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Voilà, nous entrons dans une nouvelle année musicale dans laquelle j’espère continuer à avoir la force et le temps de m’intéresser à d’autres musiques, à sortir de ce que je connais et que j’aime pour me lancer dans des directions moins évidentes, mais plus gratifiantes. Voilà, en tout cas, les chemins musicaux que j’ai arpentés cette année, et qui m’ont ravis. Pas de top au sens strict, mais des catégories bronze, argent et or.

Bronze (c’est bien fait, j’aime beaucoup, mais rien de neuf sous le soleil)

Robyn – Body Talk

Excellent album synth-pop, production impeccable, des morceaux excellents, d’autre moins biens, mais une belle unité sonore. Evidemment, il n’y a rien de novateur dans la musique de Robyn, mais je ne renie jamais l’efficacité d’un album pop quand je la croise.

Phil Selway – Familial

Une presque déception, cetalbum. Si le titre « By Some Miracle » me faisait espérer une pop dépouillée mais habitée, aux sonorités simples mais suffisamment maîtrisée pour faire voyager, je trouve que l’album s’enfonce finalement dans une pop à guitare qui manque d’ampleur et de propos. Reste que si vous êtes clients du style, cela reste honnête.

Reverse Engineering – Highly Complex Machinery

Highly Complex Machinery JaquetteLà encore, des attentes peut-être trop grande pour ce second album de ce groupe de hip-hop suisse m’ont fait un peu déchanter. Cela reste très bon, excellent même, mais il n’y a rien dans cet album qu’on ne peut trouver sur le premier opus, un monument dans le genre hip-hop / abstract aux sonorités industrielles. Si vous ne connaissez pas, les deux albums se valent et je vous recommande d’en explorer un. Si vous connaissez, ne vous attendez pas à être étonné à l’écoute du second, ni en bien, ni en mal.

Yoav – A Foolproof Escape Plan

J’avais beaucoup apprécié le premier album de ce chanteur guitariste en solo, et j’avais déjà émis quelques doutes sur sa capacité à évoluer, vu les contraintes techniques qu’il s’impose (live en solo, avec juste une guitare et des sampler pour enregistrer des boucles en direct). C’est ce qui ressort de ce deuxième disque, bon au demeurant, mais très proche du premier. Le live, par contre, s’est franchement amélioré, le jeune homme réussissant à s’affranchir des difficultés techniques pour livrer une prestation plus chaude et plus en contact avec le public.

Argent (c’est franchement bien, mais est-ce que ça passera l’année?)

Stromae « Cheese »

Non, je n’ai pas honte, j’ai beaucoup écouté le premier album du jeune bruxellois « découvert » par NRJ, squatteur des ondes et des classements iTunes avec son excellent titre « Alors On Danse« . Comme je ne suis pas un grand auditeur des radios commerciales, que je n’ai pas la télévision, je n’ai sans doute pas été aussi exposé à son titre que la majorité. J’ai donc apprécié la production so 90’s, minimaliste mais efficace sur certains titre, tout comme certains textes plutôt réussis (Alors On DanseTe Quiero, Dodo) et l’interprétation du bonhomme. Après, le risque est grand de le voir sombrer au second opus, mais pourtant, je garde espoir car son activité online plutôt prolifique et originale me semble être le signe d’une certaine lucidité et intelligence. En bonus, un titre produit bien avant son album, où on retrouve déjà le sens le sens du refrain pop qui fait mouche, encore trop engoncé dans ses clichés hip-hop.

Nedry – Condors

Un album réellement intéressant de bout en bout, mêlant influences très diverses (dubstep, synth-pop mélancolique, rock bien électrique) et titre franchement étonnants (pas grand rapport entre Apple & Pears et Scattered), mais réussissant à maintenir une qualité assez constante et à produire des titres excellents. Difficile de savoir si la carrière de ce groupe va se poursuivre, on ne peut pas dire qu’ils auront réussir à se construire une identité forte grâce à ce disque. Et je n’ai malheureusement pas pu profiter de leur passage au Botanique pour juger du résultat live. En attendant, les versions studios sont très recommandable, si vous n’avez pas peur de passer du froid au chaud d’un morceau à l’autre.

Koudlam – Goodbye

J’ai jusqu’ici plutôt soutenu des albums assez constants dans la qualité de leur titre, c’est moins le cas à mon goût de cet opus de Koudlam, premier disque qui a par contre une personnalité bien marquée. Emmené par le titre irrésistible « Love Song« , la musique de Koudlam mélange éléments électroniques assez travaillés à des instruments rock et une composition plutôt pop. La voix du chanteur renforce cette personnalité musicale, parfois froide et inspirée du post-punk, parfois nettement plus émouvante comme sur le titre « Goodbye« . Peut-être une valeur montante de la musique électronique pas bête, si la qualité moyenne des titres continue à progresser pour atteindre celle des meilleurs morceaux de l’opus. Certaines plages sont en effet un peu vides ou inintéressantes.

