Vous le savez, je travaille pour le label de musique Akamusic, et je guette donc toutes les publications web des artistes que nous défendons. Il m’arrive donc régulièrement de trainer mes guêtres sur des sites comme Charts in France ou AlloMusic. C’est justement à l’occasion d’une mise en avant par ce site de Colline Hill (si vous aimez le folk-rock, allez donc découvrir ce qu’elle fait, c’est très chouette) que je suis attiré par la titraille annonçant le nouveau clip de Britney Spears. J’y jette donc un oeil, et il me faut alors abandonner tout ce que je fais pour écrire tant il y a à dire sur cette nouvelle merveille musicale (ou pas).
Il est à noter que j’aime bien Britney Spears. C’est la première pop star que j’adopterai en 1998 (j’avais juste 13 ans) avec Baby One More Time, dont j’ai le single en pochette cartonnée acheté à l’époque 199 francs belges. J’écoutais aussi des groupes comme Massive Attack, Portishead ou Hooverphonic , mais j’arrivais parfaitement à défendre Spears musicalement, autant que ces pointures. Spears est une des premières, selon moi, à avoir fait de la pop des années 2000 (avec Madonna et son duo Ray Of Light/Music). Elle n’a jamais versé dans les sons dérivés de la « trance/acid/goa » tellement à la mode dans les milieux underground de l’époque et donc récupéré édulcoré pour le grand public (pensez par exemple à Sonique et It Feels So Good, sorti la première fois la même année que Baby One More Time ou Waiting For Tonight de Jennifer Lopez).
Et donc, on en revient à cette chanson Hold It Against Me. Déjà au niveau du son, même si toute la première partie du titre fait la part belle aux sons électro compressés (façon Justice/Boys Noize/…) et que le break reprend quelques éléments vaguement dubstep, la dernier couplet est typique de la pop pré-Britney Spears dont je vous parlais plus haut. En soi, rien d’étonnant, cette triplette électro compressée/dubstep/90′s est l’ensemble de ce qui marche pour le moment. On est juste étonné de voir les producteurs injecter dans la musique de cette pop star des éléments qu’elle a contribué à rendre ridicule et old school à l’époque.
Mais le pire est encore à venir, car j’ai donc découvert ce matin la vidéo qui accompagne ce titre.
Aù-delà des placements produits de moins en moins fins et de plus en plus nombreux dans la vidéo (certains passages pourraient être un spot publicitaire pour Sony, quasiment sans retouche), on se demande vraiment qui a réalisé la direction artistique de ce clip. Parce qu’il est simplement très laid. L’image, le décor, le maquillage, les costumes sont justes immondes. Mais ils sont immondes 90′s. On se croiraient dans les décors du 5ème Elément en moins bien. Les effets spéciaux ont l’air d’être d’époque (notamment ceux de la dernière scène de chorégraphie) et les tenues pseudo « steam-punk » font penser au déjà bien kitsch Mad Max. On ne parlera pas de la chorégraphie en elle-même qui montre que la dame ne sait simplement plus bouger (tous les mouvements les plus compliqués sont tournés par des doublures, à coup sûr), les plans non-dansés rappelant combien elle est mauvaise actrice. Les lumières sont dégueus, le cadrage infect, le montage imbuvable et on y trouve même des erreurs de lipping grosses comme des maisons. Bref, c’est vraiment de la grosse merde, et c’est totalement incompréhensible quand on est à ce niveau de produit d’entertainement.
D’autant plus que la concurrente en chef Lady Gaga propose une image autrement plus moderne. Le clip Telephone est une des meilleures vidéos musicales « grand public » de ces dernières années, à mon sens (avec le même placement produit du site de rencontre Plenty Of Fish, d’ailleurs). La qualité n’est simplement pas comparable. Reste que Hold It Against Me est sans doute le plus gros succès commercial de Britney depuis Baby One More Time. Le choix stratégique de placer Spears dans une époque qu’elle n’a jamais connue et que ses fans n’ont donc pour la plupart jamais entrevue s’avèrerait-t-il payant, malgré la qualité plus que douteuse?
Voilà, nous entrons dans une nouvelle année musicale dans laquelle j’espère continuer à avoir la force et le temps de m’intéresser à d’autres musiques, à sortir de ce que je connais et que j’aime pour me lancer dans des directions moins évidentes, mais plus gratifiantes. Voilà, en tout cas, les chemins musicaux que j’ai arpentés cette année, et qui m’ont ravis. Pas de top au sens strict, mais des catégories bronze, argent et or.
