert ce jeudi au Botanique. Le patron a donc un goût assuré pour l’électro travaillée sans être trop prise de tête. Et c’est d’ailleurs ce que propose Ext Int, avec une musique penchant vers le trip-hop, sur lequel le jeune homme pose une voix se rapprochant par moment de celle d’Anthony & The Johnsons. C’est loin d’être parfait, mais certains titres sont vraiment gracieux et très réussi comme le titre d’ouverture « all that we need« . Bref, si vous avez de l’argent à investir dans de la musique, jetez une oreille à Ext Int, ça vaut la peine !

MySpace : http://www.myspace.com/extintmusic

La super-band américain de branques

La mode des super-bands américains envahi nos oreilles : entre Them Crooked Vulture ou The Dead Weather, les grands rockeurs se réunissent et réalisent souvent des albums intéressants. Discovery est également un super-band, rassemblant le claviériste de Vampire Weekend et un membre de Ratatat. Sauf qu’ici, pas question d’un bête rock garage efficace, mais une musique plutôt bancale. L’auditeur se retrouve assis entre la chaise pop mélodique de Vampire Weekend et les compressions de Ratatat, ce qui donne des morceaux comme « I Wanna Be Your Boyfriend » ou « It’s not my fault (it’s my fault) » qui peuvent faire penser à certains morceaux barrés de Hot Chip dans les bons cas, à des morceaux écoutables de Animal Collective dans les moins bons. Mais on ne reste certainement pas indifférent face à ces sons tous plus synthétiques les uns que les autres !

MySpace : http://www.myspace.com/discoverdiscovery

Bien sûr, ces groupes sont écoutables sur le net, mais par contre, il n’est pas évident de trouver des gens pour vous y inciter. C’est pour cela que je continue à fréquenter le Passage 44 et sa caverne d’Ali Baba musicale…