juin 27th, 2010

La scène belge m’emmerde

Pourtant, ça avait bien commencé. Eden d’Hooverphonic m’avait enchanté et mené vers la découverte des grands du trip-hop anglais, l’album Fear Of The Flood de Lowpass laissait même espérer une véritable scène trip-hop industrielle belge de qualité,  Ghinzu animait des lives détonnants avec ses morceaux tirés de ses deux premiers albums assez excellents tandis que dEUS pouvait s’assoir sur 3 albums de grande qualité et sur une réputation excellente lui permettrant même une incursion pas trop ratée dans la musique électronique avec le projet Magnus. Leurs petits frères, Soulwax, avait pondu un deuxième album rock correct et on fait danser le monde entier, moi compris, avec leur projet de mash-up un brin putassier mais drôlement efficace « 2 Many DJ’s » suivi encore par leur meilleur album en groupe « Any Minute Now ».

J’en ai écouté, des pépites, venant de Belgique. Le premier album d’An Pierlé, qu’elle jouait presque seul, perchée sur son ballon transparent. Ces morceaux déstructurés, simple mais puissants. Les concerts assis de Girls In Hawaii où le batteur (paix à son âme) se défoulait sur une batterie électronique qui faisait perdre le côté insupportablement champêtre et sans ambition de leur premier EP, acheté à la sortie d’un concert. La première version du premier groupe d’Anthony Sinatra, Piano Club, bien plus directe et puissante que tout ce qu’il a pu faire par la suite et donc quelques chanceux gardent des traces sur des CDs gravés vendu 5 euros après le concert (avec une pochette photocopiée). Les concerts fiévreux de Starving où la Plaine de Dour se laissait aller à la grivoiserie de la chanteuse affirmant qu’elle a « envie de baiser », la deuxième édition de Riff’s & Bips à Mons où la chanteuse de Soldout, encore timide à l’époque, se faisait accompagner, sur scène, dans un moment unique, des musiciens de Ghinzu et de Superlux, avant d’ouvrir la voie à un side project encore inconnu de Sneaker Pimps, en perte de vitesse, venu se réfugier sous le nom I AM X sur le label belge BANG!, à l’époque encore innovant, avant qu’il ne se fasse phagocyter par PIAS. On pouvait même croire, à la sortie du Boutik Rock, que des collectifs comme Jaune Orange allait permettre l’émergence d’une scène de qualité en Belgique francophone.

Mais au fil des ans, on retrouve toujours les mêmes noms sur les compilations de Jaune Orange et au Boutik Rock, sans qu’aucun puisse réellement se produire ou se faire publier ailleurs. An Pierlé joue avec un orchestre de pacotille et les changements intempestifs à la voix d’Hooverphonic ont aseptisés les sons du groupe. dEUS est devenu le U2 belge, Soulwax ne fait que ré-éditer ce qu’il ont déjà fait, en moins bien. Ghinzu peine à se renouveler tandis que les deuxièmes albums de Superlux et Soldout sont des demis-plantages.

Mais ce qui marche bien est encore pire ! A côté de la scène « pop champêtre » menée par Girls in Hawaii et suivie par un nombre incalculable de groupes aussi inintéressants les uns que les autres, on assiste à des tentatives de rock garage qui ne convainquent que les ados prépubères (the dIPLOMAT, Hollywood Porn Star,…). Certes, il se passe de temps à l’autre, un truc plus ou moins intéressant de l’autre côté de la frontière si on dépasse le bourrin attitude de nos amis du Nord (Goose, Ths Subs). Mais bon, c’est loin d’être de l’ordre de la révélation musicale et cela tient plus du divertimento, que d’autre chose.

Reste à s’intéressez à des micro-initiatives vouées à rester méconnues et à être exclues des plus grandes scènes bruxelloises (et donc, encore plus, des scènes hors Bruxelles). Pour cela, on peut remercier les communautés flamande et française d’investir là où c’est susceptible de devenir rentable plutôt que de soutenir une véritable diversité et une scène musicale qui a un sens autre que l’entertainement pur.