Chloe – One in Other

La DJ française continue tranquillement et trop discrètement sa carrière avec ce second disque excellent. Passant de structure plus pop à plus électro, de morceau plus dansant et rythmique à d’autres plus mélodiques, elle réussit à maintenir le plaisir d’écoute dans le salon sans difficulté. C’est vraiment dommage que ce disque ne comprenne pas un titre-phare pour emporter l’adhésion totale et qu’il n’y ai pas un petit quelque chose qui le fasse ressortir de la jungle des bons disques de musique électronique (alors qu’il vaut autant si pas plus que le Mount Kimbie dont on a beaucoup parlé).

Foals – Total Life Forever + The Chemical Borthers – Further

Assez différent du premier opus, disposant de quelques titres imparables (Spanish Sahara et son remix de Mount Kimbie pour le coup très inspiré, Alabaster), il a l’avantage d’un bel univers sonore sur son ensemble. Néanmoins, le plaisir d’écoute s’essouffle assez vite et c’est donc un album à consommer maintenant dans l’idée des portes qu’il ouvre pour la suite de la carrière du groupe. C’est plus ou moins le cas également du dernier Chemical Brothers, même si celui-ci s’écoute plutôt en gardant un oeil dans le rétro de la carrière assez monumental du groupe. Plus mature à mon sens que le précédent opus, moins dansant, mais consistant peut-être en une étape d’une mutation en cours.

Or (ils seront probablement dans mon top de la décennie prochaine)

Bomb The Bass – Back To Light

Un album complètement passé inaperçu d’un projet ayant pourtant trusté les charts fin des années 80. Je dois avouer que si je n’étais pas passé chez mon vendeur de disque indépendant au moment où il était en rayonnage « nouveautés », je ne l’aurais probablement jamais écouté. Quelle perte cela aurait été. La production co-signée par Gui Boratto, un des meilleurs producteurs de musique électronique de ces dernières années, ajoute cette touche entêtante aux titres plutôt électro-pop 80’s du groupe. Il faut dire que Tim Simenon (l’homme derrière ce pseudo) est un producteur qui a gagné ses heures de gloires avec des titres 80’s (l’album Ultra de Depeche Mode, le début de la carrière de Neneh Cherry). Ici, l’album mêle éléments modernes avec d’autres plus rétros, mais maintient une efficacité pop sur l’ensemble. Finalement, le titre le plus décevant est celui co-produit avec Martin Gore, bien moins intéressant que The Infinites ou Price On Your Head où les voix de Paul Conboy et Richard Davis font mouche. L’album en or que j’ai eu beaucoup de chance de trouver.

Matthew Dear – Black City

C’est peut-être dû au fait que j’ai découvert cet album il y a 15 jours, juste après un live magistral, mais j’ai depuis du mal à me détacher de cette musique sombre et vénéneuse proposée dans ce deuxième album qui est bien meilleur que le premier, déjà tout à fait respectable. Des titres comme « I Can’t Feel » ou « You Put A Smell On Me » ont un côté animal, charnel, tout autant que froid et calculé. Une sorte de musique tribale qui aurait été produite dans une cave new-yorkaise, la jungle urbaine chantée par un Sinatra dépressif. Formidable!

Massive Attack – Heligoland

C’est l’album que j’ai écouté le plus cette année, sans aucun doute. Extrêmement méfiant vis-à-vis de ce retour après l’album 100th Windows auquel je n’avais pas du tout accroché, des titres comme Splitting the Atom (une sorte de relecture minimaliste du style des premiers albums), Pray For Rain (la voix du chanteur de TV On The Radio est superbe), Paradise Circus (comptine pluvieuse assez émouvante et sexy) ou encore Saturday Comes Slow (le meilleurs titre de Damon Albarn depuis longtemps) ont fait disparaître toutes mes réticences. Certes, les deux titres de Martina Topley-Bird ne sont pas à la hauteur et l’expérimentation menée par Guy Garvey sur Flat Of The Blade devient assez gonflante après plusieurs écoutes, mais l’ensemble est d’une telle tenue, et certains titres sont tellement excellents, que je comprends peu pourquoi ce disque est si souvent oublié dans les tops de l’année 2010. Je l’ai rangé dans la section « A conserver en cas d’hiver nucléaire » à côté de l’album Mezzanine.

Caribou – Swim

Franchement, le nom du bonhomme comme de l’album est pourri, la couverture est assez moche mais les morceaux irradient tant de chaleur et d’inventivité qu’on ne peut que succomber à ce disque. J’en avais déjà parlé, mais Odessa, Sun et Found Out sont des morceaux immédiats et parfaits, mélant pop, électronique, rythmiques tribales et cette distance d’un chant qui se rapproche de celui d’Erlend Oye. En plus, le clip de Sun réussit à transposer visuellement, avec une véritable originalité, exactement ce qu’on ressent à son écoute.

