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VIa Sound of VIolence

Ca fait un petit temps que je ne vous ai pas parlé de musique. Pourquoi ne pas reprendre avec un de mes « chouchous », Tom Vek. J’avais beaucoup apprécié son premier album « We Have Sound » et je me désespérais depuis longtemps de n’entendre plus parler du jeune homme (« We Have Sound » date quand même de 2005).

Et puis, au printemps 2011, on m’annonce que le second album « Leisure Seizure » de Thomas Timothy Vernon-Kell serait bientôt une réalité. Le premier single « A Chore » montre que Tom Vek n’a pas beaucoup bougé depuis le temps. Il continue a avoir sa personnalité, son humour et son ton détaché. C’est d’ailleurs la principale critique qu’on peut adresser à ce second disque: il n’y a pas vraiment d’évolution dans la musique de Tom Vek.

Mais au final, est-ce vraiment un problème? Le premier disque avait été très bien accueilli par un public averti mais limité, il n’y a pas de mal à retenter le coup avec le second. Ce dernier s’avère, en contrepartie de son manque d’évolution, de la même qualité que le précédent. Toujours multi-instrumentiste, toujours inspiré des petits délires funk/punk poussé (à nouveau) sur le devant de la scène par la clique à James Murphy, le jeune homme nous pond quelques titres qui sont en mesure de rester coincer derrière nos oreilles un petit moment: Hold your Hand, A Chore et surtout Aroused dont le clip me semble particulièrement bien torché:

Après ces trois morceaux d’ouvertures franchement bons, on retrouve quand même quelques déchets mais d’autres excellents titres: Seizemic, A.P.O.L.O.G.Y. ou encore On a plate ressortent d’un album où l’homogénéité et la cohérence sont à la limite de provoquer l’ennui.

Il faut dire que le charme de cette musique repose en grande partie sur la présence vocale de Tom Vek. C’est d’ailleurs ce qui se confirme en live, où son interprétation de crooner blasé prend toute son ampleur. On danserait presque sur la musique s’il n’y avait la nonchalance totale de son interprète. Nonchalance de façade, bien évidemment, vu la maîtrise technique globale qui ressort tant en live qu’en version studio.

Il n’empêche que c’est peut-être ce qui explique le manque de succès du jeune homme. Comment réellement s’engager pour une musique vis-à-vis de laquelle l’interprète lui-même semble se détacher…

Temps d’écriture: 45 minutes

20110504-073523.jpgOn ne le dira jamais assez, le rose est une couleur trompeuse. Les égarés qui la portent en chemise devraient d’ailleurs tous écouter l’album « A Brief History Of Love » de « The Big Pink » pour se rendre compte de ce que cette couleur inspire. Rien de très joyeux, en tout cas.

Évacuons tout de suite le single « Dominos » qui essaye de cacher derrière un refrain catchy la déprime profonde de ce disque. Il faut dire qu’entre les influences très Kazabian sur ce single mais aussi sur « Too young to love » (où on ressent aussi un fond Krautrock typique de ce groupe) et celles plus proche de The Verve sur « Love In Vain » (surtout dans le chant, mais aussi les arrangements que je rapproche du titre « Sonnet » de The Verve), les modèles sont loin d’être les lurons les plus gais du paysage musical anglais (quand bien même porterait-ils des chemises roses).

Le problème, c’est que je suis plutôt client de Kazabian, mais nettement moins de The Verve. Du coup, je suis assez partagé sur ce disque, qui se laisse néanmoins écouter sans déplaisir. Ça ne réinventera pas la musique, mais des titres comme « Dominos », « Too young to love », « Frisk » ou « Tonight » m’ont divertis suffisamment quelques écoutes pour que l’album ne finisse pas dans l’oubli des tréfonds de ma bibliothèque iTunes. J’ai néanmoins des doutes sur le pérennité du groupe (mais c’est ce que j’aurais dit aussi sur le premier Kazabian, donc, pour ce que ça vaut…).

Au final, ce qu’il y a à retenir, c’est que si vous pensez que porter des chemises roses vous donne l’air de businessman jeune et actif, dites-vous que pour d’autres, cela donne plutôt une image de romantique dépressif. Donc ne portez pas de chemise rose, et puis c’est tout.

