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Moodio LogoNotre plat pays n’est pas seulement connu à l’étranger pour ses frites, les chocolats de Marcolini et nos Webmissions à Séville, mais également pour le nombre de festival de musique par habitant. Malheureusement, la passion des belges pour la musique ne se reporte que très peu vers les artistes nationaux, et encore moins vers les artistes de l’autre côté de la frontière linguistique. Un état de fait que les fondateurs de Moodio.tv ont bien l’intention de changer !

Avant de réellement parler du produit Moodio.tv, il faut donc avoir le but du projet en tête : mettre en valeur les artistes nationaux, qu’ils soient signés sur des majors ou auto-produits auprès du public belge mais également international. En slogan, cela donne « Expose your Music » et il faut bien dire qu’on peut difficilement le paraphraser. Pour arriver à cet objectif, Moodio.tv a lancé un site Internet entre plate-forme, webzine musical en image.

  • Un webzine vidéo sur la musique belge

Plutôt qu’une émission de télévision qui coute cher à produire, les fondateurs de Moodio ont pensé à produire des capsules vidéo à diffuser sur le web. Sans sacrifier la qualité néanmoins, ce qui donne aux reportages de Moodio une qualité d’image, de prise de son, une identité visuelle également qui les rends incomparablement meilleures que ce qu’on peut trouver sur YouTube.

Néanmoins, de jolies vidéos ne seraient rien sans un contenu digne de ce nom. En ce sens, Moodio se détache assez bien de ses concurrents en laissant une réelle liberté à ses deux rédactions (francophone et néerlandophone) pour le choix des sujets, du moment qu’un équilibre entre les différents styles musicaux puissent être trouvé. Ainsi, pas question de voir un artiste payer pour être sur Moodio.tv, la rédaction garde le contrôle de ses sujets. Cela permet de retrouver côte à côte un sujet sur le luthier sauvage Max Vandervorst et un autre sur Zita Swoon, des artistes à la renommée d’ampleur très différentes et pourtant traités sur un pied d’égalité. Cela fait bien longtemps que ce n’est plus le cas dans beaucoup de magazines culturels, soumis aux pressions de leur régie publicitaire.

  • Une plate-forme pour l’industrie musicale

Mais Moodio ne pouvait se contenter de produire des vidéos pour attirer du monde sur son site et les faire revenir. Derrière ces vidéos a donc été développé une plate-forme pour les artistes mais pas seulement. Les fans également, bien sûr, mais surtout tous ces maillons qui gravitent autours des artistes et qu’on oublie souvent : producteurs, musiciens, labels,… Tout ces intervenants forment un joli réseau qui s’entrecroisent énormément, ce qui a permis à Moodio de développer un carnet d’adresse extensif de la profession !

Mais ce n’est pas tout… Aù-delà de permettre des contacts entre acteurs de l’industrie musicale, cette plate-forme offre aussi différents services intéressants. A termes, elle devrait permettre de gérer la présence sociale d’un artiste sur les différents réseaux : Facebook, Twitter, MySpace,…

De plus, au travers de son widget de lecture vidéo, il sera possible aux artistes de vendre directement leurs place de concerts, leurs titres ou simplement faire de la pub. Le potentiel est assez intéressant : quand un blog reprend votre vidéo Moodio, il affiche en même temps les publicité pour votre concert ou votre musique, soit pour l’achat direct via l’outil (payant, mais pas à la commission) que Moodio met à la disposition de ses membres, soit via vos canaux de ventes habituels (iTunes Store, billetteries en ligne,…).

Une petite vidéo pour vous présentez tout cela en images :

Bref, Moodio.tv se présente non seulement comme un producteur de contenus de qualité pour les artistes, mais fournit également des moyens pour partager ce contenu sur la toile et le transformer en revenus.

  • Et le business model, dans tout ça…

Beh oui, tout cela c’est bien beau, mais ça coute cher ! Que ce soit en termes d’investissements (gros travail de développement du site, achat du matériel vidéo,…) qu’en termes de coût récurrents (besoin de personnel pour continuer à produire les films, stockage et bande passante pour les films). Et comme on voit  le service, il n’y a pas énormément de source de monétisation.

