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En marchant depuis la gare de Boitsfort vers Emakina, mon iPhone en mode aléatoire m’a mis dans l’oreille le morceau d’Alain Souchon « Foule Sentimentale ». Dans cet titre, Souchon fustige la publicité qui « nous inflige des désirs qui nous affligent », alors que la foule serait attirée par « les étoiles, les voiles. Que des choses pas commerciales ». J’imagine qu’en 1993, date de sa sortie sur l’album « C’est déjà ça » (excellent album au demeurant), le texte devait être pertinent. Il ne l’est plus.

Au contraire, en 2013, la publicité est devenu un vecteur de valeurs bien plus important que la politique. La politique, dans nos sociétés démocratiques, se résume à la gestion (on équilibre les entrées et les sorties de l’entreprise-état afin que celui-ci fournisse un produit qui convienne à un maximum de personne). Et quand elle se fait porteuse de valeurs, ce sont l’exclusion, la stigmatisation, l’individualisme. C’est encore bien pire dans les dictatures et autres théocraties.

Cela a laissé le champ libre pour la publicité afin de s’approprier ce côté sentimental des foules. Dove lutte pour moins de stigmatisation du corps des femmes, Red Bull pour l’ouverture au monde et aux expériences qui sortent du cadre de nos vies gérées par l’état-entreprise. Bien sûr, ces valeurs sentimentales, les marques les promeuvent dans des buts commerciaux. Mais, comme dirait Souchon, « c’est déjà ça ».

Quand à moi, je continuerais à partager mon dégoût de cette époque, et mon pessimisme sur son évolution, via Twitter, sous le hashtag #2013.

PS : si vous voulez sentir l’époque bien mieux que je ne pourrai jamais la décrire, je vous recommande « Plus rien de m’étonne » de Orelsan ou « Mickey Mouse » et « La Violence » de Veence Hanao

Tous. Ces bandes de politicards incapables de décider quoi que ce soit. À se battre pour les quelques ajustements sur lesquelles ils ont encore du pouvoir. À travailler pour un système qu’ils ne comprennent pas. Qui ont oubliés qu’il y a d’autres raisons de prendre des décisions que la conservation.

Ces entrepreneurs, à chialer pour les taxes qu’ils fraudent alors qu’ils se gavent de subventions. À râler sur les chômeurs, sauf quand ils sont leurs clients.

Ces extrême-gauchisants, qui croient encore que la lutte est entre les travailleurs et les patrons, alors que tout ce que veulent les travailleurs, c’est pouvoir acheter plus aux patrons. Ils sont extrêmes dans les concepts, liberticides dans les applications qu’ils en donnent.

Cette croissance qui a toujours bénéficié aux mêmes. Quand les miettes étaient suffisamment nombreuses pour les distribuer aux personnes à même de les réclamer, c’était le paradis. Maintenant qu’il y a trop peu de miettes pour beaucoup plus de gens, son inutilité apparaît au grand jour.

Les apôtres de la décroissance, qui sont incapables de construire autre chose que la même chose, avec moins, pour tout le monde, mais surtout pour les autres.

Ces 99% qui agissent comme des parias.

Ces financiers qui sont les véritables parias, en maintenant un système sur lequel ils rejettent toutes leurs erreurs pour se rendre intouchable. Dont l’utilité sociale est inversement proportionnelle à la croissance qu’ils créent.

Ces artistes qui n’ont rien à dire, le disent mal et se plaignent après. Plus ils sont convaincus d’avoir du talent, moins ils sont doués. Et comme de toute façon, il s’agit surtout d’être prêt à tout, ce sont les 1% les plus convaincus et les plus convaincants que ces cons d’auditeurs vont acheter.