Écouter des extraits sur MySpace: http://www.myspace.com/musicfromthebigpink

PS: apparemment, fin 2009, cet album était attendu. Voilà ce qu’en dit Fluctuat (mais où voient-ils du Pivot et du Massive Attack…)

Temps d’écriture: 35 minutes

Je parle encore de quelqu’un qui chante en français, mais elle chante aussi en anglais. Néanmoins, ces titres ayant le plus d’intérêt sont en fait plutôt dans la langue de Molière que celle de Shakespeare. La jeune dame en question, c’est Peau qui présente son premier album « Première Mue ». Bon clairement, il y a du bon et du moins bon dans l’album, mais c’est suffisamment intéressant pour mériter quelques lignes.

Il y a d’abord l’excellente introduction « Première Mue », un titre electro-pop soutenue par la voix murmurante de la jeune dame qui pose bien son univers. Hélas, à cet excellent titre succède celui qui crystalise l’ensemble de ce qui me déplaît dans l’album : « Kyle » et « Enola Gay ». Ca ressemble à du Charlotte Gainsbourg ou à du Emilie Simon, mais sans la personnalité et avec un accent anglais et des arrangements déplorables. Le premier dans le registre électronique, le second plus guitare.

Heureusement quelques titres viendront nous sauver : « Sensuelle », « Breathe » et surtout le titre le plus réussi du disque « Litanie » avec des arrangements plus osés et un texte un peu plus prenant que les quelques rimes riches qui nous sont proposées au début de l’album. Ces titres offre également au disque une vrai personnalité, un peu moins calquée sur celle des modèles cités plus haut (qui reste néanmoins présents).

A l’heure où beaucoup salue le travail de Mélanie Laurent, je me permets d’attirer l’oreille de mes lecteurs sur cette alternative un peu plus crédible et personnelle, que je rapprocherais au niveau de l’univers de celui de Cécilia H.

A écouter sur son MySpace, sur Deezer (même pour les belges apparemment, ce qui est rare) et à regarder par là

Temps d’écriture : 22 minutes

Je ne parle pas souvent de jeu vidéo sur ce blog. Et pour cause, je n’ai et ne prends fondamentalement pas le temps d’y jouer. Plus jeune, j’ai été un joueur assez assidus sur PC. J’ai eu un Game Gear et une Mega-Drive, mais la plupart des mes expériences vidéo-ludique ont été consommées avec un clavier et une souris. Je n’étais pas à proprement parler un hardcore gamer (même si j’ai joué à Unreal Tournament, Warcraft I, II et III, SimCity et Civilization un peu toutes les versions), j’étais plutôt attiré par les expériences de jeu originales.

J’ai ainsi particulièrement apprécié des jeux comme Dungeon Keeper, GTA, Evil Genius, Freedom Force ou les Sims (oui, à l’époque, c’était original). C’est donc tout naturellement, lorsque je n’ai plus eu d’ordinateur de jeu, que je me suis tourné vers la Wii où j’ai également privilégié les jeux plutôt originaux (Okami, Super Smash Bros Brawl, MadWorld et autres Bully). Maintenant que je ne suis plus étudiant et que je ne prends plus le temps de lancer ma console une heure (ce qui est assez triste, quand on y pense… On joue beaucoup trop peu), les seuls jeux auxquels je jouent sont ceux de mes périphériques portables que je sors dans les transports.

Et bien, force est de constater que les plateformes iOS s’en sortent pas mal pour proposer des expériences video-ludiques de qualité et originale. La dernière en date s’appelle « Superbrothers: Sword & Sworcery EP« , uniquement sur iPad. Ouais, c’est un nom impossible, il vous en coutera 3,99€ pour une durée de vie assez courte, à priori (je ne l’ai pas encore fini), mais la qualité est au rendez-vous. Le jeu se veut exploiter au maximum les capacités de l’appareil. Il sera donc préférable de jouer au casque pour profiter de la bande-son composée pour le jeu et franchement réussie, d’ouvrir grand les mirettes pour profiter de l’univers graphique plutôt original et poétique, de bien comprendre l’anglais pour saisir l’humour « très geek » des textes et de prendre le temps d’un jeu sans grandes difficultés, surtout relaxant et contemplatif. Paradoxalement, si vous n’avez pas l’habitude des jeux vidéo, il vous sera peut-être plus difficile d’en profiter, le soft jouant assez bien des références en détournant certains poncifs de l’industrie. Néanmoins, si vous avez un iPad, vous ne devriez pas passer à côté de ce Apps!

