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Nous sommes entrés dans le mois de décembre. Et comme sur tous les blogs qui traitent de musique, il est temps de se lancer dans la rétrospective de l’année écoulée à l’aide du moyen formidable que vous connaissez tous : les tops ! Si je compte bien, il nous reste 5 semaines avant l’année 2010, j’écrirai donc 5 tops, même si je ne sais pas encore lesquels (bon, à part le classique « meilleur album » la dernière semaine). Je précise que mes tops sont totalement subjectifs, composés d’un nombre non déterminés d’éléments, porte sur des albums de 2009, mais également de 2008 et parfois même avant.

Mais aujourd’hui, et pour commencer en fanfare, je vous propose le top des albums les plus décevants de l’année.

6. Birdy Nam Nam « Manual For Successful Rioting »

Birdy Nam Nam est un groupe français qui a la cote en live. Il faut admettre que leur technique aux platines est assez impressionante et qu’il réussise à rendre leurs concerts assez explosifs. Malheureusement, il n’avait pas réussi à rendre ça dans leur premier album plus rétro-jazzy et assez décevant, non pas en termes de production, mais simplement en termes de propos. Leur second album (qui n’a PAS été produit par Justice, uniquement le dernier morceau) change donc son fusil d’épaule en tentant un propos beaucoup plus dansant et direct, dans l’air du temps et… identique à tous les autres ! Si le propos est maintenant beaucoup plus efficace, on est triste de ne pas entendre la différence entre des gens qui composent sur ordinateurs et des pros de la platines. Bref, il manque le petit supplément d’âme nécessaire pour sortir du lot. Peut-être que ce sera pour le troisième opus ?

5. Animal Collective « Merryweather Post Pavillon »

Vous vous en souvenez peut-être, mais au début de l’année, une déferlante musicale est apparue sur les blogs : le nouvel album de Animal Collective était un chef d’oeuvre. Les expériences précédentes que j’avais eues avec le groupe (l’album Sung Tong) m’avaient fait jurer de ne plus jamais exposer mes oreilles à ces bricolages sonores qui m’exaspèrent au plus haut point. Mais les nombreux articles parlant d’un album plus accessible et vantant ses immenses qualités ont eu raison de ma résolution. Grand mal m’en a pris : « Merryweather Post Pavillon » est un album d’Animal Collective avant tout. Il provoque des crises d’épilepsie (Brother Sport), fait passer une bonne nuit (In The Flowers) où donne juste le mal de mer (Taste). J’ai même poussé le vice jusqu’à écouter leur concert au festival de Dour. J’ai bien dormi. C’est décidé, je n’aurai plus jamais le moindre espoir concernant ce groupe.

4. Fischerspooner « Entertainement »

Comment Fischerspooner a pu tomber aussi bas? C’est vrai, son premir album recelait de véritables perles, une quasi-concurrence au Homework de Daft Punk. Et puis, plus rien. Un deuxième album assez nul. Et l’attente. Alors, quand on annonce un nouveau Fischerspooner, l’espoir renaît. On se dit que le duo va peut-être remonter la pente. Quand on voit que malheureusement, le lancement se fait à l’aide du support du label Kitsuné (qui place deux titres dans deux compilations), on prend déjà peur. Fischerspooner est donc au niveau des « dernières sensations musicales branchouilles ». Et en fait, c’est même moins bien que ça. L’album est inécoutable, oscillant entre Pet Shop Boys de seconde zone et pseudo-expérimentation sonore. Encore un groupe qu’il va falloir oublier (et oublier les horribles titres en français dont il a affublé ses chansons).

3. Depeche Mode « Sound of the Universe »

J’ai une petite faiblesse pour Depeche Mode. Mais j’ai aussi remarqué que j’apprécie généralement plus les albums les moins reconnus par la critique. Je ne fais pas exception ici encore, puisque le dernier DM a été accueilli assez positivement, et que je ne l’aime pas trop. Autant j’avais adoré le précédent, autant le côté très pop synthétique des arrangements de celui-ci me dérange. Entendons-nous bien, ce n’est pas la catastrophe, et certains titres sont excellents (Wrong en premier, In Chains également), mais dans l’ensemble, l’album me plait beaucoup moins tout comme le choix des singles après Wrong. Je reste néanmoins friand du groupe mais j’attends la suite avec une petite pointe d’anxiété…

2. Lady Sovereign « Jigsaw »

Encore un de mes talons d’achille : le hip-hop anglais. J’avais beaucoup aimé le premier album de Lady Sovereign et ses titres formidables comme Tango, Love me or Hate Me, Random,… Je m’attendais donc à une montée en gamme de la jeune dame sur son deuxième opus. J’ai bien vite déchanté. Certes le morceau d’ouverture « Lets Be Mates » est franchement catchy et marrant (I’m weird, you’re weird, let’s be mates), mais la suite s’embourbe dans une électro-pop sans saveur ni finesse qui correspond en plus très peu au côté très « rentre-dedans » de la jeune dame « qui-rote-qui-pète ». Dommage, elle vient rejoindre ainsi nombre de star du hip-hop anglais en recherche de nouveauté et de progression (Skepta, Dizzee Rascal, Wiley,…)

