Notre plat pays n’est pas seulement connu à l’étranger pour ses frites, les chocolats de Marcolini et nos Webmissions à Séville, mais également pour le nombre de festival de musique par habitant. Malheureusement, la passion des belges pour la musique ne se reporte que très peu vers les artistes nationaux, et encore moins vers les artistes de l’autre côté de la frontière linguistique. Un état de fait que les fondateurs de Moodio.tv ont bien l’intention de changer !
Avant de réellement parler du produit Moodio.tv, il faut donc avoir le but du projet en tête : mettre en valeur les artistes nationaux, qu’ils soient signés sur des majors ou auto-produits auprès du public belge mais également international. En slogan, cela donne « Expose your Music » et il faut bien dire qu’on peut difficilement le paraphraser. Pour arriver à cet objectif, Moodio.tv a lancé un site Internet entre plate-forme, webzine musical en image.
- Un webzine vidéo sur la musique belge
Plutôt qu’une émission de télévision qui coute cher à produire, les fondateurs de Moodio ont pensé à produire des capsules vidéo à diffuser sur le web. Sans sacrifier la qualité néanmoins, ce qui donne aux reportages de Moodio une qualité d’image, de prise de son, une identité visuelle également qui les rends incomparablement meilleures que ce qu’on peut trouver sur YouTube.
Néanmoins, de jolies vidéos ne seraient rien sans un contenu digne de ce nom. En ce sens, Moodio se détache assez bien de ses concurrents en laissant une réelle liberté à ses deux rédactions (francophone et néerlandophone) pour le choix des sujets, du moment qu’un équilibre entre les différents styles musicaux puissent être trouvé. Ainsi, pas question de voir un artiste payer pour être sur Moodio.tv, la rédaction garde le contrôle de ses sujets. Cela permet de retrouver côte à côte un sujet sur le luthier sauvage Max Vandervorst et un autre sur Zita Swoon, des artistes à la renommée d’ampleur très différentes et pourtant traités sur un pied d’égalité. Cela fait bien longtemps que ce n’est plus le cas dans beaucoup de magazines culturels, soumis aux pressions de leur régie publicitaire.
- Une plate-forme pour l’industrie musicale
Mais Moodio ne pouvait se contenter de produire des vidéos pour attirer du monde sur son site et les faire revenir. Derrière ces vidéos a donc été développé une plate-forme pour les artistes mais pas seulement. Les fans également, bien sûr, mais surtout tous ces maillons qui gravitent autours des artistes et qu’on oublie souvent : producteurs, musiciens, labels,… Tout ces intervenants forment un joli réseau qui s’entrecroisent énormément, ce qui a permis à Moodio de développer un carnet d’adresse extensif de la profession !
Mais ce n’est pas tout… Aù-delà de permettre des contacts entre acteurs de l’industrie musicale, cette plate-forme offre aussi différents services intéressants. A termes, elle devrait permettre de gérer la présence sociale d’un artiste sur les différents réseaux : Facebook, Twitter, MySpace,…
De plus, au travers de son widget de lecture vidéo, il sera possible aux artistes de vendre directement leurs place de concerts, leurs titres ou simplement faire de la pub. Le potentiel est assez intéressant : quand un blog reprend votre vidéo Moodio, il affiche en même temps les publicité pour votre concert ou votre musique, soit pour l’achat direct via l’outil (payant, mais pas à la commission) que Moodio met à la disposition de ses membres, soit via vos canaux de ventes habituels (iTunes Store, billetteries en ligne,…).
Une petite vidéo pour vous présentez tout cela en images :
Bref, Moodio.tv se présente non seulement comme un producteur de contenus de qualité pour les artistes, mais fournit également des moyens pour partager ce contenu sur la toile et le transformer en revenus.
- Et le business model, dans tout ça…
Beh oui, tout cela c’est bien beau, mais ça coute cher ! Que ce soit en termes d’investissements (gros travail de développement du site, achat du matériel vidéo,…) qu’en termes de coût récurrents (besoin de personnel pour continuer à produire les films, stockage et bande passante pour les films). Et comme on voit le service, il n’y a pas énormément de source de monétisation.
D’autant plus que le site privilégie la qualité de son portail et de son contenu aux rentrées financières : pas de pubs, pas de vidéos sur commande, pas de paiements à la commission sur les ventes via l’outil de vente ,… C’est pourtant cet outil qui est le premier pillier espéré des rentrées financières : des abonnements mensuels pour les artistes qui souhaitent accéder à ces fonctions plus avancées. C’est moins cher que les systèmes de e-ticketing de grosse ampleur (Go For Music) et cela ne fonctionne pas à la commission. On imagine néanmoins mal le projet survive sur cette base. Même si l’option coûte 30 euros par mois et que 300 artistes l’adoptent (ce qui est fort optimiste), on en arrive à 9000 euros par mois, ce qui est trop peu pour rendre le projet viable.
