Je viens d’échouer pour la quatrième fois à l’examen pratique pour l’obtention de mon permis de conduire. J’ai donc maintenant acquis une certaine expérience de ce type d’examen. Et une révélation m’est apparue : réussir son permis de conduire, c’est un peu comme réussir une campagne de communication marketing.

Une question de détails, pas de chance

La première chose que m’a dite mon instructeur après l’annonce de mon échec, c’était quelque chose comme « putain, je comprends pas pourquoi on arrive pas à la réussir, ce permis, quand je vois tous les pains qui réussissent ». Il a ensuite évoqué quelque chose qui pourrait s’apparenter à de la malchance. Mais moi, je ne crois pas à la malchance. Je crois à la maîtrise. C’est un peu la même chose en communication marketing : tu peux lancer une campagne sans avoir une idée très claires des objectifs, des cibles et des moyens pour arriver à toucher cette cible pour atteindre tes objectifs. Tu peux faire une campagne en te disant que ça a l’air pas mal et qu’avec un peu de chance, ça va cartonner. En fait, tant que tu ne maîtrise pas les détails et les moindres tenants et aboutissants, tu n’arrives à rien. C’est vrai que les paramètres à évaluer et régler sont tellement fins et tellement nombreux que régler au point juste cette myriades de variables se rapproche de ce qu’on appelle la chance. Il s’agit en réalité d’una maîtrise magistrale avant tout.

Comme pour le permis, en fait. Bien sûr, la petite vieille arrêtée au bord du passage pour piéton que te ne laisse pas passer aurait pu s’engager comme toute personne normale, ou elle aurait pu être 50 mètres plus loin, mais elle était là, et tu dois t’arrêter. C’est ce genre de mini-détail qui dépendent de beaucoup de variables, effectivement, qui conditionnent la réussite d’une examen de permis de conduire.

Une question d’argent

Mais en fait, tout cela est finalement une belle réflexion qui s’éloigne de la réalité et du paramètre le plus important : l’argent. En communication marketing, même si l’ingéniosité peut éventuellement compenser le manque de moyen, on sait que la présence de gros moyen compense à coup sûr (ou presque) le manque d’ingéniosité. Quand on peut dépenser des millions pour des spots télé et de l’affichage géant, bien sûr, on préfère que ce soit réglé au millimètre. Mais même si ça ne l’est pas, on sait que ça marchera. Parce qu’avec le nombre d’exposition auquel tu vas soumettre ta cible, tu peux être certain qu’elle va mémoriser et peut-être même comprendre ton message.

Le permis de conduire, c’est la même chose. Tant que tu as de l’argent pour repayer ton passage de permis, la voiture de ton auto-école et les heures supplémentaires qu’on t’oblige à prendre pour avoir le droit de repasser, tu peux y aller et le passer autant de fois que tu veux. Il y aura bien une fois où la petite vieille se sera arrêtée pour parler à une amie 20 mètres avant. Certains diront que c’est injuste (beh oui, là, je dois être à 2000 euros de frais pour passer mon permis, tout le monde les a pas), et je ne les contredirais pas. Mais bon, en même temps, un système d’évaluation unilatéral sans aucune possibilité de recours et de défense comme c’est le cas à un examen de conduite, c’est par nature injuste.

Une question de résultats supericiels

Là, on arrive à ce qui m’énerve vraiment, en fait. Que ce soit dans le marketing ou le permis de conduire. Dans le marketing, la résultat d’une campagne est généralement très mal mesuré. En particulier les campagnes web. On mesure l’exposition, le nombre d’impression, le nombre de clics et éventuellement l’influence sur la perception de la marque, dans les meilleurs cas. C’est vrai que pour le client, dire que ton film viral que tu as payé pas trop cher a été vu 200.000 fois, c’est cool. Que ça n’ai eu aucune influence sur les ventes, sur la circulation en point de vente ou même sur les intentions d’achats, ça, on ne soulève pas trop la question.

Pour le permis de conduire, c’est la même chose. A chaque fois, tu peux faire un examen « pas mauvais », tu peux « ne pas avoir de problème à maîtriser ton véhicule », tu peux « ne pas du tout être dangereux », ce qui compte, au final, c’est que tu te sois arrêté pour la petite vieille qui de toute évidence n’allait pas s’engager sur le passage pour piéton. Peu importe le résultat final (que tu ne sois pas dangereux pour toi et pour les autres), ce qui compte, c’est le respect de règle. Quand on voit les dangers publics sur la route, qui ont eu leur permis au premier essais, on peut se poser des question sur ce système d’évaluation.

Bref, vous l’aurez compris, je suis pas spécialement content. Même si je reconnais mes erreurs, je commence réellement à l’avoir mauvaise. D’autant plus que je ne suis loin d’être un fervent défenseur de la voiture en ville et que je souhaite principalement obtenir mon permis pour faciliter ma recherche d’emploi. En tout cas, mon permis, il m’aura couté plus que mon premier hypothétique salaire…