Je reviens de vacances familiales en Calabre, une région au sud de l’Italie, où ma grand-mère vit. Elle habite une grande maison sur la route qui mène au cimetière d’un gros village côtier qui se nomme Campora San Giovani. Des quelques jours passés là-bas ainsi que de la vision du fim « Videocracy » (que je vous recommande d’aller voir au Cinéma Nova ce 21/10), je vous livre quelques impressions en vracs sur l’Italie « profonde » et sur sa télévision.

I. Fame

S’il fallait prendre un pays pour illustrer les dégâts de la télé-réalité (en écrivant le terme, je me rends compte combien il est absurde), l’Italie serait sans doute un excellent choix. Bien avant l’avènement de ce type de programme, la télévision berlusconnienne avait déjà bien intégré l’idée que pour rendre les gens accrocs à ses programmes, il s’agissait de leur faire croire qu’elle était accessible à n’importe qui (mais pas à tous), que ceux qui y figurent sont nos voisins, et qu’un jour, tu pourras toi aussi y figurer. Non pas parce que tu fais des choses exceptionnelles, mais au contraire parce que tu corresponds exactement à l’italien moyen fantasmé. Cette télévision se voulait être un espoir d’ascenseur social express pour une population dont la majeure partie n’a pas connu la révolution industrielle et dont le modèle économique dans les années 1930 pouvait encore s’apparenter au servage. Cette télévision qui rend n’importe qui célèbre, ce n’est pas uniquement un moyen de satisfaire son besoin de valorisation, c’est aussi perçu comme une manière de s’élever dans la société, de véritablement changer de classe sociale. Dans une sorte d’instrumentalisation de la lutte des classes, elle est un excellent exemple de média utilisé comme une manière de contenir les «dominés» en leur donnant l’espoir d’une accession facile au rôle de «dominant». Et à son pouvoir d’achat.

II. Bijoux, voitures et fringues

Car, ne nous leurrons pas, ce qui est en jeu ici est loin d’une représentation abstraite du pouvoir, d’une question idéologique (la force de travail exploitée par les possédants). On en est même particulièrement loin, et j’y reviendrai. Ce dont on parle, c’est de consommation de masse et d’ostentation. Plus que jamais, l’Italie profonde n’existe que par ce qu’elle achète. Avec une prédilection pour les objets de traditions: les fringues, les bijoux et les voitures. Les appareils électroniques ont assez peu la cote (alors que je m’attendais à une débauche d’iPhone et autres mini-ordinateurs). Par contre, à Campora San Giovanni, il y a 4 horlogers/bijoutiers, alors qu’il y a 1 pharmacie. Et je n’ai pas compté le nombre de boutique de vêtements… Les jeunes vivent chez leurs parents mais on tous leur propre voiture. Ils râlent quand leur espresso passe de 0.6 à 0,7€ mais portent tous des lunettes de soleil de marques. Ici, tout acte trouve son sens dans les échanges financiers qui sont derrières, et donc par la possibilité d’acheter de l’essence pour descendre et monter le Corso en voiture pendant la soirée. Tout acte de don cache une attente d’un retour, et si quelqu’un te rend service, il s’attend à ce que tu le payes. Qu’on ne me prête pas d’intention moralisatrice, je n’associe pas la consommation à un « mal ». Mais quand une société ne semble tourner qu’autour d’elle, on peut se poser la question de la viabilité. D’autant plus que si la consommation est fortement valorisée, les moyens de la nourrir, et en particulier le travail, sont fortement dévalorisés. Au point que le travail, à Campora San Giovanni, ne semble simplement pas exister.

