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Alors, on va tout de suite arrêter le mythe : non, Twitter n’est pas un outil facile pour les politiciens. Et en plus, ce n’est pas un outil indispensable vu sa base d’utilisateur très réduite. Dès lors, un politicien qui ne se trouve pas sur Twitter ne manque pas une opportunité exceptionnelle. Mais s’ils décident d’y aller, il faut bien admettre que les risques de se planter sont élevés.

Certains font en sorte de minimiser ces risques. Ainsi, @doulkeridis a eu la bonne initiative d‘inviter quelques « durs à cuire » et quelques autres de Twitter pour une discussion de deux heures destinée à parler stratégie de communication mais également campagne électorale. La discussion, ouverte et franche, montre un réel intérêt pour comprendre l’outil et tenter de l’utiliser au mieux. Il montre aussi la réserve du politicien par rapport à ce service assez marginal duquel il n’attend pas une révolution mais qu’il utilise aussi de façon assez personnelle. Bref, une rencontre intelligente qui cadre d’ailleurs bien avec le contenu du blog et de Twitter du monsieur.

Par contre, je dois bien admettre avoir été assez étonné de l’échange que j’ai eu hier avec @demotterudy. Je suis socialiste, je vote pour le parti socialiste depuis que j’ai le droit de vote, je regrette bien sûr le manque de progressisme de certains dans ce parti, mais j’ai beaucoup d’estime pour les idées qui y sont défendues. Je voterai peut-être pour le PS cette année encore, après lecture du programme que je viens de recevoir, et j’ai en plus une certaine estime pour M. Demotte. Tout cela pour dire que, s’il y a des « durs à cuire » sur Twitter vis-à-vis du PS, de ses membres et de la gauche en général, je n’en fais pas partie. Mais quand M. Demotte balance coup sur coup trois twitpics de sa personne en train de serrer des mains à une fête des voisins, je ne peux m’empêcher de faire remarquer le manque d’intérêt de ces messages. Suite à quoi j’assiste, assez étonné, à un ensemble de réponses et contre-réponse d’une très mauvaise qualité.

Je ne ferai pas l’analyse de la discussion, d’autres l’ont déjà fait pour moi (ici et ), je veux juste insister sur quelques points à l’attention de nos amis versés dans l’art de la politique :

1. Les gens sur Twitter constitue une niche, un ensemble assez particulier cohérent sur de nombreux points, de manière générale liés à leur statut socio-économique assez élevé. Sans avoir d’étude pour l’affirmer, je me rends à l’évidence et ne peut que vous enjoindre à en tenir compte lors de votre communication. Vous ne pouvez pas, et ne devez pas, leur parler de la même chose et de la même façon qu’au public de la télévision (ne lisez pas ceci comme un jugement de valeur).

2. Twitter n’est pas un média comme les autres. Son intérêt n’est pas dans ce que vous y dites, ou beaucoup moins, mais dans ce que les gens vous disent et la manière dont vous leur répondez. Ce que les gens veulent savoir, c’est plus qui vous êtes que ce que vous pensez. Sinon, franchement, pourquoi se faire chier à écrire ça en 140 caractères. Vous devez bien sûr répondre un contenu intéressant, mais ce qui va vraiment lui donner de la valeur au final, c’est sa forme.

3. Le public de Twitter ne constitue pas un groupe identique qui fonctionne selon les mêmes règles que d’autres publics. Ce public-ci est inter-connecté. Cela veut dire que de nombreuses personnes ont un passé commun, un personnage qu’il joue avec certains autres personnages, une intimité commune parfois. Cela influence leur comportement, la manière dont ils vous répondent en plus d’influencer la manière dont ils vous perçoivent. Faire fi de cette spécificité vous fait passer à côté d’informations importantes et peut vous faire commettre des erreurs ainsi que vous exposer à des réactions négatives. Il est donc très important d’écouter, non seulement parce que les informations sur Twitter peuvent être très intéressantes, mais également pour percevoir la dynamique de groupe, les personnes disposant réellement d’un rayonnement sur les autres, les personnes qui sont liées, afin de pouvoir vous adapter à toutes ces finesses qui ne sont bien évidemment pas visible à la première connexion.

