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J’adore la presse. Vraiment. Elle se surpasse tous les jours dans sa médiocrité, dans son éloignement de la réalité, dans le colportage des fantasmes contemporains. Ca n’a rien à voir avec de l’information, mais c’est quand même fort divertissant (même si je ne paierai jamais un centime pour ça).

Le truc qui va marcher aujourd’hui, dans la presse et dans les blogs à audience, c’est d’expliquer, avec capture d’écran à l’appui, comment désactiver la reconnaissance faciale sur Facebook. Et bien, je vais faire mieux, je vais vous expliquer comment NE PAS désactiver la reconnaissance faciale sur Facebook. Et en plus c’est beaucoup plus simple, tout ce que vous avez à faire, c’est NE RIEN FAIRE.

Quoi? Des dangers pour la vie privée? Ma petite dame, vous mettez votre vie privée bien en danger toute seule, sans que Facebook ait besoin de reconnaissance faciale pour cela. Entre vos commentaires aux relents racistes, vos propos de soutien à la peine de mort, votre partage de vidéo de Justin Bieber et les photos de vous en train d’allaiter votre bébé, je crois que l’information que vous diffusez volontairement sur Facebook apporte bien plus que votre nom sur une photo.

Mais pour vous rassurer, je vais quand même vous expliquer ce que fait cette reconnaissance faciale de Facebook: elle suggère à vos amis de vous taguer sur les photos qu’il publie où le système vous reconnaît. En gros, ce système va servir presque uniquement à taguer des photos de famille lors du goûter de communion du petit Kevin avec les noms de tous les membres qui sont présents, une coupette de mousseux bon marché à la main. Bien sûr, il y a peut-être des photos où vous ne souhaitez pas être tagué qui pourront l’être plus facilement par vos amis (même si, honnêtement, je ne crois pas que cela va augmenter sensiblement le nombre de ces cas de figure). Si vos amis sont suffisamment cons pour vous identifier sur une photos où vous êtes à poil en train de tirer une pipe à leur chien, sachez que Facebook vous propose de ne jamais rendre visible les photos sur lesquelles vous êtes tagué, pour personne. Sachez que vous pouvez vous désidentifier de n’importe quelle photo et que vous recevez une notification à chaque fois que vous apparaissez sur une nouvelle photo. Et enfin, sachez que si vous apparaissez sur une photo où vous préféreriez éviter d’être identifié, et bien, il vaut mieux simplement qu’elle ne soit pas sur Facebook.

Bref, s’il y a quelque chose à faire pour la vie privée sur Facebook au niveau des photos, c’est bien dans les réglages de confidentialité plus que dans des suggestions de noms pour l’identification.

Temps d’écriture: 22 minutes

Vous vous en rappelez peut-être, il y a quelques mois, je jouais (plus ou moins) le jeu d’une opération destiné à promouvoir un shampoing anti-pelliculaire via les blogueurs (relire l’article). Même si je me moquais doucement de la mise en scène qui m’a été demandée, je crois que j’ai largement fait la part de boulot qui m’était demandée. Voici maintenant le temps de la critique.

Je suis relativement partisan, dans l’absolu, de ce type d’opération, lorsqu’elle sont bien faites. Pensons à l’événement pour les télé 3D de Samsung qui a plutôt bien marché ou encore l’opération « Start a Party » de J&B qui a elle aussi été pas mal répercutée. Pourquoi donc cette opération de la marque Nivea n’a-t-elle donc pas été un grand succès?

Tout d’abord, je crains qu’une part de l’échec peut être attribué au produit lui-même. Le shampoing anti-pelliculaire, c’est non seulement pas très sexy, mais c’est surtout associé à un besoin négatif, à une lutte contre un désagrément. On choisit le produit parce qu’on est bien obligé, plus que parce qu’on en a vraiment envie. Certaines catégories de produits ont réussi à sortir de ce problème (on peut penser aux déodorants qui ne sont plus des produits pour lutter contre nos mauvaises odeurs corporelles mais constituent un véritable trait de personnalité) mais c’est loin d’être le cas des shampoings anti-pelliculaires. Dès lors, la pertinence d’une opération blogueur peut être largement mise en doute. Il va quand même s’agir de donner envie à des gens de parler de votre produit, de prendre du temps, de s’impliquer,… Il semble évident que c’est plus compliqué pour un produit comme celui-là. Tout est pourtant possible si on réalise une campagne de très bonne qualité.

