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A la première lecture, je me suis dis que j’allais essayer de ne pas me précipiter dans le négatif tout de suite, que j’allais tenter d’y voir les aspects intéressants, mais rien à faire, cette élection du community manager de l’année ne me plaît vraiment pas. Et cela tant sur le principe que sur la forme.

Valoriser la profession

Si je peux imaginer que l’objectif doit être de mettre en avant la profession de community manager (puisque Technofutur TIC forme des gens entre autres à ce métier, c’est plutôt une bonne idée pour eux), je doute que ce type de concours y participe. Déjà pour des fonctions plus traditionnelles et moins récentes que le community management, je ne crois pas que la mise en avant de l’excellence d’une personne (ou d’une entreprise) puisse vraiment servir l’ensemble d’une profession. C’est particulièrement vrai pour une profession dont un des objectifs fondamentaux est la formation. N’oublions pas également que ces élections amènent parfois de sérieuses déculottées dans le milieu ciblé (rappelons-nous quand Proximedia a été élu « Entreprise de l’année », je doute que cela aie vraiment aidé à la valorisation des métiers du web). En mettant en avant les réalisations d’une personne, inévitablement l’accent sera mis sur certains aspects tandis que d’autres seront oubliés, donnant une vision tronquée du métier.

Sans compter que je vois mal qui va se trouver sensibilisé au métier via ce concours profondément endogame. Qui d’autres que des community managers (ou des personnes déjà sensibilisées au community management) vont s’intéresser à une élection de community managers? Bien sûr, pour Technofutur TIC, c’est une bonne manière d’améliorer sa notoriété auprès d’une partie de sa cible. Mais ce ne sont pas les agences qui emploient ou recherchent des community managers qu’il faut toucher, mais bien les entreprises qui ignorent à quoi cela va bien pouvoir leur servir.

Collaboration ou compétition

Par ailleurs, dans ce genre de concours, on assiste souvent plus à un affrontement d’égo qu’à des échanges sur le fond. On a déjà pu lire, en commentaires de l’article annonçant l’initiative, des suggestions de votes publics et en temps réel, une bonne manière de bien montrer qui a la plus grosse, sans jamais parler du contenu. Si la profession était déjà bien organisée et reconnue de tous, cela ne serait pas tant un problème. Au contraire, stimuler la concurrence entre personnes peut-être un moyen de remuer les corps de métier qui se reposent trop sur une tradition, et faire émerger de nouveaux modèles. Mais nous parlons ici d’un métier jeune, dont les outils évoluent sans cesses, dont les pratiques sont mal définies et très variables selon l’employeur, dont les good pratices sont encore discutées et dont l’image est sujette à caution. Créer des oppositions dans ce cadre-là, c’est tuer la collaboration et les échanges qui sont nécessaires afin de mieux définir le métier et ses rôles, afin de le renforcer.

Champêtre

Tout cela ne serait que des considérations stratégico-éthiques fumeuses qui pourraient être encore écartées, si la conception même du concours ne m’avait pas renforcé dans l’idée qu’il allait effectivement provoquer les effets précités. Le fait qu’on va y évaluer le travail du community manager sur base d’une « campagne ou d’une action » déforme déjà complètement la réalité de son travail tout en mettant en avant une pratique que je trouve plus ou moins douteuse: l’événementialisation de la gestion de communauté. Par là, on fait croire que le community manager ne travaille que lorsqu’il met en place des campagnes, et qu’on peut évaluer son travail sur base des résultats de ces campagnes ou actions. Cela pousse certaines personnes du métiers à passer de campagnes en campagnes, pour sortir des chiffres qu’on peut toujours rendre flatteurs, sans jamais mesurer s’il y a réellement une communauté derrière. C’est un des pires travers du métier, puisqu’il fait du community manager le moteur de la présence d’une entité sur les médias sociaux, alors que le moteur doit être la communauté de cette entité. On peut être un excellent community manager sans jamais organiser une « campagne ou une action ». Et les communautés qui se sont bâties sans ces « événements » sont souvent les plus fortes et les plus engagées.

