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Le texte qui suit est directement tiré d’une partie de mon mémoire actuellement en rédaction. Il me semble pertinent de le mettre en ligne en réaction à certains articles que j’ai lu concernant Twitter dans l’entreprise (ici et ). Désolé donc du format quelque peu indigeste du post, ainsi que de son manque d’accessibilité, mais je tenais à mettre cela en ligne parce que je trouve qu’il faut malgré tout faire attention à l’emballement qu’on observe pour le phénomène Twitter.

Le micro-blogging a le vent en poupe actuellement, en grande partie grâce à la visibilité dans les médias dont bénéficie le service-phare de cette catégorie d’outils : Twitter. Les blogs mais également les médias traditionnels parlent de plus en plus régulièrement de Twitter, que ce soit dans le domaine du journalisme ou du marketing. De l’euphorie extrême au scepticisme le plus complet, on trouve toutes les réactions sur ce nouveau service qui consiste simplement à partager avec un ensemble de personnes qui décident de vous suivre des messages de 140 caractères et à vous-même suivre les messages d’autres personnes.

Il faut bien reconnaître que l’exposition médiatique de Twitter est bien supérieur à sa pénétration au sein du public, quand on compare le site à Facebook. Les dernières statistiques de plus en plus précises sur le site montrent clairement qu’en terme de portée, Twitter est négligeable au niveau mondial et encore plus au niveau belge avec 2000 comptes Twitter en mars 2009. A l’heure actuelle, Twitter serait donc plus un outil de veille à surveiller plutôt qu’un canal à réellement prendre en compte dans une communication externe, même si il est clair que Twitter peut jouer un rôle déclencheur en cas de communication virale.

Quand à la communication interne et le micro-blogging, qu’en est-il ? On l’évoque de plus en plus vu sa popularité, mais le micro-blogging est un service difficile à appréhender, entre la messagerie instantanée, le partage de liens, le réseau social,… Certains analystes sont favorables à l’implantation de ces outils et même en particulier de Twitter au sein de l’entreprise. Il est vrai que Twitter peut être un outil formidable pour des événements d’entreprises. J’ai pu le constater lors de la conférence “Convergence Web” ou le débat se déroulait autant dans la salle que sur Twitter. Ce type d’outil peut alors amener une interactivité dans la rencontre professionnelle qui peut être intéressante à exploiter.

D’autres avantages sont mis en avant pour une utilisation régulière dans l’entreprise. Le partage de la situation de chaque employé (ou Ambient Awareness), où il est et ce qu’il fait, en est un premier (même si certains outils plus précis que Twitter prennent nettement mieux en charge les positions géographiques comme brightkite qui se retrouve dans le paysage des médias sociaux de Fred Cavazza dans la catégorie Partage/Lieux).
La recherche de sources via Twitter peut également être utile, même si cela s’avérera sans doute plus fructueux dans des domaines de niche comme le “cloud computing”, et que pour le reste, Google reste encore de loin plus performant.
Troisième utilisation repérée, la création et le maintien de relations interpersonnelles entre les employés, même si de nombreux autres outils dont les réseaux sociaux sont particulièrement dédiés à cet objectif.
L’échange, le partage (et même l’archivage selon certains) de liens internet est une quatrième utilisation possible de Twitter, et de manière plus générale du microblogging dans l’entreprise. Cette dernière, tout comme les précédentes, est néanmoins nettement mieux prise en charge par d’autres outils plus spécialisés que sont les outils de “social bookmarking”.

Cela montre la difficulté d’aborder le micro-blogging en entreprise. Il permet de faire un peu de tout relativement bien (je reste dubitatif sur l’efficacité du micro-blogging pour archiver des liens internet), mais est assez peu ciblé. Il semble donc particulièrement difficile de prévoir ce que les employés vont faire de leur micro-blog. L’outil semble dès lors plus adapté pour venir en renfort d’autres, car il peut ajouter un “liant social” à ces différents services et individualise beaucoup plus les échanges, ce qui peut, dans certaines situations où il y a un manque de relation inter-personnelles, être un avantage.

Comme le fait remarquer Fred Cavazza sur son blog, le terme web 2.0 est en train de subir le retour de flamme de son succès foudroyant en se galvaudant aussi vite qu’il est devenu hype. M. Cavazza avance un nouveau terme pour désigner cette nouvelle version du web 2.0 qui s’appellerait médias sociauxsocial media. Les médias sociaux seraient donc une sous-division du 2.0 à mettre à côté de l’entreprise 2.0 ou de social shopping. Pour moi, il n’en est rien, et je m’en explique tout de suite.

Avant toute chose, il me semble primordial de réfléchir un tout petit peu à ce qu’est, fondamentalement, le 2.0. Contrairement à ce que son appellation pourrait faire croire (une nouvelle version d’un logiciel), il ne s’agit en réalité pas d’une évolution technologique. Tout ce qui constitue le 2.0 est basé sur des technologies qui existaient au préalable, et on peut même avancer que le 2.0 existait bien avant que le terme devint à la mode.

