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Allez, un petit ensemble de news musicale toutes fraîches regroupées sans beaucoup de logique, mais avec beaucoup de coeur (c’est pour la St-Valentin).

Quelques concerts

19/03: Timber Timbre (en solo) à la Rotonde du Botanique. Ce sera mieux, c’est presque sûr, qu’aux dernières Feëeriëen.

01/05: Matthew Dear à l’AB (à 12€). Son dernier concert à la Rotonde du Botanique est le dernier live où j’ai vraiment été impressionné. Priorité absolue sur toutes les activités liées à la Fête du Travail.

17/04: Xiu-Xiu à la Rotonde du Botanique. Un des faiseurs de pop expérimentale parmi les plus allumés et les plus sensibles. On le compare parfois à Anthony & The Johnsons. Cela n’a rien en commun, et c’est beaucoup mieux.

Deux vidéos

Une mauvaise prise live de « Dear God I Hate Myself » de Xiu-Xiu, pour que vous n’y alliez pas sans savoir un peu à quoi vous attendre…

Et puis, le clip du morceau « In The Grace Of Your Love », le meilleur titre du dernier album de The Rapture, est sorti. A priori, la vidéo ci-dessous ne marche pas (bandes de cons), sauf s’ils ont modifié les paramètres entre-temps, mais vous pouvez voir le clip à cette adresse: http://vimeo.com/36427625. Heureusement que le morceau est vraiment excellent.

In the Grace of Your Love – The Rapture from Dream The End on Vimeo.

L’electro du début des années 2000 ne se résume pas à Daft Punk. Il y a aussi deux américains, Warren Fischer et Casey Spooner, qui vont se fendre d’un album marquant à de nombreux points de vue.

Tout d’abord parce qu’en 2001, le duo plutôt issu de l’art plastique et du théâtre, donne déjà en téléchargement gratuit sur leur site internet leur titres, ce qui leur permet de se faire signer par une major (bien avant les artistes « MySpace » donc).

Ensuite par le travail graphique et scénique qui constituera leur marque de fabrique, même si le résultat reste discutable, au fil des ans.

Et puis, il y a ce premier album, une sorte de réponse anglo-saxonne au « Homework » de Daft Punk, tout en rythmique évolutive, en break bizarroïdes, en montée de clavier aux sons facilement identifiables. Et dedans, le single imparable « Emerge » qui reste un de mes titres electro favoris depuis 10 ans.

Depuis, on peut dire qu’ils n’ont rien fait de très bon. Leur deuxième comme leur troisième album sont peu convaincant, très pop et, malgré leur son reconnaissable, assez peu original. On en restera donc à ce premier album qui, en plus de contenir d’excellents titres (Emerge, Sweetness, Horizons) est également très cohérent dans son ensemble, une qualité que j’apprécie énormément en tant qu’acheteur de ces petit frisbee plastique que sont les CD

Temps d’écriture: 20 minutes

Vous le savez, je travaille pour le label de musique Akamusic, et je guette donc toutes les publications web des artistes que nous défendons. Il m’arrive donc régulièrement de trainer mes guêtres sur des sites comme Charts in France ou AlloMusic. C’est justement à l’occasion d’une mise en avant par ce site de Colline Hill (si vous aimez le folk-rock, allez donc découvrir ce qu’elle fait, c’est très chouette) que je suis attiré par la titraille annonçant le nouveau clip de Britney Spears. J’y jette donc un oeil, et il me faut alors abandonner tout ce que je fais pour écrire tant il y a à dire sur cette nouvelle merveille musicale (ou pas).

Il est à noter que j’aime bien Britney Spears. C’est la première pop star que j’adopterai en 1998 (j’avais juste 13 ans) avec Baby One More Time, dont j’ai le single en pochette cartonnée acheté à l’époque 199 francs belges. J’écoutais aussi des groupes comme Massive Attack, Portishead ou Hooverphonic , mais j’arrivais parfaitement à défendre Spears musicalement, autant que ces pointures. Spears est une des premières, selon moi, à avoir fait de la pop des années 2000 (avec Madonna et son duo Ray Of Light/Music). Elle n’a jamais versé dans les sons dérivés de la « trance/acid/goa » tellement à la mode dans les milieux underground de l’époque et donc récupéré édulcoré pour le grand public (pensez par exemple à Sonique et It Feels So Good, sorti la première fois la même année que Baby One More Time ou Waiting For Tonight de Jennifer Lopez).