D’autant plus que le site privilégie la qualité de son portail et de son contenu aux rentrées financières : pas de pubs, pas de vidéos sur commande, pas de paiements à la commission sur les ventes via l’outil de vente ,… C’est pourtant cet outil qui est le premier pillier espéré des rentrées financières : des abonnements mensuels pour les artistes qui souhaitent accéder à ces fonctions plus avancées. C’est moins cher que les systèmes de e-ticketing de grosse ampleur (Go For Music) et cela ne fonctionne pas à la commission. On imagine néanmoins mal le projet survive sur cette base. Même si l’option coûte 30 euros par mois et que 300 artistes l’adoptent (ce qui est fort optimiste), on en arrive à 9000 euros par mois, ce qui est trop peu pour rendre le projet viable.

C’est pourquoi il est également prévu de se baser sur des collaborations avec certains acteurs forts. On imagine mal quelle collaboration serait possible si le contenu reste indépendant et si il n’y a pas de publicité, mais c’est apparemment le modèle privilégié. Bref, on voit difficilement où ils veulent en venir pour gagner de l’argent, mais vu la manière dont ils en parlent, créer l’équilibre financier ne devrait pas être un problème vu qu’ils annoncent y arriver pour fin 2010…

Enfin, pour ce qui est du remboursement de l’investissement, nos amis envisagent de revendre leur technologie à d’autres secteurs, et là, effectivement, on comprend tout de suite qu’il y a de l’argent à se faire. Hélas, en one shot… Car le modèle de monétisation proposé est assez bancal : créer plus de contenu n’apporte pas de nouveau revenu (ou de manière indirecte et assez faible). Dès lors, le modèle financier pourrait causer la diminution de la création de contenu…

Mais ne jouons pas les oiseaux de mauvaises augures, le projet est pas mal ficelé, avec beaucoup de possibilités intéressantes, et soutenus par de véritable passionnés. Je les remercie donc pour leur engagement, pour leur invitation m’avoir laissé m’incruster à leur présentation lundi et souhaite beaucoup de réussite à ce projet !

Vous vous en rappelez peut-être, dans le cadre de ma recherche d’emploi, j’avais déjà dressé un profil de fonction de Community Manager. Dans le même ordre d’idée, je vous propose ici une réflexion plus en profondeur sur le travail dans ce type de fonction, en particulier concernant ses objectifs. Cette réflexion est évidemment totalement ouverte, je serais ravi de lire vos suggestions.

Source : gregorypouy.blogs.com

Source : gregorypouy.blogs.com

Les activités du community manager se déclinent selon trois axes principaux : le projet, les campagnes sociales et activités de les campagnes globales. Les tâches liées à ces activités ne sont pas nécessairement différentes, mais elles ont des objectifs différents, ce qui induit des adaptations de l’action du community manager. Tous ces objectifs sont liés à la stratégie globale de l’entreprise dans laquelle ils s’inscrivent. Ainsi, comme pour toutes activités de marketing, il n’y a pas de community management sans une stratégie.

1. Stratégie

Cette stratégie doit être calquée sur la stratégie de communication et la stratégie de marketing, elle même liée à la stratégie commerciale de l’entreprise. Cela implique l’entreprise aie des objectifs « marketing » et des objectifs de communication clairs : un marché et un segment de marché étudié et une cible définie afin de pouvoir fournir un message calibré pour ces objectifs dans ce segment de marché pour la cible visée. C’est également grâce à cette stratégie qu’il sera possible de choisir les canaux de communication privilégiés (Twitter, Facebook, Netlog, GetSatisfaction, blogs, géolocalisation,…). Ce sont les bases de toute stratégie marketing, et pourtant, on l’oublie trop souvent quand on parle de community management. C’est pourtant nécessaire pour obtenir des résultats et pour pouvoir mesurer l’efficacité d’une stratégie (même si la mesure d’efficacité du community management est très difficile à évaluer indépendamment des autres volets de la stratégie de communication et marketing).

source : www.4consulting.com

source : www.4consulting.com

Un exemple de stratégie pour une entreprise de l’industrie du divertissement (pour reprendre mon cas précédent) serait d’avoir pour objectif de doubler en un an l’affiliation à son site social dans la tranche de population des 25-50 ans francophones de classe sociale 1-4. Il pourrait être également d’augmenter de 20% la vente de produits via le magasin en ligne. Ou encore d’augmenter la share-of-voice sur les médias sociaux de l’entreprise par rapport à ses concurrents. Chacun de ces objectifs va nécessiter une approche différente du community management (sans nécessairement en faire évoluer les principes de base), mais va rendre la pratique de cette discipline plus efficace en évitant l’objectif global « agrandir et stimuler la communauté d’une marque » ou « faire du buzz autours d’un produit » qui restent assez vagues (qu’est-ce que le buzz ? Qu’est-ce qu’il apporte ? Qu’est-ce qu’une communauté ? En quoi est-elle active ?).
Avec cette stratégie, il est possible d’aborder plus sereinement les activités du community manager.

