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Puisque je reprends ma veille sur les sites et blogs musicaux, je vous en propose ici un petit condensé sélectionné. Au menu, des morceaux qui annoncent de chouettes nouveaux albums, du plagiat, d’un top de fin d’année bien plus important que les miens et deux retours fracassants…

1. New-York, Londres, Waadt : quelques sorties attendues !

Commençons par celui qu’on doit maintenant nommer un pape, même si sa musique n’a pas dix ans : James Murphy ! Son label DFA se porte bien et offre des rééditions, des compilations et des exploitations des sons de New-York fin des années 70 – début des années 80. Cela influence clairement la musique de so groupe LCD Soundsystem qui a laissé les internautes télécharger gratuitement 20.000 fois son nouveau single « Bye Bye Bayrou« . Ne vous précipitez pas, tous les téléchargements sont partis, il vous reste la possibilité d’écouter le titre, assez proche des origines punk-funk new-yorkaise, sur son MySpacehttp://www.myspace.com/lcdsoundsystem

Si James n’a pas annoncé de nouvel album à ma connaissance, ce n’est pas le cas des londoniens de Hot Chip dont le quatrième effort studio devrait sortir en février. Ca tombe bien, leur tournée de sortie s’arrête à Bruxelles à l’Ancienne Belgique. En attendant, vous pouvez écouter la plage titulaire de leur nouvel album « One Life Stand »  ainsi qu’un titre du nouvel album solo du deuxième chanteur du groupe Joe Goddard sur le blog de Mr. Meuble « Sous les pavés, la plage ». Et vu la qualité des titres en solo, je serais assez curieux de jeter une oreille sur son album « Harvest Festival« .

Reste la news concernant la charmante ville suisse de Waardt (ou Vaud en français). Elle ne concerne pas de minarets (je doute d’ailleurs que la ville en comporte), mais la sortie imminente du deuxième album de Reverse Engineering. Découvert en 2008, l’album « Duck & Cover »  de ce groupe de hip-hop électronique industriel m’avait fait pas mal d’effet et c’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai appris la sortie en janvier 2010 de leur deuxième opus « High Complex Machine« . Et comme c’est quelqu’un de bien, il propose sur SoundCloud quelques morceaux pour prendre contact avec l’album et avec le style, il est vrai particulier, de leur musique

HCM_Promo_November by  Reverse Engineering

2. Entre inspiration et plagiat

Autre sortie peut-être intéressante, le deuxième album de Charlotte Gainsbourg. Du moins, si je me fie aux deux morceaux écoutés et au nom à la production : Beck. Et donc, premier clip pour le premier simple « Heaven can wait » réalisé par un clippeur assez reconnu Keith Schofield. Suite un peu désordonnée de plans absurdes, le clip est assez réussi. Sauf que le débat fait vite rage chez les passionnés de l’image, car Schofield se serait inspiré du travail photographique de William Hundley visible sur son Flickr, bien évidemment sans le créditer. Je vous passe les détails et je vous renvoie vers l’article de Bienbienbien.net sur le sujet. Reste que la question des droits d’auteur sur Internet est extrêmement complexe, et que si cela vous intéresse, vous pouvez vous rendre demain au Café Numérique à Bruxelles, puisque qu’on y discutera Hadopi et droits d’auteur dans le monde numérique.

3. Ne sortez pas vos albums en décembre !

Beh oui, vous ne pourrez pas vous retrouver dans les tops de fin d’années de sites prestigieux très fréquentés comme Fluctuat.net qui a déjà publié son top des meilleurs albums de 2009. Il n’a évidemment absolument rien d’étonnant (Animal Collective en première place – quel-le surprise !, Fever Ray, The XX, Phoenix,…) et devrait se retrouver assez à l’opposé du mien. Mais bon, il n’empêche que ce genre de classement vaut toujours mieux que l’Ultra Top et que cela permet quelques fois de faire de chouettes découvertes : http://musique.fluctuat.net/diaporamas/les-meilleurs-albums-de-2009/

4. Des mythes (mites ?) sur le retour…

Bon, je suis loin d’adhérer totalement au blog SubMusic (on se demande d’où vient le Sub), mais il m’apprend deux nouvelles capitales du petit monde de la musique. Je ne sais pas par laquelle commencer, peut-être par la moins étonnante : Oasis va se reformer ! Vous avez sans doute entendu parler de la dispute violente des frères Gallagher qui avait amené à annoncer la fin d’Oasis quasiment en live au festival Rock-en-Seine. Evidemment, on y croyait pas trop. A juste titre, Liam Gallagher a annoncé qu’il allait reformer Oasis… sans son frère et avec d’autres musicien. Peut-on réellement parler de reformation, alors ? Apparemment, oui, la franchise Oasis rapporte trop pour la laisser tomber comme ça, n’est-ce pas…

Plus étonnant, mais peut-être pas nécessairement pire, Dorothée, la star des émissions pour jeunes puis « chanteuse », s’apprête à ressortir un album. Elle sera en plus en concert à l’Olympia en 2010 en France. Il n’y a pas grand chose d’autres à en dire, j’ai pas vraiment cherché à entendre ce que donne le « son Dorothée » en 2009.

