Je vous propose une nouvelle série de review d’album pour nous (me) rappeler que le temps passe vite, et qu’il faudra peu d’années encore pour que les « jeunes » trouvent que mes albums-références sont vieux et démodés. Pour ne pas (me) faire trop mal, je commence par un LP contesté, pas un album mythique, sorti en 1998, le second opus du groupe Garbage, tombé bien bas depuis, « Version 2.0 ».

Si j’avais envie de vous en parler, c’est que même si ce disque a beaucoup déçu, si il est loin d’être un chef-d’oeuvre comme d’autres qui viendront dans les prochains jours, il m’a énormément marqué. C’est par ce disque que j’ai découvert le groupe, et même par les quelques remixs trip-hop qui en ont été tirés (j’étais très trip-hop à 13 ans…). Je connaissais toutes les paroles par coeur, et j’appréciais particulièrement les titres les plus pop. Les trois premier morceaux « Temptation Waits », « I Think I’m Paranoïd » et «  »When I Grow Up » me plaisaient énormément à l’époque par leurs sons synthétique et leurs gimmick vocaux rigolos. J’aimais aussi beaucoup « Sleep Together » autant pour les paroles que je trouvais sulfureuses à l’époque (if we sleep together/ will you like me better/ if we come together / prove it now or never) ou pour les accords aux claviers comme repère sonore tout au long du morceau et même le vocoder (pas toujours du meilleur goût, on le reconnaîtra). Enfin, « You Look So Fine » me plaisait, mais pas autant que « Milk », la balade du précédent album.

Et puis, le temps passant, j’ai fini par continuer à écouter ce disque pour d’autres morceaux. J’aime toujours « Sleep Together », mais ce disque reste dans ma collection pour deux titres : « Push It » et son riff inoubliable du refrain et sa batterie endiablée, « Medication » pour ses guitares dissonantes et son tempo plus lent qui correspond beaucoup plus à la voix de Shirley Manson.

Bref, un album pop qui m’a ouvert à des sonorités plus rock que je réprouvais à l’époque, et un groupe qui a marqué son époque surtout par son iconographie et sa chanteuse, plus que par sa musique qui a vite été oubliée (et qu’on préfère oublier en 2005 avec la sortie de « Bleed Like Me »).