2. Le projet

C’est l’axe d’activité le plus souvent exploré dans le cadre du community management à long terme. C’est aussi celui qui est le plus souvent laissé dans le vague. C’est dans cette axe qu’on va retrouver toutes les tâches qui visent à « construire et stimuler la communauté d’une entreprise ». C’est dans ce cadre-là qu’on va animer une Fan Page Facebook, un compte Twitter, qu’on va réagir sur les forums et les blogs au sujet de son entreprise. En d’autres termes, on va tenter de transformer les personnes qui rentrent en contact avec notre marque en ambassadeurs de la marque.

Ce n’est pas pour cela qu’on doit se contenter d’une description aussi vague des objectifs de cette part importante du travail quotidien du community manager. Certes, il est difficile, et sans doute pas vraiment recommandable, de se contenter d’objectifs commerciaux souvent fixés à très courts termes pour guider le projet de community management, mais cela n’empêche pas d’avoir une vision à long terme en concordance avec les objectifs à courts termes et guidées par des objectifs pluri-annuels.

On pourra ainsi envisager que, puisque les objectifs de notre entreprise dans l’industrie du divertissement est de stimuler la vente de produits dérivés, notre community management devra s’axer vers les discussions autours de ces produits. Attention, cela ne doit pas éloigner le community manager des caractéristiques qui lui sont propres : honnêteté, dialogue, proximité. Cela ne doit pas pousser le community manager à tomber dans la promotion de produits, ce qui sera contre-productif. Mais le fait de garder des objectifs en tête permet des ajustements fins dans le message et dans les call-to-action.

Je ne m’attarderai pas ici à parler des outils (nombreux, mais sans doute pas ce qui est le plus important) et des méthodes à mettre en place (j’y reviendrai peut-être dans un prochain article). Vous pourrez de toute façon trouver énormément d’articles à ces sujets ailleurs sur le net.

3. Campagne sociale

Un autre axe d’activité du community manager, souvent confondu avec le projet général dans lequel il s’inscrit, est l’ensemble des campagnes de marketing social. Il s’agit de campagnes spécialement conçues autours des médias sociaux et qui visent particulièrement à en exploiter les spécificités. Les deux types de campagnes les plus connues sont les campagnes de vidéos virales et les campagnes sur blogs. Dans ce cadre, le community manager doit être à l’origine et doit surtout soutenir la campagne en adaptant son dialogue et son échange avec sa communauté.

Ce type de campagne a l’avantage de correspondre à un modèle plus classique du marketing et de la publicité, de permettre des mesures d’efficacités plus précises (par pré-test, post-test et par tous les moyens techniques de mesures sur le net). Mais dans le cadre du community management, il est important de ne pas laisser le planning des campagnes et leurs objectifs particuliers (qui doivent évidemment être en corrélation avec les objectifs commerciaux, marketing et de communication de l’entreprise) mettre de côté le projet de community management. Idéalement, même, les campagnes sociales doivent s’inscrire dans ce projet et le projet prolonger les campagnes.

Donc, si l’utilisation de campagnes peut être utile pour atteindre des objectifs à plus courts termes, si elles peuvent permettre des objectifs particuliers, il faut éviter de considérer le community management comme une succession de campagnes de marketing social en perdant alors toute notion de continuité et de but à long terme. Néanmoins, ce projet de community management ne doit pas être une justification pour ne pas se fixer d’objectifs intermédiaires mesurables via des campagnes. C’est au contraire un moyen de tester et d’adapter sa stratégie globale de community management.

