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A la base, je voulais écrire un article positif sur Birdy Nam Nam. Je voulais partir du fail de gestion de communauté du groupe (insultes à des fans mécontents sur leur page Facebook), dériver sur le fait que les artistes doivent comprendre que leur métier, c’est aussi de vendre leur musique et qu’ils ne peuvent donc pas se contenter de « réagir humainement » sur les réseaux sociaux, et puis, rebondir sur la critique du dernier album du groupe « Defiant Order ». Je l’ai écouté il y a quelques temps sur Spotify, et il m’avait laissé une suffisamment bonne impression pour me lancer dans la chronique après une seconde écoute.

Comme Spotify vient d’arriver en Belgique, c’est encore plus simple! Je me connecte et cherche l’album… Il ne s’y trouve pas! J’ai beau retourner dans tous les sens la recherche, pas de trace de ce « Defiant Order », pourtant chez Jive Epic, c’est à dire Sony Music. Une major quoi, ceux qui absorbent toutes la thunes de Spotify, le laissant dans l’impossibilité de rémunérer les plus petits labels qui menacent de se barrer. Même Coldplay refuse de mettre ses dernières sorties sur Spotify, le système serait-il donc vraiment une forme de légalisation du piratage sans réelles opportunités d’en tirer suffisamment d’argent pour les artistes (et surtout les éditeurs)? Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas vraiment le problème. A la limite, que Coldplay se retire de Spotify, ça a un sens. Il n’a en effet pas besoin de ce que Spotify a à lui offrir, c’est à dire des gens qui l’écoute. Ce n’est pas le cas de Birdy Nam Nam.

Il y a un truc fondamental que les artistes en général ne semblent pas comprendre actuellement. Gagner de l’argent sur la musique est un problème de riche. Le véritable problème de la toute grande majorité des artistes, c’est de se faire écouter. Je n’ai aucune idée du nombre d’albums qui sortent toutes les semaines, mais ça doit être un nombre impressionnant. Les radios ne jouent depuis bien longtemps plus le jeu de la découverte d’artiste, tant parce qu’elles sont noyées par le nombre de sorties qu’à cause de contrat publicitaire ou de nécessité d’auto-promotion sur base de la notoriété d’artistes déjà installés. Tout cela pour dire qu’Internet est plus qu’une opportunité à saisir pour les groupes, c’est simplement le passage obligé absolu à côté du live.

Evidemment, donner sa musique gratuitement, ça fait vendre moins d’album. La donner via Spotify ou via ses propres structures, c’est un choix stratégique sur lequel je ne veux pas épiloguer ici. Néanmoins, c’est le seul moyen actuellement pour que les gens vous écoutent. Je considère que lutter contre l’envie des gens de vous écouter gratuitement est totalement contre-productif. Est-ce que vous pensez vraiment que quelqu’un qui n’a jamais entendu « Defiant Order » a plus de chance de dépenser de l’argent pour Birdy Nam Nam que quelqu’un qui l’a écouté sur Spotify? Et au-delà de cela, pourquoi faites-vous de la musique, si ce n’est pas pour la partager au plus grand nombre?

Cela semble pourtant la direction choisie par de nombreux labels indépendants qui préfèrent se retirer de Spotify et donc perdre l’opportunité de donner accès facilement, légalement et de façon sécurisée à leurs morceaux aux gens intéressés. Est-ce que cela annonce une vague de fond de défection de labels indépendants de Spotify et des services de streaming? On peut le craindre, et voir ainsi le souffle nouveau que Spotify apporte retomber. A moins que Spotify, à défaut de mieux payer les labels indépendants (ce que le service sera incapable de faire), leur fournissent des outils marketing qui permettent aux artistes et labels de rentabiliser autrement les précieuses écoutent des utilisateurs de Spotify (et l’intégration sur Facebook ouvre déjà pas mal de possibilités).