C’est pourquoi il est également prévu de se baser sur des collaborations avec certains acteurs forts. On imagine mal quelle collaboration serait possible si le contenu reste indépendant et si il n’y a pas de publicité, mais c’est apparemment le modèle privilégié. Bref, on voit difficilement où ils veulent en venir pour gagner de l’argent, mais vu la manière dont ils en parlent, créer l’équilibre financier ne devrait pas être un problème vu qu’ils annoncent y arriver pour fin 2010…
Enfin, pour ce qui est du remboursement de l’investissement, nos amis envisagent de revendre leur technologie à d’autres secteurs, et là, effectivement, on comprend tout de suite qu’il y a de l’argent à se faire. Hélas, en one shot… Car le modèle de monétisation proposé est assez bancal : créer plus de contenu n’apporte pas de nouveau revenu (ou de manière indirecte et assez faible). Dès lors, le modèle financier pourrait causer la diminution de la création de contenu…
Mais ne jouons pas les oiseaux de mauvaises augures, le projet est pas mal ficelé, avec beaucoup de possibilités intéressantes, et soutenus par de véritable passionnés. Je les remercie donc pour leur engagement, pour leur invitation m’avoir laissé m’incruster à leur présentation lundi et souhaite beaucoup de réussite à ce projet !



Le premier service est peut-être celui qui a le moins convaincu, à cause sans doute d’un anglais assez hésitant du présentateur. Yaxo permet d’enrichir le site web d’une entreprise en facilitant les contacts téléphoniques entre l’utilisateur du site web et les opérateurs de la marque. D’une part en insérant des boutons de demande d’appel gratuit, d’autre part en permettant un tracking des clients sur le site web afin que l’opérateur puisse directement (à l’aide d’un pop-up) proposer un contact téléphonique (par exemple, pour aider à remplir un formulaire). La démonstration par l’exemple de La Redoute était assez parlant, mais il faut bien admettre qu’on a du mal à s’emballer. Peut-être par cette monétisation à l’aide de licence vendue au lieu d’un système de pay-per-click. Ou alors les expériences globales de chacun avec des téléphonistes qui sont généralement de piètre qualité, ce que Yaxo n’améliore absolument pas, puisque chaque utilisateur du service gère lui-même les contacts téléphoniques. Reste que le système pourrait convaincre facilement certaines entreprises de vente en ligne et permettraient des stratégies commerciales intéressantes (par exemple, appeler le consommateur qui reste longtemps devant un panier rempli afin de lui proposer une réduction supplémentaire pour l’inciter à conclure la vente)
Projet issu de l’Université de Gand, iDiscover est un logiciel qui vise à rendre l’expérience de la visite du musée interactive et ludique tout en gardant les aspects pédagogiques. Le projet a été implémenté à un musée de Tongres et on voit immédiatement les retombées pour le musée mais également pour les visiteurs (groupes et classes, qui restent les principales sources d’entrées dans les musées). Malheureusement, créer une start-up sur ce projet me semble très difficile, en l’état. Si le logiciel dispose de couches réutilisables et transposables à d’autres musées, une grande partie de celui-ci, dont l’interface, doit être recodé et adapté au nouvel espace. De plus, celui-ci est dépendant d’une plate-forme, en l’occurence Windows Mobile. Bref, le produit va vite revenir cher pour les musées souhaitant l’implanter (coûts de développement élevé plus l’achat des devices). L’idée est pourtant excellente, mais il est dommage qu’elle ne se soit pas matérialisée sous la forme d’une sorte de CMS multi-plateforme permettant à chaque musée de développer son propre programme d’animation, de le faire évoluer avec le musée et même de l’adapter en fonction des expositions temporaires. Maintenant, je suis loin d’être un business analyst, et je serais donc curieux de connaître l’avis de personnes plus spécialisées dans le domaine.


Début septembre, certains membres du gouvernement français et une partie de la population trésaillaient : le jeu sur navigateur allemand pennergame débarquait en version française sous le nom clodogame.fr. Comme le nom l’annonce, le jeu vise à vous mettre dans la peau d’un SDF parisien qui va tout faire pour gagner du fric et devenir le plus grand SDF de la ville des lumières. Cynique, vulgaire, dégradant ? J’ai pu tester longuement le site et je me dois de modérer ces propos.