Bronze (c’est bien fait, j’aime beaucoup, mais rien de neuf sous le soleil)
Robyn – Body Talk
Excellent album synth-pop, production impeccable, des morceaux excellents, d’autre moins biens, mais une belle unité sonore. Evidemment, il n’y a rien de novateur dans la musique de Robyn, mais je ne renie jamais l’efficacité d’un album pop quand je la croise.
Phil Selway – Familial
Une presque déception, cetalbum. Si le titre « By Some Miracle » me faisait espérer une pop dépouillée mais habitée, aux sonorités simples mais suffisamment maîtrisée pour faire voyager, je trouve que l’album s’enfonce finalement dans une pop à guitare qui manque d’ampleur et de propos. Reste que si vous êtes clients du style, cela reste honnête.
Reverse Engineering – Highly Complex Machinery
Là encore, des attentes peut-être trop grande pour ce second album de ce groupe de hip-hop suisse m’ont fait un peu déchanter. Cela reste très bon, excellent même, mais il n’y a rien dans cet album qu’on ne peut trouver sur le premier opus, un monument dans le genre hip-hop / abstract aux sonorités industrielles. Si vous ne connaissez pas, les deux albums se valent et je vous recommande d’en explorer un. Si vous connaissez, ne vous attendez pas à être étonné à l’écoute du second, ni en bien, ni en mal.
Yoav – A Foolproof Escape Plan
J’avais beaucoup apprécié le premier album de ce chanteur guitariste en solo, et j’avais déjà émis quelques doutes sur sa capacité à évoluer, vu les contraintes techniques qu’il s’impose (live en solo, avec juste une guitare et des sampler pour enregistrer des boucles en direct). C’est ce qui ressort de ce deuxième disque, bon au demeurant, mais très proche du premier. Le live, par contre, s’est franchement amélioré, le jeune homme réussissant à s’affranchir des difficultés techniques pour livrer une prestation plus chaude et plus en contact avec le public.
Argent (c’est franchement bien, mais est-ce que ça passera l’année?)
Stromae « Cheese »
Non, je n’ai pas honte, j’ai beaucoup écouté le premier album du jeune bruxellois « découvert » par NRJ, squatteur des ondes et des classements iTunes avec son excellent titre « Alors On Danse« . Comme je ne suis pas un grand auditeur des radios commerciales, que je n’ai pas la télévision, je n’ai sans doute pas été aussi exposé à son titre que la majorité. J’ai donc apprécié la production so 90′s, minimaliste mais efficace sur certains titre, tout comme certains textes plutôt réussis (Alors On Danse, Te Quiero, Dodo) et l’interprétation du bonhomme. Après, le risque est grand de le voir sombrer au second opus, mais pourtant, je garde espoir car son activité online plutôt prolifique et originale me semble être le signe d’une certaine lucidité et intelligence. En bonus, un titre produit bien avant son album, où on retrouve déjà le sens le sens du refrain pop qui fait mouche, encore trop engoncé dans ses clichés hip-hop.
Nedry – Condors
Un album réellement intéressant de bout en bout, mêlant influences très diverses (dubstep, synth-pop mélancolique, rock bien électrique) et titre franchement étonnants (pas grand rapport entre Apple & Pears et Scattered), mais réussissant à maintenir une qualité assez constante et à produire des titres excellents. Difficile de savoir si la carrière de ce groupe va se poursuivre, on ne peut pas dire qu’ils auront réussir à se construire une identité forte grâce à ce disque. Et je n’ai malheureusement pas pu profiter de leur passage au Botanique pour juger du résultat live. En attendant, les versions studios sont très recommandable, si vous n’avez pas peur de passer du froid au chaud d’un morceau à l’autre.
Koudlam - Goodbye
J’ai jusqu’ici plutôt soutenu des albums assez constants dans la qualité de leur titre, c’est moins le cas à mon goût de cet opus de Koudlam, premier disque qui a par contre une personnalité bien marquée. Emmené par le titre irrésistible « Love Song« , la musique de Koudlam mélange éléments électroniques assez travaillés à des instruments rock et une composition plutôt pop. La voix du chanteur renforce cette personnalité musicale, parfois froide et inspirée du post-punk, parfois nettement plus émouvante comme sur le titre « Goodbye« . Peut-être une valeur montante de la musique électronique pas bête, si la qualité moyenne des titres continue à progresser pour atteindre celle des meilleurs morceaux de l’opus. Certaines plages sont en effet un peu vides ou inintéressantes.