Divers article récent sur le sujet :

www.francbelge.be/2010/05/31/deux-lecons-de-communication-politique-sur-twitter/
tetedeliste.com/2010/05/30/rudy-demotte-ps/
http://blogs.lesoir.be/sagabelgicabis/2010/05/31/est-il-possible-de-debattre-sur-twitter/
http://www.leblogdubiencommun.be/?p=65

Temps de rédaction : 38 minutes

J’ai vraiment envie d’écrire un article sur Facebook. D’une part parce que c’était le sujet du dernier Café Numérique, et que les présentation étaient intéressantes et variées, d’autre part parce que les déclaration du PDG de Facebook dernièrement ont pu en agacer certain. Le problème, c’est que c’est difficile de rajouter quelque chose de pertinent à tout ce qui a déjà été dit sur ce site. Et en plus, quand je parle de Facebook, j’ai toujours envie de dire « on vous l’avait bien dit ».

Honnêtement, les journalistes qui s’amusent à annoncer un changement radical de Facebook au niveau de la vie privée se foutent un peu du monde. C’est vrai que les options par défauts rendent actuellement Facebook beaucoup plus public qu’avant. Mais bon, cela ne change rien au fait que depuis le début, vous ne pouvez pas réellement contrôler ce que vous rajoutez à Facebook. Le réseau est ainsi conçu que vos contenus sont dupliqués, partagés, distribués ce qui rend impossible toute marche arrière une fois la publication. Vos contenus deviennent publics. Les évolutions successives depuis plusieurs mois (années ?) montrent que cette tendance a toujours été présente. Mais il devient urgent que les gens intègrent bien ce facteur primordial !

Maintenant, si les moyens ont changé, le fait de s’exprimer et s’étaler publiquement n’est pas neuf. Combien ne se sont-ils pas épanchés sur les libres-antennes radiophoniques, combien n’ont-ils pas fait tout pour leur minute sur RTL-TVI. L’envie d’être connu et si possible reconnu du public n’est pas venue de Facebook, l’outil répond juste à un besoin et l’amplifie de manière impressionante. Cette amplification est également un élément primordial à prendre en compte.

Et donc, quand vous dites quelque chose sur Facebook, c’est tout aussi public que si vous le disiez au micro de la RTBF. Sauf que ce passage de quelques secondes se retrouvent comme enregistré sur les cassettes VHS (ou les décodeurs Belgacom TV) de tous vos proches (et de pas mal de proches de vos proches). Plus besoin que quelqu’un soit devant son écran au moment où vous prononcez les mots, il peut les retrouver quelques heures ou quelques jours plus tard. L’effet d’amplification n’est donc pas de la même nature que les mots lachés au micro de AB3 (bon, ils font pas d’émission, mais faisons comme si), car ils vont toucher beaucoup de personne, pendant longtemps. Ils ne disparaîtront pas une fois prononcés. En fait, ils ne disparaîtront plus jamais.

Pour ces différentes raisons, il devient urgent et crucial d’offrir une éducation aux nouveaux médias aux jeunes et aux parents, mais à tout le monde également. Il ne faut pas avoir peur de Facebook, il est totalement contre-productif d’appeler au boycott face à des décisions de l’entreprise Facebook, puisque son produit répond à un besoin tellement imposant qu’un appel au boycott est aussi efficace que l’appel au boycott du chocolat. Mais il va devenir d’une nécessité absolue d’aider les gens à se servir de ces outils dans leur travail et dans leur vie privée.

En réalité, je suis d’accord avec Mark Zuckerberg, la manière dont on perçoit la vie privée évolue, et il est probable que les enfants qui surfent pour le moment sur Facebook n’auront pas la même vision que les quarantenaire qui s’y inscriront dans 1 an par dépit. Je ne crois pas qu’il soit utile de lutter contre ce phénomène (qui est finalement assez similaire en termes de changement de paradigme à ce qu’on a pu observer fin des années 60, début des années 70), je crois qu’il faut éduquer à cette transformation pour qu’on puisse en tirer le meilleur : plus de collaboration, plus de tolérance. Et plus de chatons.

Voilà, c’est la fin de la trêve de fin d’année sur mon blog. Et pour recommencer l’année en fanfare, je vous propose encore un article sponsorisé par :

N’ayant pas entendu de récriminations particulières suite au précédent, je continue tant qu’on me propose des campagnes un tant soit peu intéressantes (je vous épargne les vidéos en auto-run de sports de neige) et, avec un peu de chance, je m’offirai avec ces rétributions le Kindle de mes rêves.