4. Campagne globale

Ce n’est pas très neuf, on en parle depuis plus de 10 ans, mais ce qui marche en publicité, ce sont les campagnes multi-canaux. Il est donc tout à fait logique que les médias sociaux s’intègrent au même titre que les autres canaux dans les campagnes globales d’une entreprise. Si les tâches liées à une campagne globale sont certainement similaire à celles d’une campagne sociale, l’optique dans laquelle elles sont réalisées diffère, et cela nécessite alors souvent de légère adaptation dans le message et dans la manière dont on applique notre stratégie sociale.

source : thumbs.koreus.com

source : thumbs.koreus.com

Ainsi, si il peut s’agir de prolonger une campagne télévisée en viralisant un spot de pub (on pense directement à l’exemple du « tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice »), la manière dont on procède est ici beaucoup plus dépendante d’une stratégie marketing globale. Idéalement, puisque la stratégie sociale et les campagnes sociales sont pensées avec la stratégie commerciale, marketing et de communication de l’entreprise, l’intégration des campagnes de publicité multi-canaux devrait couler de sources, et en tout cas être prise en compte dès la conception de la campagne. Cela ne doit pas empêcher le community manager de bien distinguer ce faisceau d’activités des autres et de prendre conscience de la nature différente des tâches à effectuer, même si elles peuvent être quasiment identique dans la réalisation.

Maintenant, dans la réalité, il est assez rare que la stratégie sociale soient conçue et intégrée dans le plan marketing. Cela ne doit pas empêcher le community manager de profiter des campagnes existantes pour renforcer son action. En effet, si le community management peut clairement apporter un renfort intéressant pour une campagne média « traditionnelle »

5. Un community management raisonné

Ce sur quoi je veux insister par cet article est la rigueur et la réflexion stratégique à mettre en place dans le community management. C’est une nécessité pour le rendre efficace et pour l’objectiviser, pour l’analyser et pour offrir des solutions desquelles on peut attendre non seulement des résultats plus mesurables dans des campagnes mais également une vision à long terme. J’essaye également de plaider pour une professionnalisation du métier en y amenant plus que des termes branchés et des outils à la mode, mais en le raccrochant à des théories déjà largement éprouvées.

Bien sûr, le domaine est relativement disruptif par rapport au marketing classique, et il ne va pas pouvoir être possible de lui adapter les mêmes recettes et les mêmes mesures (l’audience d’une communauté ne se mesure pas en GRP et en OTS !), mais je pense qu’il devrait être possible de rapprocher certaines notions de la publicité classique et de la publicité sur Internet avec la gestion de communauté. Lesquelles, comment, selon quelles normes ? Je fais confiance à de plus grands scientifiques que moi pour effectuer des recherches sérieuses sur le sujet. En attendant, les professionnels du métiers peuvent déjà adapter leurs discours pour qu’on ne voit plus le community management comme la gestion d’un compte Facebook d’entreprise.

En tout cas, c’est ce qu’a eu l’air de dire son organisateur Jean Derely, tout heureux de donner les excellents chiffres et les excellents résulats de l’année écoulée. Ce qui est certain, c’est que les starts-ups présentées ce mois-ci à l’ULB (après l’escale plus branchée du Café Numérique au Mirano) concluaient de manière assez convaincante avec quelques projets intéressants.

1. Yaxo

Le premier service est peut-être celui qui a le moins convaincu, à cause sans doute d’un anglais assez hésitant du présentateur. Yaxo permet d’enrichir le site web d’une entreprise en facilitant les contacts téléphoniques entre l’utilisateur du site web et les opérateurs de la marque. D’une part en insérant des boutons de demande d’appel gratuit, d’autre part en permettant un tracking des clients sur le site web afin que l’opérateur puisse directement (à l’aide d’un pop-up) proposer un contact téléphonique (par exemple, pour aider à remplir un formulaire). La démonstration par l’exemple de La Redoute était assez parlant, mais il faut bien admettre qu’on a du mal à s’emballer. Peut-être par cette monétisation à l’aide de licence vendue au lieu d’un système de pay-per-click. Ou alors les expériences globales de chacun avec des téléphonistes qui sont généralement de piètre qualité, ce que Yaxo n’améliore absolument pas, puisque chaque utilisateur du service gère lui-même les contacts téléphoniques. Reste que le système pourrait convaincre facilement certaines entreprises de vente en ligne et permettraient des stratégies commerciales intéressantes (par exemple, appeler le consommateur qui reste longtemps devant un panier rempli afin de lui proposer une réduction supplémentaire pour l’inciter à conclure la vente)