1. N.A.S.A. « Spirit Of Apollo »

Cet album-là est une véritable déception. Comment est-il possible de réussir à ramener (attention, c’est parti) Spank Rock, M.I.A., Santogold, Kanye West, Lykke Li, George Clinton, DJ Qbert, The Cool Kids, David Byrne, Tom Waits, Kool Keith, RZA, KRS-One et encore plein d’autres sur un même album et faire quelque chose de plutôt moyen. Certains titres fonctionnent plus ou moins comme Watchadoin? mais dans l’ensemble, c’est loin d’être la fête. En plus de manque d’unité dans l’album, problème que l’on peut encore accepter, l’écriture des morceaux laisse à désirer et la production est extrêmement plate. Ce n’est pas inécoutable, mais ce n’est pas terriblement bon non plus. Or, avec des invités de cette prestance, c’est le minimum qu’on puisse demander, le terriblement bon…

On aurait pu également trouver dans cette liste le dernier U2 ou le dernier Lilly Allen qui sont très mauvais, mais je n’avais aucune attente vis-à-vis de ces albums.

Bon, il fallait parler dans le cadre de ce dossier d’un Depeche Mode, soit d’Ultra, soit d’Exciter. Si je trouve Exciter bien plus intéressant musicalement et clairement sous-estimé (j’en parlerai peut-être aussi, tiens), Ultra est réellement un jalon dans la carrière du groupe.

Ils avaient connu leur plus grande époque en terme de reconnaissance publique avec Violator en 1990 (qui reprenait les titres « Enjoy The Silence« , « Personnal Jesus« , « Policy Of Truth » notamment) et le chanteur du groupe, Dave Gahan, avait commencé sérieusement à tomber dans la drogue. L’album qui suivit, Song Of Faith And Devotion, a révélé au groupe toutes ses tensions internes. A la suite de cet album, Alan Wilder quitte le groupe tandis que Dave Gahan s’enfonçe de plus en plus gravement dans la drogue et la dépression. Sans homme de studio et avec un chanteur très fragile, le groupe ne pensait pas survivre. C’est donc sans pression en terme de résultat et dans une ambiance terriblement somble que le travail d’Ultra commença, sans pour autant que la situation s’améliore énormément avec en point d’orgue l’overdose de Dave Gahan en 1996. Forcé de passer en désintoxication pour rester aux Etats-Unis, c’est l’électro-choc qui permit à Gahan de sortir de sa crise et sans doute l’événement qui permit l’aboutissement de l’enregistrement d’Ultra et qui permit aussi au groupe de ne pas se séparer.

C’est Tim Simenon qui produit Ultra après avoir touché à quelques titres de Bjork, Sinead O’Connor et Massive Attack mais surtout après avoir produit l’album de Bomb The Bass. Musicalement, que faut-il retenir d’Ultra ? Fondamentalement, pas grand chose… Les singles, sans doute, avec « Barrel Of A Gun« , ses paroles à vous glacer le sang et son accord de guitare qui tue, « Home« , « It’s No Good » et « Useless » qui bénéficiera quelques années plus tard d’un remix assez acclamé de Kruder & Dormefeister. Pas étonnant, en réalité, de voir le titre repris en version lounge, la production d’Ultra est fort tirée vers le trip-hop et l’ambiant, en lien direct avec l’expérience du producteur. Cela causera beaucoup de tord plus tard au groupe qui perdra beaucoup en crédibilité sur Exciter, accusé à tord d’être de la guimauve pop et ambiant.

Le mot de la fin revient à Daniel Miller, patron du label de toujours de Depeche Mode, Mute, qui dit « It almost didn’t matter what the album was like, there just had to be one ». Cela résume bien la valeur de cet album, qui est peut-être le moins bon de Depeche Mode comme le plus important.

Ultra

Je ne cacherai pas mon admiration pour ce groupe des années 80, le seul qui a survécu pour lequel j’ai une réelle affinité (ce qui ne m’empêche pas d’en admirer d’autres). Et bien, il sont en route, mais ça vous le savez sans doute déjà, pour un nouvel album « Song Of The Universe ». Et ils nous le font découvrir par un single nommé « Wrong« .

Au titre, on devine que ça va pas être jojo. Il commence avec les voix du groupe scandant « wrong » avant de se poursuivre sur une rythmique binaire typique de Depeche Mode et une volée de clavier que je trouve un peu ratée, accompagné de la voix de Gahan peut être un peu forcée. Heureusement, à la fin des couplets, les accords d’autres clavier viennent donner la profondeur dramatique de la chanson, renforcée par le mot « wrong » projeté comme pour l’expier. On rajoute à cela une montée sonore efficace et des paroles qui n’ont pas l’air d’aller vers une happy end, et on a un Depeche Mode très sombre, ce qui en soit n’a rien d’étonnant.

Mais sans doute n’ai-je pas encore abordé la plus grande force de ce simple : son clip. Réalisé par Patrick Daughters, à qui on doit les excellents clips de Feist (dont le très impressionnant « My Moon My Man« ), le clip renforce considérablement le pouvoir d’évocation de la chanson et décrit une scène d’horreur que le réalisateur de Saw ne renierait peut être pas. Certains y voient une référence au clip de Radiohead « Karma Police« , moi pas vraiment.

En tout cas, ça dure 3 minutes 10 secondes, et ça a tout dit.


Depeche Mode – Wrong Video Clip
envoyé par Mightybaut