Temps d’écriture : 24 minutes

juin 9th, 2010

Les flamands

Je suis né à Mons, je vis à Bruxelles depuis 5 ans et je travaille à Mechelen depuis 5 mois. Je m’intéresse beaucoup aux réflexions de mes collègues falamnds et de mon professeur de néerlandais, lui-même très férus de comparaison entre le nord et le sud. Ces différentes réflexions qui suivent sur les flamands sont issues de ces différentes discussions, des informations glanées ici et là. Elle visent autant à montrer que les commentateurs francophones se trompent parfois quand ils parlent de nos amis du nord mais sans complaisance par rapport à des éléments de la mentalité flamande qui, combinés, rendent cette communauté dangereuse sur le plan politique. Il n’empêche que les flamands, comme les francophones, sont drôles, agréables à vivre et intéressant sur le plan personnel.

Les flamands respectent la loi

Nos voisins du nord sont très attachés au respect de la loi et de la constitution. Et il est indubitable qu’en cela, ils ont raison. Dans une situation complexe et fortement émotionnelle, rien de tel qu’une loi pour clarifier une situation. Ils vont très loin dans le respect des lois. Par exemple, il est impensable de changer les lois, même si celle-ci sont devenues absurdes. Ainsi, la frontière linguistique tel qu’elle existe actuellement ne correspond pas (ou plus) à la réalité, mais le fait qu’elle soit inscrite dans la loi suffit à ne pas devoir la remettre en question.

Le respect des lois est par ailleurs plus importants que les valeurs ou que l’humanisme. C’est une approche que je comprends parfaitement, le respect des lois lui-même doit garantir le respect de ces valeurs, puisque les lois sont sensées, dans notre pays, être inspirées par ces valeurs. Ainsi, nommer des bourgmestres élus en contrevenant à certaines dispositions légales ne peut être considéré, par nos amis du nord du pays, comme un acte qui aille dans le sens d’un respect des valeurs démocratiques et de respect de droits des minorités, car cela ne correspond pas à la loi, qui est seule garante de ces valeurs.

Les flamands sont communistes

Oui, les flamands votent massivement à droite, mais pour des raisons qui sont assez proches de ce qui pourrait motiver les gens à voter vers les partis d’extrême gauche. Les flamands sont prêts à sacrifier leur bien-être individuel, faire énormément d’effort personnel, si cela peut amener à un développement de l’ensemble de la société. On ne parle pas d’égalité ici, mais juste d’une diminution importante de la place du bien-être individuel immédiat au profit d’un développement socio-économique futur qui devrait, à termes, amener plus de bien-être individuel. Ainsi, le libéralisme capitalistique se base à présent sur des arguments autrefois utilisés par l’extrême gauche. Plus question ici de dire que le fait de stimuler les individus vont permettre de développer une société forte et libre, mais bien que les individus vont devoir se résoudre à être moins libre et moins riche pour permettre le développement capitalistique, qui au final offrira plus de liberté aux individus. Le fait est que ça marche… La Flandre est plus riche, et les flamands payent moins de taxes, parce qu’ils ont été d’accord de faire des sacrifices à certains moments cruciaux.

Le problème vient évidemment quand le système comporte une partie, une région, une ville, qui n’est pas d’accord avec le principe, une région où le bien-être des individus est plus important que la richesse globale. C’est le cas en Wallonie. C’est ce qui explique les syndicats plus revendicatifs, même sur des affaires d’individus. C’est ce qui explique le soutien populaire pour un système d’aide social très généreux. C’est ce qui explique la gauche individualiste du Parti Socialiste, loin du collectivisme capitaliste de certains partis de droite. C’est ce qui explique aussi le développement plus lent du la Wallonie sur le plan économique.

Le plus grand individualisme des wallons n’est, selon les flamands, possible que grâce à la Flandre. Et on peut dès lors comprendre que cela énerve : les flamands vont des efforts pour développer l’ensemble de leur société, et ils sont retardés en cela par les wallons qui utiliseraient une fraction de ces efforts pour les maintenir dans leur individualisme forcené. Comme tout système totalitaire tel le communisme, le système flamand ne peut s’encombrer de dissidences. Il y a donc deux solutions : soit les wallons rentrent dans le rang, accepte aussi de réaliser leur part d’effort pour le développement de la société, accepte de vivre moins bien individuellement pour permettre à termes de mieux vivre. Soit les wallons se débrouillent tout seul et laisse les efforts flamands bénéficier uniquement au développement social de la Flandre.