Et c’est là que malheureusement, il y a à redire. Si on se base sur le mailing reçu, c’est l’agence plutôt de graphisme Arthur N’ Pix qui s’est occupé de la campagne (leur site web est ici, il est encore est toujours en construction). Pour être honnête, je trouvais le concept sympathique en soi, pas non plus époustouflant d’originalité, mais pas non plus honteux. La réalisation, par contre, laissait à désirer.

Tout d’abord, le ciblage. Dans une opération destiné aux blogueurs, il me semble très important de cibler de manière très fine les personnes qui seront invitées à participer. Il s’agit non seulement de personnes susceptibles d’être reconnue comme fournissant un contenu intéressant en rapport avec le produit ou le service, mais également disposant d’une audience significative (directe ou indirecte). Quand on voit le contenu et les statistiques de mon blog, on peut réellement se demander pourquoi et comment les organisateurs de cette opération en sont venus à me proposer de participer.

Ensuite, la qualité des supports utilisés m’a laissée assez dubitatif. Dès le mailing, je me suis posé des questions. Les couleurs immondes choisies, le texte assez mal rédigé, le sujet un peu « spam » du message n’était pas une bonne entrée en matière. Si la valise était bien délivrée et que son contenu était correct, de nouveau, la finition typographique et le copywriting m’ont semblé médiocre (vous pouvez le voir sur les photos de mon article précédent). Ca a l’air anodin, mais je crois que c’est pourtant primordial. Quand vous demandez aux gens de prendre des photos ridicules pour un shampoing anti-pelliculaire, vous avec intérêt à maîtriser à mort votre message si vous voulez les motiver! Ici, le message n’était pas suffisamment drôle pour le prendre au second degré et clairement pas assez mis en avant pour le prendre au sérieux. Résultat: une motivation proche de zéro.

Enfin, et c’est pour cela que mon article sur ce sujet vient seulement maintenant, le suivi de l’opération a été assez mauvais. Pas de commentaire sur l’article de mon blog, pas de remerciement en mail et une « récompense » promise aussi « naze » que l’ensemble de l’opération (sérieusement, nous envoyer des bouteilles de shampoing anti-pelliculaire, WTF?) et surtout très tardive. Si les résultats de l’opération n’ont sans doute pas été à la hauteur des attentes, foirer le suivi ne peut qu’enfoncer encore plus les commanditaires et les personnes l’ayant réalisée.

Bref, si l’intention et l’idée créative derrière l’opération n’était pas mauvaise, le manque de pertinence de ce type d’approche vis-à-vis du produit combiné à une réalisation médiocre tant dans le ciblage que dans le copywriting et le graphisme ainsi qu’à un suivi quasiment inexistant en font quand même un gros ratage. Dommage…

Temps d’écriture : 75 minutes

Voilà, depuis quelques jours, j’occupe une autre fonction dans un tout autre domaine de la communication. J’en parlerai sans doute, à l’occasion, mais j’aimerais plutôt revenir sur les 9 mois passés au sein d’armonea en tant que communication officer.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, armonea est une entreprise privée qui gère une cinquantaine de maisons de repos et résidences pour seniors en Belgique. Elle est le leader belge en termes de nombre d’établissements et de places disponibles. L’entreprise est issue de la fusion de deux groupes (Restel Résidences et le groupe Van den Brande) et a des établissements partout en Belgique (depuis Messancy jusqu’à Oud Turnhout en passant par Comines-Warneton).

En 9 mois passé dans l’entreprise, j’ai pu affiner certaines de mes compétences, en développer de nouvelles et évaluer un peu mieux les défis à relever dans ce type d’entreprise.

De manière assez similaire à Carrefour Belgique, où j’avais effectué un stage, armonea doit faire face aux difficultés des entreprises décentralisées. Pour 2800 collaborateurs et 4700 résidents, les services centraux sont constitués de moins de 100 personnes (peut-être même une cinquantaine) et le département communication de (théoriquement) 3 personnes. C’est peu pour gérer la communication de 50 établissements en deux langues. Et cela dans un secteur qui a une image assez mauvaise et sans compter toute la communication interne, les relations presse, le développement d’une identité visuelle pour un groupe fusionné. Bref, pas mal de défis que j’ai trouvé très intéressant à relever.

