L’electro du début des années 2000 ne se résume pas à Daft Punk. Il y a aussi deux américains, Warren Fischer et Casey Spooner, qui vont se fendre d’un album marquant à de nombreux points de vue.
Tout d’abord parce qu’en 2001, le duo plutôt issu de l’art plastique et du théâtre, donne déjà en téléchargement gratuit sur leur site internet leur titres, ce qui leur permet de se faire signer par une major (bien avant les artistes « MySpace » donc).
Ensuite par le travail graphique et scénique qui constituera leur marque de fabrique, même si le résultat reste discutable, au fil des ans.
Et puis, il y a ce premier album, une sorte de réponse anglo-saxonne au « Homework » de Daft Punk, tout en rythmique évolutive, en break bizarroïdes, en montée de clavier aux sons facilement identifiables. Et dedans, le single imparable « Emerge » qui reste un de mes titres electro favoris depuis 10 ans.
Depuis, on peut dire qu’ils n’ont rien fait de très bon. Leur deuxième comme leur troisième album sont peu convaincant, très pop et, malgré leur son reconnaissable, assez peu original. On en restera donc à ce premier album qui, en plus de contenir d’excellents titres (Emerge, Sweetness, Horizons) est également très cohérent dans son ensemble, une qualité que j’apprécie énormément en tant qu’acheteur de ces petit frisbee plastique que sont les CD
Vous le savez, je travaille pour le label de musique Akamusic, et je guette donc toutes les publications web des artistes que nous défendons. Il m’arrive donc régulièrement de trainer mes guêtres sur des sites comme Charts in France ou AlloMusic. C’est justement à l’occasion d’une mise en avant par ce site de Colline Hill (si vous aimez le folk-rock, allez donc découvrir ce qu’elle fait, c’est très chouette) que je suis attiré par la titraille annonçant le nouveau clip de Britney Spears. J’y jette donc un oeil, et il me faut alors abandonner tout ce que je fais pour écrire tant il y a à dire sur cette nouvelle merveille musicale (ou pas).
Il est à noter que j’aime bien Britney Spears. C’est la première pop star que j’adopterai en 1998 (j’avais juste 13 ans) avec Baby One More Time, dont j’ai le single en pochette cartonnée acheté à l’époque 199 francs belges. J’écoutais aussi des groupes comme Massive Attack, Portishead ou Hooverphonic , mais j’arrivais parfaitement à défendre Spears musicalement, autant que ces pointures. Spears est une des premières, selon moi, à avoir fait de la pop des années 2000 (avec Madonna et son duo Ray Of Light/Music). Elle n’a jamais versé dans les sons dérivés de la « trance/acid/goa » tellement à la mode dans les milieux underground de l’époque et donc récupéré édulcoré pour le grand public (pensez par exemple à Sonique et It Feels So Good, sorti la première fois la même année que Baby One More Time ou Waiting For Tonight de Jennifer Lopez).
Et donc, on en revient à cette chanson Hold It Against Me. Déjà au niveau du son, même si toute la première partie du titre fait la part belle aux sons électro compressés (façon Justice/Boys Noize/…) et que le break reprend quelques éléments vaguement dubstep, la dernier couplet est typique de la pop pré-Britney Spears dont je vous parlais plus haut. En soi, rien d’étonnant, cette triplette électro compressée/dubstep/90′s est l’ensemble de ce qui marche pour le moment. On est juste étonné de voir les producteurs injecter dans la musique de cette pop star des éléments qu’elle a contribué à rendre ridicule et old school à l’époque.
Mais le pire est encore à venir, car j’ai donc découvert ce matin la vidéo qui accompagne ce titre.