III. Indigne

Il y a deux raisons qui expliquent cette absence quasi-complète de travail. La première, évidente, c’est qu’il n’y a simplement pas d’employeurs. Pas d’industrie, très peu de commerces qui emploient. La manière dont le commerce est perçu est d’ailleurs assez particulière. Ceux-ci sont généralement familiaux, et toute la famille y participe. La notion d’emploi, de travail y est complètement substituée par l’idée d’une rentabilisation du capital familial. Servir dans le café familial, ce n’est pas travailler, c’est « aider la famille ». Cela serait un modèle alternatif intéressant si ce qui sous-tendait cette idée n’était pas uniquement la consommation et que le fait de ne pas présenter ce commerce comme un travail ne soit en fait qu’une stratégie visant à renforcer son image de soi. Pas d’entraide ici, on parle bien de « profiter d’un capital » contre des « services ». Cela a son importance, car dans l’Italie profonde, la consommation prend encore plus de valeur quand l’argent qui la nourrit a été facilement obtenu.
C’est la deuxième raison pour laquelle il n’y a pas de travail: personne ne veut être vu comme un travailleur. Il y a les commerçants, il y a ceux qui «rendent des services» mais il n’y a pas d’employés ou d’ouvriers. La plupart de ces occupations où on travaille sont «indignes». La pire étant bien évidemment de «travailler la terre». Des métiers perçus comme indignes, il y en a partout et dans tous les pays. Ici, cela va beaucoup plus loin, c’est l’idée même de travail qui semble être rejetée par les plus jeunes, sans doute en réaction aux plus vieux. Car oui, les plus âgés travaillent beaucoup. Et il ne peuvent comprendre et accepter que les générations qui suivent préfèrent laisser la terre en friche et acheter sa nourriture à planter des tomates. Ce discours du « travail pénible pour mériter sa pitance » s’oppose de front aux aspirations renvoyées par la télévision: ne rien faire et gagner beaucoup d’argent. L’éloignement de ces deux discours amène, plutôt qu’à trouver une position médiane, à la radicalisation des points de vues. Pas questions pour les plus jeunes de se « salir les mains ». Tout l’art consiste à rendre suffisamment de services ou de créer sa petite affaire faite de magouilles diverses. Et pour la femme, à aller à l’université pour se marier avec un homme riche

IV. Une bonne maîtresse (de maison)

Car non contente de créer un fossé entre les générations, cette télévision entretient le fossé des genres. Si vous croyez que le cliché du macho italien a vécu, vous vous trompez. Il s’est transformé mais est on ne peut plus vivace. En Italie, une femme est de toute façon mal vue si elle ne fait pas à manger correctement. Bon, si elle travaille, on peut plus ou moins l’excuser. Sinon, il est normal qu’un mari puisse trouver une bonne assiette lorsqu’il rentre du boulot (voir le chapitre ci-dessus concernant le travail). Un homme ne va quand même pas se marier si c’est pour trouver chez lui des plats réchauffés qu’il peut lui-même s’acheter en sortant du travail. Ce n’est pas pour rien qu’il y a une quantité incroyable d’émissions culinaires à la TV, et qu’elles font partie des meilleures audiences!
Au-delà de son aspect utile au fourneau, la femme est avant tout un objet sexuel. Il est assez déroutant de voir que pendant les journaux parlés, les plans sur les femmes s’attardent sans aucune finesse sur les fesses et les seins. Et ce sont toutes des putes qui en veulent à ton argent (« ne vas pas marier une femme de Cosenza – la ville la plus proche – cela va te coucher cher! »). Le seul rôle que peuvent avoir des femmes à la télévision, c’est préparer à manger et avoir de jolis (gros) seins et fessiers.
Je suppose qu’il doit y avoir des mouvements féministes en Italie, et même dans le sud, mais face à tous ces clichés, la femme italienne abdique le plus souvent. Pourtant, sans être un spécialiste du sujet, il semble assez clair que l’arrivée d’un deuxième salaire dans les foyers en Europe a marqué un tournant décisif dans la généralisation de la classe moyenne. En excluant les femmes de la vie de la Cité, les italiens fige leur société dans un cliché rétrograde. Mais la situation de la femme est loin d’être désagréable si on la compare à celle des « étrangers ».