Mais le pire, c’est moi. Pas assez bon pour pouvoir y changer quoi que ce soit, pas assez con pour ne pas m’en rendre compte. J’ecrirai bien une chanson sur ça, mais je suis pas plus doué que les chanteurs qui réussissent. J’ai des idées sur tout, qui ne valent rien, ne changent rien, et surtout pas ce que je fais: pleurer auprès de ces cons d’entrepreneurs pour qu’ils me donnent un job, voter pour ces cons de politiciens qui n’ont aucun pouvoir, acheter des produits qui ont rapportés 10 fois leur valeur en bourse à ces cons de financiers avant de me coûter un demi-salaire sans que ceux qui les ont fabriqués puissent en vivre. Moi, qui me plains de ma connerie. Moi, qui sens bien que tout cela n’a pas de sens, mais qui continue à vivre, parce que ne pas vivre, ça n’a pas de sens non plus. Moi, qui suis pas le pire des connards, mais qui fais pas beaucoup mieux qu’eux, ces artistes, ces financiers, ces 99%, ces apôtres de la décroissance, cette croissance, ces entrepreneurs, ces politiciens.

Ils me font tous chier, et ça ne change rien.

Temps d’écriture: 35 minutes + quelques corrections

J’ai mis ce week-end un point final à ma lutte (et donc à ma relation) avec Mobistar. En payant 113,56€ à un avocat brugeois (le cabinet Renodeyn). Mais dans un dernier baroud d’honneur, j’écris ce post afin de mettre en garde mes concitoyens: ne devenez JAMAIS client de Mobistar. Voilà un petit résumé de ce qui m’amène à le penser.

I. Usure

Actuellement, je paye 27€ par mois en tant que client Mobile Viking (pour la voix et les données sur un smartphone et un iPad). Ma dernière facture à service comparable s’élevait chez Mobistar à 45€ (près de 70% plus cher). Cette différence énorme de prix de se justifie absolument en rien. Pire que cela, j’avais commis l’erreur de débutant de signer un contrat de 24 mois (durée me semble-t-il illégale) avec l’entreprise pour bénéficier de quelques avantages, loin de compenser la différence de prix, sous la pression du service commercial de Mobistar, prêt à vous appeler plusieurs fois par mois pour vous faire « bénéficier de ces offres exceptionnelles ». En d’autres termes, Mobistar met tout en oeuvre pour piéger des clients en leur faisant croire à des tarifs avantageux, afin de les faire payer des prix exorbitants sans possibilité de mettre fin à la relation commerciale. Et je ne parle même pas ici des tarifs et options tarifaires totalement incompréhensibles qui sont pratiquées. C’est, de mon point de vue, déjà suffisant pour ne pas faire confiance à cette entreprise. Mais il y a pire…

II. C’est au client à assumer les erreurs de Mobistar

Lors de l’achat de mon premier smartphone, je me rends chez Mobistar et demande l’activation d’une option « data » sur mon abonnement. Cette option est facturée 15€ par mois (ce que je paye pour TOUT mon abonnement actuel). Malheureusement pour moi, la personne s’étant occupée de mon dossier ne l’avait pas traité correctement, et l’option n’avait pas été activée. J’ai reçu trois factures incorrectes suite à cela. La première de quelques euros, que j’ai payée tout en signalant au « service client » l’erreur, celui-ci m’assurant que la correction serait effectuée. La seconde avec 45€ de supplément que j’ai payée après avoir contacté le « service client ». Celui-ci m’a assuré que la seule solution était de payer la facture et que le montant supplémentaire serait crédité à la facture suivante, tout en me réaffirmant que la modification avait été faite et qu’il n’y aurait plus de problèmes. La troisième avec un supplément encore plus important, suite à laquelle j’ai appelé le « service client » en lui signalant que c’était la troisième fois que cette même erreur n’avait pas été corrigée. Celui-ci me demande une nouvelle fois de payer la facture, que celle-ci serait créditée le mois suivant, et que la modification avait vraiment été « pour de vrai » effectuée cette fois-ci. Je n’ai pas payé la facture, j’ai attendu le rappel de paiement, retéléphoné au service client en lui signifiant que je ne paierai pas la facture, que j’avais déposé une plainte auprès du médiateur des télécommunications. Suite à cela, Mobistar a semblé plus concilliant et les problèmes de facturation ont été réglé.