Serious Quitters Arcade (Campaign Logo)Bref, il s’agit ici de vous présenter le site Serious Quitter Arcade qui est au centre d’une campagne de Pfizer (compagnie pharmaceutique gigantissime pour ceux qui l’ignorent) en vue d’aider les gens à arrêter de fumer. La campagne comprend deux sites Internet dédié : seriousquitters.co.uk qui propose, via quelques questions, un plan personnalisé pour arrêter de fumer, malheureusement uniquement en anglais. Bonne surprise, les produits Pfizer de substitution de la nicotine (Champix) ne sont pas mis en avant et cela donne donc une certaine crédibilité au site sérieux. Mais ce n’est pas de cela qu’on me demande de vous parler, mais bien du second site, Serious Quitter Arcade donc.

Sur ce site, vous pourrez vous lancer dans trois jeux arcades sur le thème de la lutte contre le tabac, inspirés de classiques. Le premier, « Blast n’ quit » vous propulse dans la peau d’un personnage miniaturisé qui doit désintégrer des particules de nicotines et autres paquets de tabacs qui peuplent vos poumons. Dans un décors en scrolling et armé de votre petit fusil, vous dézinguez tous ces méchants pour tenter de vous libérer de votre addiction. Ce jeu est mis en avant puisqu’il est également disponible comme jeu Facebook. Le second, « Escape From de Smokey Planet » est un jeu de plate-forme classique où il vous faut monter en évitant les pièges de vos collègues de bureaux en train de s’en griller une ou les paquets de tabac au sol. Le dernier « Bin’um » est un jeu d’adresse où vous devez jeter votre paquet de cigarette dans une poubelle. Pour cela, arrêtez au bon moment votre main pour être dans l’axe de la poubelle et maîtrisez la force de votre lancer.

A première vue, les jeux sont plutôt sympathiques. Le design est assez réussi, utiliser le retro-gaming n’est pas stupide vu la mode qui revient auprès des 20-30 ans, et la réalisation est à ce niveau-là satisfaisante tant du point de vue des graphismes que des sons. Par contre, le gameplay du premier et du troisième jeu est une catastrophe. Je ne suis pas un hardcore gamer, et peut-être un très mauvais joueur, mais il m’ont semblé extrêmement difficiles et surtout très énervants et frustrants. Même si je suis sûr qu’il est énervant et frustrant d’arrêter de fumer, je doute que ce soit la meilleure façon d’inciter les gens à ce lancer dans la lutte contre l’addiction. Le second (que vous pourrez tester en bas de cet article) est plus jouable, mais son intérêt reste assez limité, et loin des meilleurs jeux casual qu’on peut trouver sur Facebook ou des vrais jeux 8 bits.

L’aspect communautaire a également été mis en avant en permettant aux blogueurs d’intégrer les jeux sur leur site et en tenant un classement des meilleurs scores par blogs. Hélas, on ne peut pas dire que l’opération soit jusqu’ici couronnée de succès vu la faiblesse de ces high-scores. Vous pouvez néanmoins vous lancer et faire péter le score de mon blog juste ci-dessous.

Bon, je vais pas non plus jouer le chieur non plus, l’essais est respectable, mais honnêtement, je doute que le fait de faire jouer des blogueurs à du retro-gaming va les inciter à arrêter de fumer. Enfin, au moins, j’aurai parlé une fois sur ce blog du fléau du tabac…

Moodio LogoNotre plat pays n’est pas seulement connu à l’étranger pour ses frites, les chocolats de Marcolini et nos Webmissions à Séville, mais également pour le nombre de festival de musique par habitant. Malheureusement, la passion des belges pour la musique ne se reporte que très peu vers les artistes nationaux, et encore moins vers les artistes de l’autre côté de la frontière linguistique. Un état de fait que les fondateurs de Moodio.tv ont bien l’intention de changer !

Avant de réellement parler du produit Moodio.tv, il faut donc avoir le but du projet en tête : mettre en valeur les artistes nationaux, qu’ils soient signés sur des majors ou auto-produits auprès du public belge mais également international. En slogan, cela donne « Expose your Music » et il faut bien dire qu’on peut difficilement le paraphraser. Pour arriver à cet objectif, Moodio.tv a lancé un site Internet entre plate-forme, webzine musical en image.