2. iDiscover

Projet issu de l’Université de Gand, iDiscover est un logiciel qui vise à rendre l’expérience de la visite du musée interactive et ludique tout en gardant les aspects pédagogiques. Le projet a été implémenté à un musée de Tongres et on voit immédiatement les retombées pour le musée mais également pour les visiteurs (groupes et classes, qui restent les principales sources d’entrées dans les musées). Malheureusement, créer une start-up sur ce projet me semble très difficile, en l’état. Si le logiciel dispose de couches réutilisables et transposables à d’autres musées, une grande partie de celui-ci, dont l’interface, doit être recodé et adapté au nouvel espace. De plus, celui-ci est dépendant d’une plate-forme, en l’occurence Windows Mobile. Bref, le produit va vite revenir cher pour les musées souhaitant l’implanter (coûts de développement élevé plus l’achat des devices). L’idée est pourtant excellente, mais il est dommage qu’elle ne se soit pas matérialisée sous la forme d’une sorte de CMS multi-plateforme permettant à chaque musée de développer son propre programme d’animation, de le faire évoluer avec le musée et même de l’adapter en fonction des expositions temporaires. Maintenant, je suis loin d’être un business analyst, et je serais donc curieux de connaître l’avis de personnes plus spécialisées dans le domaine.

3. Twoddler

La troisème présentation est la présentation « gag » de ce Betagroup. Un autre projet issu de l’université de Gand qui vise à permettre aux parents de garder un lien avec leurs enfants en bas-âge quand ils sont au boulot : il s’agit d’un « hack » d’un jeu Fischer Price Activity Center qui envoie, en fonction du bouton qui est manipulé, des messages sur les comptes Twitter des parents, permet également au parent de « jouer » à distance avec leur enfant et qui permet même à deux enfants de jouer ensemble. La vidéo de démonstration est assez parlante, mais on peut néanmoins se demander s’il existe réellement un marché pour ce type de produit. L’idée est drôle, mais la société européenne est loin d’être aussi big-brotherisée que la société japonaise où chaque enfant est muni de puces RFID qui traquent leur position (transport en commun, école,…). On n’en est pas là avec ce produit, mais je doute réellement que cela intéresse beaucoup de parents de recevoir des tweets émis par le jouet de leur enfant… Reste que l’objet est rigolo, l’idée originale et la présentation a permis de se détendre avant d’entamer les deux autres services, nettement plus sérieux.

4. Bebuzy
Peut-être la présentation la plus attendue hier soir, Bebuzy a en effet déjà parler de lui, notamment au salon de l’emploi européen au Berlaymont il y a quelques semaines. Il s’agit en effet d’une plateforme qui propose à tout un chacun de vendre non pas des produits à la façon de eBay mais des services (faire du jardinage, réparer votre ordinateur, donner des cours de néerlandais,…). La plate-forme est en version béta mais déjà accessible au public (même si il n’y est pas très nombreux). Déjà assez complète, elle permet de gérer l’agenda, les trajets des différents intervenants, envoie des SMS pour prévenir de nouvelles demandes de services,… Le service est donc déjà assez riche (même si une API pourrait être utile et qu’elle sera peut-être développée à termes), mais le premier problème qui vient à l’esprit est la monétisation. Comme Bebuzy exclut d’office une rémunération à la commission, il pense alors à la publicité bien sûr, mais à d’autres moyens qui m’ont semblé un peu confus dans la présentation, même dans l’excellent anglais du présentateur. Et puis, le problème de ce genre de plate-forme est toujours identique : tant qu’elle n’atteint pas une masse critique d’utilisateur, elle ne fonctionne pas… Et en Belgique, le taux d’adoption d’un tel service risque d’être fort lent !

5. Ergotools

La dernière présentation s’est donnée en français. Le service étant relativement complexe, cela était préférable à une présentation en soupe d’anglais, même si cela a exclu d’office certains membres de l’assistance. Ergotools est une suite d’outils destiné à objectiviser le design d’écran « multimédia », et de manière générale, de page web. Ces outils se basent sur des recherches scientifiques sur des techniques comme le Eye Tracking et qui permettent par exemple de simuler ce que le cerveau perçoit quand quelqu’un pose son regard sur une page. Ou encore qui permet d’évaluer la complexité et le niveau de connaissance requis pour comprendre un texte. La démonstration qui en a été faite est intéressante et les chiffres donnés (notamment pour Nespresso) étaient impressionnants (plus que ceux de Yaxo). Reste qu’on a du mal a croire que la complexité d’un texte puisse être mesurée sur une simple échelle de facile à difficile, et qu’on a l’impression que c’est trop simple pour réellement correspondre à une réalité humaine. Mais bon, si c’était le cas, et vu l’expérience que j’ai de la conception de pages web dans les grandes entreprises, ce serait un investissement absolu génial pour n’importe laquelle d’entres-elles !