J’ai donc pu, dans ce cadre, améliorer mes compétence de communication dans des groupes décentralisés et donc ma capacité à fédérer des directeurs d’entités externes autours d’un projet de communication commun, développer une nouvelle identité pour les publicités de certains produits (tant au niveau du copywriting que de l’identité visuelle), rédiger et gérer la publication et distribution d’un journal destinés aux collaborateurs, développer des déclinaisons de publications destinés à nos clients, créer une newsletter interne, superviser le développement de sites web pour chacun des établissements du groupe, aider à l’organisation d’événements internes, rédiger des publications, traduire,… Toute une série d’expérience riche et que je suis loin de regretter malgré le côté peu « sexy » du secteur. J’ai eu beaucoup de mal à convaincre mes amis et mes connaissances de l’intérêt de mon boulot, pourtant, il ne s’est jamais démenti.

Depuis quelques jours, j’ai pris un titre de fonction plus branché dans un secteur plus tendance. J’en suis très heureux, simplement parce que le contenu de ce boulot, j’ai envie de le faire depuis longtemps. J’en parlerai sans doute de temps en temps, parce que je crois qu’on dit beaucoup de chose qui nuisent à la perception du Community Management et que je veux apporter ma petite pierre à l’édifice pour que ce métier sorte du ghetto des buzz words.

En attendant, si vous cherchez du boulot en communication et que vous vous sentez suffisamment bilingue pour traduire du néerlandais au français, ils cherchent un remplaçant : http://jobs.armonea.be/index.php?id=48

Temps d’écriture : 52 minutes

J’ai été invité, surtout en tant qu’accompagnant, à une conférence de presse pour les blogueurs belges (surtout bruxellois). Il s’agissait pour la marque Samsung de présenter sa gamme de télévision 3D. Je ne suis généralement pas de la partie dans ce genre d’événements (vu les stats de mon blog, c’est logique), et j’ai donc découvert le principe. A cette occasion, j’ai entendu de nombreux commentateurs se posant la question de l’efficacité réelle de ce type d’événement. Question intéressante à laquelle je vais tenter d’amener des éléments de réponses ci-dessous.

Comme pour chaque canal ou moyen de communication marketing, ce qui fait sa réussite est son adaptation au produit et à la cible. On ne fera pas mieux qu’un spot télévisé avant la météo de RTL pour une voiture : tout le monde est concerné et la voiture représente maintenant une valeur émotionnelle forte qui gagne dès lors à la force de l’image télévisée. Il y a des produits pour lequel une conférence de presse à destination de blogueur peut se révéler intéressante.

Ces produits sont nombreux, en fait, puisqu’il y a des blogueurs pour plus ou moins tout. Mais il faut bien admettre que les produits high-tech, les jeux vidéos, la musique ou le cinéma sont des sujets souvent traités dans les blogs, ce qui rends les produits de cette catégorie à priori assez intéressante pour les blogueurs. La difficulté pour Samsung et sa télé, c’est que son produit est certes high-tech, mais il est aussi associé au fameux « électroménager » (vous savez, Vandenborre et son « TV-vidéo-Hi-Fi-, vous avez bien choisi). Ce qui ne passionne pas du tout les blogueurs. Ainsi, je crois qu’une partie non négligeable des personnes présentes étaient loin d’être des gros consommateurs de télévision, accroc comme ils le sont au web. Le choix d’un event blogueur était donc peut-être dans ce cas-là assez contestable.

D’autant plus que le public-cible est beaucoup plus large, à mon sens, que celui des blogs en Belgique. Certes, au début, Samsung va essayer de toucher les early adopters, mais je connais très peu de blogueurs technos et de lecteurs attentifs de ces blogs, de personnes qui fréquentent Twitter, qui se soit précipité sur les écrans plats LCD, sur le Blu-Ray et sur le home-cinema. Bref, j’ai quelques réticences vis-à-vis du choix de ce canal pour cet événement.

Reste que dans une stratégie multi-canal à gros budget (ce qui, vu les affiches qui ont commencé à fleurir sur les abribus, semble être le cas ici), le coût représentant une conférence de presse ou un event blogueur est ridicule. Et les retombées peuvent être intéressante auprès d’un public-cible particulier. Celles-ci ne se mesure pas uniquement au nombre d’article de blog et de messages sur Twitter. Les blogueurs sont des gens généralement sociable, qui vont parler de leur expérience, donner leur avis directement à leurs connaissances nombreuses, et un event pour blogueur peut réellement participer au lancement d’un bouche-à-oreille au sujet d’un produit.