Au-delà de cela, le choix d’évaluer sur une campagne particulière met sur la touche le travail formidable de formation de certains CM, favorise les CM en agence (qui sont de toute façon souvent affectés à des campagnes) et va de toute façon faire entrer des composantes budgétaires qui seront impossibles d’aplanir (comment évaluer sur des critères communs une campagne avec un budget de 100.000€ et une sans aucun budget?).

Participation et dédouanement

Après, on peut faire valoir que le concours est construit sur un mode participatif, ce qui semble être une bonne chose, puisque cela devrait permettre à la communauté d’améliorer ces principes pour éviter les écueils précités (si cela était possible). Mais en réfléchissant un peu plus loin, on peut également émettre certaines réserves face à ce choix. D’une part, on peut imaginer que certains participants souhaitent utiliser cette possibilité afin d’adapter le règlement à sa propre pratique professionnelle et ainsi s’assurer une victoire plus facile. Et si on doit empêcher de participer tous ceux qui apporteraient leur contribution au règlement (comme dans n’importe quel concours sérieux), il ne restera plus beaucoup de participants. D’autre part, cela donne l’impression que Technofutur TIC souhaite se ménager une porte de sortie pour pouvoir se retrancher derrière la communauté si jamais quelque chose foirait. S’ils ne savent pas exactement comment choisir le community manager de l’année, sur quels critères et quel mode opératoire, soit ils abandonnent le projet, soit ils tranchent. Etre capable d’organiser le concours et d’en fixer les règles me semble être un minimum si on veut en conserver la crédibilité. En soit, cela me fait penser au recrutement du CM de la RTBF (j’en avais parlé ici) où les candidats devaient eux-même écrire leur projet avant même d’être embauché.

Regardez-nous!

Au final, on se retrouve devant un événement qui va renforcer les arguments des détracteurs de la profession (les CM, c’est juste des « personnal branleurs » qui vendent leur image) sans améliorer la notoriété du métier hors du cercle restreint de ceux « déjà au courant » tout en le délimitant et le déformant par les partis-pris inévitables liés à l’organisation d’une élection. Sérieusement, je crois qu’une initiative comme le #CMBE est de loin bien plus profitable à la profession à long terme que ce genre de bouffonnerie (auquel, vous l’avez compris, je ne participerai pas – et j’invite les gens un peu sérieux à éviter de s’y fourvoyer)

Temps d’écriture: 75 minutes

J’ai donc eu l’opportunité d’assister à la seconde édition du #CMBE ce lundi soir à Anvers Malines. Merci à la dame qui l’organise (Saskia) et à la dame qui m’en a soufflé l’organisation (Marie).

Je ne vais rien écrire de très circonstancié, juste quelques notes des points importants qui sont ressortis des discussions autour du sujet « Kickstarting of a community » (introduit de manière claire et très bien résumée par Kristof).

  • Les concours, c’est bien, mais non, en fait: on le sait tous, mais comme on veut faire du chiffre pour vendre au client/manager/responsable, on en fait quand même. Pourtant, les concours, ça ramène des membres qui en ont rien à foutre de ce que tu as à raconter. A faire pour animer une communauté mais pas pour recruter, et certainement pas au lancement d’une communauté.
  • Know your tools: et donc, connais bien Facebook pour ce qui concerne la plupart des communautés. Que ce soit les subtilités de l’algorithme , les options de gestion de pages, les like-box, like-button et autres Facebook Connect, cet outil offre énormément de possibilités pour recruter et développer une communauté. Beaucoup trop de personnes amenées à utiliser de façon professionnelle FB connaissent leur outil beaucoup trop mal (d’autant plus qu’il évolue vite).
  • Go offline: que ce soit pour du cross-media, pour du RP ou pour du street-marketing, il faut ancrer une communauté offline. Une communauté sur le web devrait d’ailleurs commencer idéalement par des rencontres de visu, et ces rencontres de visu devraient en tout cas faire partie intégrale du métier. Faute de possibilités, utilisez le offline pour valoriser un maximum les personnes les plus actives de votre communauté.
  • Small is beautiful: la segmentation d’une communauté permet de maintenir des contenus et des interventions de haute-qualité sur les sujets abordés. Quand votre communauté devient trop grande pour que le plus petit commun dénominateur soit autre chose que le temps qu’il fait, c’est qu’il est temps de la diviser.