La soirée s’est terminée sur les retours très positifs de la Webmission à Séville par Ramon au milieu d’un live tweeting qui annonçait pleins de conférences (à retrouver sur l’agenda des événements web du Betagroup) et une discussion intéressante sur le social marketing dans les couloirs en travaux de l’ULB. Peut-être moins glamour que la grande salle du Mirano, mais certainement beaucoup plus détendu !

Après le Café Béta lors du lancement du Café Numérique il y a de cela quelques semaines, nous avons pu hier assister à un Café Numérique particulier également, puisqu’il s’agissait de fêter les 5 ans de la « première web TV belge », le site Misteremma.com. Ah oui, il s’agissait aussi, paraît-il, de la 7ème édition du Yulbiz bruxellois…

Donc commençons par ce qui a pu marquer les esprits hier soir au Mirano, lieu de rencontre hebdomadaire entre les geeks les plus passionnés et les curieux au sujets des technologies numérique. Le site internet Misteremma.com fêtait ses 5 années d’existence. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce site propose des séquences vidéos de rencontres entre le proprio et différentes célébrités avec lesquelles il parle de tout et surtout de rien. Le site propose également depuis peu des séquences cinémas dans lesquelles Mister Emma critique en compagnie de Nicolas Gilson quelques sorties cinés avec l’objectif en 2010 de s’axer sur le cinéma belge.

Il a ensuite été aussi question de gagner des cadeaux : des packs Nivea, des t-shirts GTA, des bons d’achats J & Joy et sans doutes d’autres délicieux cadeaux que j’oublie. Tout ça comment ? Grâce à un blind test sur les jeux vidéo. Je suis parti avant ce moment d’anthologie, mais selon l’organisateur, cela fut assez bordélique. Par ailleurs, en guise de premier prix d’un concours de baiser de cinéma, il était également possible de gagner un GSM Nokia avec abonnement Cherry. A part ces concours, on a pu jouer au nouveau GTA, on a pu boire du Malibu et se dandiner sur de la musique commerciale qui allait trop fort.

Après cette description, vous vous demandez peut-être ce que cet événement avait comme rapport avec le Café Numérique. Et bien, relisez mon premier paragraphe. Il s’agissait également d’une soirée Yulbiz ! Le Yulbiz, comme l’a très bien expliqué Vincent de 1MD malgré le brouhaha ambiant, c’est une rencontre informelle de blogueurs, d’entrepreneurs du web et de passionné de ces nouveaux outils de communication. L’événement est originaire de Montréal mais s’est à présent exporté dans le monde entier.

C’est sans doute pour cette raison que, dans la salle, en plus des serveuses Malibu « barely legal » (je ne sais plus de qui est l’expression, qu’il se manifeste si il veut se la voir attribuée) selon eMich et les « peoples » (ou pas) qui tentaient de rivaliser, il y avait aussi des gens, un peu perdus, qui étaient là pour échanger plus que des mondanités mais aussi des expérience en tant que blogueur (ou lecteur de blog), des conseils plus techniques ou plus littéraires. Il faut bien avouer que cet objectif n’a pas été atteint, l’ambiance ne s’y prêtant guère…

Qu’à cela ne tienne, le Café Numérique ne peut pas toujours réussir tous ses événements ! Mais le retour à une formule plus classique la semaine prochaine (2 décembre) sera certainement l’occasion pour tout un chacun de faire la connaissance avec l’organisation. On y parlera en effet des cadeaux de Noël, depuis le choix du cadeau (un smartphone est-il un bon cadeau de Noël ?) jusqu’à son achat sur la plate-forme Ebay (avec Julien Brasseur, un représentant de l’entreprise pour un exposé peut-être plus théorique mais également un exposé plus pratique de Quentin De Meuter, rédacteur sur Enchères et en Blog). Le 9 décembre, le sujet sera la loi Hadopi et le droit d’auteur. Vous pouvez de toute façon suivre l’actualité de cet événement sur leur site internet.

