Tu prends deux gros département français (ou deux petits états américains) que tu sépares par une frontière, tu construits une seule grosse ville entre les deux qui appartient aux deux départements, tu fais voter un des deux départements pour une droite libérale économiquement et conservatrice socialement, et l’autre pour une gauche conservatrice économiquement et progressiste socialement. Et tu résumes le concept d’Etat à un « projet commun ».

Félicitation, vous avez une Belgique à servir bien chaud pour environ 11 millions d’habitants.

Temps d’écriture: 8 minutes

J’inaugure une nouvelle rubrique sur mon blog, centrée sur les quelques restos que j’ai l’occasion de tester, à Bruxelles et ailleurs. Les critiques ici posées sont à lire dans l’optique décrite dans la rubrique à propos. Le premier à passer est simplement le dernier resto testé dans nos contrées: une des quatre adresses du café-brasserie STEAKfrit’

Je suis très client, à priori, de la cuisine simple et généreuse qu’on peut trouver dans ce style d’établissement. Mais j’y allais accompagné de quelques uns surtout motivé par l’idée que le steak y était servi à volonté. Avec mon appétit limité et mon rythme d’ingestion plutôt lent, ce genre d’argument porte peu sur moi. Il porte d’autant moins qu’il est généralement pour moi associé à la quantité au détriment de la qualité, mais surtout à la nécessité de demander plus qu’il n’en faut à être resservi, rapport au service en restaurant que je déteste.

Malgré ces a priori, le résultat fut moins mauvais que je le craignais. D’une part, le restaurant n’est pas officiellement « à volonté », d’autre part les aliments sont tout à fait corrects. Mes convives se sont tous laissés tenter par le plat-vedette du resto, le steak-frites en question. La viande (annoncée comme un contre-filet de boeuf irlandais) avait l’air bien cuite (c’est à dire saignante), bien qu’aucune indication sur la cuisson ne soit demandée à la commande, soigneusement grasse et poivrées. Les frites sont amenées dans les fameuses passoires en inox dans lequelles on les laisse se délaisser de leur graisse, ce qui donne un petit cachet sympathique et désuet au service. Sans être inoubliables, elles n’ont pas à rougir face à la plupart de celles servies en restaurant, d’autant plus qu’elles sont accompagnées d’une mayonnaise maison fort réussie. Les serveurs repassent régulièrement re-servir aux tables de ces deux composantes principales du repas (mais s’arrête au bout d’un moment, et le patron refusera de vous en donner plus si vous le demandez). A côté de cela, juste une salade quelconque, qui vient malgré tout à manquer en fin d’orgie.

De mon côté, j’ai opté pour le stoemp-saucisse traditionnel. Le stoemp au chou (plutôt étonnant pour l’été) n’est pas mon favori, mais correct, bien que peut-être un peu trop sec et certainement servi en trop grande quantité, alors que le serveur reviendra plusieurs fois m’en proposer à nouveau. La saucisse est assez décevante. Elle est elle clairement sèche et les épices directement incluses en son centre donnant un goût simplement salé.

Du côté des liquides, la (seule) bière à la pompe est de la Campus qui n’est pas la pire, mais certainement pas la meilleure, et les quelques bières à la carte sont peu attrayantes (de la Delirium?). Malgré ce choix restreint, ce n’est pas non plus pour le vin qu’on s’y rendra puisqu’il n’y a simplement qu’un choix, celui sélectionné par Dercor Vin, que nous n’avons pas testé. Bref, la boisson n’est ici vue que pour couper la soif.

Au final, pour environ 30€ par personne, sans entrée ni dessert, peut-on vraiment recommander cette adresse? Si vous avez grande faim, que le service brasserie décontract’ vous plait et que vous êtes en groupes, pourquoi pas… Mais si c’est pour la cuisine que vous allez au restaurant, passez votre chemin: elle y est quelconque et il y a de bien meilleurs adresses dans ce style au centre de Bruxelles, à un prix comparable.