Chloe – One in Other
La DJ française continue tranquillement et trop discrètement sa carrière avec ce second disque excellent. Passant de structure plus pop à plus électro, de morceau plus dansant et rythmique à d’autres plus mélodiques, elle réussit à maintenir le plaisir d’écoute dans le salon sans difficulté. C’est vraiment dommage que ce disque ne comprenne pas un titre-phare pour emporter l’adhésion totale et qu’il n’y ai pas un petit quelque chose qui le fasse ressortir de la jungle des bons disques de musique électronique (alors qu’il vaut autant si pas plus que le Mount Kimbie dont on a beaucoup parlé).
Foals – Total Life Forever + The Chemical Borthers – Further
Assez différent du premier opus, disposant de quelques titres imparables (Spanish Sahara et son remix de Mount Kimbie pour le coup très inspiré, Alabaster), il a l’avantage d’un bel univers sonore sur son ensemble. Néanmoins, le plaisir d’écoute s’essouffle assez vite et c’est donc un album à consommer maintenant dans l’idée des portes qu’il ouvre pour la suite de la carrière du groupe. C’est plus ou moins le cas également du dernier Chemical Brothers, même si celui-ci s’écoute plutôt en gardant un oeil dans le rétro de la carrière assez monumental du groupe. Plus mature à mon sens que le précédent opus, moins dansant, mais consistant peut-être en une étape d’une mutation en cours.
Or (ils seront probablement dans mon top de la décennie prochaine)
Bomb The Bass – Back To Light
Un album complètement passé inaperçu d’un projet ayant pourtant trusté les charts fin des années 80. Je dois avouer que si je n’étais pas passé chez mon vendeur de disque indépendant au moment où il était en rayonnage « nouveautés », je ne l’aurais probablement jamais écouté. Quelle perte cela aurait été. La production co-signée par Gui Boratto, un des meilleurs producteurs de musique électronique de ces dernières années, ajoute cette touche entêtante aux titres plutôt électro-pop 80′s du groupe. Il faut dire que Tim Simenon (l’homme derrière ce pseudo) est un producteur qui a gagné ses heures de gloires avec des titres 80′s (l’album Ultra de Depeche Mode, le début de la carrière de Neneh Cherry). Ici, l’album mêle éléments modernes avec d’autres plus rétros, mais maintient une efficacité pop sur l’ensemble. Finalement, le titre le plus décevant est celui co-produit avec Martin Gore, bien moins intéressant que The Infinites ou Price On Your Head où les voix de Paul Conboy et Richard Davis font mouche. L’album en or que j’ai eu beaucoup de chance de trouver.
Matthew Dear – Black City
C’est peut-être dû au fait que j’ai découvert cet album il y a 15 jours, juste après un live magistral, mais j’ai depuis du mal à me détacher de cette musique sombre et vénéneuse proposée dans ce deuxième album qui est bien meilleur que le premier, déjà tout à fait respectable. Des titres comme « I Can’t Feel » ou « You Put A Smell On Me » ont un côté animal, charnel, tout autant que froid et calculé. Une sorte de musique tribale qui aurait été produite dans une cave new-yorkaise, la jungle urbaine chantée par un Sinatra dépressif. Formidable!
Massive Attack – Heligoland
C’est l’album que j’ai écouté le plus cette année, sans aucun doute. Extrêmement méfiant vis-à-vis de ce retour après l’album 100th Windows auquel je n’avais pas du tout accroché, des titres comme Splitting the Atom (une sorte de relecture minimaliste du style des premiers albums), Pray For Rain (la voix du chanteur de TV On The Radio est superbe), Paradise Circus (comptine pluvieuse assez émouvante et sexy) ou encore Saturday Comes Slow (le meilleurs titre de Damon Albarn depuis longtemps) ont fait disparaître toutes mes réticences. Certes, les deux titres de Martina Topley-Bird ne sont pas à la hauteur et l’expérimentation menée par Guy Garvey sur Flat Of The Blade devient assez gonflante après plusieurs écoutes, mais l’ensemble est d’une telle tenue, et certains titres sont tellement excellents, que je comprends peu pourquoi ce disque est si souvent oublié dans les tops de l’année 2010. Je l’ai rangé dans la section « A conserver en cas d’hiver nucléaire » à côté de l’album Mezzanine.
