Expérience étonnante que celle que je viens de vivre. Parmi les quantités impressionantes de conneries que je peux dire tous les jours, entre réflexions désabusées et jeux de mots foireux, la plupart restent au stade confidentiel du « il est con, quand même, Yann » qui permet en réalité de me bâtir une image positive auprès des gens qui me connaissent bien. Ils savent que ces remarques un petit peu grivoises et/ou franchement « noires » ne m’empêchent pas d’être sérieux et respectable quand cela s’avère nécessaire.

Mais la formidable force de certains réseaux sociaux, et en particulier de Twitter, et de dédoubler les propos et donc de les diffuser auprès de personnes qui ne me connaissent pas très bien/pas du tout. Et une fois le mot lâché, pas possible de le rattraper, bien sûr.

En soi, dans le cas qui m’intéresse, cela n’est pas grave, mais cela me remet en tête toutes les questions autours de la gestion de l’identité numérique. Parce que bien sûr, je pourrais me contenter de m’abstenir de mes petites réflexions sous acides et donner une image beaucoup plus lisse de ma personne, mais finalement, cela ne donnerait pas une image très réaliste de qui je suis. Ces réflexions font partie de ma personnalité. Cela ne me définit pas de manière définitive et totale, mais nier cette partie de ma personnalité, c’est aussi tromper les personnes qui suivent mes commentaires.

Pourtant, en continuant à publier ce genre de remarque, je prends le risque d’aller un peu trop loin, une fois, et de voir cet événement devenir marquant pour mon identité numérique. Bref, je suis partagé entre une identité numérique lisse avec le risque de la voir se fondre dans la masse et donc être inexistante et une identité numérique plus piquante avec le risque de déplaire à certains et donc de ternir mon image de manière profonde et durable.

Des réflexions qui ne mènent pas loin sans doute, et qui sont finalement assez similaires à celles que l’ont peut avoir autour de son comportement « en vrai ».