Les médias sociaux, Facebook et Twitter les premiers, attirent depuis maintenant de nombreux mois les projecteurs des médias. Il semble donc logique que le regard des entreprises finissent par s’enflamer pour ces nouveaux outils de communication. Le salon Cocoon fait partie de ces entreprises belges au faîte des tendances. Mais est-ce que l’utilisation de ces outils est optimale ? Analysons…

Il faut bien avouer que Cocoon ne fait pas les choses à moitié : des grands panneaux publicitaires dans tous le pays avec, en bas du panneau, la phrase « suivez twitter.com/cocoonexpo et gagnez ». Pas écrit très grand, mais immanquable de la fenêtre de ma chambe. Il me semble, mais je peux me tromper, qu’il s’agit pour la Belgique de la première campagne d’affichage grand format qui mette en avant un compte Twitter. J’entends déjà les évangélistes du web glousser de bonheur. Mais il serait intéressant de prendre un peu de recul par rapport à cette stratégie.

Selon le dossier envoyé aux candidats exposants, le salon a accueilli plus de 90.000 visiteurs en 2008. Le nombre de compte actif sur Twitter en 2007  était estimé à 2000. En comptant une augmentation de 500% en 2 ans (c’est envisageable, même si c’est peut-être optimiste), on arriverait à l’heure actuelle à 10.000 comptes Twitter actifs en Belgique. On peut donc se demander si l’utilisation d’une plate-forme qui accueille environ 10% en nombre de l’objectif de fréquentation du salon est une bonne idée. Quand bien même la population de Twitter serait particulièrement dans la cible du salon, généralement, on utilise des supports de communication électronique susceptibles de toucher plus de gens que notre cible. Néanmoins, l’idée de faire suivre le compte pour offrir des cadeaux me semble une assez bonne idée : les gens choisissent de dialoguer avec vous parce qu’ils savent qu’ils peuvent y gagner quelque chose.

Bref, je suis très curieux de connaître la réflexion stratégique qui a poussé à indiquer le compte Twitter sur l’affichage du salon. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain et jetons un coup d’oeil au résultat concret. Et là aussi, on peut se poser quelques questions… Tout d’abord, les chiffres : 16 following / 20 followers / 26 tweets. C’est négligeable ! Quand au contenu, il est principalement néerlandophone (2 tweets sur 26 en français) et renvoie principalement à la page Facebook. Pas de dialogue, pas de concours pour gagner quoi que ce soit, contrairement à ce qu’annoncé sur l’affiche. On peut pas dire que la présence sur Twitter soit un point fort du salon. Du côté du compte Facebook, par contre, c’est un peu mieux. La possibilité de venir gratuitement un jour au salon en s’inscrivant à un événement, un compte qui répond aux questions qui lui sont posées sur son Wall, du contenu régulièrement posté,… Ca reste assez néerlandophone, mais c’est plus équilibré, et les contenus importants sont traduits (même si il est clair que le compte est géré par une ou des personne(s) néerlandophone(s) uniquement). Bref, on se demande pourquoi ne pas avoir fait la promotion du compte Facebook (qui bénéficie en plus tout à fait des nouvelles adresses personnalisées) plutôt que du compte Twitter sur les affiches, d’autant plus que c’est le cas sur le site de l’événement.

C’est bien beau de critiquer, me direz-vous, mais quoi améliorer alors. Il est d’abord important de se demander si le choix de Twitter était pertinent. Personellement, vu la développement actuel du marché en Belgique, je ne crois pas. Néanmoins, je crois au potentiel de Twitter comme support de dialogue et de promotion d’événements. Mais celui-ci doit alors s’accompagner d’une présence sur l’événements, d’un rappel du compte et d’un hashtag destiné à l’événements de façon a inciter les visiteurs à mettre en ligne leurs propres contenus et avis. Le compte peut ensuite servir à entamer le dialogue avec les visiteurs, à promouvoir certains contenus intéressants. Là, on est réellement dans une utilisation sociale du média alors qu’on est resté plutôt dans une utilisation type « espace publicitaire » dans ce cas-ci. Cela peut encore convenir pour Facebook, mais avec 600 fans de l’événement, on est encore loin du succès de foule et d’un aspect véritablement communautaire…

Malgré toutes ces critiques qui montrent que cette présence sur Twitter est peut-être loin d’être optimale, le fait qu’une entreprise ou qu’une agence se soit intéressée à l’outil et ai décidé à un moment de lui donner une place importante dans sa stratégie (même si cela n’a pas été assumé par la suite – d’autres exemples de ce type suivront prochainement sur ce blog à mon avis) est un signe qui montre que le service Twitter va finir par devenir un support sur lequel on finira par déployer des stratégies marketing pour y capter l’audience et la transformer en clientèle. Prêt pour la déferlante ?