Caribou – Swim
Franchement, le nom du bonhomme comme de l’album est pourri, la couverture est assez moche mais les morceaux irradient tant de chaleur et d’inventivité qu’on ne peut que succomber à ce disque. J’en avais déjà parlé, mais Odessa, Sun et Found Out sont des morceaux immédiats et parfaits, mélant pop, électronique, rythmiques tribales et cette distance d’un chant qui se rapproche de celui d’Erlend Oye. En plus, le clip de Sun réussit à transposer visuellement, avec une véritable originalité, exactement ce qu’on ressent à son écoute.
Je m’arrête ici, j’aurais pu également citer le très pop et premier degré One Life Stand de Hot Chip, l’excellent troisième opus de Archie Bronson Outfit, Coconut, les premiers opus prometteurs de Boy & The Echo Choir ou de Bear in Heaven, la compilation hommage à Neu « Brand Neu! » ou le dernier opus de Liars, mais trop de médailles galvaude leur valeur.
Cecilia H. est devenue chanteuse parce qu’elle était une actrice frustrée. Cela se sent. Elle aime jouer, en fait trop, commet des maladresses de jeunesse comme nous en commettons tous. Mais derrière ce petit bout de parisienne se cache une personnalité à plusieurs facettes, une plume personnelle même si parfois peu naturelle et une volonté de sortir du carcan de l’ancienne comme de la nouvelle chanson française. C’est à découvrir dans une petite vidéo de présentation qui, ma foi, fait son petit effet
Le travail musical réalisé sur son premier single 2 titres (Ô Mon Père et Pour Oublier) est certainement le fruit de sa collaboration avec Yan Péchin, guitariste de feu Alain Bashung, dont on retrouve la patte. Pourtant, c’est avec un autre guitariste qu’elle se produit en live, en on peut imaginer que les arrangements devaient déjà tendre vers cette couleur avant le passage en studio. Ce que ça donne, au final, ce sont des morceaux avec des textes intéressants, des arrangements guitares/clavier suffisamment hors format pour coller aux textes, surtout sur le deuxième titre « Pour Oublier« , quelques légèretés et imprécisions par moment, mais une envie certaine de voir vers où la jeune dame va se diriger. Vous pouvez regarder son clip ci-dessous ou découvrir ses morceaux sur son Noomiz : www.noomiz.com/ceciliah
PS : vous pouvez aussi l’écouter poser sa voix sur un morceau nettement plus industriel d’Elastik. Quand je vous dit qu’elle promet pas mal de bonne chose pour l’avenir, la gentille Cécilia!
Temps d’écriture : 49 minutes
#Full Disclosure : je suis community manager pour Akamusic, le label participatif grâce auquel Cécilia H. a pu être produite et qui est en charge de sa promotion. Je n’aurais probablement pas entendu parler de cet artiste si je n’avais pas travaillé à cet endroit. Néanmoins, cet article reflète une critique et un choix entièrement personnel, il n’est pas lié à ma fonction. Il s’agit de mon premier article concernant une artiste Akamusic depuis que je travaille pour ce label, je n’exclus pas d’en écrire d’autres pour d’autres artistes que je découvrirais et apprécierais via mon travail.
Avant de commencer cette critique, je tiens à préciser que contrairement à beaucoup d’autres et malgré le fait que j’ai énormément apprécié The Dark Knight du même réalisateur, mes attentes vis-à-vis du dernier Nolan étaient relativement limitées. La faute à Leonardo di Caprio que j’ai toujours trouvé insipide, et simplement parce que les trailers centrés sur l’action ne me semblaient pas spécialement attirant.
Je n’ai donc pas été déçu d’Inception. Même si le film a de très nombreuses petites faiblesses. Le point fort du film est très certainement son idée scénaristique et la consistance de son univers. Même si certains essayent d’attaquer la cohérence de la théorie sur les rêves développée dans Inception, je trouve au final que les règles avancées sont cohérentes (bien que totalement fictionnelles et qu’il ne tente pas d’explication pseudo-scientifique). J’ai donc apprécié ce scénario en couches de rêves imbriqués qui permettent une complexité sympathique tout en offrant une certaine lisibilité de l’action. Rajouté à cela une image assez léchée, une musique plutôt réussie et un montage qui sert réellement le propos, et vous obtenez une oeuvre intelligente et agréable pour l’été.