Tout cela pour dire que l’activation d’une option semble être très compliqué chez Mobistar (même quand vous avez le contrat signé en main), que c’est apparemment au client à assumer les erreurs de facturation de l’entreprise, et que vous ne devez pas hésiter à déposer plainte et à le signaler, cela peut apparemment régler pas mal de difficultés. C’est néanmoins une attitude inadmissible de la part d’une entreprise, qui confond apparemment service client et service de vente. Tout cela m’a poussé à quitter au plus vite Mobistar dès la fin de mon contrat de « fidélité ». Mais rien n’est jamais simple…

III. Un SMS pour s’abonner, un recommandé pour en terminer…

Car voilà qu’arrive l’histoire des 113,56€ du début. Après avoir fait passer numéro chez Mobile Viking via un transfert de numéro entre opérateur sans soucis (qui donne droit à une lettre ou Mobistar nous fait le plaisir de « respecter notre choix » de le quitter, mais passons), je devais en terminer avec mon abonnement data « Internet Everywhere » que j’utilisais avec un clef 3G sur USB. Si j’avais commencé avec un abonnement à 15€, mon utilisation assez faible du service m’avait fait passer à une formule 5€ + 1€ par jour de connexion. Le temps de revendre mon netbook et je n’avais plus besoin de cet abonnement. Je passe donc un appel au « service client » de Mobistar en signalant que je souhaitais mettre fin à cet abonnement. L’opérateur me répond que je dois envoyer un recommandé pour mettre fin à l’abonnement. Un peu refroidi, je laisse ça de côté, puis, comme je n’ai pas envie de payer 5€ absolument pour rien, je me décide à retenter ma chance, mais cette fois-ci auprès d’un Mobistar Center. Celui-ci me répond que je dois effectivement envoyer un courrier recommandé à Mobistar afin d’interrompre cet abonnement. Je lui fait remarquer que cela me fait bien chier de payer un recommandé à 6€70 pour interrompre un abonnement à 5€, mais rien n’y fait.

J’opte alors pour une autre tactique, juste par principe: j’arrête de les payer. Je me dis qu’au bout de trois mois, ils suspendront mon abonnement et qu’ils ne se feront pas chier à entamer une procédure de recouvrement de fond pour 15€ (que je n’aurai pas consommé de toute façon). Grave erreur! Après trois mois, ils me suspendent effectivement ma carte SIM et me facture cette suspension (18€!). Je laisse couleur les rappels de 33€ (15 + 18), et je reçois donc un peu plus tard un premier courrier de l’entreprise qui procède au recouvrement de fond pour Mobistar (Intrum) me réclamant cette fois-ci 112,9€ (35,78€ de montant de base, sans doute comprenant des frais de courrier de Mobistar, 77€ de frais, 0,12€ d’intérêt). Proposant de payer ou de laisser un message, je choisi la seconde possibilité en expliquant (en un nombre de caractères très limité dans une interface bien pourrie) que je ne paierai pas, et pourquoi je ne paierai pas. Cela n’a pas eu l’air de les faire changer d’avis puisque je reçois quelques mois plus tard un deuxième courrier d’Intrum me réclamant toujours la même somme (avec sans doute un peu plus d’intérêt). Je ne prends même pas la peine de répondre à ce second courrier, ce qui m’amène à la lettre du cabinet Renodeyn me réclamant sensiblement la même sommes. Ayant d’autres soucis en vue et, à mon avis, peu d’argument juridique pour justifier le non-paiement, malgré mes doutes sur la probabilité qu’une procédure judiciaire soit au final entamée, je me suis résolu à payer ce brave avocat (en tient-on compte dans les transferts nord/sud) tout en espérant que le recouvrement des 35,78€ que Mobistar me réclamait lui en ait coûté bien plus.

Ce qu’il y a à retenir de cela? Que Mobistar vous fera bien chier si vous ne les payez pas, et que s’ils mettaient autant de moyen et d’énergie à fournir un véritable service client, il y aurait peut-être moins de client mécontents qui seraient en défaut de paiement.