  • Un webzine vidéo sur la musique belge

Plutôt qu’une émission de télévision qui coute cher à produire, les fondateurs de Moodio ont pensé à produire des capsules vidéo à diffuser sur le web. Sans sacrifier la qualité néanmoins, ce qui donne aux reportages de Moodio une qualité d’image, de prise de son, une identité visuelle également qui les rends incomparablement meilleures que ce qu’on peut trouver sur YouTube.

Néanmoins, de jolies vidéos ne seraient rien sans un contenu digne de ce nom. En ce sens, Moodio se détache assez bien de ses concurrents en laissant une réelle liberté à ses deux rédactions (francophone et néerlandophone) pour le choix des sujets, du moment qu’un équilibre entre les différents styles musicaux puissent être trouvé. Ainsi, pas question de voir un artiste payer pour être sur Moodio.tv, la rédaction garde le contrôle de ses sujets. Cela permet de retrouver côte à côte un sujet sur le luthier sauvage Max Vandervorst et un autre sur Zita Swoon, des artistes à la renommée d’ampleur très différentes et pourtant traités sur un pied d’égalité. Cela fait bien longtemps que ce n’est plus le cas dans beaucoup de magazines culturels, soumis aux pressions de leur régie publicitaire.

  • Une plate-forme pour l’industrie musicale

Mais Moodio ne pouvait se contenter de produire des vidéos pour attirer du monde sur son site et les faire revenir. Derrière ces vidéos a donc été développé une plate-forme pour les artistes mais pas seulement. Les fans également, bien sûr, mais surtout tous ces maillons qui gravitent autours des artistes et qu’on oublie souvent : producteurs, musiciens, labels,… Tout ces intervenants forment un joli réseau qui s’entrecroisent énormément, ce qui a permis à Moodio de développer un carnet d’adresse extensif de la profession !

Mais ce n’est pas tout… Aù-delà de permettre des contacts entre acteurs de l’industrie musicale, cette plate-forme offre aussi différents services intéressants. A termes, elle devrait permettre de gérer la présence sociale d’un artiste sur les différents réseaux : Facebook, Twitter, MySpace,…

De plus, au travers de son widget de lecture vidéo, il sera possible aux artistes de vendre directement leurs place de concerts, leurs titres ou simplement faire de la pub. Le potentiel est assez intéressant : quand un blog reprend votre vidéo Moodio, il affiche en même temps les publicité pour votre concert ou votre musique, soit pour l’achat direct via l’outil (payant, mais pas à la commission) que Moodio met à la disposition de ses membres, soit via vos canaux de ventes habituels (iTunes Store, billetteries en ligne,…).

Une petite vidéo pour vous présentez tout cela en images :

Bref, Moodio.tv se présente non seulement comme un producteur de contenus de qualité pour les artistes, mais fournit également des moyens pour partager ce contenu sur la toile et le transformer en revenus.

  • Et le business model, dans tout ça…

Beh oui, tout cela c’est bien beau, mais ça coute cher ! Que ce soit en termes d’investissements (gros travail de développement du site, achat du matériel vidéo,…) qu’en termes de coût récurrents (besoin de personnel pour continuer à produire les films, stockage et bande passante pour les films). Et comme on voit  le service, il n’y a pas énormément de source de monétisation.

D’autant plus que le site privilégie la qualité de son portail et de son contenu aux rentrées financières : pas de pubs, pas de vidéos sur commande, pas de paiements à la commission sur les ventes via l’outil de vente ,… C’est pourtant cet outil qui est le premier pillier espéré des rentrées financières : des abonnements mensuels pour les artistes qui souhaitent accéder à ces fonctions plus avancées. C’est moins cher que les systèmes de e-ticketing de grosse ampleur (Go For Music) et cela ne fonctionne pas à la commission. On imagine néanmoins mal le projet survive sur cette base. Même si l’option coûte 30 euros par mois et que 300 artistes l’adoptent (ce qui est fort optimiste), on en arrive à 9000 euros par mois, ce qui est trop peu pour rendre le projet viable.