Bref, ne pas trouver cet album sur Spotify (ni sur simfy et probablement pas ailleurs) m’a encore plus énervé vis-à-vis de Birdy Nam Nam (même s’il n’y sont peut-être pour rien). J’ai évidemment téléchargé illégalement l’album (ce que je n’avais plus fais depuis des mois) pour le principe. Il est vraiment pas mal. C’est dommage que vous ne puissiez pas l’écouter (bande de connards, pour faire le Birdy Nam Nam style).

Vous le savez, je travaille pour le label de musique Akamusic, et je guette donc toutes les publications web des artistes que nous défendons. Il m’arrive donc régulièrement de trainer mes guêtres sur des sites comme Charts in France ou AlloMusic. C’est justement à l’occasion d’une mise en avant par ce site de Colline Hill (si vous aimez le folk-rock, allez donc découvrir ce qu’elle fait, c’est très chouette) que je suis attiré par la titraille annonçant le nouveau clip de Britney Spears. J’y jette donc un oeil, et il me faut alors abandonner tout ce que je fais pour écrire tant il y a à dire sur cette nouvelle merveille musicale (ou pas).

Il est à noter que j’aime bien Britney Spears. C’est la première pop star que j’adopterai en 1998 (j’avais juste 13 ans) avec Baby One More Time, dont j’ai le single en pochette cartonnée acheté à l’époque 199 francs belges. J’écoutais aussi des groupes comme Massive Attack, Portishead ou Hooverphonic , mais j’arrivais parfaitement à défendre Spears musicalement, autant que ces pointures. Spears est une des premières, selon moi, à avoir fait de la pop des années 2000 (avec Madonna et son duo Ray Of Light/Music). Elle n’a jamais versé dans les sons dérivés de la « trance/acid/goa » tellement à la mode dans les milieux underground de l’époque et donc récupéré édulcoré pour le grand public (pensez par exemple à Sonique et It Feels So Good, sorti la première fois la même année que Baby One More Time ou Waiting For Tonight de Jennifer Lopez).

Et donc, on en revient à cette chanson Hold It Against Me. Déjà au niveau du son, même si toute la première partie du titre fait la part belle aux sons électro compressés (façon Justice/Boys Noize/…) et que le break reprend quelques éléments vaguement dubstep, la dernier couplet est typique de la pop pré-Britney Spears dont je vous parlais plus haut. En soi, rien d’étonnant, cette triplette électro compressée/dubstep/90’s est l’ensemble de ce qui marche pour le moment. On est juste étonné de voir les producteurs injecter dans la musique de cette pop star des éléments qu’elle a contribué à rendre ridicule et old school à l’époque.

Mais le pire est encore à venir, car j’ai donc découvert ce matin la vidéo qui accompagne ce titre.

Aù-delà des placements produits de moins en moins fins et de plus en plus nombreux dans la vidéo (certains passages pourraient être un spot publicitaire pour Sony, quasiment sans retouche), on se demande vraiment qui a réalisé la direction artistique de ce clip. Parce qu’il est simplement très laid. L’image, le décor, le maquillage, les costumes sont justes immondes. Mais ils sont immondes 90’s. On se croiraient dans les décors du 5ème Elément en moins bien. Les effets spéciaux ont l’air d’être d’époque (notamment ceux de la dernière scène de chorégraphie) et les tenues pseudo « steam-punk » font penser au déjà bien kitsch Mad Max. On ne parlera pas de la chorégraphie en elle-même qui montre que la dame ne sait simplement plus bouger (tous les mouvements les plus compliqués sont tournés par des doublures, à coup sûr), les plans non-dansés rappelant combien elle est mauvaise actrice. Les lumières sont dégueus, le cadrage infect, le montage imbuvable et on y trouve même des erreurs de lipping grosses comme des maisons. Bref, c’est vraiment de la grosse merde, et c’est totalement incompréhensible quand on est à ce niveau de produit d’entertainement.

D’autant plus que la concurrente en chef Lady Gaga propose une image autrement plus moderne. Le clip Telephone est une des meilleures vidéos musicales « grand public » de ces dernières années, à mon sens (avec le même placement produit du site de rencontre Plenty Of Fish, d’ailleurs). La qualité n’est simplement pas comparable. Reste que Hold It Against Me est sans doute le plus gros succès commercial de Britney depuis Baby One More Time. Le choix stratégique de placer Spears dans une époque qu’elle n’a jamais connue et que ses fans n’ont donc pour la plupart jamais entrevue s’avèrerait-t-il payant, malgré la qualité plus que douteuse?