V. Boucs-émissaires

S’il peut paraître paradoxal de voir apparaître un discours violemment anti-étranger dans une population qui pour une partie non négligeable est « rentrée au pays » après avoir émigré, c’est en fait dans ce parcours que se trouve la source de ce discour. Les émigrés des années 50 ont indubitablement beaucoup souffert. Ils étaient littéralement vendus par les Etats sous forme de taxe pour fournir de la main-d’oeuvre pour les mines, accueillis dans des conditions difficiles (c’est à dire inhumaine selon les standards actuels). Ceux qui ont vécus cela accepte mal qu’on « donne tout » aux étrangers qui viennent s’installer « chez eux » pour profiter, eux qui ont tant souffert (vous pouvez faire en parallèle entre le discour sur les étrangers et le rapport au travail). Ce « on leur donne tout contre rien » est une constante des partis anti-immigrations partout dans le monde. C’est bien évidemment un cliché que la réalité démonte tous les jours (en fait, les étrangers obtiennent peu après beaucoup de difficultés et de brimades), mais c’est un cliché savamment entretenu par des comparaisons oisives et autres généralisations basées sur des cas particuliers. C’est évidemment le cas en Italie où les étrangers ne sont pas mieux reçus que partout ailleurs en Europe.
Ca, c’est pour la réalité. Concernant la perception, elle est tellement distordue que cela en devient risible. Sur le nombre d’abord… Quand on vient de Bruxelles, l’immigration dans le sud de l’Italie est loin de sauter aux yeux. Ils sont sensés être partout et très nombreux, mais ils se cachent bien. Sur leur attitude ensuite… S’ils travaillent, ils piquent l’argent des pauvres italiens qui le méritent. S’ils ne travaillent pas, ce sont des profiteurs. Cette perception des étrangers très violentes amène des comportements très violents à leur égards, sans que personne n’y trouve à redire.

VI. Ethique

Ainsi, cette histoire d’un yougoslave payé cet été 10€ par jour pour travailler sur la plage, logé dans la réserve du bar de plage. Tout le village semble être au courant (et donc, parmi eux, des membres des forces de l’ordre), et personne ne semble y trouver à redire. Ce n’est qu’un exemple d’exploitation de la misère humaine qui montre combien la vie économique, mais la vie sociale en générale, est exemptée de toute notion d’éthique. C’est évidemment un reflet de la vie politique italienne, et sa cohabitation avec la maffia, depuis des dizaines d’années. Il est troublant de constater du peu d’offuscation des gens vis-à-vis de celle-ci. Tout le monde a des histoires de rackett de commerce et autre blanchiment d’argent à raconter, et personne ne semble y porter un jugement éthique. Ces histoires sont plus racontées sur le mode « il a voulu jouer, il a perdu », comme si la criminalité organisée n’était d’une fraude. La comparaison est flagrante quand on voit les réactions face aux faits divers dont sont encombrés les journaux (entre deux pages de publicité). Des histoires de jalousie qui finissent dans le sang, pour cela, l’appel à la loi du talion est direct, car l’honneur est en jeu. Mais dans le rapport quotidien à l’autre et au tissu social qui l’entoure, il n’y a plus rien d’humain.

Miroir grossissant

Je pourrais continuer encore, parler de sujets plus politiques, ou même de la place du piéton dans l’espace public, mais je vais m’arrêter là. L’impression globale que m’a laissé ce voyage est double. D’une part, la télévision italienne, par son culte de la célébrité, de la richesse comme valeur absolue, par ses clichés sur la femme ou les étrangers, par la manière dont elle structure ce qui est grave de ce qui l’est moins, ne fait pas qu’appauvrir culturellement la population de l’Italie « profonde ». Elle crée aussi des conditions qui rendent le développement économique de régions entières beaucoup plus difficile, elle appauvri au sens financier du terme sa population. D’autre part, si les quelques éléments que je soulève ci-dessus se retrouvent dans la plupart des sociétés occidentales actuelles de manière plus ou moins diffuse, la violence avec laquelle ces éléments sont présents dans la vie italienne et l’absence de réaction à ceux-ci sont inquiétant. C’est surtout pour moi un rappel qu’une vigilance de tous les jours est nécessaire, tant vis-à-vis de soi et de sa propre éthique qui vis-à-vis du monde dans lequel nous vivons.