C’est pourquoi il est également prévu de se baser sur des collaborations avec certains acteurs forts. On imagine mal quelle collaboration serait possible si le contenu reste indépendant et si il n’y a pas de publicité, mais c’est apparemment le modèle privilégié. Bref, on voit difficilement où ils veulent en venir pour gagner de l’argent, mais vu la manière dont ils en parlent, créer l’équilibre financier ne devrait pas être un problème vu qu’ils annoncent y arriver pour fin 2010…

Enfin, pour ce qui est du remboursement de l’investissement, nos amis envisagent de revendre leur technologie à d’autres secteurs, et là, effectivement, on comprend tout de suite qu’il y a de l’argent à se faire. Hélas, en one shot… Car le modèle de monétisation proposé est assez bancal : créer plus de contenu n’apporte pas de nouveau revenu (ou de manière indirecte et assez faible). Dès lors, le modèle financier pourrait causer la diminution de la création de contenu…

Mais ne jouons pas les oiseaux de mauvaises augures, le projet est pas mal ficelé, avec beaucoup de possibilités intéressantes, et soutenus par de véritable passionnés. Je les remercie donc pour leur engagement, pour leur invitation m’avoir laissé m’incruster à leur présentation lundi et souhaite beaucoup de réussite à ce projet !

Vous vous en rappelez peut-être, dans le cadre de ma recherche d’emploi, j’avais déjà dressé un profil de fonction de Community Manager. Dans le même ordre d’idée, je vous propose ici une réflexion plus en profondeur sur le travail dans ce type de fonction, en particulier concernant ses objectifs. Cette réflexion est évidemment totalement ouverte, je serais ravi de lire vos suggestions.

Source : gregorypouy.blogs.com

Source : gregorypouy.blogs.com

Les activités du community manager se déclinent selon trois axes principaux : le projet, les campagnes sociales et activités de les campagnes globales. Les tâches liées à ces activités ne sont pas nécessairement différentes, mais elles ont des objectifs différents, ce qui induit des adaptations de l’action du community manager. Tous ces objectifs sont liés à la stratégie globale de l’entreprise dans laquelle ils s’inscrivent. Ainsi, comme pour toutes activités de marketing, il n’y a pas de community management sans une stratégie.

1. Stratégie

Cette stratégie doit être calquée sur la stratégie de communication et la stratégie de marketing, elle même liée à la stratégie commerciale de l’entreprise. Cela implique l’entreprise aie des objectifs « marketing » et des objectifs de communication clairs : un marché et un segment de marché étudié et une cible définie afin de pouvoir fournir un message calibré pour ces objectifs dans ce segment de marché pour la cible visée. C’est également grâce à cette stratégie qu’il sera possible de choisir les canaux de communication privilégiés (Twitter, Facebook, Netlog, GetSatisfaction, blogs, géolocalisation,…). Ce sont les bases de toute stratégie marketing, et pourtant, on l’oublie trop souvent quand on parle de community management. C’est pourtant nécessaire pour obtenir des résultats et pour pouvoir mesurer l’efficacité d’une stratégie (même si la mesure d’efficacité du community management est très difficile à évaluer indépendamment des autres volets de la stratégie de communication et marketing).

source : www.4consulting.com

source : www.4consulting.com

Un exemple de stratégie pour une entreprise de l’industrie du divertissement (pour reprendre mon cas précédent) serait d’avoir pour objectif de doubler en un an l’affiliation à son site social dans la tranche de population des 25-50 ans francophones de classe sociale 1-4. Il pourrait être également d’augmenter de 20% la vente de produits via le magasin en ligne. Ou encore d’augmenter la share-of-voice sur les médias sociaux de l’entreprise par rapport à ses concurrents. Chacun de ces objectifs va nécessiter une approche différente du community management (sans nécessairement en faire évoluer les principes de base), mais va rendre la pratique de cette discipline plus efficace en évitant l’objectif global « agrandir et stimuler la communauté d’une marque » ou « faire du buzz autours d’un produit » qui restent assez vagues (qu’est-ce que le buzz ? Qu’est-ce qu’il apporte ? Qu’est-ce qu’une communauté ? En quoi est-elle active ?).
Avec cette stratégie, il est possible d’aborder plus sereinement les activités du community manager.

2. Le projet

C’est l’axe d’activité le plus souvent exploré dans le cadre du community management à long terme. C’est aussi celui qui est le plus souvent laissé dans le vague. C’est dans cette axe qu’on va retrouver toutes les tâches qui visent à « construire et stimuler la communauté d’une entreprise ». C’est dans ce cadre-là qu’on va animer une Fan Page Facebook, un compte Twitter, qu’on va réagir sur les forums et les blogs au sujet de son entreprise. En d’autres termes, on va tenter de transformer les personnes qui rentrent en contact avec notre marque en ambassadeurs de la marque.