Début septembre, certains membres du gouvernement français et une partie de la population trésaillaient : le jeu sur navigateur allemand pennergame débarquait en version française sous le nom clodogame.fr. Comme le nom l’annonce, le jeu vise à vous mettre dans la peau d’un SDF parisien qui va tout faire pour gagner du fric et devenir le plus grand SDF de la ville des lumières. Cynique, vulgaire, dégradant ? J’ai pu tester longuement le site et je me dois de modérer ces propos.

L’idée sous-jacente dans les principales critiques du jeu sont liée à l’idée que le jeu se moquerait du sans-abris, maintiendrait des amalgames douteux entre pauvreté et vol et saperait le travail de sensibilisation d’associations de terrain (voir ici et par exemple).

Or, si le jeu rend en effet la vie de SDF plus drôle qu’elle ne l’est en réalité, elle la rend aussi complètement irréaliste. Le jeu n’a pas pour but d’offrir une simulation réaliste du triste destin des personnes à la rue. Les mécanismes de jeu sont assez simples et adaptés à plein de situation, le choix du décor est purement esthétique (et marketing), ce qui amène des situations rocambolesques. Un personage de clodogame gagne principalement sa vie en ramassant des tickets de métro, avec lesquels il va pouvoir se payer une girafe et un petit château à Versaille ! L’absurdité de la simulation devrait déjà écarter toute les critiques liées à une quelconque moquerie des SDF : il est impossible de ne pas se rendre compte que les personnages de clodogame n’ont absolument rien en commun avec le vécu d’un SDF.

Maintenant, c’est vrai que certaines actions du jeu peuvent renforcer certains stéréotypes : les autres manières de gagner de l’argent pour un personnage de clodogame sont de commettre des délits (là aussi, assez irréalistes) ou d’attaquer d’autres personnages. Si il est vrai qu’on ne peut pas généraliser cette criminalité du SDF, il faut quand même reconnaître que la petite criminalité (vol et racket par exemple) est souvent liée à la pauvreté. C’est tout à fait logique et je ne vois pas en quoi il est révoltant de reconnaître ce lien. Cela ne veut pas dire que tous les pauvres ou les SDF sont des criminels, bien évidemment, mais l’existence d’une criminalité plus forte dans les milieux défavorisés me semblent être une vérité acquise.

Dès lors, plutôt que de tenter de lutter contre ce jeu, pas toujours de très bon goût, mais loin d’être aussi choquant et dérangeant que certains médias et hommes politiques l’ont présenté, pourquoi ne pas profiter de cette vitrine pour sensibiliser à la problématique des sans-abris. L’éditeur du jeu le fait déjà en Allemagne où il incite les joueurs à effectuer des dons à des associations d’aide aux sans-abri. Il a promis de prendre la même direction sur sa version française si le jeu trouve son public. S’il y a bien un domaine où l’Etat devrait agir, c’est en forçant un peu la main de l’éditeur dans cette direction afin de faciliter la collaboration entre cet éditeur alemand et les ASBL françaises qui pourraient profiter de la notoriété de la plate-forme pour améliorer la leur.

Quand au jeu lui-même, il est loin d’être parfait : traduction française assez approximative et incomplète, des erreurs de codage, une interface pas très claire et assez moche douclée d’un mécanisme de jeu qui n’est absolument pas original. On ne peut même pas dire qu’on attache tant d’importance que ça au contexte choisi. C’est typiquement le genre de jeu où vous jouez par habitude, sans y penser, qui demande peu d’investissement tout en vous permettant de progresser suffisamment vite et en vous offrant des objectifs à sufisamment long termes pour que vous restiez accroché. Rien de transcendant donc, mais pas plus mauvais que la plupart de ces « jeu de navigateurs ».