Temps d’écriture : 360 minutes

A la première lecture, je me suis dis que j’allais essayer de ne pas me précipiter dans le négatif tout de suite, que j’allais tenter d’y voir les aspects intéressants, mais rien à faire, cette élection du community manager de l’année ne me plaît vraiment pas. Et cela tant sur le principe que sur la forme.

Valoriser la profession

Si je peux imaginer que l’objectif doit être de mettre en avant la profession de community manager (puisque Technofutur TIC forme des gens entre autres à ce métier, c’est plutôt une bonne idée pour eux), je doute que ce type de concours y participe. Déjà pour des fonctions plus traditionnelles et moins récentes que le community management, je ne crois pas que la mise en avant de l’excellence d’une personne (ou d’une entreprise) puisse vraiment servir l’ensemble d’une profession. C’est particulièrement vrai pour une profession dont un des objectifs fondamentaux est la formation. N’oublions pas également que ces élections amènent parfois de sérieuses déculottées dans le milieu ciblé (rappelons-nous quand Proximedia a été élu « Entreprise de l’année », je doute que cela aie vraiment aidé à la valorisation des métiers du web). En mettant en avant les réalisations d’une personne, inévitablement l’accent sera mis sur certains aspects tandis que d’autres seront oubliés, donnant une vision tronquée du métier.

Sans compter que je vois mal qui va se trouver sensibilisé au métier via ce concours profondément endogame. Qui d’autres que des community managers (ou des personnes déjà sensibilisées au community management) vont s’intéresser à une élection de community managers? Bien sûr, pour Technofutur TIC, c’est une bonne manière d’améliorer sa notoriété auprès d’une partie de sa cible. Mais ce ne sont pas les agences qui emploient ou recherchent des community managers qu’il faut toucher, mais bien les entreprises qui ignorent à quoi cela va bien pouvoir leur servir.

Collaboration ou compétition

Par ailleurs, dans ce genre de concours, on assiste souvent plus à un affrontement d’égo qu’à des échanges sur le fond. On a déjà pu lire, en commentaires de l’article annonçant l’initiative, des suggestions de votes publics et en temps réel, une bonne manière de bien montrer qui a la plus grosse, sans jamais parler du contenu. Si la profession était déjà bien organisée et reconnue de tous, cela ne serait pas tant un problème. Au contraire, stimuler la concurrence entre personnes peut-être un moyen de remuer les corps de métier qui se reposent trop sur une tradition, et faire émerger de nouveaux modèles. Mais nous parlons ici d’un métier jeune, dont les outils évoluent sans cesses, dont les pratiques sont mal définies et très variables selon l’employeur, dont les good pratices sont encore discutées et dont l’image est sujette à caution. Créer des oppositions dans ce cadre-là, c’est tuer la collaboration et les échanges qui sont nécessaires afin de mieux définir le métier et ses rôles, afin de le renforcer.

Champêtre

Tout cela ne serait que des considérations stratégico-éthiques fumeuses qui pourraient être encore écartées, si la conception même du concours ne m’avait pas renforcé dans l’idée qu’il allait effectivement provoquer les effets précités. Le fait qu’on va y évaluer le travail du community manager sur base d’une « campagne ou d’une action » déforme déjà complètement la réalité de son travail tout en mettant en avant une pratique que je trouve plus ou moins douteuse: l’événementialisation de la gestion de communauté. Par là, on fait croire que le community manager ne travaille que lorsqu’il met en place des campagnes, et qu’on peut évaluer son travail sur base des résultats de ces campagnes ou actions. Cela pousse certaines personnes du métiers à passer de campagnes en campagnes, pour sortir des chiffres qu’on peut toujours rendre flatteurs, sans jamais mesurer s’il y a réellement une communauté derrière. C’est un des pires travers du métier, puisqu’il fait du community manager le moteur de la présence d’une entité sur les médias sociaux, alors que le moteur doit être la communauté de cette entité. On peut être un excellent community manager sans jamais organiser une « campagne ou une action ». Et les communautés qui se sont bâties sans ces « événements » sont souvent les plus fortes et les plus engagées.