Ce n’est pas pour cela qu’on doit se contenter d’une description aussi vague des objectifs de cette part importante du travail quotidien du community manager. Certes, il est difficile, et sans doute pas vraiment recommandable, de se contenter d’objectifs commerciaux souvent fixés à très courts termes pour guider le projet de community management, mais cela n’empêche pas d’avoir une vision à long terme en concordance avec les objectifs à courts termes et guidées par des objectifs pluri-annuels.

On pourra ainsi envisager que, puisque les objectifs de notre entreprise dans l’industrie du divertissement est de stimuler la vente de produits dérivés, notre community management devra s’axer vers les discussions autours de ces produits. Attention, cela ne doit pas éloigner le community manager des caractéristiques qui lui sont propres : honnêteté, dialogue, proximité. Cela ne doit pas pousser le community manager à tomber dans la promotion de produits, ce qui sera contre-productif. Mais le fait de garder des objectifs en tête permet des ajustements fins dans le message et dans les call-to-action.

Je ne m’attarderai pas ici à parler des outils (nombreux, mais sans doute pas ce qui est le plus important) et des méthodes à mettre en place (j’y reviendrai peut-être dans un prochain article). Vous pourrez de toute façon trouver énormément d’articles à ces sujets ailleurs sur le net.

3. Campagne sociale

Un autre axe d’activité du community manager, souvent confondu avec le projet général dans lequel il s’inscrit, est l’ensemble des campagnes de marketing social. Il s’agit de campagnes spécialement conçues autours des médias sociaux et qui visent particulièrement à en exploiter les spécificités. Les deux types de campagnes les plus connues sont les campagnes de vidéos virales et les campagnes sur blogs. Dans ce cadre, le community manager doit être à l’origine et doit surtout soutenir la campagne en adaptant son dialogue et son échange avec sa communauté.

Ce type de campagne a l’avantage de correspondre à un modèle plus classique du marketing et de la publicité, de permettre des mesures d’efficacités plus précises (par pré-test, post-test et par tous les moyens techniques de mesures sur le net). Mais dans le cadre du community management, il est important de ne pas laisser le planning des campagnes et leurs objectifs particuliers (qui doivent évidemment être en corrélation avec les objectifs commerciaux, marketing et de communication de l’entreprise) mettre de côté le projet de community management. Idéalement, même, les campagnes sociales doivent s’inscrire dans ce projet et le projet prolonger les campagnes.

Donc, si l’utilisation de campagnes peut être utile pour atteindre des objectifs à plus courts termes, si elles peuvent permettre des objectifs particuliers, il faut éviter de considérer le community management comme une succession de campagnes de marketing social en perdant alors toute notion de continuité et de but à long terme. Néanmoins, ce projet de community management ne doit pas être une justification pour ne pas se fixer d’objectifs intermédiaires mesurables via des campagnes. C’est au contraire un moyen de tester et d’adapter sa stratégie globale de community management.

4. Campagne globale

Ce n’est pas très neuf, on en parle depuis plus de 10 ans, mais ce qui marche en publicité, ce sont les campagnes multi-canaux. Il est donc tout à fait logique que les médias sociaux s’intègrent au même titre que les autres canaux dans les campagnes globales d’une entreprise. Si les tâches liées à une campagne globale sont certainement similaire à celles d’une campagne sociale, l’optique dans laquelle elles sont réalisées diffère, et cela nécessite alors souvent de légère adaptation dans le message et dans la manière dont on applique notre stratégie sociale.

source : thumbs.koreus.com

source : thumbs.koreus.com

Ainsi, si il peut s’agir de prolonger une campagne télévisée en viralisant un spot de pub (on pense directement à l’exemple du « tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice »), la manière dont on procède est ici beaucoup plus dépendante d’une stratégie marketing globale. Idéalement, puisque la stratégie sociale et les campagnes sociales sont pensées avec la stratégie commerciale, marketing et de communication de l’entreprise, l’intégration des campagnes de publicité multi-canaux devrait couler de sources, et en tout cas être prise en compte dès la conception de la campagne. Cela ne doit pas empêcher le community manager de bien distinguer ce faisceau d’activités des autres et de prendre conscience de la nature différente des tâches à effectuer, même si elles peuvent être quasiment identique dans la réalisation.