Les flamands sont efficaces et efficients

Je traduis régulièrement des documents en néerlandais et il est impressionnant de voir combien les flamands adorent juxtaposer les mots efficaces et efficients. C’est également pour cela que les flamands votent pour les partis ouvertement séparatistes, parce que ces partis leur promettent un état plus efficace et efficient. Que ce soit un état fédéral ou un état régional n’a absolument aucune importance. Cela explique ces fameuses différences dans les sondages entre les résultats des partis séparatistes par rapport au pourcentage de personne qui ne sont pas favorables au séparatisme. Les Flamands ne votent pas pour ces partis parce qu’ils sont séparatistes mais parce qu’ils promettent l’efficacité et, même s’ils ne sont pas favorables au séparatisme, ils voient cela soit comme un moyen efficace, soit comme un mal nécessaire.

Beaucoup de flamands affirment d’ailleurs que l’idéal, ce serait un seul état pour toute la Belgique. On ne retournera par vers cela, c’est sur. Mais le confédéralisme, c’est déjà sûr, c’est encore moins efficace que la situation actuelle, c’est continuer ce qu’on a fait jusqu’ici, rajouter des couches de complexité à la machine étatique. Seule la séparation en deux gouvernements totalement distincts peut réellement amener l’efficacité et l’efficience.

Les flamands ne sont pas démocrates

Evidemment, la démocratie est totalement inefficiente (ou inefficace). La démocratie, c’est rajouter des couches qui diminuent l’efficacité de l’appareil étatique pour permettre à ce que chacun puisse avoir une part de pouvoir de décision dans son fonctionnement. La recherche absolue de l’efficacité (ou de l’efficience) est donc un danger à termes pour la démocratie.

Par ailleurs, comme expliqué plus haut, cela transparaît également dans leur attachement viscérale à une lecture rigoriste de la loi qui est, bien sûr, un outil politique des séparatistes, mais qui convient bien aux flamands. Cette lecture intransigeante de la loi et cette application absolue sans se préoccuper de valeurs est en effet totalement en accord avec leur recherche d’efficacité qui cadre elle-même avec assez bien avec cette volonté de sacrifier le bien-être individuel de certains pour le bien être commun, puisque le sacrifice de certaines exceptions individuelles (telles les facilités) rend l’appareil étatique plus efficace et efficients.

C’est finalement ce qui est inquiétant : ces quelques traits de nos voisins du nord forment un système cohérent qui cadre parfaitement avec les valeurs encore plus ou moins d’actualité en occident : progrès, croissance, législation. Et même, cela va, dans un certain sens, dans la direction que certains qui sont considérés comme progressistes promeuvent, vers moins d’individualisme. Pourtant, je ne peux me résoudre à y adhérer : parce que je considère que les libertés individuelles et les respect de chaque individu dans toutes ses différences, avec toute l’inefficacité et la flexibilité légale que cela implique, font la base d’une véritable société démocratique. Et que c’est cela, pour moi, le véritable progrès.

Temps d’écriture : 70 minutes

juin 5th, 2010

Samsung et les blogueurs

J’ai été invité, surtout en tant qu’accompagnant, à une conférence de presse pour les blogueurs belges (surtout bruxellois). Il s’agissait pour la marque Samsung de présenter sa gamme de télévision 3D. Je ne suis généralement pas de la partie dans ce genre d’événements (vu les stats de mon blog, c’est logique), et j’ai donc découvert le principe. A cette occasion, j’ai entendu de nombreux commentateurs se posant la question de l’efficacité réelle de ce type d’événement. Question intéressante à laquelle je vais tenter d’amener des éléments de réponses ci-dessous.