Temps d’écriture: 80 minutes

Retrouvez cette chronique à l’oral dans l’épisode 93 d’OATR : http://www.onatoujoursraison.be/podcast/oatr93

Vous devez commencer à le savoir, je travaille pour l’industrie du disque. Cela me donne l’opportunité de réaliser un peu de veille dans le domaine. Et j’ai donc eu le plaisir de dénicher une perle rare, en téléchargement gratuit, le single de noel d’Alizee. Avec du beau monde pour l’accompagner, attention, Teki Latex, Tahiti Boy et meme des vrais underground com me Surkin et Tacteel. L’année dernière, ca s’appelait « It’s Christmas and it won’t be the last », cette année, c’est « Such a special Time, it’s Christmas tonight ». Il y avait encore une merde de noel du monde anglo-saxon qui n’avait pas encore été importée en France, maintenant c’est fait!

Car le single de Noel, c’est une institution en Angleterre et aux US. Tous les plus grands s’y collent, souvent pour une bonne cause, mais aussi pour être au top de noel et éviter de sombrer dans l’oubli. Ainsi, cette année, les Killers ont lancé le bal avec la chanson « Boots », Kylie Minogue a suivi avec une reprise de « Let It Snow », le chanteur de Slipknot s’est fendu d’un « X-m@$ hardcore », les pseudo branches Hurts (ça fait mal, d’ailleurs) ont sorti un titre « All i Want for christmas is new year’s day », Coldplay nous a sorti un inédit « Christmas lights » pour patienter jusqu’à l’album et enfin, Annie Lennox, ancienne Eurythmics, s’est fendue d’un album complet de reprise de Noel.

On le voit aux titres, le principe de base, c’est d’être le moins original possible, le plus mielleux, le plus merdique, en fait. Ce qui correspond bien à ma vision de Noel, donc, c’est de la merde. Je croyais que Noel ne pourrait jamais être plus merdique qu’à Londres ou New-York, et bien, je suis forcé d’admettre qu’avec la pub géante de Père Noel Coca-cola dans la Station Louise à Bruxelles et puis la chanson de Noel d’Alizee, on fait des efforts pour combler le retard.

Enfin, tout cela est bien naturel, nos amies les multinationales ont besoins de cette mise à niveau (non, je n’ai pas dit nivellement) pour pouvoir tous nous faire partager, dans la joie et l’allégresse, les produits de Noël tous identiques fabriques par les divines enfants chinois dans de sombres usines… Que Bono pourra après aller aider grâce à l’argent récolté via la vente de ses produits. La boucle est bouclée, et ça, c’est la véritable magie de Noël…

Temps d’écriture : 45 minutes

PS : si ça vous, je continue à poster régulièrement en musique, mais sur un autre blog : http://musicbyaka.tumblr.com

Diplo ne serait pas encore fini ?

Je suis tombé par hasard sur une version leakée du prochain album de M.I.A., prévu à la sortie dans une dizaine de jour. Il faut bien admettre que j’avais été un peu refroidi par le deuxième single sorti après le petit buzz de la vidéo « Born Free » de Romain Gavras. Le titre XXXO peut en effet faire craindre que les producteurs de M.I.A. (Rusko, Diplo et Switch) avait définitivement basculé du côté facile de la Force, celui où toutes les voix sont vocodées et où les beats ne sont que des pâles copies de ce qui a déjà été fait. Je suis assez rassuré avec les autres singles et titres à venir, malgré la mauvaise qualité des enregistrements que j’ai pu écouter. Steppin’ Up confirme la tendance indus annoncée dans Born Free, Teqkilla ressemble à un bon gros délire mélangeant beaucoup trop d’influence pour être réellement dénombrée tandis que Lovalot s’annonce comme un tout grand morceau qui me fait penser au morceau lâché plus tôt cette année : Theres space for ol dat I see. Bref, je ne demande qu’à être convaincu par cet album. Cela éviterait que je perde encore un peu plus ma foi dans le music business…


