Le hip-hop est un style musical particulier. Si à une époque, les DJ’s semblaient tenir la vedette aux côtés des MC’s, à l’heure actuelle, c’est plutôt les producteurs qui les ont remplacés. C’est ainsi qu’une personne aussi peu charismatique que Timbaland a pu devenir une star planétaire grâce à la production de quelques stars du hip-hop puis de la pop. La comparaison n’est pas gratuite quand on s’attaque à Diplo. Si le bonhomme est loin d’avoir atteint la même notoriété que son bon ami américain, il suit une trajectoire montante qui pourrait l’amener au même point. Petit retour sur quelques projets du monsieur…

Mixtape et solo

En 2004, Diplo sort un album solo après quelques mixtapes. Cet album, Florida, est un véritable manifeste de son style, un croisement entre le hip-hop américain et baile funk brésilien. Il a réellement contribué à la popularisation des styles sud-américains aux US. Personellement, je trouve le résultat pas spécialement accessible et assez inégal, même si on sent une richesse et surtout un son personnel et novateur.

M.I.A.

La carrière de Diplo va réellement décoller en 2005 lorsque la chanteuse Sri-lankaise M.I.A. va l’approcher et lui demander de produire sa musique. En deux albums, Diplo va pouvoir faire connaître au monde son style, d’abord à la critique par le premier album de M.I.A resté assez confidentiel, ensuite au grand public avec le second album qui a pu en plus profiter de la notoriété du film « Slumdog Millionaire » qui met en avant son titre « Paper Plane ». A partir de là, Diplo va être invité à mixer le numéro 24 de la célèbre compilation Fabric.live et va être fort demandé pour remixer de nombreux artistes plutôt indépendants (Hot Chip, Spank Rock, Daedalus, CSS…) ou mainstream (Kanye West, Gwen Stephany, Justin Timberlake,…).

Mad Decent

Fort de ces petits succès et disposant apparemment encore de temps, il lance son propre label, Mad Decent, où il invite indifférement des artistes brésiliens de baile funk et des rappeurs américains indépendants. Avec ce label, il produit des podcasts et des mixtapes ainsi que des compilations tout en essayant de donner une visibilité à certains artistes pas nécessairement connu.

Santogold et Amanda Blank

Pas de quoi remplir les caisses, d’autant plus qu’il participe très régulièrement à des actions caritatives. Diplo va pourtant pouvoir profiter de quelques collaborations très fructueuses. La première qui vient en tête est évidemment Santogold qui prend la place de M.I.A. dans les révélations de l’année. On peut quand même admirer Diplo qui a placé M.I.A. dans le coeur des critiques en 2008 et leur refait le coup en 2009 avec Santogold ! Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Diplo produit également l’album d’Amanda Blank, une dame surtout connue pour ses apparitions dans les disques d’un peu tout le monde. Il sort là un album beaucoup plus assagi, beaucoup plus commercial, mais toujours très efficace.

Major Lazer

A côté de ces projets de production plus « mainstreams », Diplo se lance également dans un projet en duo avec son comparse Switch sous le nom de Major Lazer. Il s’agit ici de quitter un peu le brésil pour se rendre en jamaïque et pondre un album reggae/dub/electro/hip-hop très inspiré par la couleur locale. Le résultat est assez dansant, déroutant de vulgarité par moment, mais pas désagréable. En 2009, il sort également une compilation de ses remixs qui manque un peu de consistance malheureusement (entre un remix de Britney Spears et de Spank Rock, difficile de faire le lien).

Et après ?

Difficile de savoir vers quoi va se tourner notre ami Diplo pour la suite. On sent une envie de rester honnête au travers de projets comme MadDecent ou Major Lazer, mais on voit aussi poindre le moment où Madonna lui demandera de produire son album. Je suivrai donc avec plaisir la suite de sa carrière (sur Twitter par exemple) sans idolatrie mal placée mais avec une petite tendresse pour ce producteur encore hors normes.

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