Au-delà de cela, le choix d’évaluer sur une campagne particulière met sur la touche le travail formidable de formation de certains CM, favorise les CM en agence (qui sont de toute façon souvent affectés à des campagnes) et va de toute façon faire entrer des composantes budgétaires qui seront impossibles d’aplanir (comment évaluer sur des critères communs une campagne avec un budget de 100.000€ et une sans aucun budget?).

Participation et dédouanement

Après, on peut faire valoir que le concours est construit sur un mode participatif, ce qui semble être une bonne chose, puisque cela devrait permettre à la communauté d’améliorer ces principes pour éviter les écueils précités (si cela était possible). Mais en réfléchissant un peu plus loin, on peut également émettre certaines réserves face à ce choix. D’une part, on peut imaginer que certains participants souhaitent utiliser cette possibilité afin d’adapter le règlement à sa propre pratique professionnelle et ainsi s’assurer une victoire plus facile. Et si on doit empêcher de participer tous ceux qui apporteraient leur contribution au règlement (comme dans n’importe quel concours sérieux), il ne restera plus beaucoup de participants. D’autre part, cela donne l’impression que Technofutur TIC souhaite se ménager une porte de sortie pour pouvoir se retrancher derrière la communauté si jamais quelque chose foirait. S’ils ne savent pas exactement comment choisir le community manager de l’année, sur quels critères et quel mode opératoire, soit ils abandonnent le projet, soit ils tranchent. Etre capable d’organiser le concours et d’en fixer les règles me semble être un minimum si on veut en conserver la crédibilité. En soit, cela me fait penser au recrutement du CM de la RTBF (j’en avais parlé ici) où les candidats devaient eux-même écrire leur projet avant même d’être embauché.

Regardez-nous!

Au final, on se retrouve devant un événement qui va renforcer les arguments des détracteurs de la profession (les CM, c’est juste des « personnal branleurs » qui vendent leur image) sans améliorer la notoriété du métier hors du cercle restreint de ceux « déjà au courant » tout en le délimitant et le déformant par les partis-pris inévitables liés à l’organisation d’une élection. Sérieusement, je crois qu’une initiative comme le #CMBE est de loin bien plus profitable à la profession à long terme que ce genre de bouffonnerie (auquel, vous l’avez compris, je ne participerai pas – et j’invite les gens un peu sérieux à éviter de s’y fourvoyer)

Temps d’écriture: 75 minutes

Tu prends deux gros département français (ou deux petits états américains) que tu sépares par une frontière, tu construits une seule grosse ville entre les deux qui appartient aux deux départements, tu fais voter un des deux départements pour une droite libérale économiquement et conservatrice socialement, et l’autre pour une gauche conservatrice économiquement et progressiste socialement. Et tu résumes le concept d’Etat à un « projet commun ».

Félicitation, vous avez une Belgique à servir bien chaud pour environ 11 millions d’habitants.

Temps d’écriture: 8 minutes

J’inaugure une nouvelle rubrique sur mon blog, centrée sur les quelques restos que j’ai l’occasion de tester, à Bruxelles et ailleurs. Les critiques ici posées sont à lire dans l’optique décrite dans la rubrique à propos. Le premier à passer est simplement le dernier resto testé dans nos contrées: une des quatre adresses du café-brasserie STEAKfrit’

Je suis très client, à priori, de la cuisine simple et généreuse qu’on peut trouver dans ce style d’établissement. Mais j’y allais accompagné de quelques uns surtout motivé par l’idée que le steak y était servi à volonté. Avec mon appétit limité et mon rythme d’ingestion plutôt lent, ce genre d’argument porte peu sur moi. Il porte d’autant moins qu’il est généralement pour moi associé à la quantité au détriment de la qualité, mais surtout à la nécessité de demander plus qu’il n’en faut à être resservi, rapport au service en restaurant que je déteste.

