On va faire d’une pierre, deux coups, en parlant du deuxième opus de Bat For Lashes en même temps que de son concert qui date déjà un peu mais qui m’a marqué, le 15 juin à l’Orangerie du Botanique.

Je ne suis pas un fan de la petite Natasha Khan, et même si j’aimais bien son premier opus Fur And Gold, je n’en ai pas fait une jaunisse quand je n’ai pas pu avoir de place pour son concert originalement programmé dans la Rotonde. Mais finalement, vu le succès de la petite dame, on la verra à l’Orangerie, et je peux me procurer la dernière place (niak niak, désolé pour ceux qui n’en ont pas eu après moi) pour aller voir son folk hippie gothique.

Et grand bien m’en a pris, je crois que j’ai assisté au meilleur concert de mes Nuits, en concurrence avec Thunderheist le lendemain. Passons sur la première partie, le pop-rock à deux guitares et voix totalement anecdotique de Dan San, pour nous concentrer sur la belle Natasha. Pas de corps, pas de visage, mais belle d’esprit. Elle rayonne sur scène, gambadant comme un faon dans la forêt, ici habitée par des icônes christiques et des idoles d’animaux. Son groupe est totalement dans le délire, l’imagerie est en place.

Je n’avais pas encre écouté Two Suns avant le concert et j’y allais donc à la découverte du nouvel album. Excellente idée, car les morceaux tirés de ce second opus m’ont paru beaucoup plus solides en live que ceux tirés du premier. A l’exception près de « What’s a girl to do » et « Horse and I« . A quoi est du cette réussite ? Assurément aux arrangements des percussions particul!èrement percutants – quelle bonne idée de renforcer les beats électroniques par une batterie acoustique, ou inversement – mais aussi grâce à la voix de Natasha Khan, qui assure sans vouloir faire la diva, ce qu’elle n’est pas.

C’est donc dans une optique résolument positive que je me suis acheté Two Suns (sur Amazon UK, 7 livres). L’album s’ouvre sur le titre « Glass« , formidable, qui place la barre très haut d’emblée. Ce qui rend la suite difficile, la balade piano/voix « Moon And Moon » n’étant pas vraiment à la hauteur. On peut ensuite citer le premier single « Daniel » qui fait le boulot, sans être aussi excellent que la version live jouée aux Nuits. La deuxième partie de l’album est dans l’ensemble plus réussie, avec « Pearl’s Dream« , « Two Planets » tout en percussions ou « Good Love« .

Mais c’est seulement après la deuxième écoute que je me suis rendu compte que cet album n’était pas un simple album de pop où chaque chanson est une fin en soi. La force de Two Suns est dans son ensemble, à mi-chemin entre les délires celtiques de Sinead O’Connor et la pop déglinguée de Björk. J’admets néanmoins être beaucoup plus sensibles aux morceaux plus centrés sur les percussions qui bénéficient décidément tant en live qu’en album d’un soin particulier.

En bref, ce n’est pas parfait, comme pour le premier opus, mais si on prend la peine de rentrer dans cet univers musical, on appréciera la cohérence de l’ensemble. J’ai en tout cas bon espoir pour la suite de la carrière de Natasha Khan, car cette musique ne fait pas que surfer sur une forme de mode, mais propose réellement un univers.

Two Suns