Bref, même si dans le cas de Samsung et ses télés 3D, je ne suis pas entièrement convaincu de l’adaptation parfaite du canal « conférence blogueur » au produit et à la cible, le coût de l’opération étant tellement minime par rapport à une campagne média traditionnelle qu’il serait dommage qu’ils s’en soient privé…

Temps d’écriture : 28 minutes

Alors, on va tout de suite arrêter le mythe : non, Twitter n’est pas un outil facile pour les politiciens. Et en plus, ce n’est pas un outil indispensable vu sa base d’utilisateur très réduite. Dès lors, un politicien qui ne se trouve pas sur Twitter ne manque pas une opportunité exceptionnelle. Mais s’ils décident d’y aller, il faut bien admettre que les risques de se planter sont élevés.

Certains font en sorte de minimiser ces risques. Ainsi, @doulkeridis a eu la bonne initiative d‘inviter quelques « durs à cuire » et quelques autres de Twitter pour une discussion de deux heures destinée à parler stratégie de communication mais également campagne électorale. La discussion, ouverte et franche, montre un réel intérêt pour comprendre l’outil et tenter de l’utiliser au mieux. Il montre aussi la réserve du politicien par rapport à ce service assez marginal duquel il n’attend pas une révolution mais qu’il utilise aussi de façon assez personnelle. Bref, une rencontre intelligente qui cadre d’ailleurs bien avec le contenu du blog et de Twitter du monsieur.

Par contre, je dois bien admettre avoir été assez étonné de l’échange que j’ai eu hier avec @demotterudy. Je suis socialiste, je vote pour le parti socialiste depuis que j’ai le droit de vote, je regrette bien sûr le manque de progressisme de certains dans ce parti, mais j’ai beaucoup d’estime pour les idées qui y sont défendues. Je voterai peut-être pour le PS cette année encore, après lecture du programme que je viens de recevoir, et j’ai en plus une certaine estime pour M. Demotte. Tout cela pour dire que, s’il y a des « durs à cuire » sur Twitter vis-à-vis du PS, de ses membres et de la gauche en général, je n’en fais pas partie. Mais quand M. Demotte balance coup sur coup trois twitpics de sa personne en train de serrer des mains à une fête des voisins, je ne peux m’empêcher de faire remarquer le manque d’intérêt de ces messages. Suite à quoi j’assiste, assez étonné, à un ensemble de réponses et contre-réponse d’une très mauvaise qualité.

Je ne ferai pas l’analyse de la discussion, d’autres l’ont déjà fait pour moi (ici et ), je veux juste insister sur quelques points à l’attention de nos amis versés dans l’art de la politique :

1. Les gens sur Twitter constitue une niche, un ensemble assez particulier cohérent sur de nombreux points, de manière générale liés à leur statut socio-économique assez élevé. Sans avoir d’étude pour l’affirmer, je me rends à l’évidence et ne peut que vous enjoindre à en tenir compte lors de votre communication. Vous ne pouvez pas, et ne devez pas, leur parler de la même chose et de la même façon qu’au public de la télévision (ne lisez pas ceci comme un jugement de valeur).

2. Twitter n’est pas un média comme les autres. Son intérêt n’est pas dans ce que vous y dites, ou beaucoup moins, mais dans ce que les gens vous disent et la manière dont vous leur répondez. Ce que les gens veulent savoir, c’est plus qui vous êtes que ce que vous pensez. Sinon, franchement, pourquoi se faire chier à écrire ça en 140 caractères. Vous devez bien sûr répondre un contenu intéressant, mais ce qui va vraiment lui donner de la valeur au final, c’est sa forme.

3. Le public de Twitter ne constitue pas un groupe identique qui fonctionne selon les mêmes règles que d’autres publics. Ce public-ci est inter-connecté. Cela veut dire que de nombreuses personnes ont un passé commun, un personnage qu’il joue avec certains autres personnages, une intimité commune parfois. Cela influence leur comportement, la manière dont ils vous répondent en plus d’influencer la manière dont ils vous perçoivent. Faire fi de cette spécificité vous fait passer à côté d’informations importantes et peut vous faire commettre des erreurs ainsi que vous exposer à des réactions négatives. Il est donc très important d’écouter, non seulement parce que les informations sur Twitter peuvent être très intéressantes, mais également pour percevoir la dynamique de groupe, les personnes disposant réellement d’un rayonnement sur les autres, les personnes qui sont liées, afin de pouvoir vous adapter à toutes ces finesses qui ne sont bien évidemment pas visible à la première connexion.