Comme pour chaque canal ou moyen de communication marketing, ce qui fait sa réussite est son adaptation au produit et à la cible. On ne fera pas mieux qu’un spot télévisé avant la météo de RTL pour une voiture : tout le monde est concerné et la voiture représente maintenant une valeur émotionnelle forte qui gagne dès lors à la force de l’image télévisée. Il y a des produits pour lequel une conférence de presse à destination de blogueur peut se révéler intéressante.

Ces produits sont nombreux, en fait, puisqu’il y a des blogueurs pour plus ou moins tout. Mais il faut bien admettre que les produits high-tech, les jeux vidéos, la musique ou le cinéma sont des sujets souvent traités dans les blogs, ce qui rends les produits de cette catégorie à priori assez intéressante pour les blogueurs. La difficulté pour Samsung et sa télé, c’est que son produit est certes high-tech, mais il est aussi associé au fameux « électroménager » (vous savez, Vandenborre et son « TV-vidéo-Hi-Fi-, vous avez bien choisi). Ce qui ne passionne pas du tout les blogueurs. Ainsi, je crois qu’une partie non négligeable des personnes présentes étaient loin d’être des gros consommateurs de télévision, accroc comme ils le sont au web. Le choix d’un event blogueur était donc peut-être dans ce cas-là assez contestable.

D’autant plus que le public-cible est beaucoup plus large, à mon sens, que celui des blogs en Belgique. Certes, au début, Samsung va essayer de toucher les early adopters, mais je connais très peu de blogueurs technos et de lecteurs attentifs de ces blogs, de personnes qui fréquentent Twitter, qui se soit précipité sur les écrans plats LCD, sur le Blu-Ray et sur le home-cinema. Bref, j’ai quelques réticences vis-à-vis du choix de ce canal pour cet événement.

Reste que dans une stratégie multi-canal à gros budget (ce qui, vu les affiches qui ont commencé à fleurir sur les abribus, semble être le cas ici), le coût représentant une conférence de presse ou un event blogueur est ridicule. Et les retombées peuvent être intéressante auprès d’un public-cible particulier. Celles-ci ne se mesure pas uniquement au nombre d’article de blog et de messages sur Twitter. Les blogueurs sont des gens généralement sociable, qui vont parler de leur expérience, donner leur avis directement à leurs connaissances nombreuses, et un event pour blogueur peut réellement participer au lancement d’un bouche-à-oreille au sujet d’un produit.

Bref, même si dans le cas de Samsung et ses télés 3D, je ne suis pas entièrement convaincu de l’adaptation parfaite du canal « conférence blogueur » au produit et à la cible, le coût de l’opération étant tellement minime par rapport à une campagne média traditionnelle qu’il serait dommage qu’ils s’en soient privé…

Temps d’écriture : 28 minutes

juin 2nd, 2010

Full Disclosure #1

Le 25 avril, j’ai recommencé à écrire sur ce blog après une assez longue période d’absence. J’ai décidé de le renommer et d’indiquer à la fin de chaque article le temps passé à l’écrire. Il est temps de faire un petit bilan de mon activité sur le mois de mai et de vous faire part des statistiques de visites récoltées au moyen de Wordpress et de Google Analytics. De cette façon, vous pourrez sans doute mieux vous rendre compte de mon « retour sur investissement » dans ce blog et juger de l’importance et l’impact de ce qui y est publié.

En mai, j’ai reçu sur mob blog 386 visites pour 312 visiteurs uniques et 617 pages vues (ce qui correspond donc à 1,6 pages par visite). Les articles ayant reçu le plus de visites sont en premier celui concernant la cuisine belge à Bruxelles (52 visites), l’analyse du clip de Lady Gaga (47 visites) et l’analyse du clip de MIA réalisé par Romain Gavras (42 visites). Ces visiteurs proviennent principalement de Belgique et de France, via des sites référents (41,45%), un accès direct (30,54%) et enfin moteurs de recherche (23,32%).

J’ai passé dans le courant du mois de mai 275 minutes à écrire 7 articles, ce qui correspond à une moyenne de 39 minutes par article (on est loin des 22 minutes prévues). Chaque lecteur a passé en moyenne 1 minutes 12 secondes sur le blog, ce qui correspond à un temps de passage total de 374 minutes  et 24 secondes. Cela signifie que pour chaque minute que j’ai passé à écrire mon article, quelqu’un a passé environ 1 minute et 22 secondes à le lire. Il y a par ailleurs 8 commentaires écrits sur les articles du mois de mai.

