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J’avais envie de parler, mais je ne savais pas trop de quoi. Alors, pourquoi pas de notre ami David Bowie et de la reprise de la chanson « I’m Afraid of Americans » par le compatriote Jeronimo.

Alors que Bowie et Jeronimo sont clairement de génération complètement différente, peu de temps sépare l’original de la reprise de cette chanson. C’est sur l’album de Bowie Earthling que paraît « I’m Afraid Of American » en 1997. Ce sera le premier maxi tiré de cet album qui inclut de manière très présente de la batterie électronique, des vocoders et dans l’ensemble énormément d’effets électroniques. Cela donne un titre très sombre et aggressif, très travaillé en terme de sonorités, peut-être même un peu surchargé dans les arrangements. Mais la voix de David Bowie témoigne d’un tel engagement dans ce morceau qu’on peut difficilement y rester insensible

A côté de cela, le chanteur belge Jeronimo aurait pu faire bien pâle figure. Il est en effet plus connus pour ses titres à l’humour doux-amer souvent plus déclamés que chantés. Quand on sait en plus que le liégeois a traduit et adapté le texte de Bowie et chante le titre en français, on pouvait craindre le pire. Et pourtant, c’est toute guitare dehors et riffs lourds que Jeronimo nous livre son titre le plus engagé sans doute de son premier album « Un Monde Sans Moi ». Sans singer Bowie, il délaisse les arrangements électroniques et se contente de guitares et d’un chouya de vocoder. Il n’abandonne pas son ton détaché, ce qui donne finalement une tout autre saveur au texte « Johnny voudrait un cerveau, Johnny voudrait un coca, Johnny voudrait une fille, Johnny voudrait des blagues ». Sans doute un de mes titres préférés du premier album de ce belge qui vaut le peine d’être écouté. D’ailleurs, si le titre vous plait, n’hésitez pas à vous intéresser au troisième opus qui vient de sortir et qui a reçu de bonnes critiques (il n’est pas encore tombé entre mes oreilles, mais cela ne saurait tarder !)

Je prends un énorme plaisir à reconnaître des chansons, des albums, des artistes. Mais aussi des samples, des reprises et autres remix. On pourrait voir ça comme une forme d’arrogance, de fierté et de nombrilisme, c’est sans doute en partie le cas, mais c’est aussi cela qui me donne envie d’aller plus loin dans la musique.

Un premier exemple qui m’est arrivé pas plus tard qu’il y a quelques jours. J’écoutais tranquillement le merveilleux album « Never Never Land » de Unkle quant, on arrivant à la plage 7 « Panic Attack », je me rends compte que le beat sourd, métallique et inflexible qui ponctue le morceau est samplé d’une chanson que j’adore. Un peu accéléré, un peu déformé, mais c’est clairement le même beat, et si ça ne l’est pas, c’est du plagiat. La chanson « She’s Lost Control » de Joy Division est clairement là derrière. C’est peut être stupide, mais j’étais content d’avoir découvert cela, et encore plus content d’essayer de deviner pourquoi cette référence : simple plagiat ou hommage à un groupe mythique…

Un autre exemple qui m’est revenu concerne la chanson des Pixies « Where is my mind« . Le nombre de reprise de ce titre ne se compte plus : de Placebo à Nada Surf en passant par mon dernier petit chouchou Yoav, ce n’est pas le nombre de candidat qui manquent. Pourtant, l’influence de ce morceau ne s’arrête pas aux reprises et samples éventuels dont il est l’inspiration mais résonne également à travers de simples hommages. Impossible en effet de considérer 20 Dollar de M.I.A. comme une reprise cette chanson mythique. Difficile également de deviner un sample quelconque. Et finalement, les seuls indicent qui peuvent rappeler directement la chanson des Pixies, ce sont les derniers mots du refrain de la chanson, référence directe à celui des Pixies. En écoutant de plus près, on reconnaitra sans doute des similitudes harmoniques et rythmiques entre la célèbre guitare du morceau original et les sons électroniques de M.I.A. Et puis, si on a pris la peine d’acheter l’album et de lire la jaquette, on aura vu Charles Thomson (alias Frank Black, leader de Pixies) crédité pour cette chanson. Mais tout cela, peu de personne le voit et passeront alors souvent à côté de nuance dans le titre.

Bref, voilà, tout cela pour ne rien dire, juste peut-être pour inciter les gens à être plus attentifs à ce qu’ils écoutent… C’est comme cela qu’on découvre des petites merveilles ! Bonne écoute…