Malgré ces a priori, le résultat fut moins mauvais que je le craignais. D’une part, le restaurant n’est pas officiellement « à volonté », d’autre part les aliments sont tout à fait corrects. Mes convives se sont tous laissés tenter par le plat-vedette du resto, le steak-frites en question. La viande (annoncée comme un contre-filet de boeuf irlandais) avait l’air bien cuite (c’est à dire saignante), bien qu’aucune indication sur la cuisson ne soit demandée à la commande, soigneusement grasse et poivrées. Les frites sont amenées dans les fameuses passoires en inox dans lequelles on les laisse se délaisser de leur graisse, ce qui donne un petit cachet sympathique et désuet au service. Sans être inoubliables, elles n’ont pas à rougir face à la plupart de celles servies en restaurant, d’autant plus qu’elles sont accompagnées d’une mayonnaise maison fort réussie. Les serveurs repassent régulièrement re-servir aux tables de ces deux composantes principales du repas (mais s’arrête au bout d’un moment, et le patron refusera de vous en donner plus si vous le demandez). A côté de cela, juste une salade quelconque, qui vient malgré tout à manquer en fin d’orgie.

De mon côté, j’ai opté pour le stoemp-saucisse traditionnel. Le stoemp au chou (plutôt étonnant pour l’été) n’est pas mon favori, mais correct, bien que peut-être un peu trop sec et certainement servi en trop grande quantité, alors que le serveur reviendra plusieurs fois m’en proposer à nouveau. La saucisse est assez décevante. Elle est elle clairement sèche et les épices directement incluses en son centre donnant un goût simplement salé.

Du côté des liquides, la (seule) bière à la pompe est de la Campus qui n’est pas la pire, mais certainement pas la meilleure, et les quelques bières à la carte sont peu attrayantes (de la Delirium?). Malgré ce choix restreint, ce n’est pas non plus pour le vin qu’on s’y rendra puisqu’il n’y a simplement qu’un choix, celui sélectionné par Dercor Vin, que nous n’avons pas testé. Bref, la boisson n’est ici vue que pour couper la soif.

Au final, pour environ 30€ par personne, sans entrée ni dessert, peut-on vraiment recommander cette adresse? Si vous avez grande faim, que le service brasserie décontract’ vous plait et que vous êtes en groupes, pourquoi pas… Mais si c’est pour la cuisine que vous allez au restaurant, passez votre chemin: elle y est quelconque et il y a de bien meilleurs adresses dans ce style au centre de Bruxelles, à un prix comparable.

PS: la décoration de l’établissement place Sainte-Catherine était loin d’être atttrayante, mais c’est « le moins beau de tous », selon un des convives qui en a visité quelques-uns, je ne me prononcerais donc pas là-dessus…

Temps d’écriture: 65 minutes

J’ai une petite pensée émue pour toutes les connaissances et amis qui travaillent dans la presse web et qui gagne un salaire grâce à elle. Mais n’empêche, je ne suis ni étonné ni attristé du fait que Google ne référence plus les sites d’informations dont les droits sont défendus par la SCCRL Copiepresse. Quelques éléments de réflexions à ce sujet…

Ne parlons pas de Neutralité du Net

Je ne doute pas qu’un gogo ou l’autre viendra à un moment parler de neutralité du net. La neutralité du net, cela n’a rien à voir avec le référencement de site Internet dans Google. Elle est mise en danger, par exemple par l’assaut des opérateurs télécoms à l’Europe (ce dont ni Le Soir et son formidable blog technologique, ni La Libre n’ont parlé), mais pas par l’absence de référencement dans un moteur de recherche particulier (d’autant plus que celui-ci dégrade donc volontairement la qualité et la pertinence de ces résultats, ce qui n’est a priori pas dans son intérêt)

Ne parlons pas de droits d’édition (et encore moins d’auteur)

Tout commence donc parce que Copiepresse estime que Google News utilise du contenu pour lequel il est censé percevoir des droits d’auteur sans le payer. La Justice belge l’estime également et il ne serait pas prudent, donc, de revenir là-dessus. Pourtant, voilà un exemple de ce qu’utilise Google News:

Alors, oui, c’est vrai que la phrase a du être écrit par quelqu’un et publiée par quelqu’un d’autre. Mais on peut se demander si cette phrase mérite une quelconque rétribution pour un travail d’édition ou d’auteur. On peut d’autant plus se demander si cette rétribution ne viendrait pas du traffic que Google News va amener sur ces sites d’actualités qui vont en profiter pour en tirer un revenu publicitaire. Et on peut d’autant plus se le demander du fait que, si vous allez sur le site de Lalibre.be, par exemple, les phrases utilisées sont quasiment identiques au Vif.be puisque tirées de Belga, plus que probablement (et c’est encore beaucoup plus le cas pour des infos moins « brulantes »).