A la lecture de ce bilan, il est d’autant plus facile de comprendre que j’écris par plaisir, et que celui-ci ne provient pas du nombre de visite, de mon score ou de ma popularité. Les personnes qui espèrent obtenir une exposition au travers de mon blog se trompent. Mais je suis néanmoins content de ce que je fais, de cette formule que j’ai trouvée qui correspond à ce que j’ai envie de dire, de la manière dont j’ai le temps et l’envie de le faire.

Je tenterai de revenir sur ces statistiques les prochains mois, si cela s’avère intéressant en raison d’une variation. Si d’autres informations à ce sujet vous intéresse, n’hésitez pas à me le faire savoir.

Temps d’écriture : 36 minutes

juin 1st, 2010

Twitter et politiciens

Alors, on va tout de suite arrêter le mythe : non, Twitter n’est pas un outil facile pour les politiciens. Et en plus, ce n’est pas un outil indispensable vu sa base d’utilisateur très réduite. Dès lors, un politicien qui ne se trouve pas sur Twitter ne manque pas une opportunité exceptionnelle. Mais s’ils décident d’y aller, il faut bien admettre que les risques de se planter sont élevés.

Certains font en sorte de minimiser ces risques. Ainsi, @doulkeridis a eu la bonne initiative d‘inviter quelques « durs à cuire » et quelques autres de Twitter pour une discussion de deux heures destinée à parler stratégie de communication mais également campagne électorale. La discussion, ouverte et franche, montre un réel intérêt pour comprendre l’outil et tenter de l’utiliser au mieux. Il montre aussi la réserve du politicien par rapport à ce service assez marginal duquel il n’attend pas une révolution mais qu’il utilise aussi de façon assez personnelle. Bref, une rencontre intelligente qui cadre d’ailleurs bien avec le contenu du blog et de Twitter du monsieur.

Par contre, je dois bien admettre avoir été assez étonné de l’échange que j’ai eu hier avec @demotterudy. Je suis socialiste, je vote pour le parti socialiste depuis que j’ai le droit de vote, je regrette bien sûr le manque de progressisme de certains dans ce parti, mais j’ai beaucoup d’estime pour les idées qui y sont défendues. Je voterai peut-être pour le PS cette année encore, après lecture du programme que je viens de recevoir, et j’ai en plus une certaine estime pour M. Demotte. Tout cela pour dire que, s’il y a des « durs à cuire » sur Twitter vis-à-vis du PS, de ses membres et de la gauche en général, je n’en fais pas partie. Mais quand M. Demotte balance coup sur coup trois twitpics de sa personne en train de serrer des mains à une fête des voisins, je ne peux m’empêcher de faire remarquer le manque d’intérêt de ces messages. Suite à quoi j’assiste, assez étonné, à un ensemble de réponses et contre-réponse d’une très mauvaise qualité.

Je ne ferai pas l’analyse de la discussion, d’autres l’ont déjà fait pour moi (ici et ), je veux juste insister sur quelques points à l’attention de nos amis versés dans l’art de la politique :

1. Les gens sur Twitter constitue une niche, un ensemble assez particulier cohérent sur de nombreux points, de manière générale liés à leur statut socio-économique assez élevé. Sans avoir d’étude pour l’affirmer, je me rends à l’évidence et ne peut que vous enjoindre à en tenir compte lors de votre communication. Vous ne pouvez pas, et ne devez pas, leur parler de la même chose et de la même façon qu’au public de la télévision (ne lisez pas ceci comme un jugement de valeur).

2. Twitter n’est pas un média comme les autres. Son intérêt n’est pas dans ce que vous y dites, ou beaucoup moins, mais dans ce que les gens vous disent et la manière dont vous leur répondez. Ce que les gens veulent savoir, c’est plus qui vous êtes que ce que vous pensez. Sinon, franchement, pourquoi se faire chier à écrire ça en 140 caractères. Vous devez bien sûr répondre un contenu intéressant, mais ce qui va vraiment lui donner de la valeur au final, c’est sa forme.