Temps d’écriture : 32 minutes

20110413-084030.jpgJe ne suis pas particulièrement fana du label du label Warp. Je trouve souvent leur sortie pompeuse et leur ouverture vers d’autres styles opportuniste. C’est pour cela que, lorsqu’on me dit qu’un groupe electro-pop sort son premier album sur Warp, je suis loin de me jeter directement dessus. Encore moins quand le groupe se nomme « The Hundred In the Hands ». Sérieusement, penser un tout petit peu marketing lorsqu’on choisit son nom de groupe, c’est pas interdit. Ici, le nom est long, difficile à écrire (c’est In ou And, le pluriel est sur Hundred ou Hand,…) et c’est pas particulièrement sexy.

Mais bon, tout cela ne me décourage pas totalement et je décide de jeter une oreille relativement attentive à l’album éponyme. Je me rends compte alors que tous les gens « qui comptent » dans la blogosphère musicale francophone (et anglophone aussi) en ont déjà parlé il y a 9 mois et que ma chronique a donc une pertinence proche du zéro. Pourtant, il n’y a pas de quoi d’exciter autour de ce projet.

Pour situer, c’est de l’electro-pop vintage comme elle n’a jamais été plus à la mode que depuis les années 2000. Je suis sur qu’on a comparé la musique de The Hundred in the Hands à Ladytron, et j’irai plus loin en disant que sur certains morceaux, cela se rapproche plus de Client (Dead Ending) ou même de Radio 4 sur les morceaux à la guitare sage et à la basse gentillement rebondissante, et c’est pas trop un compliment (Commotion, Pigeon).

Et puis, on sait pas trop pourquoi, certains morceaux ont un semblant de début de personnalité. Killing It et surtout This Day Is Made a un petit coté electronica pas déplaisant, même si les voix montrent là encore opus leur faiblesse. Les guitares deviennent un peu moins lisse et les compositions plus osées sur Gold Blood et surtout Dressed In Desden.

Au final, c’est parfois grossier et difficile à supporter, parfois juste peu inspiré sans que cela soit mal réalisé. Et on pourra même en retirer un ou deux titres un peu plus intéressants.

PS : certains en parlent comme de la pop/disco new-yorkaise, mais il n’y a rien de disco, et c’est pas le meilleur du panier de la scène de Brooklyn. D’autre le situe entre Dub, pop et post-punk, el là, je dois dire, je sais pas…

Temps d’écriture: 23 minutes

J’étais donc ce jeudi dernier au Botanique pour le concert de The Dø (ouais, je me fais chier à l’écrire avec le o barré, mais sans doute pas dans tout l’article). Si j’avais été complètement emballé par le titre « Slippery Slope » de leur deuxième album, le second single m’avait bien refroidi et j’y arrivai donc sans attentes démesurée.

Bien m’en a pris, car le résultat a été plutôt médiocre. Il n’y a rien de bien concret pourtant à reprocher au groupe: il joue bien, ils proposent de véritables relectures de leurs morceaux tendant vers le côté tribal/bruitiste qui me plait justement sur « Slippery Slope ». Mais le tout manque cruellement d’âme. Les interludes en percussions métalliques n’amène ni tension ni attente, juste ennui, et les solos de guitares électriques/saxophones/… en fin de chaque morceau deviennent vite rébarbatives. Sur quelques morceaux, on perçoit au loin ce que le groupe aimerait faire (Slippery Slope, On My Shoulder, Dust if Off), mais les quelques moments où leur univers arrivent à réellement nous emporter sont vite gâchés par des passages pseudo arty totalement artificiels. Ils auraient mieux fait de rester plus pop ou avoir des morceaux beaucoup plus solides pour supporter ces grands travaux.

Heureusement, ma soirée, dans l’ensemble, a été très positive pour moi. Car j’ai eu l’occasion de découvrir en première partie de ce concert « Random Recipe », un groupe québécois de musique « fusion »: deux voix, une plutôt soul et une plutôt rap, un guitariste/claviériste et un percussioniste ont réveillé une salle qui ne s’attendait sans doute pas à cela. Les influences sont nombreuses, mais ce qui ressort de la prestation, c’est l’énergie et le partage, ainsi qu’une certaine maîtrise technique. Celle-ci n’est pas suffisante pour sauver l’enregistrement studio, un peu trop plat faute d’une production à la hauteur de titres, même si cela reste tout à fait écoutable, mais est tout ce qu’il faut pour placer une excellente soirée. Je suivrai donc de loin la carrière de ce groupe (pas distribué en Europe) et je vous invite à vous rendre ce vendredi au Café de la Maison du Peuple de Saint-Gilles à 22h pour assister à leur prestation sur scène, clairement l’endroit où les titres vibrent!

Temps d’écriture : 24 minutes