Aù-delà des placements produits de moins en moins fins et de plus en plus nombreux dans la vidéo (certains passages pourraient être un spot publicitaire pour Sony, quasiment sans retouche), on se demande vraiment qui a réalisé la direction artistique de ce clip. Parce qu’il est simplement très laid. L’image, le décor, le maquillage, les costumes sont justes immondes. Mais ils sont immondes 90′s. On se croiraient dans les décors du 5ème Elément en moins bien. Les effets spéciaux ont l’air d’être d’époque (notamment ceux de la dernière scène de chorégraphie) et les tenues pseudo « steam-punk » font penser au déjà bien kitsch Mad Max. On ne parlera pas de la chorégraphie en elle-même qui montre que la dame ne sait simplement plus bouger (tous les mouvements les plus compliqués sont tournés par des doublures, à coup sûr), les plans non-dansés rappelant combien elle est mauvaise actrice. Les lumières sont dégueus, le cadrage infect, le montage imbuvable et on y trouve même des erreurs de lipping grosses comme des maisons. Bref, c’est vraiment de la grosse merde, et c’est totalement incompréhensible quand on est à ce niveau de produit d’entertainement.
D’autant plus que la concurrente en chef Lady Gaga propose une image autrement plus moderne. Le clip Telephone est une des meilleures vidéos musicales « grand public » de ces dernières années, à mon sens (avec le même placement produit du site de rencontre Plenty Of Fish, d’ailleurs). La qualité n’est simplement pas comparable. Reste que Hold It Against Me est sans doute le plus gros succès commercial de Britney depuis Baby One More Time. Le choix stratégique de placer Spears dans une époque qu’elle n’a jamais connue et que ses fans n’ont donc pour la plupart jamais entrevue s’avèrerait-t-il payant, malgré la qualité plus que douteuse?
Mes activités variées me permettent, chaque semaine, de réaliser plusieurs sélections musicales sur plusieurs médias différents. En voilà un condensé, pour la semaine du 24 janvier.
Radio Campus (émission matinale du 25 janvier)
Superlux – Miss Moon (Organic Version)
Stijn – Sexjunkie
Venus – Monster (live version)
Kylie Minogue – Confide In Me (Hurts cover)
Yoav – We all are dancing anyway
Phantogram – Mouthful of Diamond
Xiu Xiu – Dear God I Hate Myself
James Yuill – My fears
Lowpass – Once More(Daylight – They Lied)
Hoquets – Couque de Dinant
Cleaning Women – Oxygen Mask
PVT – Timeless
Zola Jesus – Stridulum
Portishead – Machine Gun
Two Fingers – What you know
Big Boi- Shutteerbugg
Lonelady – Nerve Up
She Wants Revenge – These Things
Carl Barât – Je Regrette, Je Regrette
Hifiklub – Devil Knows
PJ Harvey – To Bring You My Love
Grinderman – Bellringer Blues
Ramona Falls – I Say Fever
Voilà, nous entrons dans une nouvelle année musicale dans laquelle j’espère continuer à avoir la force et le temps de m’intéresser à d’autres musiques, à sortir de ce que je connais et que j’aime pour me lancer dans des directions moins évidentes, mais plus gratifiantes. Voilà, en tout cas, les chemins musicaux que j’ai arpentés cette année, et qui m’ont ravis. Pas de top au sens strict, mais des catégories bronze, argent et or.
Bronze (c’est bien fait, j’aime beaucoup, mais rien de neuf sous le soleil)
Robyn – Body Talk
Excellent album synth-pop, production impeccable, des morceaux excellents, d’autre moins biens, mais une belle unité sonore. Evidemment, il n’y a rien de novateur dans la musique de Robyn, mais je ne renie jamais l’efficacité d’un album pop quand je la croise.
Phil Selway – Familial
Une presque déception, cetalbum. Si le titre « By Some Miracle » me faisait espérer une pop dépouillée mais habitée, aux sonorités simples mais suffisamment maîtrisée pour faire voyager, je trouve que l’album s’enfonce finalement dans une pop à guitare qui manque d’ampleur et de propos. Reste que si vous êtes clients du style, cela reste honnête.
Reverse Engineering – Highly Complex Machinery
Là encore, des attentes peut-être trop grande pour ce second album de ce groupe de hip-hop suisse m’ont fait un peu déchanter. Cela reste très bon, excellent même, mais il n’y a rien dans cet album qu’on ne peut trouver sur le premier opus, un monument dans le genre hip-hop / abstract aux sonorités industrielles. Si vous ne connaissez pas, les deux albums se valent et je vous recommande d’en explorer un. Si vous connaissez, ne vous attendez pas à être étonné à l’écoute du second, ni en bien, ni en mal.