Au final, vous l’avez compris, je vous recommande chaudement d’éviter au maximum Mobistar en tant que fournisseur de service de télécommunication. Je ne sais pas si les autres opérateurs historiques offrent des services de meilleure qualité, mais ceux de Mobistar sont simplement déplorables, en plus d’être beaucoup trop cher. N’hésitez pas à vous tourner vers les MVNO, beaucoup propose des formules tarifaires pas toujours claires mais qui peuvent bien plus correspondre à ce dont vous avez besoin. Et si ce dont vous avez besoin c’est de données et peu de voix, je ne peux que vous inciter à vous tourner vers Mobile Vikings.

Je reviens de vacances familiales en Calabre, une région au sud de l’Italie, où ma grand-mère vit. Elle habite une grande maison sur la route qui mène au cimetière d’un gros village côtier qui se nomme Campora San Giovani. Des quelques jours passés là-bas ainsi que de la vision du fim « Videocracy » (que je vous recommande d’aller voir au Cinéma Nova ce 21/10), je vous livre quelques impressions en vracs sur l’Italie « profonde » et sur sa télévision.

I. Fame

S’il fallait prendre un pays pour illustrer les dégâts de la télé-réalité (en écrivant le terme, je me rends compte combien il est absurde), l’Italie serait sans doute un excellent choix. Bien avant l’avènement de ce type de programme, la télévision berlusconnienne avait déjà bien intégré l’idée que pour rendre les gens accrocs à ses programmes, il s’agissait de leur faire croire qu’elle était accessible à n’importe qui (mais pas à tous), que ceux qui y figurent sont nos voisins, et qu’un jour, tu pourras toi aussi y figurer. Non pas parce que tu fais des choses exceptionnelles, mais au contraire parce que tu corresponds exactement à l’italien moyen fantasmé. Cette télévision se voulait être un espoir d’ascenseur social express pour une population dont la majeure partie n’a pas connu la révolution industrielle et dont le modèle économique dans les années 1930 pouvait encore s’apparenter au servage. Cette télévision qui rend n’importe qui célèbre, ce n’est pas uniquement un moyen de satisfaire son besoin de valorisation, c’est aussi perçu comme une manière de s’élever dans la société, de véritablement changer de classe sociale. Dans une sorte d’instrumentalisation de la lutte des classes, elle est un excellent exemple de média utilisé comme une manière de contenir les «dominés» en leur donnant l’espoir d’une accession facile au rôle de «dominant». Et à son pouvoir d’achat.

II. Bijoux, voitures et fringues

Car, ne nous leurrons pas, ce qui est en jeu ici est loin d’une représentation abstraite du pouvoir, d’une question idéologique (la force de travail exploitée par les possédants). On en est même particulièrement loin, et j’y reviendrai. Ce dont on parle, c’est de consommation de masse et d’ostentation. Plus que jamais, l’Italie profonde n’existe que par ce qu’elle achète. Avec une prédilection pour les objets de traditions: les fringues, les bijoux et les voitures. Les appareils électroniques ont assez peu la cote (alors que je m’attendais à une débauche d’iPhone et autres mini-ordinateurs). Par contre, à Campora San Giovanni, il y a 4 horlogers/bijoutiers, alors qu’il y a 1 pharmacie. Et je n’ai pas compté le nombre de boutique de vêtements… Les jeunes vivent chez leurs parents mais on tous leur propre voiture. Ils râlent quand leur espresso passe de 0.6 à 0,7€ mais portent tous des lunettes de soleil de marques. Ici, tout acte trouve son sens dans les échanges financiers qui sont derrières, et donc par la possibilité d’acheter de l’essence pour descendre et monter le Corso en voiture pendant la soirée. Tout acte de don cache une attente d’un retour, et si quelqu’un te rend service, il s’attend à ce que tu le payes. Qu’on ne me prête pas d’intention moralisatrice, je n’associe pas la consommation à un « mal ». Mais quand une société ne semble tourner qu’autour d’elle, on peut se poser la question de la viabilité. D’autant plus que si la consommation est fortement valorisée, les moyens de la nourrir, et en particulier le travail, sont fortement dévalorisés. Au point que le travail, à Campora San Giovanni, ne semble simplement pas exister.