Et donc, on en revient à cette chanson Hold It Against Me. Déjà au niveau du son, même si toute la première partie du titre fait la part belle aux sons électro compressés (façon Justice/Boys Noize/…) et que le break reprend quelques éléments vaguement dubstep, la dernier couplet est typique de la pop pré-Britney Spears dont je vous parlais plus haut. En soi, rien d’étonnant, cette triplette électro compressée/dubstep/90’s est l’ensemble de ce qui marche pour le moment. On est juste étonné de voir les producteurs injecter dans la musique de cette pop star des éléments qu’elle a contribué à rendre ridicule et old school à l’époque.

Mais le pire est encore à venir, car j’ai donc découvert ce matin la vidéo qui accompagne ce titre.

Aù-delà des placements produits de moins en moins fins et de plus en plus nombreux dans la vidéo (certains passages pourraient être un spot publicitaire pour Sony, quasiment sans retouche), on se demande vraiment qui a réalisé la direction artistique de ce clip. Parce qu’il est simplement très laid. L’image, le décor, le maquillage, les costumes sont justes immondes. Mais ils sont immondes 90’s. On se croiraient dans les décors du 5ème Elément en moins bien. Les effets spéciaux ont l’air d’être d’époque (notamment ceux de la dernière scène de chorégraphie) et les tenues pseudo « steam-punk » font penser au déjà bien kitsch Mad Max. On ne parlera pas de la chorégraphie en elle-même qui montre que la dame ne sait simplement plus bouger (tous les mouvements les plus compliqués sont tournés par des doublures, à coup sûr), les plans non-dansés rappelant combien elle est mauvaise actrice. Les lumières sont dégueus, le cadrage infect, le montage imbuvable et on y trouve même des erreurs de lipping grosses comme des maisons. Bref, c’est vraiment de la grosse merde, et c’est totalement incompréhensible quand on est à ce niveau de produit d’entertainement.

D’autant plus que la concurrente en chef Lady Gaga propose une image autrement plus moderne. Le clip Telephone est une des meilleures vidéos musicales « grand public » de ces dernières années, à mon sens (avec le même placement produit du site de rencontre Plenty Of Fish, d’ailleurs). La qualité n’est simplement pas comparable. Reste que Hold It Against Me est sans doute le plus gros succès commercial de Britney depuis Baby One More Time. Le choix stratégique de placer Spears dans une époque qu’elle n’a jamais connue et que ses fans n’ont donc pour la plupart jamais entrevue s’avèrerait-t-il payant, malgré la qualité plus que douteuse?

Temps d’écriture: 80 minutes

Avant toute chose, je ne suis pas friand du travail de Kourtrajmé et de Romain Gavras. Néanmoins, après avoir vu le clip Born Free tourné pour M.I.A et en ayant les souvenirs vagues du clip précédent ayant déclenché les mêmes passions (Stress pour Justice), j’ai tout de suite voulu écrire un article sur le sujet. Parce que, contrairement à ce que je lis beaucoup, je ne trouve pas que Born Free est dans la continuité de Stress. Au contraire, je le considère plutôt comme un changement d’approche.

Dans le clip Stress, Romain Gavras filme des jeunes gens noirs et beurs dans des scènes de violence urbaine totalement gratuites. Le clip finit par l’agression de l’équipe du film sur fond de bagnole brûlée. Ce clip est totalement apolitique et amoral, il n’y a strictement aucun point de vue, à mon sens, il est plus une expression concrète d’un fantasme de la violence extrême. L’accoutrement et les références à certains autres clips musicaux violents (Come To Daddy d’Aphex Twin) rende ce clip principalement cosmétique (ce que je considère être le cas de la plus grande partie du travail de Kourtrajmé).