Yoav – A Foolproof Escape Plan
J’avais beaucoup apprécié le premier album de ce chanteur guitariste en solo, et j’avais déjà émis quelques doutes sur sa capacité à évoluer, vu les contraintes techniques qu’il s’impose (live en solo, avec juste une guitare et des sampler pour enregistrer des boucles en direct). C’est ce qui ressort de ce deuxième disque, bon au demeurant, mais très proche du premier. Le live, par contre, s’est franchement amélioré, le jeune homme réussissant à s’affranchir des difficultés techniques pour livrer une prestation plus chaude et plus en contact avec le public.
Argent (c’est franchement bien, mais est-ce que ça passera l’année?)
Stromae « Cheese »
Non, je n’ai pas honte, j’ai beaucoup écouté le premier album du jeune bruxellois « découvert » par NRJ, squatteur des ondes et des classements iTunes avec son excellent titre « Alors On Danse« . Comme je ne suis pas un grand auditeur des radios commerciales, que je n’ai pas la télévision, je n’ai sans doute pas été aussi exposé à son titre que la majorité. J’ai donc apprécié la production so 90′s, minimaliste mais efficace sur certains titre, tout comme certains textes plutôt réussis (Alors On Danse, Te Quiero, Dodo) et l’interprétation du bonhomme. Après, le risque est grand de le voir sombrer au second opus, mais pourtant, je garde espoir car son activité online plutôt prolifique et originale me semble être le signe d’une certaine lucidité et intelligence. En bonus, un titre produit bien avant son album, où on retrouve déjà le sens le sens du refrain pop qui fait mouche, encore trop engoncé dans ses clichés hip-hop.
Nedry – Condors
Un album réellement intéressant de bout en bout, mêlant influences très diverses (dubstep, synth-pop mélancolique, rock bien électrique) et titre franchement étonnants (pas grand rapport entre Apple & Pears et Scattered), mais réussissant à maintenir une qualité assez constante et à produire des titres excellents. Difficile de savoir si la carrière de ce groupe va se poursuivre, on ne peut pas dire qu’ils auront réussir à se construire une identité forte grâce à ce disque. Et je n’ai malheureusement pas pu profiter de leur passage au Botanique pour juger du résultat live. En attendant, les versions studios sont très recommandable, si vous n’avez pas peur de passer du froid au chaud d’un morceau à l’autre.
Koudlam - Goodbye
J’ai jusqu’ici plutôt soutenu des albums assez constants dans la qualité de leur titre, c’est moins le cas à mon goût de cet opus de Koudlam, premier disque qui a par contre une personnalité bien marquée. Emmené par le titre irrésistible « Love Song« , la musique de Koudlam mélange éléments électroniques assez travaillés à des instruments rock et une composition plutôt pop. La voix du chanteur renforce cette personnalité musicale, parfois froide et inspirée du post-punk, parfois nettement plus émouvante comme sur le titre « Goodbye« . Peut-être une valeur montante de la musique électronique pas bête, si la qualité moyenne des titres continue à progresser pour atteindre celle des meilleurs morceaux de l’opus. Certaines plages sont en effet un peu vides ou inintéressantes.
Chloe – One in Other
La DJ française continue tranquillement et trop discrètement sa carrière avec ce second disque excellent. Passant de structure plus pop à plus électro, de morceau plus dansant et rythmique à d’autres plus mélodiques, elle réussit à maintenir le plaisir d’écoute dans le salon sans difficulté. C’est vraiment dommage que ce disque ne comprenne pas un titre-phare pour emporter l’adhésion totale et qu’il n’y ai pas un petit quelque chose qui le fasse ressortir de la jungle des bons disques de musique électronique (alors qu’il vaut autant si pas plus que le Mount Kimbie dont on a beaucoup parlé).