3. Le public de Twitter ne constitue pas un groupe identique qui fonctionne selon les mêmes règles que d’autres publics. Ce public-ci est inter-connecté. Cela veut dire que de nombreuses personnes ont un passé commun, un personnage qu’il joue avec certains autres personnages, une intimité commune parfois. Cela influence leur comportement, la manière dont ils vous répondent en plus d’influencer la manière dont ils vous perçoivent. Faire fi de cette spécificité vous fait passer à côté d’informations importantes et peut vous faire commettre des erreurs ainsi que vous exposer à des réactions négatives. Il est donc très important d’écouter, non seulement parce que les informations sur Twitter peuvent être très intéressantes, mais également pour percevoir la dynamique de groupe, les personnes disposant réellement d’un rayonnement sur les autres, les personnes qui sont liées, afin de pouvoir vous adapter à toutes ces finesses qui ne sont bien évidemment pas visible à la première connexion.

Divers article récent sur le sujet :

www.francbelge.be/2010/05/31/deux-lecons-de-communication-politique-sur-twitter/
tetedeliste.com/2010/05/30/rudy-demotte-ps/
http://blogs.lesoir.be/sagabelgicabis/2010/05/31/est-il-possible-de-debattre-sur-twitter/
http://www.leblogdubiencommun.be/?p=65

Temps de rédaction : 38 minutes

mai 25th, 2010

S’il suffisait d’affirmer…

Le métro bruxellois est une merveille pour celui qui cherche les pires publicités en affichage qu’il est possible de concevoir. J’espère que quelqu’un pense à en conserver une archive tant certaine atteignent un niveau rarement approché. Je trouve que l’affiche que j’ai aperçu aujourd’hui pour la Chambre Belge des Comptables fait partie de celle-là.

affiche CBC

Je ne vais même pas aborder ce qui concerne l’esthétique de l’image. Après tout, elle est affichée dans le métro, c’est sale et bruyant, la lumière est dégueu, c’est pas pour rien qu’on y voit pas les anorexiques de H&M. Je vais juste parler du message.

Et concernant le message, j’imagine bien le briefing créatif (enfin, là, cela supposerait qu’il y ait eu des pros pour travailler sur ça, ce que je préfère ne pas penser)

Bon, le problème, c’est qu’on manque de comptable. Donc on voudrait que plus de gens fassent des formations de comptables. Parce que les gens, ils croient que comptable, c’est pas un métier attractif. Comme contrôleur fiscal, quoi, l’image de grippe-sous désagréable nous colle à la peau, il faut changer ça. D’autant plus qu’en ces temps de crise, des métiers sûrs comme contrôleur fiscal et comptable, ça devrait bien fonctionner.

Alors, qu’est-ce qu’ils ont fait, les géniaux créateurs de l’annonce, ils ont écrit « un métier sûr et attractif ». Ah beh maintenant que c’est écrit, c’est sûr, tout le monde est convaincu. Même les fabricants de poudre à lessiver savent que ça marche pas comme ça. Qu’il faut refourguer un gens un nouvel agent blanchissant aux micro-perles ioniques pour qu’ils puissent penser que la lessive est réellement plus efficace. Ici, qu’a-t-on de plus que les mots écrits ? La tête de deux jeunes gens qui hurlent qu’ils veulent devenir contrôleur fiscal et comptable ? Est-ce qu’ils tentent de justifier le fait que le métier est attractif parce que deux jeunes crient qu’ils veulent les choisir, ou que les jeunes veulent les choisir parce que le métier est sensément attractif et sûr ?

Bref, une affiche illisible sur le contenu, et très peu lisible dans la forme, vu les polices immondes, les lignes de fuite contradictoires et la dispersion des informations essentielles dans les coins de l’affiche. J’espère que l’affichage dans le métro n’est vraiment pas cher, parce que sinon je ne vois aucune justification au bâclage complet de l’affiche (qui annonce, c’est vrai, un produit assez peu sexy…)

Temps d’écriture : 27 minutes