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J’étais donc ce jeudi dernier au Botanique pour le concert de The Dø (ouais, je me fais chier à l’écrire avec le o barré, mais sans doute pas dans tout l’article). Si j’avais été complètement emballé par le titre « Slippery Slope » de leur deuxième album, le second single m’avait bien refroidi et j’y arrivai donc sans attentes démesurée.

Bien m’en a pris, car le résultat a été plutôt médiocre. Il n’y a rien de bien concret pourtant à reprocher au groupe: il joue bien, ils proposent de véritables relectures de leurs morceaux tendant vers le côté tribal/bruitiste qui me plait justement sur « Slippery Slope ». Mais le tout manque cruellement d’âme. Les interludes en percussions métalliques n’amène ni tension ni attente, juste ennui, et les solos de guitares électriques/saxophones/… en fin de chaque morceau deviennent vite rébarbatives. Sur quelques morceaux, on perçoit au loin ce que le groupe aimerait faire (Slippery Slope, On My Shoulder, Dust if Off), mais les quelques moments où leur univers arrivent à réellement nous emporter sont vite gâchés par des passages pseudo arty totalement artificiels. Ils auraient mieux fait de rester plus pop ou avoir des morceaux beaucoup plus solides pour supporter ces grands travaux.

Heureusement, ma soirée, dans l’ensemble, a été très positive pour moi. Car j’ai eu l’occasion de découvrir en première partie de ce concert « Random Recipe », un groupe québécois de musique « fusion »: deux voix, une plutôt soul et une plutôt rap, un guitariste/claviériste et un percussioniste ont réveillé une salle qui ne s’attendait sans doute pas à cela. Les influences sont nombreuses, mais ce qui ressort de la prestation, c’est l’énergie et le partage, ainsi qu’une certaine maîtrise technique. Celle-ci n’est pas suffisante pour sauver l’enregistrement studio, un peu trop plat faute d’une production à la hauteur de titres, même si cela reste tout à fait écoutable, mais est tout ce qu’il faut pour placer une excellente soirée. Je suivrai donc de loin la carrière de ce groupe (pas distribué en Europe) et je vous invite à vous rendre ce vendredi au Café de la Maison du Peuple de Saint-Gilles à 22h pour assister à leur prestation sur scène, clairement l’endroit où les titres vibrent!

Temps d’écriture : 24 minutes

Dans la grande famille de Hot Chip, on connaissait bien le fils, Metronomy, et je viens de faire la connaissance avec le petit fils lors des Nuits du Botanique, hier. Il s’appelle Tanlines et bizarrement, il ressemble beaucoup à l’arrière grand-père, Liquid Liquid. Je n’irai pas jusqu’à dire que la boucle est ainsi bouclée. Ce serait d’une part accordée sans doute trop d’importance à un groupe dont la vertu est principalement hédoniste. D’autres part, c’est peut-être moi qui, dans une poussée de fièvre, a cru déceler dans le chant et la structure des morceaux les traces de leurs ancêtres cultes. Confirmation après écoute de leur CD.

http;//www.twitter.com/tanlines

Je ne parlerai pas de Piano Club, c’est la scène belge, et j’écrirai bientôt un article sur la scène belge. Comprenez en cela que ce n’est pas positif.

J’avais déjà vu We Have Band à leur précédent concert au Bota, et ils m’avaient laissé un souvenir agréable. Ici, ma bonne impression s’est encore accentuée. On les compare aussi à Hot Chip, et je trouve ça ridicule. D’abord, les 3 membres du groupe ont beaucoup de charisme, ce qui n’est pas le cas de Hot Chip qui a autant de présence sur scène qu’une huitre. C’est sans doute un détail, mais ça change tout au live. Ensuite, We Have Band est un groupe beaucoup plus simple. Truffé de bonnes idées dans la construction de leur morceau et dans le choix de leurs sons, mais sans aucune ambition révolutionnaire, sans aucun concept si ce n’est de réussir leur montée dansante. D’ailleurs, en réalité, le résultat est très différent. Hot Chip fait des chansons avec des mélodies assez construite, We Have Band fait plutôt des morceaux plus proche d’une construction techno. Bref, We Have Band se prend moins la tête, et comme ça fonctionne, on en redemande !

http://www.twitter.com/wehavebandtwitt

Temps d’écriture : 37 minutes (dont 10 minutes de visionnage de vidéo)

Normalement, cet article de blog aurait pu être sur le Café Numérique de ce mercredi qui parlait de Google (@olisushi en a déjà fait un compte-rendu). Mais la soirée du lendemain s’avère être tellement bonne que je ne pouvais que lui consacrer les quelques lignes qui vont suivre. Il s’agissait simplement du concert de themselves au Botanique.