Foals – Total Life Forever + The Chemical Borthers – Further
Assez différent du premier opus, disposant de quelques titres imparables (Spanish Sahara et son remix de Mount Kimbie pour le coup très inspiré, Alabaster), il a l’avantage d’un bel univers sonore sur son ensemble. Néanmoins, le plaisir d’écoute s’essouffle assez vite et c’est donc un album à consommer maintenant dans l’idée des portes qu’il ouvre pour la suite de la carrière du groupe. C’est plus ou moins le cas également du dernier Chemical Brothers, même si celui-ci s’écoute plutôt en gardant un oeil dans le rétro de la carrière assez monumental du groupe. Plus mature à mon sens que le précédent opus, moins dansant, mais consistant peut-être en une étape d’une mutation en cours.
Or (ils seront probablement dans mon top de la décennie prochaine)
Bomb The Bass – Back To Light
Un album complètement passé inaperçu d’un projet ayant pourtant trusté les charts fin des années 80. Je dois avouer que si je n’étais pas passé chez mon vendeur de disque indépendant au moment où il était en rayonnage « nouveautés », je ne l’aurais probablement jamais écouté. Quelle perte cela aurait été. La production co-signée par Gui Boratto, un des meilleurs producteurs de musique électronique de ces dernières années, ajoute cette touche entêtante aux titres plutôt électro-pop 80′s du groupe. Il faut dire que Tim Simenon (l’homme derrière ce pseudo) est un producteur qui a gagné ses heures de gloires avec des titres 80′s (l’album Ultra de Depeche Mode, le début de la carrière de Neneh Cherry). Ici, l’album mêle éléments modernes avec d’autres plus rétros, mais maintient une efficacité pop sur l’ensemble. Finalement, le titre le plus décevant est celui co-produit avec Martin Gore, bien moins intéressant que The Infinites ou Price On Your Head où les voix de Paul Conboy et Richard Davis font mouche. L’album en or que j’ai eu beaucoup de chance de trouver.
Matthew Dear – Black City
C’est peut-être dû au fait que j’ai découvert cet album il y a 15 jours, juste après un live magistral, mais j’ai depuis du mal à me détacher de cette musique sombre et vénéneuse proposée dans ce deuxième album qui est bien meilleur que le premier, déjà tout à fait respectable. Des titres comme « I Can’t Feel » ou « You Put A Smell On Me » ont un côté animal, charnel, tout autant que froid et calculé. Une sorte de musique tribale qui aurait été produite dans une cave new-yorkaise, la jungle urbaine chantée par un Sinatra dépressif. Formidable!
Massive Attack – Heligoland
C’est l’album que j’ai écouté le plus cette année, sans aucun doute. Extrêmement méfiant vis-à-vis de ce retour après l’album 100th Windows auquel je n’avais pas du tout accroché, des titres comme Splitting the Atom (une sorte de relecture minimaliste du style des premiers albums), Pray For Rain (la voix du chanteur de TV On The Radio est superbe), Paradise Circus (comptine pluvieuse assez émouvante et sexy) ou encore Saturday Comes Slow (le meilleurs titre de Damon Albarn depuis longtemps) ont fait disparaître toutes mes réticences. Certes, les deux titres de Martina Topley-Bird ne sont pas à la hauteur et l’expérimentation menée par Guy Garvey sur Flat Of The Blade devient assez gonflante après plusieurs écoutes, mais l’ensemble est d’une telle tenue, et certains titres sont tellement excellents, que je comprends peu pourquoi ce disque est si souvent oublié dans les tops de l’année 2010. Je l’ai rangé dans la section « A conserver en cas d’hiver nucléaire » à côté de l’album Mezzanine.
Caribou – Swim
Franchement, le nom du bonhomme comme de l’album est pourri, la couverture est assez moche mais les morceaux irradient tant de chaleur et d’inventivité qu’on ne peut que succomber à ce disque. J’en avais déjà parlé, mais Odessa, Sun et Found Out sont des morceaux immédiats et parfaits, mélant pop, électronique, rythmiques tribales et cette distance d’un chant qui se rapproche de celui d’Erlend Oye. En plus, le clip de Sun réussit à transposer visuellement, avec une véritable originalité, exactement ce qu’on ressent à son écoute.
