Apparemment, certains ont eu des difficultés à trouver quelqu’un pour écrire une mauvaise critique sur le dernier Animal Collective. C’est parce qu’ils ne me connaissent pas, sinon ils auraient fait appel à moi…

Ma première rencontre avec le groupe a eu lieu à l’occasion de « Sung Tong« , qui avait reçu à l’époque de très bons commentaires chez beaucoup de critiques éclairés. Et moi, je n’aimais pas. Mais vraiment pas. J’ai donc mis de côté ce groupe, choix confirmé par des critiques équilibrées concernant les opus parus par la suite (c’est fou ce qu’ils produisent, en plus !).

Et puis, en ce début d’année glacé, alors que je me complais à écouter le dernier Kanye West, je suis troublé dans ma quiétude américaine vocodée par des dizaines de petites voix qui, sur mon Google Reader, me disent « Album de l’Année« . Ils me disent pop psychédélique géniale et originale, mais accessible quand même. Et comme je n’écoute pas que du vocoder, mais aussi l’excellent « Lightbulbs » de Fujiya et Miyagi (que je chroniquerai bientôt ici), je me dis que je suis prêt à affronter un autre album de pop accessible, même si il est psychédélique (et vice et versa, comme diraient « les Inconnus »).

Sauf que je ne dois pas fumer la même herbe que tous mes confrères critiques. Alors, voilà, je ne trouve pas cet album accessible. Accessible, pour moi, cela veut dire qu’il évoque et provoque des émotions directes, qu’il donne envie de bouger ou de se plonger dans l’introspection, qu’il fait sourire ou pleurer. Bref, qu’il ait un effet. Le seul effet que Animal Collective a sur moi est un mal de tête.

Parce que je m’acharne. Je le ré-écoute plusieurs fois. J’essaye même de comprendre (oui, la musique peut aussi être une entreprise de réflexion, permettant alors seulement d’accéder aux émotions, même si tous le monde ne semble pas partager cet avis). Et alors, je ne peux plus percevoir que ces deux voix totalement insupportables, ces claviers agaçants (« Brothersport », une merveille ? J’y ai presque perdu mes yeux, ils ont failli sortir de leurs orbites poussé par mon cerveaux qui grossissait avec les sons de claviers de ce morceaux), ces constructions sans queues ni têtes.

Je reconnais le travail d’orfèvre, l’intégrité artistique et la volonté de produire un album cohérent. Je reconnais même que « My Girls » pourrait, grâce à une mélodie qui reste en tête, être une bonne chanson si on la remixait un petit peu pour lui donner un peu de punch. Mais bon, mon amitié pour Animal Collective s’arrête là, et je préfère me replonger dans mes musiques convenues mais qui provoque chez moi peut-être pas beaucoup d’émotions très nobles (envie de bouger son cul, de sauter contre les murs, de baiser la première chose qui se présente) mais qui sont agréables finalement. L’opposé de ce « Merriweather Post Pavillon« , quoi.

Pour écouter, rendez-vous sur leur MySpace : http://www.myspace.com/animalcollectivetheband