PS: la décoration de l’établissement place Sainte-Catherine était loin d’être atttrayante, mais c’est « le moins beau de tous », selon un des convives qui en a visité quelques-uns, je ne me prononcerais donc pas là-dessus…

Temps d’écriture: 65 minutes

J’ai une petite pensée émue pour toutes les connaissances et amis qui travaillent dans la presse web et qui gagne un salaire grâce à elle. Mais n’empêche, je ne suis ni étonné ni attristé du fait que Google ne référence plus les sites d’informations dont les droits sont défendus par la SCCRL Copiepresse. Quelques éléments de réflexions à ce sujet…

Ne parlons pas de Neutralité du Net

Je ne doute pas qu’un gogo ou l’autre viendra à un moment parler de neutralité du net. La neutralité du net, cela n’a rien à voir avec le référencement de site Internet dans Google. Elle est mise en danger, par exemple par l’assaut des opérateurs télécoms à l’Europe (ce dont ni Le Soir et son formidable blog technologique, ni La Libre n’ont parlé), mais pas par l’absence de référencement dans un moteur de recherche particulier (d’autant plus que celui-ci dégrade donc volontairement la qualité et la pertinence de ces résultats, ce qui n’est a priori pas dans son intérêt)

Ne parlons pas de droits d’édition (et encore moins d’auteur)

Tout commence donc parce que Copiepresse estime que Google News utilise du contenu pour lequel il est censé percevoir des droits d’auteur sans le payer. La Justice belge l’estime également et il ne serait pas prudent, donc, de revenir là-dessus. Pourtant, voilà un exemple de ce qu’utilise Google News:

Alors, oui, c’est vrai que la phrase a du être écrit par quelqu’un et publiée par quelqu’un d’autre. Mais on peut se demander si cette phrase mérite une quelconque rétribution pour un travail d’édition ou d’auteur. On peut d’autant plus se demander si cette rétribution ne viendrait pas du traffic que Google News va amener sur ces sites d’actualités qui vont en profiter pour en tirer un revenu publicitaire. Et on peut d’autant plus se le demander du fait que, si vous allez sur le site de Lalibre.be, par exemple, les phrases utilisées sont quasiment identiques au Vif.be puisque tirées de Belga, plus que probablement (et c’est encore beaucoup plus le cas pour des infos moins « brulantes »).

Qui est le client de Google?

J’ai lu il y a peu une citation qui disait que si on ne payait pas un service, c’est que nous étions le produit. C’est une citation intéressante, qui doit être interprétée en gardant en tête qu’un paiement n’est pas uniquement un échange financier et modulée dans l’optique de « celui qui paye le moins un service est celui qu’on vend le plus comme produit à un autre ». Est-ce le métier de Google est encore vraiment de vendre à des utilisateurs des contenus contre leur temps et leur attention à de la publicité? Où serait-ce plutôt devenu de vendre des utilisateurs à des producteurs de contenus contre ces dits-contenus? Les clients de Google ne sont-elles pas plutôt les entreprises qui veulent y apparaître dans les publicités et y être bien référencées (en nourrissant la bête de contenu à haute valeur ajoutée)? A mon sens, oui. Et, dans ce cadre, si une entreprise ou un groupe d’entreprise ne souhaite pas payer le prix (du contenu gratuit) pour le service de Google (du trafic), Google n’a aucun intérêt à le proposer. La meilleure preuve va être, à mon sens, les variations de trafic, comparées entre Google et des sites d’information non-référencés. Je doute que les sites d’informations soient en mesure de demander un prix pour un service qu’ils fourniraient à Google quand il apparaît clairement que c’est Google qui a les moyens de demander un rétribution pour son service.

L’utilisateur perdant?