Evidemment, ces 4 points ne rendent pas honneur à la richesse des échanges qui se sont tenus. Et donc, si vous êtes des professionnels du community management et que vous avez du contenu à apporter, contactez Saskia et on se donne rendez-vous au retour de vacance pour la 3ème édition de cet atelier.

PS: retrouvez le compte-rendu de Florence sur son blog

Temps d’écriture: 20 minutes

Voilà, depuis quelques jours, j’occupe une autre fonction dans un tout autre domaine de la communication. J’en parlerai sans doute, à l’occasion, mais j’aimerais plutôt revenir sur les 9 mois passés au sein d’armonea en tant que communication officer.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, armonea est une entreprise privée qui gère une cinquantaine de maisons de repos et résidences pour seniors en Belgique. Elle est le leader belge en termes de nombre d’établissements et de places disponibles. L’entreprise est issue de la fusion de deux groupes (Restel Résidences et le groupe Van den Brande) et a des établissements partout en Belgique (depuis Messancy jusqu’à Oud Turnhout en passant par Comines-Warneton).

En 9 mois passé dans l’entreprise, j’ai pu affiner certaines de mes compétences, en développer de nouvelles et évaluer un peu mieux les défis à relever dans ce type d’entreprise.

De manière assez similaire à Carrefour Belgique, où j’avais effectué un stage, armonea doit faire face aux difficultés des entreprises décentralisées. Pour 2800 collaborateurs et 4700 résidents, les services centraux sont constitués de moins de 100 personnes (peut-être même une cinquantaine) et le département communication de (théoriquement) 3 personnes. C’est peu pour gérer la communication de 50 établissements en deux langues. Et cela dans un secteur qui a une image assez mauvaise et sans compter toute la communication interne, les relations presse, le développement d’une identité visuelle pour un groupe fusionné. Bref, pas mal de défis que j’ai trouvé très intéressant à relever.

J’ai donc pu, dans ce cadre, améliorer mes compétence de communication dans des groupes décentralisés et donc ma capacité à fédérer des directeurs d’entités externes autours d’un projet de communication commun, développer une nouvelle identité pour les publicités de certains produits (tant au niveau du copywriting que de l’identité visuelle), rédiger et gérer la publication et distribution d’un journal destinés aux collaborateurs, développer des déclinaisons de publications destinés à nos clients, créer une newsletter interne, superviser le développement de sites web pour chacun des établissements du groupe, aider à l’organisation d’événements internes, rédiger des publications, traduire,… Toute une série d’expérience riche et que je suis loin de regretter malgré le côté peu « sexy » du secteur. J’ai eu beaucoup de mal à convaincre mes amis et mes connaissances de l’intérêt de mon boulot, pourtant, il ne s’est jamais démenti.

Depuis quelques jours, j’ai pris un titre de fonction plus branché dans un secteur plus tendance. J’en suis très heureux, simplement parce que le contenu de ce boulot, j’ai envie de le faire depuis longtemps. J’en parlerai sans doute de temps en temps, parce que je crois qu’on dit beaucoup de chose qui nuisent à la perception du Community Management et que je veux apporter ma petite pierre à l’édifice pour que ce métier sorte du ghetto des buzz words.

En attendant, si vous cherchez du boulot en communication et que vous vous sentez suffisamment bilingue pour traduire du néerlandais au français, ils cherchent un remplaçant : http://jobs.armonea.be/index.php?id=48

Temps d’écriture : 52 minutes