S’il existe un album qui a définitivement marqué toute ma jeunesse, c’est celui-là. Je l’ai découvert pourtant quelques années après sa sortie, après avoir été marqué par deux apparitions de titres liés à cet album : « Superpredator » comme titre de générique du film « The Jackal » (version Bruce Willis) et surtout « Angel » dans la scène des caravanes en feu de « Snatch ». Et l’écoute complète de cet album m’a rendu accro.

En réalité, l’album est parfait à deux niveaux. Tout d’abord, il comprend des titres absolument imparables seuls. « Angel », sa basse et sa guitare me font encore frémir autant qu’à la première écoute, « Teardrop » et la voix éthérée de Liz Frazer ou « Inertia Creep » et sa rage à tout niveaux.

Mais au delà des morceaux, l’album réussit vraiment à développer une ambiance complète tout au long de ses titres. Et des morceaux un peu plus faibles comme « Exchange » prennent tout leur sens comme une pause entre la rage noire qui traverse l’ensemble du LP

Car oui, c’est ce qui ressort de cet album : la rage et le conflit. On peut sentir que les membres du collectif étaient déjà prêts pour la rupture tant les différentes tendances s’affrontent ici. Riffs de guitares distordues punk s’appliquent à exploser des beats très profonds directement tirés du dub, tandis que les morceaux au flow très hip-hop succède à d’autres beaucoup plus chantés. C’est cette opposition si âpre qui rend cet album unique, un album qui a défini selon moi tout un pan de ce style multilatéral qu’est le trip-hop.

« Mezzanine » a dix ans, Portishead ressort un album, et si on les met l’un a côté de l’autre, on se rend compte que l’un comme l’autre sont toujours aussi pertinents.


Découvrez Massive Attack!