M.I.A. – Theres Space For Ol Dat I See

Darwinisme de la distribution musicale

Vous la savez peut-être, la médiathèque de la communauté française avait inauguré, il y a quelques mois déjà, une formule d’abonnement pour accéder à ses collections. Le principe était simple : 20 euros par mois pour pouvoir garder 10 médias chez soi, quels qu’ils soient, pour la durée que l’on veut, du moment qu’on ne disposait pas simultanément de plus de 10 médias. L’heure des bilans venus, il apparaît que la formule s’est avérée très réussie, faisant non seulement tourner le catalogue de la médiathèque et sortir des médias oubliés, mais également augmenter le nombre d’utilisateurs de ces services, et donc augmenter les recettes de cette institution. Dès lors, l’offre qui était sensée se terminer continue jusqu’au 29 juillet et la Médiathèque annonce déjà une nouvelle offre pour prendre la relève, qui serait moins coûteux pour le service qui fait toujours face à d’énorme difficulté financière.

Je suis réellement très content d’apprendre le succès de cette offre, la médiathèque restant pour moi le moyen idéal de réellement faire des découverte musicale. Internet permet bien sûr d’avoir accès à un catalogue immense, mais s’il est impossible de passer à côté des dernières sorties de Justin Bieber et ses confrères, les petites perles même bien distribuées restent souvent introuvable sur la Toile. A la médiathèque, elles sont (presque) au même niveau.

Voir : http://archives.lesoir.be/culture-l-abonnement-forfaitaire-porte-ses-fruits_t-20100610-00Y04Z.html

Un autre projet solo d’un membre de Radiohead

Philip Selway n’est sans doute pas le plus connu des membres de Radiohead mais le batteur a pourtant sorti son propre album solo. Radiohead étant un groupe encore relativement uni malgré la grand présence du chanteur et leader Thom Yorke, la nouvelle m’est parvenue via la newsletter du groupe et j’ai ainsi pu écouter le premier titre de l’album à paraître en août « Familial ». Pour ceux qui regrette l’époque plus acoustique de Radiohead, ce premier titre appelé « By Some Miracle » devrait être un régal et on y découvre une voix ma foi pas désagréable ainsi que quelques bonnes idées dans les percussions (bon, ça c’est pas trop étonnant). Un sens mélodique également. Peut-être une bonne surprise de la fin de l’été !

By Some Miracle by Philip Selway

Temps d’écriture : 36 minutes

Je n’ai, je crois, jamais parlé de Lady Gaga sur ce blog. Je vais rattraper ce manquement inacceptable. Non pas pour des raisons musicales, l’album de la star est extrêmement mauvais. L’écriture, la production  et l’interprétation sont pitoyables, et je ne vois même pas comment il est possible d’en disconvenir. L’intérêt de Lady Gaga est bien ce qu’elle fait voir plutôt que ce qu’elle fait entendre (ça tombe plutôt bien, non ?).

Il y a deux aspects dans cette dernière phrase, double aspect lié au double sens du mot intérêt. Lady Gaga est intéressante en tant que produit marketing de l’industrie musicale et elle est intéressante en tant que produit culturel de l’industrie du divertissement.

Ce deuxième aspect est visible dans ses nombreux clips (6 singles pour un album, c’est beaucoup). La plupart agissent en grande partie comme une auto-parodie de la société du divertissement. Les costumes ridicules, les références à la culture pop, même les mots vulgaires cachés derrière un bip alors que des femmes à moitié nues se trémoussent à l’écran forment, je trouve, un corpus visuel déroutant, intriguant, et qui me captive assez bien. Je ne me lasse ainsi pas du clip Telephone (avec la présence étonnante de Beyoncé dont l’image est pourtant assez éloignée de celle de Lady Gaga et de celle reflétée dans ce clip) et ses références à l’industrie du divertissement américaine à répétition (de Tarantino à Michael Jackson). C’est évidemment un pur plaisir hédoniste, je trouve ce clip très drôle, et je ne pousse pas la réflexion jusqu’à croire y déceler une quelconque réflexion, ce qui rend d’ailleurs la chose encore plus appréciable. Mais je ne peux pas croire que le résultat final n’est pas empreint d’un minimum de second degré, sans doute pas entièrement calculé.