Qui est le client de Google?

J’ai lu il y a peu une citation qui disait que si on ne payait pas un service, c’est que nous étions le produit. C’est une citation intéressante, qui doit être interprétée en gardant en tête qu’un paiement n’est pas uniquement un échange financier et modulée dans l’optique de « celui qui paye le moins un service est celui qu’on vend le plus comme produit à un autre ». Est-ce le métier de Google est encore vraiment de vendre à des utilisateurs des contenus contre leur temps et leur attention à de la publicité? Où serait-ce plutôt devenu de vendre des utilisateurs à des producteurs de contenus contre ces dits-contenus? Les clients de Google ne sont-elles pas plutôt les entreprises qui veulent y apparaître dans les publicités et y être bien référencées (en nourrissant la bête de contenu à haute valeur ajoutée)? A mon sens, oui. Et, dans ce cadre, si une entreprise ou un groupe d’entreprise ne souhaite pas payer le prix (du contenu gratuit) pour le service de Google (du trafic), Google n’a aucun intérêt à le proposer. La meilleure preuve va être, à mon sens, les variations de trafic, comparées entre Google et des sites d’information non-référencés. Je doute que les sites d’informations soient en mesure de demander un prix pour un service qu’ils fourniraient à Google quand il apparaît clairement que c’est Google qui a les moyens de demander un rétribution pour son service.

L’utilisateur perdant?

Au-delà du peu de valeur ajoutée que ces différents sites d’informations apportent aux utilisateurs vu la qualité médiocre de leurs contenus (ce qui explique d’ailleurs assez bien pourquoi Google peut s’en passer sans problème), je crois que la suppression de ces résultats évidents sur certaines requêtes vont permettre de faire émerger, peut-être d’autres sites d’information plus « alternatifs », offrant une véritable pluralité des points de vues.

Is Google Evil

Le but de Google est d’offrir librement toute l’information du monde (pour être plus précis: « organiser les informations à l’échelle mondiale dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous« . L’entreprise a été fondée sur ce principe qu’elle considère devoir défendre face aux cadres légaux ou moraux. Si des producteurs d’informations font de la rétention d’information face à Google (c’est ce qui s’est passé pour la presse sous Copiepresse), Google va leur forcer la main et les obliger à fournir ce contenu. C’est ce qui se passe actuellement. Il eut été contraire aux valeurs de Google d’accepter de censurer leur moteur de recherche d’actualité sur demandes de certains sans tenter de les faire changer d’avis. Les moyens sont peut-être violents, mais ils risques d’être efficaces.

PS: pour d’autres réflexions sur le sujet, je vous invite à lire le billet sur le sujet « un peu à l’avance » de Mateusz. Et pour ceux qui veulent en savoir plus sur les tenants juridiques de l’affaire, jetez un oeil sur le debriefing de la rencontre numérique sur le thème « Quand Google défie le droit »

Temps d’écriture: 35 minutes

Je vous reproduis ici un statut Facebook qui vient d’être publié.

A DONNER : 3 enfants de 13, 12 et 6 ans. La raison ? Adoption d’un animal, manque de place et de plus mon animal est allergique aux gosses et les enfants ca se dispute et ça crie…
Quoi? C’est grave? Ça vous choque? Pourtant chaque jour, des dizaines d’annonces sont publiées dans le sens inverse et ça ne choque pas grand monde !! Pour continuer à lutter contre l’abandon des animaux de compagnie, Publiez !!!

Quand je lis ça, j’ai juste envie d’adopter trois chiots et de les balancer du haut d’un pont.

Temps d’écriture: 8 minutes