J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, notre génération va vivre vieux, très vieux. Avec les progrès qu’on fait pour lutter contre le cancer et le sida, et les métiers de moins en moins usant pour le corps que nous pratiquons, les centenaires vont pululer. On vivra donc très vieux, et on mourra au mieux très fatigué, au pire très pauvre.

On mourra très fatigué si on a la chance de pouvoir travailler jusqu’à ce qu’on en crève. Si on a la force de protéger l’obole que l’on reçoit contre notre temps des jeunes qui en auront encore bien plus besoin que nous. Si le gouvernement réussit à protéger l’emploi des vieux au détriments des jeunes sans créer trop de mouvements sociaux. Alors, dans ce cas là, on pourra mourir chez soi, ou à son bureau, ou en rue, ou dans le métro. Des vieux qui tomberont comme ça, on en verra. Les jeunes iront fouiller nos poches pour trouver des cartes de visite et postuler à l’emploi qui se sera libéré.

On mourra très pauvre, si on a la malchance de ne plus pouvoir se vendre à un prix respectable. Ceux qui auront économisé un peu pourront donner ce qu’il leur reste à des enterprises qui se nourrissent de l’abandon des plus faibles par l’Etat, afin qu’on prenne soin d’eux.  Et on prendra bien soin d’eux. Il y aura beaucoup de concurrence, donc on sera bien traité, bien mieux que les « un peu moins vieux » qui seront trop peu payés pour s’occuper de nous. Ceux qui n’auront pas économisé disparaîtront. Ils ne mourront pas dans le métro, et personne ne fouillera leur poche, puisqu’il sera bien trop visible qu’elles sont vides.

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que grâce à Internet, il est très simple d’apprendre à faire un noeud coulant, et que la pendaison reste une méthode de suicide efficace, qui ne trouble pas l’ordre public, et facile à mettre en place, surtout pour les vieux et les pauvres.