Le premier aspect, par contre, est lui issu d’un calcul très malin. La place de Lady Gaga dans le marketing est tout à fait particulière, à mon sens. Elle a été développée comme produit marketing, clairement, pour faire face au vieillissement des publics de Madonna et autres Britney Spears, pour toucher un segment de marché plus jeune. Cela a très bien marché, je crois que cela n’a même jamais mieux marché (Britney Spears n’a jamais pu accéder à l’adhésion critique qu’a reçue Lady Gaga). Au point que Lady Gaga est passé en très peu de temps du statut de produit au statut de canal. Lady Gaga n’est plus tellement un produit qu’on doit vendre mais un moyen de faire vendre des produits. J’image très bien la manière dont la production d’un de ses clips est préparée : on fait un tour de table des annonceurs qui veulent investir et, en fonction de cela, on détermine un budget et on construit un scénario autours des produits à placer. C’est très visible également sur le clip Telephone (qui synthétise assez bien Lady Gaga, je trouve). D’un point de vue marketing, c’est évidemment génial tant que ça marche, puisqu’un moyen de promotion d’un produit (qui a un coût) comme le clip devient un revenu additionnel : Lady Gaga est payée pour faire sa propre pub (et celle des autres en même temps). C’est en réalité une forme de co-branding, mais très clairement à l’avantage d’une partie. Bref, je vous recommande de regarder ce clip et voir l’essence même de l’industrie du divertissement.

Temps d’écriture : 32 minutes

Moodio LogoNotre plat pays n’est pas seulement connu à l’étranger pour ses frites, les chocolats de Marcolini et nos Webmissions à Séville, mais également pour le nombre de festival de musique par habitant. Malheureusement, la passion des belges pour la musique ne se reporte que très peu vers les artistes nationaux, et encore moins vers les artistes de l’autre côté de la frontière linguistique. Un état de fait que les fondateurs de Moodio.tv ont bien l’intention de changer !

Avant de réellement parler du produit Moodio.tv, il faut donc avoir le but du projet en tête : mettre en valeur les artistes nationaux, qu’ils soient signés sur des majors ou auto-produits auprès du public belge mais également international. En slogan, cela donne « Expose your Music » et il faut bien dire qu’on peut difficilement le paraphraser. Pour arriver à cet objectif, Moodio.tv a lancé un site Internet entre plate-forme, webzine musical en image.

  • Un webzine vidéo sur la musique belge

Plutôt qu’une émission de télévision qui coute cher à produire, les fondateurs de Moodio ont pensé à produire des capsules vidéo à diffuser sur le web. Sans sacrifier la qualité néanmoins, ce qui donne aux reportages de Moodio une qualité d’image, de prise de son, une identité visuelle également qui les rends incomparablement meilleures que ce qu’on peut trouver sur YouTube.

Néanmoins, de jolies vidéos ne seraient rien sans un contenu digne de ce nom. En ce sens, Moodio se détache assez bien de ses concurrents en laissant une réelle liberté à ses deux rédactions (francophone et néerlandophone) pour le choix des sujets, du moment qu’un équilibre entre les différents styles musicaux puissent être trouvé. Ainsi, pas question de voir un artiste payer pour être sur Moodio.tv, la rédaction garde le contrôle de ses sujets. Cela permet de retrouver côte à côte un sujet sur le luthier sauvage Max Vandervorst et un autre sur Zita Swoon, des artistes à la renommée d’ampleur très différentes et pourtant traités sur un pied d’égalité. Cela fait bien longtemps que ce n’est plus le cas dans beaucoup de magazines culturels, soumis aux pressions de leur régie publicitaire.

