Après les plus grandes déceptions musicales de l’année 2009, on passe aux albums les plus kitschs de l’année écoulée. Ne comprenez pas kitsch comme (nécessairement) mauvais, au contraire. Mais il faut bien avouer qu’il sera difficile de détrôner le formidable gagnant de la catégorie l’année dernière, Neon Neon. Reste que certains candidats sérieux se bousculent au portillon…

5. Calvin Harris « Ready For The Weekend »

Cet album aurait pu se trouver dans mes déceptions de l’année, c’est vrai. Car j’attendais beaucoup du deuxième album de Calvin Harris après son excellent « I Created Disco » déjà assez kitsch. Sauf que dans le premier cas, il y avait une forme de second degré qu’on retrouvait dans la production un peu branque qui donnait une subtilité. Celle-ci manque fondamentalement dans ce deuxième opus. Car en plus de pomper les sons des années 90 (oui, y compris les horribles voix de la house européenne que nous avons dû supporter tout au long de nos enfances), il pompe aussi la production tsoin-tsoin typique de cet époque. Bref, un exemple type de kitsch qui tourne au mauvais goût. On pourra quand même sortir quelques titres du lot (sans doute les singles dont « I’m not alone » qui illustre parfaitement mon propos mais réussit à rester efficace), mais Calvin Harris nous offre aussi l’exemple parfait de ce qui ne faut pas faire dans le créneau « rempompage des 90’s ».

4. Pet Shop Boys « Yes »

On ne peut pas parler de kitsch sans parler des papes du kitsch, les Pet Shop Boys, qui ont ressorti un album. Difficile d’égaler leur niveau, il ne mérite néanmoins que la 4ème place car ils se renouvellent peu ! On ne peut pas dire que l’album « Yes » se démarque fortement de son précédent « Fundamentalism« . Comme d’habitude, on a quelques singles qui marchent vraiment bien (surtout un, systématiquement en première plage de l’album), et le reste, on le supporte. Mais les pépés de la variété anglaise tournent toujours (ils sont au Lotto Arena début de l’année prochaine) et j’ai pu assister à leur concert pour me rappeler que, quand même, « West End Girl« , « Suburbia » et « It’s a sin » sont des monuments de mélodies électro-pop.

3. Simian Disco Mobile « Temporary Pleasure »

Un autre deuxième opus attendu au tournant. Les compositeurs du titre « Never Be Alone » qui a permis à Justice de devenir mondialement connu avaient en effet réussi un excellent premier opus (« Attack, Decay, Sustain, Release » que je trouvais personnellement supérieur à celui de Justice). Eux aussi se sont donc plongés dans la vague nineties, avec un peu plus de succès que Calvin Harris. D’abord, parce qu’ils se sont entourés pour cet album. Gruff Rhys (Super Furry Animal, Neon Neon) a déjà l’expérience de composition kitschissime et le morceau d’ouverture est tout à fait dans la lignée de ce qu’il a fait avec Boom Bip pour Neon Neon. Beth Dido (Gossip), de son côté, assume sans problème le rôle de diva house 90’s et rend crédible un morceau qui, sans sa voix, aurait été insupportable. Jamie Liddel réussi le morceau le plus travaillé de l’album avec Alexis Taylor (Hot Chip). Bref, si on retrouve effectivement les sons hyper synthétiques, kitschs et maintenant désuets de la pop/house des années 90, on est face à un album qui réussit à rester dans son temps malgré tout. Pas parfait, mais mieux que ce que la plupart des critiques en ont dit.

2. Patrick Wolf « The Bachelor »

Attention, ici, c’est du lourd ! Patrick Wolf est français, et je ne sais pas si il est lié à Laurent Wolf qui commet dans la musique électro commerciale, mais en tout cas, Patrick Wolf fume de la bonne. Il suffit de voir la pochette de son dernier album « The Bachelor » où il place dans des images très travaillées tiré de l’univers heroïc-fantasy des éléments assez improbables. C’est psychédélique, ça fait mal aux yeux, et bizarrement, c’est attirant. un peu comme la musique de l’album, avec violon tuné (sa marque de fabrique) et voix grandiloquente débitant des textes qui le sont tout autant. Difficile de le comparer à quoi que ce soit, difficile également de dire que c’est bien, vu que c’est quand même sur la tangente du bon goût. Mais en tout cas, c’est kitsch à en mourir, et rien que pour ça, ça vaut la peine d’y jeter une oreille !

1. The Golden Silvers « True Romance »

Honnêtement, on aurait pu penser que plus kitsch que Patrick Wolf, ce n’était pas possible. Encore moins dans la veine « années 80 » déjà surexploitée. Et bien, détrompé vous, les anglais n’allaient pas laisser un français s’emparer du trophée si facilement et nous ont pondu un groupe qui ne peut exister que là-bas. Les Golden Silvers, c’est le condensé des années 80 anglaises (New Order, Cure, Duran Duran,…) repris dans leur forme originale au premier degré. La chanson titulaire de l’album est inimitable, tout comme le clip franchement marrant ! Et en plus, comme c’est plutôt bien produit, on pourrait presque apprécier (pas tout, il y a des morceaux qu’on ne peut simplement pas supporter jusqu’à la fin). Bref, même si le revival des années 80 est sur la fin, on attend encore les bonnes production estampillées années 90 pour détrôner les grosses lignes de basses et les claviers vintages. Merci à l’équipe de 5 Heures pour la découverte, et on finit sur la vidéo formidable du premier single « True Romance »