C’est assez différent pour Born Free de M.I.A qui, derrière le trick des roux (autre manière de situer la scène dans le fantasme, comme pour les vêtements dans Stress), on ne peut nier la connotation politique assez forte du clip. Les militaires sont américains, les scènes sont tournées dans des lieux qui pourraient être Bagdad ou l’Afganistan. La violence n’y est pas gratuite mais bien dirigée vers un but. Au vu de tout cela, je trouve qu’on peut difficilement comparer Born Free qui est un véritable film politique avec Stress qui ne joue que sur des aspects visuels. Je ne doute pas que M.I.A y soit pour quelque chose, elle est nettement plus engagée que Justice. A l’époque, ce dernier groupe avait réfuté toute volonté politique, et c’est ce qu’on lui avait reproché. Ici, je ne doute pas que M.I.A ne réfutera pas la volonté de dénonciation des dernières guerres américaines.

Je n’ai pas contre pas d’avis sur la musique ou les qualités esthétiques du film. Mais j’attends avec beaucoup plus d’impatience le travail de M.I.A que celui de Justice (et je me fous de Gavras)

Temps d’écriture : 22 minutes

Je n’ai, je crois, jamais parlé de Lady Gaga sur ce blog. Je vais rattraper ce manquement inacceptable. Non pas pour des raisons musicales, l’album de la star est extrêmement mauvais. L’écriture, la production  et l’interprétation sont pitoyables, et je ne vois même pas comment il est possible d’en disconvenir. L’intérêt de Lady Gaga est bien ce qu’elle fait voir plutôt que ce qu’elle fait entendre (ça tombe plutôt bien, non ?).

Il y a deux aspects dans cette dernière phrase, double aspect lié au double sens du mot intérêt. Lady Gaga est intéressante en tant que produit marketing de l’industrie musicale et elle est intéressante en tant que produit culturel de l’industrie du divertissement.

Ce deuxième aspect est visible dans ses nombreux clips (6 singles pour un album, c’est beaucoup). La plupart agissent en grande partie comme une auto-parodie de la société du divertissement. Les costumes ridicules, les références à la culture pop, même les mots vulgaires cachés derrière un bip alors que des femmes à moitié nues se trémoussent à l’écran forment, je trouve, un corpus visuel déroutant, intriguant, et qui me captive assez bien. Je ne me lasse ainsi pas du clip Telephone (avec la présence étonnante de Beyoncé dont l’image est pourtant assez éloignée de celle de Lady Gaga et de celle reflétée dans ce clip) et ses références à l’industrie du divertissement américaine à répétition (de Tarantino à Michael Jackson). C’est évidemment un pur plaisir hédoniste, je trouve ce clip très drôle, et je ne pousse pas la réflexion jusqu’à croire y déceler une quelconque réflexion, ce qui rend d’ailleurs la chose encore plus appréciable. Mais je ne peux pas croire que le résultat final n’est pas empreint d’un minimum de second degré, sans doute pas entièrement calculé.

Le premier aspect, par contre, est lui issu d’un calcul très malin. La place de Lady Gaga dans le marketing est tout à fait particulière, à mon sens. Elle a été développée comme produit marketing, clairement, pour faire face au vieillissement des publics de Madonna et autres Britney Spears, pour toucher un segment de marché plus jeune. Cela a très bien marché, je crois que cela n’a même jamais mieux marché (Britney Spears n’a jamais pu accéder à l’adhésion critique qu’a reçue Lady Gaga). Au point que Lady Gaga est passé en très peu de temps du statut de produit au statut de canal. Lady Gaga n’est plus tellement un produit qu’on doit vendre mais un moyen de faire vendre des produits. J’image très bien la manière dont la production d’un de ses clips est préparée : on fait un tour de table des annonceurs qui veulent investir et, en fonction de cela, on détermine un budget et on construit un scénario autours des produits à placer. C’est très visible également sur le clip Telephone (qui synthétise assez bien Lady Gaga, je trouve). D’un point de vue marketing, c’est évidemment génial tant que ça marche, puisqu’un moyen de promotion d’un produit (qui a un coût) comme le clip devient un revenu additionnel : Lady Gaga est payée pour faire sa propre pub (et celle des autres en même temps). C’est en réalité une forme de co-branding, mais très clairement à l’avantage d’une partie. Bref, je vous recommande de regarder ce clip et voir l’essence même de l’industrie du divertissement.

Temps d’écriture : 32 minutes