Au-delà du peu de valeur ajoutée que ces différents sites d’informations apportent aux utilisateurs vu la qualité médiocre de leurs contenus (ce qui explique d’ailleurs assez bien pourquoi Google peut s’en passer sans problème), je crois que la suppression de ces résultats évidents sur certaines requêtes vont permettre de faire émerger, peut-être d’autres sites d’information plus « alternatifs », offrant une véritable pluralité des points de vues.

Is Google Evil

Le but de Google est d’offrir librement toute l’information du monde (pour être plus précis: « organiser les informations à l’échelle mondiale dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous« . L’entreprise a été fondée sur ce principe qu’elle considère devoir défendre face aux cadres légaux ou moraux. Si des producteurs d’informations font de la rétention d’information face à Google (c’est ce qui s’est passé pour la presse sous Copiepresse), Google va leur forcer la main et les obliger à fournir ce contenu. C’est ce qui se passe actuellement. Il eut été contraire aux valeurs de Google d’accepter de censurer leur moteur de recherche d’actualité sur demandes de certains sans tenter de les faire changer d’avis. Les moyens sont peut-être violents, mais ils risques d’être efficaces.

PS: pour d’autres réflexions sur le sujet, je vous invite à lire le billet sur le sujet « un peu à l’avance » de Mateusz. Et pour ceux qui veulent en savoir plus sur les tenants juridiques de l’affaire, jetez un oeil sur le debriefing de la rencontre numérique sur le thème « Quand Google défie le droit »

Temps d’écriture: 35 minutes

Je vous reproduis ici un statut Facebook qui vient d’être publié.

A DONNER : 3 enfants de 13, 12 et 6 ans. La raison ? Adoption d’un animal, manque de place et de plus mon animal est allergique aux gosses et les enfants ca se dispute et ça crie…
Quoi? C’est grave? Ça vous choque? Pourtant chaque jour, des dizaines d’annonces sont publiées dans le sens inverse et ça ne choque pas grand monde !! Pour continuer à lutter contre l’abandon des animaux de compagnie, Publiez !!!

Quand je lis ça, j’ai juste envie d’adopter trois chiots et de les balancer du haut d’un pont.

Temps d’écriture: 8 minutes

J’ai donc eu l’opportunité d’assister à la seconde édition du #CMBE ce lundi soir à Anvers Malines. Merci à la dame qui l’organise (Saskia) et à la dame qui m’en a soufflé l’organisation (Marie).

Je ne vais rien écrire de très circonstancié, juste quelques notes des points importants qui sont ressortis des discussions autour du sujet « Kickstarting of a community » (introduit de manière claire et très bien résumée par Kristof).

  • Les concours, c’est bien, mais non, en fait: on le sait tous, mais comme on veut faire du chiffre pour vendre au client/manager/responsable, on en fait quand même. Pourtant, les concours, ça ramène des membres qui en ont rien à foutre de ce que tu as à raconter. A faire pour animer une communauté mais pas pour recruter, et certainement pas au lancement d’une communauté.
  • Know your tools: et donc, connais bien Facebook pour ce qui concerne la plupart des communautés. Que ce soit les subtilités de l’algorithme , les options de gestion de pages, les like-box, like-button et autres Facebook Connect, cet outil offre énormément de possibilités pour recruter et développer une communauté. Beaucoup trop de personnes amenées à utiliser de façon professionnelle FB connaissent leur outil beaucoup trop mal (d’autant plus qu’il évolue vite).
  • Go offline: que ce soit pour du cross-media, pour du RP ou pour du street-marketing, il faut ancrer une communauté offline. Une communauté sur le web devrait d’ailleurs commencer idéalement par des rencontres de visu, et ces rencontres de visu devraient en tout cas faire partie intégrale du métier. Faute de possibilités, utilisez le offline pour valoriser un maximum les personnes les plus actives de votre communauté.
  • Small is beautiful: la segmentation d’une communauté permet de maintenir des contenus et des interventions de haute-qualité sur les sujets abordés. Quand votre communauté devient trop grande pour que le plus petit commun dénominateur soit autre chose que le temps qu’il fait, c’est qu’il est temps de la diviser.