Maintenant, dans la réalité, il est assez rare que la stratégie sociale soient conçue et intégrée dans le plan marketing. Cela ne doit pas empêcher le community manager de profiter des campagnes existantes pour renforcer son action. En effet, si le community management peut clairement apporter un renfort intéressant pour une campagne média « traditionnelle »

5. Un community management raisonné

Ce sur quoi je veux insister par cet article est la rigueur et la réflexion stratégique à mettre en place dans le community management. C’est une nécessité pour le rendre efficace et pour l’objectiviser, pour l’analyser et pour offrir des solutions desquelles on peut attendre non seulement des résultats plus mesurables dans des campagnes mais également une vision à long terme. J’essaye également de plaider pour une professionnalisation du métier en y amenant plus que des termes branchés et des outils à la mode, mais en le raccrochant à des théories déjà largement éprouvées.

Bien sûr, le domaine est relativement disruptif par rapport au marketing classique, et il ne va pas pouvoir être possible de lui adapter les mêmes recettes et les mêmes mesures (l’audience d’une communauté ne se mesure pas en GRP et en OTS !), mais je pense qu’il devrait être possible de rapprocher certaines notions de la publicité classique et de la publicité sur Internet avec la gestion de communauté. Lesquelles, comment, selon quelles normes ? Je fais confiance à de plus grands scientifiques que moi pour effectuer des recherches sérieuses sur le sujet. En attendant, les professionnels du métiers peuvent déjà adapter leurs discours pour qu’on ne voit plus le community management comme la gestion d’un compte Facebook d’entreprise.

En tout cas, c’est ce qu’a eu l’air de dire son organisateur Jean Derely, tout heureux de donner les excellents chiffres et les excellents résulats de l’année écoulée. Ce qui est certain, c’est que les starts-ups présentées ce mois-ci à l’ULB (après l’escale plus branchée du Café Numérique au Mirano) concluaient de manière assez convaincante avec quelques projets intéressants.

1. Yaxo

Le premier service est peut-être celui qui a le moins convaincu, à cause sans doute d’un anglais assez hésitant du présentateur. Yaxo permet d’enrichir le site web d’une entreprise en facilitant les contacts téléphoniques entre l’utilisateur du site web et les opérateurs de la marque. D’une part en insérant des boutons de demande d’appel gratuit, d’autre part en permettant un tracking des clients sur le site web afin que l’opérateur puisse directement (à l’aide d’un pop-up) proposer un contact téléphonique (par exemple, pour aider à remplir un formulaire). La démonstration par l’exemple de La Redoute était assez parlant, mais il faut bien admettre qu’on a du mal à s’emballer. Peut-être par cette monétisation à l’aide de licence vendue au lieu d’un système de pay-per-click. Ou alors les expériences globales de chacun avec des téléphonistes qui sont généralement de piètre qualité, ce que Yaxo n’améliore absolument pas, puisque chaque utilisateur du service gère lui-même les contacts téléphoniques. Reste que le système pourrait convaincre facilement certaines entreprises de vente en ligne et permettraient des stratégies commerciales intéressantes (par exemple, appeler le consommateur qui reste longtemps devant un panier rempli afin de lui proposer une réduction supplémentaire pour l’inciter à conclure la vente)

2. iDiscover

Projet issu de l’Université de Gand, iDiscover est un logiciel qui vise à rendre l’expérience de la visite du musée interactive et ludique tout en gardant les aspects pédagogiques. Le projet a été implémenté à un musée de Tongres et on voit immédiatement les retombées pour le musée mais également pour les visiteurs (groupes et classes, qui restent les principales sources d’entrées dans les musées). Malheureusement, créer une start-up sur ce projet me semble très difficile, en l’état. Si le logiciel dispose de couches réutilisables et transposables à d’autres musées, une grande partie de celui-ci, dont l’interface, doit être recodé et adapté au nouvel espace. De plus, celui-ci est dépendant d’une plate-forme, en l’occurence Windows Mobile. Bref, le produit va vite revenir cher pour les musées souhaitant l’implanter (coûts de développement élevé plus l’achat des devices). L’idée est pourtant excellente, mais il est dommage qu’elle ne se soit pas matérialisée sous la forme d’une sorte de CMS multi-plateforme permettant à chaque musée de développer son propre programme d’animation, de le faire évoluer avec le musée et même de l’adapter en fonction des expositions temporaires. Maintenant, je suis loin d’être un business analyst, et je serais donc curieux de connaître l’avis de personnes plus spécialisées dans le domaine.