Mais on est loin du chef-d’oeuvre à cause de menus défauts virant parfois au désagréable. Le premier étant la narration. Si l’idée scénaristique est très bien exploitée, le propos est lui totalement anecdotique. Que ce soit le thriller d’action ou les réflexions pseudo-psychanalytique du personnage principal, rien ne passionne vraiment. Si on rajoute à cela certains personnages baclés (le personnage d’Ellen Page notamment), un Leonardo di Caprio aussi monocorde qu’à son habitude et certaines longueurs dans les scènes d’action, et on obtient un film qui ennuie par moment. Rien de totalement rédhibitoire, un bon film, mais juste un bon film…
Je suis tombé par hasard sur une version leakée du prochain album de M.I.A., prévu à la sortie dans une dizaine de jour. Il faut bien admettre que j’avais été un peu refroidi par le deuxième single sorti après le petit buzz de la vidéo « Born Free » de Romain Gavras. Le titre XXXO peut en effet faire craindre que les producteurs de M.I.A. (Rusko, Diplo et Switch) avait définitivement basculé du côté facile de la Force, celui où toutes les voix sont vocodées et où les beats ne sont que des pâles copies de ce qui a déjà été fait. Je suis assez rassuré avec les autres singles et titres à venir, malgré la mauvaise qualité des enregistrements que j’ai pu écouter. Steppin’ Up confirme la tendance indus annoncée dans Born Free, Teqkilla ressemble à un bon gros délire mélangeant beaucoup trop d’influence pour être réellement dénombrée tandis que Lovalot s’annonce comme un tout grand morceau qui me fait penser au morceau lâché plus tôt cette année : Theres space for ol dat I see. Bref, je ne demande qu’à être convaincu par cet album. Cela éviterait que je perde encore un peu plus ma foi dans le music business…
Vous la savez peut-être, la médiathèque de la communauté française avait inauguré, il y a quelques mois déjà, une formule d’abonnement pour accéder à ses collections. Le principe était simple : 20 euros par mois pour pouvoir garder 10 médias chez soi, quels qu’ils soient, pour la durée que l’on veut, du moment qu’on ne disposait pas simultanément de plus de 10 médias. L’heure des bilans venus, il apparaît que la formule s’est avérée très réussie, faisant non seulement tourner le catalogue de la médiathèque et sortir des médias oubliés, mais également augmenter le nombre d’utilisateurs de ces services, et donc augmenter les recettes de cette institution. Dès lors, l’offre qui était sensée se terminer continue jusqu’au 29 juillet et la Médiathèque annonce déjà une nouvelle offre pour prendre la relève, qui serait moins coûteux pour le service qui fait toujours face à d’énorme difficulté financière.
Je suis réellement très content d’apprendre le succès de cette offre, la médiathèque restant pour moi le moyen idéal de réellement faire des découverte musicale. Internet permet bien sûr d’avoir accès à un catalogue immense, mais s’il est impossible de passer à côté des dernières sorties de Justin Bieber et ses confrères, les petites perles même bien distribuées restent souvent introuvable sur la Toile. A la médiathèque, elles sont (presque) au même niveau.
Philip Selway n’est sans doute pas le plus connu des membres de Radiohead mais le batteur a pourtant sorti son propre album solo. Radiohead étant un groupe encore relativement uni malgré la grand présence du chanteur et leader Thom Yorke, la nouvelle m’est parvenue via la newsletter du groupe et j’ai ainsi pu écouter le premier titre de l’album à paraître en août « Familial ». Pour ceux qui regrette l’époque plus acoustique de Radiohead, ce premier titre appelé « By Some Miracle » devrait être un régal et on y découvre une voix ma foi pas désagréable ainsi que quelques bonnes idées dans les percussions (bon, ça c’est pas trop étonnant). Un sens mélodique également. Peut-être une bonne surprise de la fin de l’été !