Les médias sociaux, Facebook et Twitter les premiers, attirent depuis maintenant de nombreux mois les projecteurs des médias. Il semble donc logique que le regard des entreprises finissent par s’enflamer pour ces nouveaux outils de communication. Le salon Cocoon fait partie de ces entreprises belges au faîte des tendances. Mais est-ce que l’utilisation de ces outils est optimale ? Analysons…

Il faut bien avouer que Cocoon ne fait pas les choses à moitié : des grands panneaux publicitaires dans tous le pays avec, en bas du panneau, la phrase « suivez twitter.com/cocoonexpo et gagnez ». Pas écrit très grand, mais immanquable de la fenêtre de ma chambe. Il me semble, mais je peux me tromper, qu’il s’agit pour la Belgique de la première campagne d’affichage grand format qui mette en avant un compte Twitter. J’entends déjà les évangélistes du web glousser de bonheur. Mais il serait intéressant de prendre un peu de recul par rapport à cette stratégie.

Selon le dossier envoyé aux candidats exposants, le salon a accueilli plus de 90.000 visiteurs en 2008. Le nombre de compte actif sur Twitter en 2007  était estimé à 2000. En comptant une augmentation de 500% en 2 ans (c’est envisageable, même si c’est peut-être optimiste), on arriverait à l’heure actuelle à 10.000 comptes Twitter actifs en Belgique. On peut donc se demander si l’utilisation d’une plate-forme qui accueille environ 10% en nombre de l’objectif de fréquentation du salon est une bonne idée. Quand bien même la population de Twitter serait particulièrement dans la cible du salon, généralement, on utilise des supports de communication électronique susceptibles de toucher plus de gens que notre cible. Néanmoins, l’idée de faire suivre le compte pour offrir des cadeaux me semble une assez bonne idée : les gens choisissent de dialoguer avec vous parce qu’ils savent qu’ils peuvent y gagner quelque chose.

Bref, je suis très curieux de connaître la réflexion stratégique qui a poussé à indiquer le compte Twitter sur l’affichage du salon. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain et jetons un coup d’oeil au résultat concret. Et là aussi, on peut se poser quelques questions… Tout d’abord, les chiffres : 16 following / 20 followers / 26 tweets. C’est négligeable ! Quand au contenu, il est principalement néerlandophone (2 tweets sur 26 en français) et renvoie principalement à la page Facebook. Pas de dialogue, pas de concours pour gagner quoi que ce soit, contrairement à ce qu’annoncé sur l’affiche. On peut pas dire que la présence sur Twitter soit un point fort du salon. Du côté du compte Facebook, par contre, c’est un peu mieux. La possibilité de venir gratuitement un jour au salon en s’inscrivant à un événement, un compte qui répond aux questions qui lui sont posées sur son Wall, du contenu régulièrement posté,… Ca reste assez néerlandophone, mais c’est plus équilibré, et les contenus importants sont traduits (même si il est clair que le compte est géré par une ou des personne(s) néerlandophone(s) uniquement). Bref, on se demande pourquoi ne pas avoir fait la promotion du compte Facebook (qui bénéficie en plus tout à fait des nouvelles adresses personnalisées) plutôt que du compte Twitter sur les affiches, d’autant plus que c’est le cas sur le site de l’événement.

C’est bien beau de critiquer, me direz-vous, mais quoi améliorer alors. Il est d’abord important de se demander si le choix de Twitter était pertinent. Personellement, vu la développement actuel du marché en Belgique, je ne crois pas. Néanmoins, je crois au potentiel de Twitter comme support de dialogue et de promotion d’événements. Mais celui-ci doit alors s’accompagner d’une présence sur l’événements, d’un rappel du compte et d’un hashtag destiné à l’événements de façon a inciter les visiteurs à mettre en ligne leurs propres contenus et avis. Le compte peut ensuite servir à entamer le dialogue avec les visiteurs, à promouvoir certains contenus intéressants. Là, on est réellement dans une utilisation sociale du média alors qu’on est resté plutôt dans une utilisation type « espace publicitaire » dans ce cas-ci. Cela peut encore convenir pour Facebook, mais avec 600 fans de l’événement, on est encore loin du succès de foule et d’un aspect véritablement communautaire…

Malgré toutes ces critiques qui montrent que cette présence sur Twitter est peut-être loin d’être optimale, le fait qu’une entreprise ou qu’une agence se soit intéressée à l’outil et ai décidé à un moment de lui donner une place importante dans sa stratégie (même si cela n’a pas été assumé par la suite – d’autres exemples de ce type suivront prochainement sur ce blog à mon avis) est un signe qui montre que le service Twitter va finir par devenir un support sur lequel on finira par déployer des stratégies marketing pour y capter l’audience et la transformer en clientèle. Prêt pour la déferlante ?