III. Indigne

Il y a deux raisons qui expliquent cette absence quasi-complète de travail. La première, évidente, c’est qu’il n’y a simplement pas d’employeurs. Pas d’industrie, très peu de commerces qui emploient. La manière dont le commerce est perçu est d’ailleurs assez particulière. Ceux-ci sont généralement familiaux, et toute la famille y participe. La notion d’emploi, de travail y est complètement substituée par l’idée d’une rentabilisation du capital familial. Servir dans le café familial, ce n’est pas travailler, c’est « aider la famille ». Cela serait un modèle alternatif intéressant si ce qui sous-tendait cette idée n’était pas uniquement la consommation et que le fait de ne pas présenter ce commerce comme un travail ne soit en fait qu’une stratégie visant à renforcer son image de soi. Pas d’entraide ici, on parle bien de « profiter d’un capital » contre des « services ». Cela a son importance, car dans l’Italie profonde, la consommation prend encore plus de valeur quand l’argent qui la nourrit a été facilement obtenu.
C’est la deuxième raison pour laquelle il n’y a pas de travail: personne ne veut être vu comme un travailleur. Il y a les commerçants, il y a ceux qui «rendent des services» mais il n’y a pas d’employés ou d’ouvriers. La plupart de ces occupations où on travaille sont «indignes». La pire étant bien évidemment de «travailler la terre». Des métiers perçus comme indignes, il y en a partout et dans tous les pays. Ici, cela va beaucoup plus loin, c’est l’idée même de travail qui semble être rejetée par les plus jeunes, sans doute en réaction aux plus vieux. Car oui, les plus âgés travaillent beaucoup. Et il ne peuvent comprendre et accepter que les générations qui suivent préfèrent laisser la terre en friche et acheter sa nourriture à planter des tomates. Ce discours du « travail pénible pour mériter sa pitance » s’oppose de front aux aspirations renvoyées par la télévision: ne rien faire et gagner beaucoup d’argent. L’éloignement de ces deux discours amène, plutôt qu’à trouver une position médiane, à la radicalisation des points de vues. Pas questions pour les plus jeunes de se « salir les mains ». Tout l’art consiste à rendre suffisamment de services ou de créer sa petite affaire faite de magouilles diverses. Et pour la femme, à aller à l’université pour se marier avec un homme riche

IV. Une bonne maîtresse (de maison)

Car non contente de créer un fossé entre les générations, cette télévision entretient le fossé des genres. Si vous croyez que le cliché du macho italien a vécu, vous vous trompez. Il s’est transformé mais est on ne peut plus vivace. En Italie, une femme est de toute façon mal vue si elle ne fait pas à manger correctement. Bon, si elle travaille, on peut plus ou moins l’excuser. Sinon, il est normal qu’un mari puisse trouver une bonne assiette lorsqu’il rentre du boulot (voir le chapitre ci-dessus concernant le travail). Un homme ne va quand même pas se marier si c’est pour trouver chez lui des plats réchauffés qu’il peut lui-même s’acheter en sortant du travail. Ce n’est pas pour rien qu’il y a une quantité incroyable d’émissions culinaires à la TV, et qu’elles font partie des meilleures audiences!
Au-delà de son aspect utile au fourneau, la femme est avant tout un objet sexuel. Il est assez déroutant de voir que pendant les journaux parlés, les plans sur les femmes s’attardent sans aucune finesse sur les fesses et les seins. Et ce sont toutes des putes qui en veulent à ton argent (« ne vas pas marier une femme de Cosenza – la ville la plus proche – cela va te coucher cher! »). Le seul rôle que peuvent avoir des femmes à la télévision, c’est préparer à manger et avoir de jolis (gros) seins et fessiers.
Je suppose qu’il doit y avoir des mouvements féministes en Italie, et même dans le sud, mais face à tous ces clichés, la femme italienne abdique le plus souvent. Pourtant, sans être un spécialiste du sujet, il semble assez clair que l’arrivée d’un deuxième salaire dans les foyers en Europe a marqué un tournant décisif dans la généralisation de la classe moyenne. En excluant les femmes de la vie de la Cité, les italiens fige leur société dans un cliché rétrograde. Mais la situation de la femme est loin d’être désagréable si on la compare à celle des « étrangers ».