La cuisine belge est totalement mésestimée. Elle est pourtant une cuisine jouissive, sans doute pas aussi fine et travaillée que la cuisine française, mais pleine de saveur grâce à l’utilisation de produits simples. A Bruxelles, il est possible de trouver quelques tables dans ce style assez sympathiques, en voilà quelques unes.
Viva m’boma
Impossible de ne pas commencer cet article par ce restaurant incroyable située Rue de Flandres, juste à côté de la place Sainte-Catherine et dans pas loin de tous les bars flamands si sympathiques de la capitale. Situé dans une ancienne boucherie dont le carrelage blanc au mur a été conservé, la salle est tenue par une famille bruxelloise sympathique et les quelques tables à l’intérieur et sur la terrasse en cas de beau temps sont toujours fort occupées. Normal, les langues de veau à la sauce verte sont une entrée absolument délectable tandis que tous les plats, de l’onglet de cheval et ses vrais frites à la boulette sauce tomate, sont savoureux au possible. En plus, il est possible de s’en tirer pour une somme relativement raisonnable. Pensez à réserver, le restaurant n’est pas ouvert tout le temps et il est plutôt fréquenté.
Mirabelle
Le cimetière d’Ixelles regorge d’établissement plus ou moins corrects dans le style « brasserie » mais la Mirabelle est sans doute le seul qui vaut réellement le détour. Ouvert souvent et tard, vous pourrez y déguster un ensemble de plats de brasserie et de plats belges traditionnels (chicon au gratin, rognons, stoemp saucisse et un excellent américain) dans une salle suffisamment grande pour être quasiment sûr de pouvoir trouver place même lorsque vous n’avez pas réservez. Le service est rapide et convivial, l’addition plus élevée que la moyenne des environs tout en restant raisonnable et les plats seuls capables de sustenter les plus affamés. C’est aussi pour ça qu’on aime la cuisine belge…
Houtsiplou
Est-ce vraiment une table belge ou de brasserie ? Sans doute pas, le Houtsiplou, place Rouppe, propose bien d’autres mets que les traditionnels stoemp saucisse, chicon au gratin et moules frites. Ils proposent de fameux véritables hamburger, des tartines ou des salades. Ce qui est sur, par contre, c’est que le Houtsiplou est bien belge. Les frites sont réellement délicieuses et le décor est tout en dessin rappelant l’histoire de Belgique (et même avant que celle-ci existe). Le service est peut-être un peu froid, mais vous pourrez manger-là plus ou moins à n’importe quel moment de la semaine, le tout pour un prix très raisonnable. Et ce, même si vous vous laissez tenter (si vous avez encore la place après le plat) par les desserts. Bref, une cantine peut-être, mais une de celle qu’on aimerait vraiment avoir au coin de sa rue pour pouvoir en profiter plus souvent !
Le Royal
Autre restaurant de la Rue des Flandres, mais plus loin vers Molenbeek, le Royal s’affiche comme une brasserie tendance, symbole de la reconquête de la bourgeoisie bruxelloise de ce quartier longtemps laissé en friche. A priori, je ne suis pas fan de ce genre d’établissement, en grande partie à cause de la population qui y traine. A raison d’ailleurs, l’établissement ne manquant pas à sa réputation : bruyant, surpeuplé de personnes qui veulent surtout se montrer avant de manger. Le service en pâtit d’ailleurs, il est un peu débordé, tandis qu’on peut difficilement profiter du cadre même si il a plutôt l’air soigné. Reste l’assiette qui vient rattraper ces menus défauts. La carte est longue et propose, à côté d’un nombre assez étendu de plats de brasserie (parmentier de cheval, carbonnade et banquette de veau entre autres), le lieu propose une carte branchée orientée cuisine « fusion légère » avec consonances asiatiques. C’est tout à fait bon, cela reste abordable (même si le fait de faire payer l’accompagnement à côté est assez vicieux et relativement peu justifié vu le prix global) mais cela reste dans les normes. Dès lors, je recommanderais plutôt la Mirabelle où la cuisine a un petit plus et où l’ambiance sera plus détendue. Maintenant, si vous recherchez un spot branché à Bruxelles, allez-y, vous ne serez probablement pas déçus…
Il y a bien sûr de nombreux autres endroits où on peut déguster de la cuisine de chez nous, mais voilà une sélection de ceux que j’ai pu tester. Nul doute qu’elle devrait s’étoffer au fur et à mesure de mes pérégrinations bruxelloises.