Evidemment, ces 4 points ne rendent pas honneur à la richesse des échanges qui se sont tenus. Et donc, si vous êtes des professionnels du community management et que vous avez du contenu à apporter, contactez Saskia et on se donne rendez-vous au retour de vacance pour la 3ème édition de cet atelier.

PS: retrouvez le compte-rendu de Florence sur son blog

Temps d’écriture: 20 minutes

Cet article a été écrit pour le podcast « On A Toujours Raison » - www.oatr.be

Tout le monde est au courant, Hadopi a annoncé sa première campagne publicitaire d’envergure. Évidemment, elle va se faire démonter. La campagne pourrait être aussi génial que possible, il semble évident que par la nature même du produit, il est impossible de convaincre « le web » que l’hadopi, c’est bien. Ce serait un peu comme faire la promotion de la viande de boeuf Meritus auprès des végétariens. Il est donc préférable de se détacher des avis des blogs et sites concernés pour essayer de garder un regard objectif sur la campagne en elle-même.

Les concepteurs de la campagne savent également qu’ils ne récupèreront pas les commentateurs avisés. Leur projet n’est donc absolument pas ciblé vers eux, mais vers le grand public, et les jeunes en particulier. On voit sur les différentes créations en print des jeunes aux alentours de 15 ans, stéréotypés vis-à-vis de gros produits culturels actuels: films de vampires, musique pop-electro, bouquin à l’eau de rose… On ratisse large pour permettre à chaque jeune de s’identifier à ces stars du futur, eux-même, qui, sans hadopi, ne pourront pas le devenir.

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Le concept est à mon sens excellent. Il surfe sur cette vague qui n’en finit pas de ne pas vraiment finir, issue de la Star Academy, l’idée que tout le monde peut devenir une star. Mais surtout, coup double, il touche aussi les parents qui ont toujours, quelque part au fond d’eux, l’envie de croire que leur enfant est une star en puissance. La réalisation elle-même est assez réussie. Le casting est plutôt convaincant, si ce n’est qu’il ne semble pas vouloir toucher au hip-hop et aux musiques dites de banlieue. J’ai du mal à croire qu’il puisse s’agir d’un oubli. Peut-être d’un choix de viser ceux qui ont les moyens de se diriger vers les offres légales, vers les parents qui auront les moyens d’obliger leurs enfants à passer par la case payant? La première video, fort critiquée pour l’apologie qu’elle fait de la musique hyper populaire, est assez bien réalisée (bien que totalement anachronique, puisqu’elle présente la pop-electro du futur comme la copie exacte du present).

Quelques bémols néanmoins, pas nécessairement anodins, mais plutôt périphériques: l’acronyme PUR me semble mal choisi, malgré sa sonorité et son orthographe hyper facile à retenir. On ne peut rien faire, mais pur fait écho à race, pour une association qui n’a jamais été de très bon goût. Deuxième bémol, la gestion sur les médias sociaux assez pitoyable, tant en termes d’opportunités manquées que de risques. La campagne ne comprend même aucun volet Facebook, ce qui fait que les noms des fausses stars inventées ont directement été squattés par des anti-hadopi qui risquent de s’en donner à coeur joie.

Mais au final, ce qui fait le plus jaser les gens, c’est que cette campagne est, dans l’ensemble, plutôt bien, dans le cadre des objectifs d’Hadopi. On peut regretter que ces objectifs ne soient clairement pas de soutenir la création, mais bien l’industrie, qui est d’ailleurs la principale et peut-être seule perdante du piratage. Mais une fois parti de ce postulat de base, on est forcé d’admettre que les 3M dépensés pour cette campagne ne le sont pas nécessairement en vain.

Temps d’écriture: 55 minutes