  • Une plate-forme pour l’industrie musicale

Mais Moodio ne pouvait se contenter de produire des vidéos pour attirer du monde sur son site et les faire revenir. Derrière ces vidéos a donc été développé une plate-forme pour les artistes mais pas seulement. Les fans également, bien sûr, mais surtout tous ces maillons qui gravitent autours des artistes et qu’on oublie souvent : producteurs, musiciens, labels,… Tout ces intervenants forment un joli réseau qui s’entrecroisent énormément, ce qui a permis à Moodio de développer un carnet d’adresse extensif de la profession !

Mais ce n’est pas tout… Aù-delà de permettre des contacts entre acteurs de l’industrie musicale, cette plate-forme offre aussi différents services intéressants. A termes, elle devrait permettre de gérer la présence sociale d’un artiste sur les différents réseaux : Facebook, Twitter, MySpace,…

De plus, au travers de son widget de lecture vidéo, il sera possible aux artistes de vendre directement leurs place de concerts, leurs titres ou simplement faire de la pub. Le potentiel est assez intéressant : quand un blog reprend votre vidéo Moodio, il affiche en même temps les publicité pour votre concert ou votre musique, soit pour l’achat direct via l’outil (payant, mais pas à la commission) que Moodio met à la disposition de ses membres, soit via vos canaux de ventes habituels (iTunes Store, billetteries en ligne,…).

Une petite vidéo pour vous présentez tout cela en images :

Bref, Moodio.tv se présente non seulement comme un producteur de contenus de qualité pour les artistes, mais fournit également des moyens pour partager ce contenu sur la toile et le transformer en revenus.

  • Et le business model, dans tout ça…

Beh oui, tout cela c’est bien beau, mais ça coute cher ! Que ce soit en termes d’investissements (gros travail de développement du site, achat du matériel vidéo,…) qu’en termes de coût récurrents (besoin de personnel pour continuer à produire les films, stockage et bande passante pour les films). Et comme on voit  le service, il n’y a pas énormément de source de monétisation.

D’autant plus que le site privilégie la qualité de son portail et de son contenu aux rentrées financières : pas de pubs, pas de vidéos sur commande, pas de paiements à la commission sur les ventes via l’outil de vente ,… C’est pourtant cet outil qui est le premier pillier espéré des rentrées financières : des abonnements mensuels pour les artistes qui souhaitent accéder à ces fonctions plus avancées. C’est moins cher que les systèmes de e-ticketing de grosse ampleur (Go For Music) et cela ne fonctionne pas à la commission. On imagine néanmoins mal le projet survive sur cette base. Même si l’option coûte 30 euros par mois et que 300 artistes l’adoptent (ce qui est fort optimiste), on en arrive à 9000 euros par mois, ce qui est trop peu pour rendre le projet viable.

C’est pourquoi il est également prévu de se baser sur des collaborations avec certains acteurs forts. On imagine mal quelle collaboration serait possible si le contenu reste indépendant et si il n’y a pas de publicité, mais c’est apparemment le modèle privilégié. Bref, on voit difficilement où ils veulent en venir pour gagner de l’argent, mais vu la manière dont ils en parlent, créer l’équilibre financier ne devrait pas être un problème vu qu’ils annoncent y arriver pour fin 2010…

Enfin, pour ce qui est du remboursement de l’investissement, nos amis envisagent de revendre leur technologie à d’autres secteurs, et là, effectivement, on comprend tout de suite qu’il y a de l’argent à se faire. Hélas, en one shot… Car le modèle de monétisation proposé est assez bancal : créer plus de contenu n’apporte pas de nouveau revenu (ou de manière indirecte et assez faible). Dès lors, le modèle financier pourrait causer la diminution de la création de contenu…

Mais ne jouons pas les oiseaux de mauvaises augures, le projet est pas mal ficelé, avec beaucoup de possibilités intéressantes, et soutenus par de véritable passionnés. Je les remercie donc pour leur engagement, pour leur invitation m’avoir laissé m’incruster à leur présentation lundi et souhaite beaucoup de réussite à ce projet !