Je m’arrête ici, j’aurais pu également citer le très pop et premier degré One Life Stand de Hot Chip, l’excellent troisième opus de Archie Bronson Outfit, Coconut, les premiers opus prometteurs de Boy & The Echo Choir ou de Bear in Heaven, la compilation hommage à Neu « Brand Neu! » ou le dernier opus de Liars, mais trop de médailles galvaude leur valeur.

Temps d’écriture : 120 minutes

Je republie ici l’article écrit pour le site de Radio Campus. Il reprend ma playlist et les liens vers le site de la médiathèque des morceaux joués lors de mon émission de samedi matin.

Si vous avez des suggestions pour la semaine prochaine, n’hésitez pas ! Je serais ravi d’avoir des muses pour me chuchoter l’un ou l’autre bon morceau à passer à nos auditeurs…

6h30
Cocorosie – Noah’s Ark
Cirkus – Drugs of Choice
Tricky – Stay
Massive Attack – Atlas Air
Apparat – Hailing From The Edge

7h
Gusgus – Believe
Ra Ra Riot – Each Year (Absofacto Remix)
Sebastien Tellier – l’Amour et la Violence
Caribou – Foud Out
Gonjasufi – Made

7h30
Diplo Vs Sunday Girl – Four Floors
We Have Band – Oh! – titre téléchargeable gratuitement et légalement ici
Outkast – Happy Valentine’s Day
N.E.R.D – Lapdance
Antipop Consortium – The Solution

8h
themselves – Roman is as Roman does
Depotax – Elastik (feat. himself)
Two Fingers – Doing My Job
Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Waiting for the beat to kick in
Let’s go to war – Burn Down The Disco

8h30
The Rapture – House Of Jealous Lovers
The Faint – Agenda Suicide
The Dead Weather – Die By The Drop – titre téléchargeable gratuitement et légalement ici
DJ Hell – The DJ (feat. P. Diddy)

Temps d’écriture : 3 minutes (si on ne compte pas le temps d’écriture de l’article original)

Deux ans plus tard…

Source : Wikipedia

Source : Wikipedia

Deux ans plus tard, MGMT n’a pas tellement changé, ou a beaucoup changé, c’est selon. Si certains considèrent le deuxième album du groupe, Congratulation, surprenant, d’autres trouvent au contraire que le groupe s’est peu renouvelé, finalement. Moi, je m’en fiche, je trouve simplement le nouvel album mauvais. Il faut dire qu’en s’inspirant de la pop 60’s et psychédélique, ils étaient mal parti pour me séduire. L’album m’ennuie simplement, encore plus la frénésie qui a entouré sa sortie.

Mais je suis bon joueur, la dernière fois que j’ai dit ça, c’était il y a deux ans, à l’écoute de l’album Oracular Spectacular, je suis revenu sur mes paroles un an après en trouvant finalement beaucoup de qualité au premier opus et son immédiateté absolue (en particulier « Electric Feel« ). J’ai néanmoins beaucoup plus de doute pour le délire d’auto-Congratulation.

Par contre, il est des albums dont on n’attend pas grand chose, rien en fait, et qui s’avère constituer une bonne surprise. Une très bonne surprise, même, une excellente surprise, on ne s’en remet pas. Et quelle est cet album…

Je reviens, je prends un verre de vin…

Source : Indiemusicfilter.com

Source : Indiemusicfilter.com

C’est l’album Swim de Caribou. Caribou, magnifique animal aux bois majestueux, s’avère être le nom d’un petit artiste sympathique, peu connu (il joue au Beurschouwburg, c’est vous dire !) et qui mérite sa place au panthéon de l’électro-pop. Certains en ont parlé comme d’une réminiscence plus indie de Hot Chip, j’en parlerais plutôt comme une version apaisée des expérimentateurs sonores de Warp. Une sorte de Jon Hopkins sans éléments classiques. Avec des morceaux comme Odessa, Found Out ou Sun, on tient un album solaire tout en gardant le côté froid mystérieux de la musique des machines. Un album de paradoxe, et donc un album indispensable.

Sinon, au rayon des nouvelles branchées, l’album de LCD Soundsystem est en écoute intégrale sur leur site (ça a l’air pas mal) et M.I.A. est de retour avec deux titres en prélude de son album annoncé pour le 29 juin. Un premier sorti il y a quelques semaines avec un clip psychédélique mais très moderne sur une espèce de balade électro-hip-hop mutante indubitablement sorti des studios Diplo / Switch et ses potes. Le second n’a pas encore été écouté par mes soins dans une qualité correcte, mais la vidéo est de Romain Gavras, ce qui promet un clip « choc » et surtout violent. Bref, je ne cache pas que j’ai hâte d’entendre ces deux albums (quoi qu’en dise cet article navrant de médiocrité de Fluctuat)

Temps d’écriture : 30 minutes