Bref, ces deux nouvelles et d’autres dans le même genre se retrouve sur submusic.fr

Je ne vais pas m’amuser à démolir le dernier album de U2 dans son ensemble, ce n’est pas mon genre de frapper les gens à terre, surtout quand c’est pour se ramasser les millions de supporters sur la gueule. Je vais juste me contenter de montrer à quel point U2 est complètement à côté de l’époque, combien ce que ce groupe fait n’a absolument plus rien à voir avec de la musique, mais fait partie du folklore (un nouvel album de U2, c’est comme la chanson du Doudou de Mons. Ca ne plait qu’à ceux qui sont déjà fans, au delà de toute considération musicale).

Et donc, j’ai écouté de façon complètement illégale l’album de U2 avant sa sortie officielle, et, que ces gens de Universal se rassurent, j’ai supprimé les fichiers aussi avant la sortie officielle tellement ça me mettait de mauvais poil que iTunes me passe en aléatoire des titres tirés de cet album. Mais par contre, j’ai eu la chance, cette semaine de tomber sur le dernier album de Saul Williams « The Inevitable Rise And Liberation Of Niggy Tardust ».

Et derrière cet album, si on en retrouve pas l’ami Brian Eno, on découvre quand même aux manettes le trublion Trent Reznor, le leader de Nine Inch Nail qui a hérité d’une image de défricheur musical (tiens, comme Brian Eno à son époque). Et en quatrième piste, une reprise de la célébrissime « Sunday Bloody Sunday » de U2, chantée par Saul Williams et réarrangée par Trent.

A l’écoute, ça m’est apparu très clairement. Le « Sunday Bloody Sunday » de Williams/Reznor, c’est ce que voulais faire Eno avec U2. Sauf que U2, c’est quand même le groupe qui vaut 1 milliard de dollars (dixit Télémoustique), et il va pas se laisser embarquer dans des trucs aussi bizarre. Dommage, parce que cette reprise est d’une fidélité que je trouve même étrange tout en réussissant le pari de simplement en moderniser les sons. En gros, ce titre, c’est vraiment du U2 version 2009. Sauf que c’est pas U2 qui l’a fait.

Au lieu de cela, on est obligé de se taper un titre comme « No Line In The Horizon », peut-être le meilleur titre de l’album, pompier, vide de musicalité et d’originalité dans la production avec les claviers comme il faut. Ce n’est pas le petit riff vaguement funky qui y change quoi que ce soit, quand Bono se met à faire « wohohohoooo », on a l’impression d’entendre un album de reprises, mais mauvaises, celle-là.

Donc, je n’ai qu’un conseil pour Brian, viens en soutien de Trent. A vous deux, vous avez vraiment la capacité de créer de nouveaux styles de musique.

Le principal argument qui revient pour soutenir le piratage de la musique est son prix trop élevé. Je crois qu’effectivement, le prix des albums vendus à des centaines de milliers d’exemplaires est souvent trop élevé, et qu’il n’amène pas nécessairement une juste rémunération des auteurs ni garantir une diversité culturelle. Sans parler des questions d’accès à la culture…

Bref, mon but ici n’est pas de refaire ce débat une fois encore, mais simplement d’évoquer quelques trucs pour acquérir légalement des disques à des prix intéressants.

La premier truc est tout simple : surveiller les promotions et les offres des disquaires. Que ce soit les grosses chaînes ou les quelques disquaires indépendants qui résistent, tous proposent des promotions régulières ou exceptionnels. Cela permet d’acquérir quelques fois à des prix ridicules des classiques ou des sensations de la saison précédente.

Deuxième petit truc simples pour mes amis les belges : profiter des soldes de la Médiathèque. Pour 2 euros l’album, il y a moyen de trouver quelques perles parmi beaucoup de compilation de mauvaises chansons des années 90 ou de chanteur français estampillés Star Ac’. Cette semaine, j’ai pu voir deux des derniers albums de Radiohead ou encore le best of de Chemical Brothers.

Troisième petit truc, surtout intéressant ces dernières semaines, Amazon.co.uk. La Livre Sterling étant au plus bas (à peine 1,1 euro), les albums de cet été à moins de 5 livres deviennent très intéressants, même en comptant les frais de port. En moyenne, j’ai pu me procurer Santogold, Lykke Li, MGMT ou Kanye West pour moins de 6 euros, ce qui me semble très accessible.

Et puis, pour ceux qui préfèrent écouter avant d’acheter ou se contentent de MP3 téléchargé, je ne peux que recommander le site Coda.fm qui héberge des fichiers .torrent d’albums de musique complet et bonne qualité. Mais je maintiens que rien ne remplace le plaisir du disque original.

