Je ne suis pas, d’un coup, devenu fan de chansons en français. Mais comme dans tous les styles qu’on aime pas en général, on apprécie d’autant plus de parler de disques qui nous séduisent. C’est le cas du second album de Nicolas Fraissinet : les métamorphoses.

La force de cet album tient en quelques éléments qui, pris isolément, ne font pas nécessairement un bon disque, mais qui, mis ensembles, font la différence entre un album anodin et quelque chose de plus personnel.

Le premier élément essentiel est la cohérence du disque tout au long des 15 titres qui le composent. Il y a un véritable univers qui existe dès l’introduction. Cela amène au problème lié, le côté lassant que peuvent prendre les moins bons morceaux. Néanmoins, les quelques trouvailles sonores sur certains titres viennent judicieusement casser le flot du piano et des structures parfois trop similaires de certains titres.

Le second élément fort du disque est la voix du chanteur, très personnelle, tout comme l’interprétation qu’il réalise de ses titres. Une voix plutôt aiguë au timbre particulier, qui compense le manque de justesse et de puissance sur certaines montées par un véritable engagement.

Cette voix se pose sur des arrangements créé autours d’un piano plutôt énergique, renforcé d’éléments rock ou plus électroniques. Les structures syncopées varient entre cascades et ruisseaux sautillants, long fleuve tranquille ou rivière impétueuse. Parfois plus pop, parfois plus osées, les structures des titres peuvent, sur le milieu de l’album, un peu lasser quand la voix de Nicolas Fraissinet se fait trop souvent plaintive.

Néanmoins, l’ensemble est encore renforcé par les textes aux nombreuses métaphores, parfois alambiquées et gratuites, mais qui participent au style. Entre le single « La Métamorphose du Papillon » et son refrain assez radiophonique, la rythmique particulière de « Méduse » (indubitablement le meilleur titre du disque), le mixage ingénieux de « Fragile » et le magnifique piano-voix sur « Le sourire de ma mère », les bons titres ne manquent pas pour éviter de se noyer.

Au final, il s’agit sans doute d’un album moins facile d’accès qu’on peut l’imaginer mais qui peut séduire autant les personnes sensibles aux textes, celles plus accrocs à l’énergie comme celles qui ne jurent que par le son ou les mélodies.

Pour vous faire une idée, rendez-vous sur le site web de Nicolas Fraissinet où deux titres sont en écoute ou sur le mini-site consacré au single « La Métamorphose du Papillon »

Temps d’écriture: 29 minutes

Disclaimer: je travaille en tant que Community Manager pour Akamusic, la maison de disque sur laquelle le disque chroniqué ici est sorti. Les avis publiés sur ce blog n’engagent que moi et ne sont pas dictés par des raisons professionnelles.