V. Boucs-émissaires

S’il peut paraître paradoxal de voir apparaître un discours violemment anti-étranger dans une population qui pour une partie non négligeable est « rentrée au pays » après avoir émigré, c’est en fait dans ce parcours que se trouve la source de ce discour. Les émigrés des années 50 ont indubitablement beaucoup souffert. Ils étaient littéralement vendus par les Etats sous forme de taxe pour fournir de la main-d’oeuvre pour les mines, accueillis dans des conditions difficiles (c’est à dire inhumaine selon les standards actuels). Ceux qui ont vécus cela accepte mal qu’on « donne tout » aux étrangers qui viennent s’installer « chez eux » pour profiter, eux qui ont tant souffert (vous pouvez faire en parallèle entre le discour sur les étrangers et le rapport au travail). Ce « on leur donne tout contre rien » est une constante des partis anti-immigrations partout dans le monde. C’est bien évidemment un cliché que la réalité démonte tous les jours (en fait, les étrangers obtiennent peu après beaucoup de difficultés et de brimades), mais c’est un cliché savamment entretenu par des comparaisons oisives et autres généralisations basées sur des cas particuliers. C’est évidemment le cas en Italie où les étrangers ne sont pas mieux reçus que partout ailleurs en Europe.
Ca, c’est pour la réalité. Concernant la perception, elle est tellement distordue que cela en devient risible. Sur le nombre d’abord… Quand on vient de Bruxelles, l’immigration dans le sud de l’Italie est loin de sauter aux yeux. Ils sont sensés être partout et très nombreux, mais ils se cachent bien. Sur leur attitude ensuite… S’ils travaillent, ils piquent l’argent des pauvres italiens qui le méritent. S’ils ne travaillent pas, ce sont des profiteurs. Cette perception des étrangers très violentes amène des comportements très violents à leur égards, sans que personne n’y trouve à redire.

VI. Ethique

Ainsi, cette histoire d’un yougoslave payé cet été 10€ par jour pour travailler sur la plage, logé dans la réserve du bar de plage. Tout le village semble être au courant (et donc, parmi eux, des membres des forces de l’ordre), et personne ne semble y trouver à redire. Ce n’est qu’un exemple d’exploitation de la misère humaine qui montre combien la vie économique, mais la vie sociale en générale, est exemptée de toute notion d’éthique. C’est évidemment un reflet de la vie politique italienne, et sa cohabitation avec la maffia, depuis des dizaines d’années. Il est troublant de constater du peu d’offuscation des gens vis-à-vis de celle-ci. Tout le monde a des histoires de rackett de commerce et autre blanchiment d’argent à raconter, et personne ne semble y porter un jugement éthique. Ces histoires sont plus racontées sur le mode « il a voulu jouer, il a perdu », comme si la criminalité organisée n’était d’une fraude. La comparaison est flagrante quand on voit les réactions face aux faits divers dont sont encombrés les journaux (entre deux pages de publicité). Des histoires de jalousie qui finissent dans le sang, pour cela, l’appel à la loi du talion est direct, car l’honneur est en jeu. Mais dans le rapport quotidien à l’autre et au tissu social qui l’entoure, il n’y a plus rien d’humain.