Source : http://www.comfortcomes.com/

Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est à dire beaucoup, themselves est un des groupes du label/collectif américain Anticon. C’est un duo constitué de doseone (que vous avez pu voir dans plein de projets – CLOUDDead, 13 & God – et plein de collaboration – TTC par exemple) et Jel, surtout producteur et tête pensante de Anticon. Quand on connaît un petit peu les deux lascars, on s’attend à quelque chose de très bien en achetant la place pour leur concert. Mais ce que j’ai vu hier était plus que très bien, c’était une véritable claque musicale, une bombe. Et ceux qui me connaissent savent que j’utilise rarement ces mots.

Difficile de commencer quelque part pour décrire en quoi leur live était exceptionnel. Au final, ils sont deux sur scène sans autres instruments que quelques samplers, boites à rythme et l’un ou l’autre instrument de bidouillage électronique. Mais quand ils sont sur scène, on ne voit pourtant qu’eux. C’est sans doute le look « crète punk » de doseone qui attire le regard, mais c’est surtout les blagues, pas toujours facile à suivrent, qu’ils déclament entre chaque titre.

Et quels titres ! Sans en reconnaître aucun (je n’avais jamais écouté d’albums de themselves, en fait), la puissance qu’ils dégageent était impressionante. L’instrumentation électronique est principalement reproduite live. Elle est riche, sombre, écrasante, sans pourtant écraser le flow. Ce flow d’ailleurs devraient inspirer la plus grande humilité à la plupart des rappeurs (et je pense en particulier aux rappeurs français). Avec le débit d’une mitraillette, doseone assène mots et sons ciselés avec une assurance et une maîtrise tellement naturelle que cela en devient irréel. Son timbre si particulier lui permet en plus d’offrir une variété de sons originaux à ses paroles, qu’il modifie encore en live. C’est tout simplement parfait ! Certains regretteront de ne pas pouvoir comprendre les paroles, mais les sons sont tellement évoquateurs que cela en devient inutile, même si je ne doute pas que les textes soient assez engagés politiquement, comme dans l’ensemble des travaux de Anticon.

En plus de cet aspect technique remarquable, le propos artistique lui-même est formidable. Si le hip-hop du collectif a été qualifié d’abstract, d’intellectuel et d’avant-garde, themselves se fout de ces appellations. Leur musique est d’ailleurs emprunte de références aux racines du hip-hop (samples de cuivres parsemés, ligne de basse touchant parfois au funk) tout en les enrichissant en tout point. Cela donne l’impression que le groupe construit une musique qui serait l’aboutissement de ce que peut être le hip-hop, mais qui pourrait tout autant être sont origine. Si la musique peut au premier abord rebuter par sa complexité, une fois cette impression dépassée, themselves apparaît soudain comme une évidence. Le résultat n’a rien d’expérimental, il est juste riche.

Bref, au final, vous l’aurez compris, dès aujourd’hui, je n’accepterai plus le jugement définitif si souvent entendu « Le hip-hop, c’est de la merde » si la personne qui le prononce n’a pas vu themselves en concert.

Je n’en ai pas beaucoup parlé, mais le Botanique nous offre un début de saison exceptionnel cette année. Entre Au Revoir Simone, We Have Band, Passion Pit et autres Grizzly Bear, les Handsome Furs de ce samedi 24 octobre peuvent passer pour des petits inconnus. C’est sans compter l’expérience de la scène évidente de la moitié masculine de ce duo, issue du groupe Wolf Parade.

Source : citypaper.com

Source : citypaper.com

Handsome Furs, c’est donc un duo à la scène comme à la ville (promis, après, j’arrête les figures de style éculées), et ça se sent (et ça se voit aussi). Il y a une complicité et un échange entre les deux musiciens qui font plaisir à voir. L’homme est à la guitare et au chant, la femmes aux clavier et machines. Sur scène, difficile de faire plus épuré : trois micros, une guitare à même le sol, un plateau de machines, tout cela respire bon l’esprit punk / Do it yourself. Cela se confirme à l’écoute de la musique : riffs de guitare sursaturée et rythmique électronique oscillant entre le martial et l’épileptique renvoie une énergie simple de bonne augure. Mais cela pourrait vite lasser (et surtout peu se démarquer de la concurrence – T. Raumshmiere entre autres) si cette énergie n’était pas dirigée par une sorte de mélodisme pop psychédélique dans les nappes de claviers et le chant, renvoyant par moment à MGMT, Metronomy ou même Klaxons. Cela donne une musique punk/pop qui peut dérouter mais qui emporte l’adhésion grâce à son évidence.