Qui pouvait donc mettre à mal un phoque si ce n’est un autre phoque ? Seal n’est plus premier des ventes hebdomadaires d’albums (bon je l’admets, ça fait quelques semaines, mais j’attendais la confirmation que la tendance n’est pas passagère). Pourtant, les phoques dominent définitivement le classement des ventes d’albums, les reprises de Seal se classant toujours deuxième derrière les vocalises tristounettes de Anthony And The Johnsons et son dernier album « Crying Lights ». Entre l’américain folk (et PD comme un phoque) et l’américain pop/soul (appelé aussi phoque défiguré) s’annonce un combat de titan qui risque de laisser tous les prétendants au titre du phoque d’or sur le carreau, des dansouillants Franz Ferdinant qui ont du mal à convaincre avec les éléments plus électroniques de leur nouvel opus à Axelle Red et son premier opus en anglais. On notera néanmoins les bonnes performances de Saule, qui semble donc réussir l’exploit d’un succès critique et publique.

5) Franz Ferdinant « Tonight »
4) Axelle Red « Sisters & Empathy »
3) Saule « Western »
2) Seal « Soul »
1) Anthony & The Johnsons « The Crying Light »

Du côté du cinéma, pas de grandes nouvelles à annoncer. Les comédies tiennent toujours le haut du panier, sur les toiles avec LOL, Bridget Wars ou De l’autre côté du lit, malgré les exceptions notables du nouveau Fincher (et son Brad Pitt rajeunissant) et Volt, le nouveau Disney (ou Pixar, ou les deux, on sait plus très bien). En DVD aussi, surtout par le « Bienvenue Chez Les Chtis » qui risque de squatter la première place quelques mois encore, suivi par un peu de tout, d’Indiana Jones à Gad Elmaleh.

Enfin, en livre, stupeur, les quatres premières places du classement ne sont pas attribuées aux quatre tômes de la saga dont le film Twilight est tiré. Car la quatrième place est volée par le dernier tôme du Petit Spirou.

Le Télémoustique a un côté très déprimant. Parce qu’après le Kroll et le Dubus, on tombe sur les pages culturelles, et tout en bas à droite, sur un petit cadre reprenant les ventes en Belgique d’albums de musique, ainsi que de livres, de DVD, de jeux vidéos et la fréquentation des salles. On se rend alors compte combien la culture de masse est éloignée de ce que je considère le bon goût. Jugez par vous même…

5) Dido « Safe Trip Home »

4) Gun N’ Roses « Chinese Democracy »

3) Zazie « Zest Of Zazie »

2) Enya « And Winter Came »

1) Seal « Soul »

Sans parler du ciné où « De L’autre côté du Lit » tient le haut du panier, tandis qu’en DVD, c’est « Bienvenue Chez Les Ch’tis » qui continue de remplir les poches du maintenant mort et enterré Claude Berri.

Et vu comme c’est parti, ces tops ne sont pas près d’évoluer rapidemment…

PS : Et en livre ? L’ensemble de la saga Twilight évidemment, toujours deuxième en terme de fréquentation dans les salles belges.

Vous l’aurez compris si vous avez lu mon article sur le concert de Radiohead à Werchter, j’aime beaucoup ce groupe et ses changements d’orientation, son exigence,… Et son approche dans la commercialisation de la musique et la gestion de leurs droits. C’est cette approche qui me permets aujourd’hui de vous proposer cet article sur les remix par AmpLive de In Rainbows.

Ca fait déjà un certain temps que j’ai récupéré ces morceaux, et je ne sais pas pourquoi je ne vous en parle que maintenant… Je suppose que les nombreux fans auront déjà eu l’occasion d’écouter cela depuis lontemps. Néanmoins, je souhaitais en toucher quelques mots, juste parce que je trouve l’initiative très intéressante.

Donc, voilà, Amplive a collaboré de manière assez proche avec Radiohead pour offrir des remixs à l’aide des sons bruts qui ont servi à l’enregistrement de In Rainbows. Ils nous en servent un mini-album appelé Rainydayz Remix téléchargeable gratuitement qui propose des versions d’inspirations hip-hop de quelques titres phares du dernier-né de Radiohead.

Bon, soyons clair, tout n’est pas bon, et certains morceaux sont même assez ratés à mon goût. Mais parlons plutôt des réussites, comme ce premier morceau Video Tapez qui renforce la merveilleux Videotape d’un beat puissant, un travail de sampling intéressant sur la voix de Thom Yorke et un flow hip-hop asez classique qui s’intègre bien dans l’ensemble. J’aime aussi beaucoup la version remixée de Weird Fishes qui s’ouvre sur quelques chose de très chargé avant d’enchaîner vers quelque chose de très énergique et dépouillé assez éloigné de la version originale mais très efficace à mon goût.

Je m’avoue néanmoins assez déçu de la version dub/trip-hop de All I Need que je trouve vraiment très en deça de l’original. Et je me permets de souligner une version de Reckoner avec la participation d’un des membres de Jurassic 5.

Voilà, si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’écouter cet album de remix, je vous le recommande, ne fut-ce que pour voir qu’il n’y a pas une « bonne » version des morceaux de Radiohead, et que ce groupe a vraiment le potentiel de brouiller les frontières artificielles des genres musicaux.