3. Twoddler

La troisème présentation est la présentation « gag » de ce Betagroup. Un autre projet issu de l’université de Gand qui vise à permettre aux parents de garder un lien avec leurs enfants en bas-âge quand ils sont au boulot : il s’agit d’un « hack » d’un jeu Fischer Price Activity Center qui envoie, en fonction du bouton qui est manipulé, des messages sur les comptes Twitter des parents, permet également au parent de « jouer » à distance avec leur enfant et qui permet même à deux enfants de jouer ensemble. La vidéo de démonstration est assez parlante, mais on peut néanmoins se demander s’il existe réellement un marché pour ce type de produit. L’idée est drôle, mais la société européenne est loin d’être aussi big-brotherisée que la société japonaise où chaque enfant est muni de puces RFID qui traquent leur position (transport en commun, école,…). On n’en est pas là avec ce produit, mais je doute réellement que cela intéresse beaucoup de parents de recevoir des tweets émis par le jouet de leur enfant… Reste que l’objet est rigolo, l’idée originale et la présentation a permis de se détendre avant d’entamer les deux autres services, nettement plus sérieux.

4. Bebuzy
Peut-être la présentation la plus attendue hier soir, Bebuzy a en effet déjà parler de lui, notamment au salon de l’emploi européen au Berlaymont il y a quelques semaines. Il s’agit en effet d’une plateforme qui propose à tout un chacun de vendre non pas des produits à la façon de eBay mais des services (faire du jardinage, réparer votre ordinateur, donner des cours de néerlandais,…). La plate-forme est en version béta mais déjà accessible au public (même si il n’y est pas très nombreux). Déjà assez complète, elle permet de gérer l’agenda, les trajets des différents intervenants, envoie des SMS pour prévenir de nouvelles demandes de services,… Le service est donc déjà assez riche (même si une API pourrait être utile et qu’elle sera peut-être développée à termes), mais le premier problème qui vient à l’esprit est la monétisation. Comme Bebuzy exclut d’office une rémunération à la commission, il pense alors à la publicité bien sûr, mais à d’autres moyens qui m’ont semblé un peu confus dans la présentation, même dans l’excellent anglais du présentateur. Et puis, le problème de ce genre de plate-forme est toujours identique : tant qu’elle n’atteint pas une masse critique d’utilisateur, elle ne fonctionne pas… Et en Belgique, le taux d’adoption d’un tel service risque d’être fort lent !

5. Ergotools

La dernière présentation s’est donnée en français. Le service étant relativement complexe, cela était préférable à une présentation en soupe d’anglais, même si cela a exclu d’office certains membres de l’assistance. Ergotools est une suite d’outils destiné à objectiviser le design d’écran « multimédia », et de manière générale, de page web. Ces outils se basent sur des recherches scientifiques sur des techniques comme le Eye Tracking et qui permettent par exemple de simuler ce que le cerveau perçoit quand quelqu’un pose son regard sur une page. Ou encore qui permet d’évaluer la complexité et le niveau de connaissance requis pour comprendre un texte. La démonstration qui en a été faite est intéressante et les chiffres donnés (notamment pour Nespresso) étaient impressionnants (plus que ceux de Yaxo). Reste qu’on a du mal a croire que la complexité d’un texte puisse être mesurée sur une simple échelle de facile à difficile, et qu’on a l’impression que c’est trop simple pour réellement correspondre à une réalité humaine. Mais bon, si c’était le cas, et vu l’expérience que j’ai de la conception de pages web dans les grandes entreprises, ce serait un investissement absolu génial pour n’importe laquelle d’entres-elles !

La soirée s’est terminée sur les retours très positifs de la Webmission à Séville par Ramon au milieu d’un live tweeting qui annonçait pleins de conférences (à retrouver sur l’agenda des événements web du Betagroup) et une discussion intéressante sur le social marketing dans les couloirs en travaux de l’ULB. Peut-être moins glamour que la grande salle du Mirano, mais certainement beaucoup plus détendu !