Je m’arrête ici, j’aurais pu également citer le très pop et premier degré One Life Stand de Hot Chip, l’excellent troisième opus de Archie Bronson Outfit, Coconut, les premiers opus prometteurs de Boy & The Echo Choir ou de Bear in Heaven, la compilation hommage à Neu « Brand Neu! » ou le dernier opus de Liars, mais trop de médailles galvaude leur valeur.
Cecilia H. est devenue chanteuse parce qu’elle était une actrice frustrée. Cela se sent. Elle aime jouer, en fait trop, commet des maladresses de jeunesse comme nous en commettons tous. Mais derrière ce petit bout de parisienne se cache une personnalité à plusieurs facettes, une plume personnelle même si parfois peu naturelle et une volonté de sortir du carcan de l’ancienne comme de la nouvelle chanson française. C’est à découvrir dans une petite vidéo de présentation qui, ma foi, fait son petit effet
Le travail musical réalisé sur son premier single 2 titres (Ô Mon Père et Pour Oublier) est certainement le fruit de sa collaboration avec Yan Péchin, guitariste de feu Alain Bashung, dont on retrouve la patte. Pourtant, c’est avec un autre guitariste qu’elle se produit en live, en on peut imaginer que les arrangements devaient déjà tendre vers cette couleur avant le passage en studio. Ce que ça donne, au final, ce sont des morceaux avec des textes intéressants, des arrangements guitares/clavier suffisamment hors format pour coller aux textes, surtout sur le deuxième titre « Pour Oublier« , quelques légèretés et imprécisions par moment, mais une envie certaine de voir vers où la jeune dame va se diriger. Vous pouvez regarder son clip ci-dessous ou découvrir ses morceaux sur son Noomiz : www.noomiz.com/ceciliah
PS : vous pouvez aussi l’écouter poser sa voix sur un morceau nettement plus industriel d’Elastik. Quand je vous dit qu’elle promet pas mal de bonne chose pour l’avenir, la gentille Cécilia!
Temps d’écriture : 49 minutes
#Full Disclosure : je suis community manager pour Akamusic, le label participatif grâce auquel Cécilia H. a pu être produite et qui est en charge de sa promotion. Je n’aurais probablement pas entendu parler de cet artiste si je n’avais pas travaillé à cet endroit. Néanmoins, cet article reflète une critique et un choix entièrement personnel, il n’est pas lié à ma fonction. Il s’agit de mon premier article concernant une artiste Akamusic depuis que je travaille pour ce label, je n’exclus pas d’en écrire d’autres pour d’autres artistes que je découvrirais et apprécierais via mon travail.
Cet article devait être au départ un tweet « Vie de Merde ». Mon train entre la Gare du Nord et Schaerbeek s’arrête pendant 10 minutes sur les voies (alors que les 2 gares sont elles-même à 3 minutes de trajet), me déposant à la gare juste à temps pour être dans l’averse formidable lors de mon trajet à pied de 5 minutes qui sépare la gare de mon appartement.
J’étais donc assez nerveux quand cet espèce de parenthèse miraculeuse se produisit. Mon baladeur MP3 tactile commence à jouer le formidable morceau Ping Pong de Plastikman alors que je m’abrite sous le porche d’un immeuble. La rue est très calme, et la pluie danse sur le macadam, variant d’intensité comme en réponse au morceau que j’écoute. Les rafales de vents dessinent des vaguelettes de gouttes sur la rue et s’engouffre dans les interstices de mes écouteurs pour ajouter un son supplémentaire qui se fond parfaitement à la musique.
Le spectacle est hypnotique et, alors que je pense à sortir mon GSM pour filmer, voilà que l’averse se finit et que mes colocataires interrompent ma contemplation.
Au final, ce retard m’aura rempli d’une impression de plénitude que je ressens rarement. Merci la SNCB!