Tous. Ces bandes de politicards incapables de décider quoi que ce soit. À se battre pour les quelques ajustements sur lesquelles ils ont encore du pouvoir. À travailler pour un système qu’ils ne comprennent pas. Qui ont oubliés qu’il y a d’autres raisons de prendre des décisions que la conservation.

Ces entrepreneurs, à chialer pour les taxes qu’ils fraudent alors qu’ils se gavent de subventions. À râler sur les chômeurs, sauf quand ils sont leurs clients.

Ces extrême-gauchisants, qui croient encore que la lutte est entre les travailleurs et les patrons, alors que tout ce que veulent les travailleurs, c’est pouvoir acheter plus aux patrons. Ils sont extrêmes dans les concepts, liberticides dans les applications qu’ils en donnent.

Cette croissance qui a toujours bénéficié aux mêmes. Quand les miettes étaient suffisamment nombreuses pour les distribuer aux personnes à même de les réclamer, c’était le paradis. Maintenant qu’il y a trop peu de miettes pour beaucoup plus de gens, son inutilité apparaît au grand jour.

Les apôtres de la décroissance, qui sont incapables de construire autre chose que la même chose, avec moins, pour tout le monde, mais surtout pour les autres.

Ces 99% qui agissent comme des parias.

Ces financiers qui sont les véritables parias, en maintenant un système sur lequel ils rejettent toutes leurs erreurs pour se rendre intouchable. Dont l’utilité sociale est inversement proportionnelle à la croissance qu’ils créent.

Ces artistes qui n’ont rien à dire, le disent mal et se plaignent après. Plus ils sont convaincus d’avoir du talent, moins ils sont doués. Et comme de toute façon, il s’agit surtout d’être prêt à tout, ce sont les 1% les plus convaincus et les plus convaincants que ces cons d’auditeurs vont acheter.

Mais le pire, c’est moi. Pas assez bon pour pouvoir y changer quoi que ce soit, pas assez con pour ne pas m’en rendre compte. J’ecrirai bien une chanson sur ça, mais je suis pas plus doué que les chanteurs qui réussissent. J’ai des idées sur tout, qui ne valent rien, ne changent rien, et surtout pas ce que je fais: pleurer auprès de ces cons d’entrepreneurs pour qu’ils me donnent un job, voter pour ces cons de politiciens qui n’ont aucun pouvoir, acheter des produits qui ont rapportés 10 fois leur valeur en bourse à ces cons de financiers avant de me coûter un demi-salaire sans que ceux qui les ont fabriqués puissent en vivre. Moi, qui me plains de ma connerie. Moi, qui sens bien que tout cela n’a pas de sens, mais qui continue à vivre, parce que ne pas vivre, ça n’a pas de sens non plus. Moi, qui suis pas le pire des connards, mais qui fais pas beaucoup mieux qu’eux, ces artistes, ces financiers, ces 99%, ces apôtres de la décroissance, cette croissance, ces entrepreneurs, ces politiciens.

Ils me font tous chier, et ça ne change rien.

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