Miroir grossissant

Je pourrais continuer encore, parler de sujets plus politiques, ou même de la place du piéton dans l’espace public, mais je vais m’arrêter là. L’impression globale que m’a laissé ce voyage est double. D’une part, la télévision italienne, par son culte de la célébrité, de la richesse comme valeur absolue, par ses clichés sur la femme ou les étrangers, par la manière dont elle structure ce qui est grave de ce qui l’est moins, ne fait pas qu’appauvrir culturellement la population de l’Italie « profonde ». Elle crée aussi des conditions qui rendent le développement économique de régions entières beaucoup plus difficile, elle appauvri au sens financier du terme sa population. D’autre part, si les quelques éléments que je soulève ci-dessus se retrouvent dans la plupart des sociétés occidentales actuelles de manière plus ou moins diffuse, la violence avec laquelle ces éléments sont présents dans la vie italienne et l’absence de réaction à ceux-ci sont inquiétant. C’est surtout pour moi un rappel qu’une vigilance de tous les jours est nécessaire, tant vis-à-vis de soi et de sa propre éthique qui vis-à-vis du monde dans lequel nous vivons.

Temps d’écriture : 360 minutes

Je vous reproduis ici un statut Facebook qui vient d’être publié.

A DONNER : 3 enfants de 13, 12 et 6 ans. La raison ? Adoption d’un animal, manque de place et de plus mon animal est allergique aux gosses et les enfants ca se dispute et ça crie…
Quoi? C’est grave? Ça vous choque? Pourtant chaque jour, des dizaines d’annonces sont publiées dans le sens inverse et ça ne choque pas grand monde !! Pour continuer à lutter contre l’abandon des animaux de compagnie, Publiez !!!

Quand je lis ça, j’ai juste envie d’adopter trois chiots et de les balancer du haut d’un pont.

Temps d’écriture: 8 minutes

J’ai donc eu l’opportunité d’assister à la seconde édition du #CMBE ce lundi soir à Anvers Malines. Merci à la dame qui l’organise (Saskia) et à la dame qui m’en a soufflé l’organisation (Marie).

Je ne vais rien écrire de très circonstancié, juste quelques notes des points importants qui sont ressortis des discussions autour du sujet « Kickstarting of a community » (introduit de manière claire et très bien résumée par Kristof).

  • Les concours, c’est bien, mais non, en fait: on le sait tous, mais comme on veut faire du chiffre pour vendre au client/manager/responsable, on en fait quand même. Pourtant, les concours, ça ramène des membres qui en ont rien à foutre de ce que tu as à raconter. A faire pour animer une communauté mais pas pour recruter, et certainement pas au lancement d’une communauté.
  • Know your tools: et donc, connais bien Facebook pour ce qui concerne la plupart des communautés. Que ce soit les subtilités de l’algorithme , les options de gestion de pages, les like-box, like-button et autres Facebook Connect, cet outil offre énormément de possibilités pour recruter et développer une communauté. Beaucoup trop de personnes amenées à utiliser de façon professionnelle FB connaissent leur outil beaucoup trop mal (d’autant plus qu’il évolue vite).
  • Go offline: que ce soit pour du cross-media, pour du RP ou pour du street-marketing, il faut ancrer une communauté offline. Une communauté sur le web devrait d’ailleurs commencer idéalement par des rencontres de visu, et ces rencontres de visu devraient en tout cas faire partie intégrale du métier. Faute de possibilités, utilisez le offline pour valoriser un maximum les personnes les plus actives de votre communauté.
  • Small is beautiful: la segmentation d’une communauté permet de maintenir des contenus et des interventions de haute-qualité sur les sujets abordés. Quand votre communauté devient trop grande pour que le plus petit commun dénominateur soit autre chose que le temps qu’il fait, c’est qu’il est temps de la diviser.

Evidemment, ces 4 points ne rendent pas honneur à la richesse des échanges qui se sont tenus. Et donc, si vous êtes des professionnels du community management et que vous avez du contenu à apporter, contactez Saskia et on se donne rendez-vous au retour de vacance pour la 3ème édition de cet atelier.

PS: retrouvez le compte-rendu de Florence sur son blog

Temps d’écriture: 20 minutes