Divers article récent sur le sujet :

www.francbelge.be/2010/05/31/deux-lecons-de-communication-politique-sur-twitter/
tetedeliste.com/2010/05/30/rudy-demotte-ps/
http://blogs.lesoir.be/sagabelgicabis/2010/05/31/est-il-possible-de-debattre-sur-twitter/
http://www.leblogdubiencommun.be/?p=65

Temps de rédaction : 38 minutes

J’ai vraiment envie d’écrire un article sur Facebook. D’une part parce que c’était le sujet du dernier Café Numérique, et que les présentation étaient intéressantes et variées, d’autre part parce que les déclaration du PDG de Facebook dernièrement ont pu en agacer certain. Le problème, c’est que c’est difficile de rajouter quelque chose de pertinent à tout ce qui a déjà été dit sur ce site. Et en plus, quand je parle de Facebook, j’ai toujours envie de dire « on vous l’avait bien dit ».

Honnêtement, les journalistes qui s’amusent à annoncer un changement radical de Facebook au niveau de la vie privée se foutent un peu du monde. C’est vrai que les options par défauts rendent actuellement Facebook beaucoup plus public qu’avant. Mais bon, cela ne change rien au fait que depuis le début, vous ne pouvez pas réellement contrôler ce que vous rajoutez à Facebook. Le réseau est ainsi conçu que vos contenus sont dupliqués, partagés, distribués ce qui rend impossible toute marche arrière une fois la publication. Vos contenus deviennent publics. Les évolutions successives depuis plusieurs mois (années ?) montrent que cette tendance a toujours été présente. Mais il devient urgent que les gens intègrent bien ce facteur primordial !

Maintenant, si les moyens ont changé, le fait de s’exprimer et s’étaler publiquement n’est pas neuf. Combien ne se sont-ils pas épanchés sur les libres-antennes radiophoniques, combien n’ont-ils pas fait tout pour leur minute sur RTL-TVI. L’envie d’être connu et si possible reconnu du public n’est pas venue de Facebook, l’outil répond juste à un besoin et l’amplifie de manière impressionante. Cette amplification est également un élément primordial à prendre en compte.

Et donc, quand vous dites quelque chose sur Facebook, c’est tout aussi public que si vous le disiez au micro de la RTBF. Sauf que ce passage de quelques secondes se retrouvent comme enregistré sur les cassettes VHS (ou les décodeurs Belgacom TV) de tous vos proches (et de pas mal de proches de vos proches). Plus besoin que quelqu’un soit devant son écran au moment où vous prononcez les mots, il peut les retrouver quelques heures ou quelques jours plus tard. L’effet d’amplification n’est donc pas de la même nature que les mots lachés au micro de AB3 (bon, ils font pas d’émission, mais faisons comme si), car ils vont toucher beaucoup de personne, pendant longtemps. Ils ne disparaîtront pas une fois prononcés. En fait, ils ne disparaîtront plus jamais.

Pour ces différentes raisons, il devient urgent et crucial d’offrir une éducation aux nouveaux médias aux jeunes et aux parents, mais à tout le monde également. Il ne faut pas avoir peur de Facebook, il est totalement contre-productif d’appeler au boycott face à des décisions de l’entreprise Facebook, puisque son produit répond à un besoin tellement imposant qu’un appel au boycott est aussi efficace que l’appel au boycott du chocolat. Mais il va devenir d’une nécessité absolue d’aider les gens à se servir de ces outils dans leur travail et dans leur vie privée.

En réalité, je suis d’accord avec Mark Zuckerberg, la manière dont on perçoit la vie privée évolue, et il est probable que les enfants qui surfent pour le moment sur Facebook n’auront pas la même vision que les quarantenaire qui s’y inscriront dans 1 an par dépit. Je ne crois pas qu’il soit utile de lutter contre ce phénomène (qui est finalement assez similaire en termes de changement de paradigme à ce qu’on a pu observer fin des années 60, début des années 70), je crois qu’il faut éduquer à cette transformation pour qu’on puisse en tirer le meilleur : plus de collaboration, plus de tolérance. Et plus de chatons.