Source : thelineofbestfit.com

Source : thelineofbestfit.com

Sans compter le charisme des deux comparses sur scène : chaque morceau est accompagné de sa petite anecdote assez drôle avant de le commencer tandis que pendant qu’ils jouent, leur musique se répercutte sur leurs mouvements ce qui offre un balai assez impressionant dans la Rotonde du Botanique. On peut éventuellement regretter la relative brièveté de leur apparition (moins d’une heure), mais cela s’explique par une toute aussi relative brièveté de l’oeuvre du groupe. Et dans ces cas-là, on préfère toujours le condensé efficace à l’étirement via des reprises ou des titres inédits souvent inaboutis.

Au final, un très chouette concert où chacun y trouve son compte, des fans de mélodies pop à ceux plus branché sur l’énergie. A recommander, même si ils risquent de ne pas repasser tout de suite en Belgique, et que leur version album ne bénéficie pas de leur très chouette présence scénique qui a quand même beaucoup joué sur l’impression qu’ils ont donné.

Pour écouter : http://www.myspace.com/handsomefurs

On va faire d’une pierre, deux coups, en parlant du deuxième opus de Bat For Lashes en même temps que de son concert qui date déjà un peu mais qui m’a marqué, le 15 juin à l’Orangerie du Botanique.

Je ne suis pas un fan de la petite Natasha Khan, et même si j’aimais bien son premier opus Fur And Gold, je n’en ai pas fait une jaunisse quand je n’ai pas pu avoir de place pour son concert originalement programmé dans la Rotonde. Mais finalement, vu le succès de la petite dame, on la verra à l’Orangerie, et je peux me procurer la dernière place (niak niak, désolé pour ceux qui n’en ont pas eu après moi) pour aller voir son folk hippie gothique.

Et grand bien m’en a pris, je crois que j’ai assisté au meilleur concert de mes Nuits, en concurrence avec Thunderheist le lendemain. Passons sur la première partie, le pop-rock à deux guitares et voix totalement anecdotique de Dan San, pour nous concentrer sur la belle Natasha. Pas de corps, pas de visage, mais belle d’esprit. Elle rayonne sur scène, gambadant comme un faon dans la forêt, ici habitée par des icônes christiques et des idoles d’animaux. Son groupe est totalement dans le délire, l’imagerie est en place.

Je n’avais pas encre écouté Two Suns avant le concert et j’y allais donc à la découverte du nouvel album. Excellente idée, car les morceaux tirés de ce second opus m’ont paru beaucoup plus solides en live que ceux tirés du premier. A l’exception près de « What’s a girl to do » et « Horse and I« . A quoi est du cette réussite ? Assurément aux arrangements des percussions particul!èrement percutants – quelle bonne idée de renforcer les beats électroniques par une batterie acoustique, ou inversement – mais aussi grâce à la voix de Natasha Khan, qui assure sans vouloir faire la diva, ce qu’elle n’est pas.

C’est donc dans une optique résolument positive que je me suis acheté Two Suns (sur Amazon UK, 7 livres). L’album s’ouvre sur le titre « Glass« , formidable, qui place la barre très haut d’emblée. Ce qui rend la suite difficile, la balade piano/voix « Moon And Moon » n’étant pas vraiment à la hauteur. On peut ensuite citer le premier single « Daniel » qui fait le boulot, sans être aussi excellent que la version live jouée aux Nuits. La deuxième partie de l’album est dans l’ensemble plus réussie, avec « Pearl’s Dream« , « Two Planets » tout en percussions ou « Good Love« .

Mais c’est seulement après la deuxième écoute que je me suis rendu compte que cet album n’était pas un simple album de pop où chaque chanson est une fin en soi. La force de Two Suns est dans son ensemble, à mi-chemin entre les délires celtiques de Sinead O’Connor et la pop déglinguée de Björk. J’admets néanmoins être beaucoup plus sensibles aux morceaux plus centrés sur les percussions qui bénéficient décidément tant en live qu’en album d’un soin particulier.

En bref, ce n’est pas parfait, comme pour le premier opus, mais si on prend la peine de rentrer dans cet univers musical, on appréciera la cohérence de l’ensemble. J’ai en tout cas bon espoir pour la suite de la carrière de Natasha Khan, car cette musique ne fait pas que surfer sur une forme de mode, mais propose réellement un univers.

Two Suns