Cela n’empêche pas le 2.0 de recouvrir principalement deux types de domaines fortement dissociés, ce qui est la cause de nombreuses équivoques. Le 2.0 évoque d’une part de nouveaux outils du web et d’autre part de nouvelles pratiques du web

Des nouveaux outils
Comprenenez bien que l’apparition de ces outils n’est pas liée à une évolution technologique : ne comparons pas la « découverte » du web 2.0 à la découverte de l’imprimerie. L’invention des caractères mobiles était un préalable indispensable à la construction d’une presse mécanique. Ici, les nouveaux outils ne demandaient pas d’autres technologies que l’internet. Il ne fallait pas plus de puissance des ordinateurs, pas vraiment une meilleure bande passante, pas de nouveaux langages de programmation (on peut faire du très bon 2.0 avec de l’HTML et du PHP). Je crois néanmoins que l’apparition de ces outils est liée à de nouveaux besoins qui sont apparus par de nouvelles technologies. Sans vouloir parler de déterminisme technologique pur, il semble évident que l’apparition du GSM, d’internet puis du haut-débit illimité ont en grande partie influencé notre mode de vie et ont créé un besoin d’information encore plus grand qu’au temps des médias de masse (attention, je ne tiens pas à créer ici une limite fictive entre l’ère des médias de masse et l’ère des médias sociaux, les deux cohabitent et cohabiteront toujours. Cette réflexion mériterait un approfondissement). C’est ce besoin qui a favorisé l’apparition de ces outils destinés à faciliter la transmission d’informations, par d’autres méthodes considérées comme collaboratives. En ce sens, le terme social web me semble plus qu’adéquat pour décrire ce 2.0 : il s’agit bel et bien d’outils facilitant la création, la gestion et la transmissions d’informations au sein et à destinations de groupes ciblés, contrairement au WWW, qui est plus proche de la transmission de masse comme la télévision. Je reviendrai probablement sur une typologie de ces différents outils sur ce blog, même si ce genre d’information est plus que répandue sur la Toile (et notamment dans l’article cité dans l’introduction de ce post)
Des nouvelles pratiques
Mais limiter le phénomène 2.0 à l’apparition de nouveaux outils liés à l’apparition de nouveaux besoins me semble trop restrictif. En effet, on assiste par ailleurs via le 2.0 à une redécouverte de la valeur de l’équipe et de la collaboration. Alors que le travail en équipe s’est répandu dans l’ensemble des entreprises, les limites de cette forme d’organisation se sont fait sentir ces dernières années. L’apparition de l’e-mail et son utilisation massive a pu, et peut toujours, menacer l’existence de cette forme d’organisation du travail par son invasion massive et la distance que cela crée dans la communication, ce qui est le noeud d’une équipe et le centre de gravité de la collaboration. Le 2.0 a en quelque sorte souligné cette distance créée par le mail et par la virtualisation du travail en montrant que les outils maintenant traditionnels sont tout sauf collaboratifs en réalité. On peut donc considérer que cette évolution 2.0 a le potentiel de redéfinir ce qu’est la collaboration en élevant les standards de celle-ci. Hélas, si le 2.0 a clairement mis en avant les limites de la virtualisation du travail tel qu’elle est pratiquée actuellement, je doute qu’il apporte les solutions toutes faites au travers des outils auxquels il est lié. Le 2.0, ça doit aussi être une évolution des modes de travail et de collaboration, une évolution des mentalités.
C’est pour ces raisons raison que je ne veux pas parler du web 2.0 en le fragmentant en petite particules. Le 2.0 recouvrent de nombreux outils qui sont tous utilisés par ces particules et promeut une mentalité, une forme d’organisation et de travail qui sous-tend chacune des particules. Celles-ci sont de plus toutes fortement liées, le concept d’entreprise 2.0 faisant appel à ce que M. Cavazza nomment les médias sociaux, et sa déclinaison orientée marché mène directement au social shopping. Bref, il est impossible de travailler sur chacun de ces concepts de manière distincte, surtout en entreprise. Au même titre qu’il est nécessaire de plaider pour un département communication qui regroupe l’interne, l’externe, le corporate comme le marketing, les RP et la publicité, il faut plaider pour un département IT qui traite ensemble les intranets, le web classique et le web social, et à fortiori les divisions (artificielles) au sein de ce web social.
Dans une optique de clarté, il est néanmoins probable que je doive utiliser des termes comme entreprise 2.0 ou social media lors de la rédaction de mon mémoire, mais je tiens d’ors et déjà à préciser qu’ils ne recouvrent pour moi rien de distinct et qu’ils se confondent en de trop nombreux points pour réellement pouvoir en faire des concepts séparés

La base de tout bon travail scientifique se situe dans la définition de son objet. Je me vois donc contraint et forcé d’aller dans les détails quand il s’agit d’aborder les notions centrales de ce TFE. Je choisis finalement la facilité en m’attardant d’abord sur la notion d’équipe virtuelle, de groupe de travail virtuel, d’organisation virtuelle et de virtualisation du travail. Il existe en effet un relatif consensus, ou en tout cas un dénominateur commun assez large pour définir ces notions de façon exploitable. Les choses deviendront plus sérieuses quand il s’agira de parler de web 2.0.

Pour construire cette définition, je vais tenter de mettre en avant certains aspects importants que la notion de « virtual team« . Mon but n’est pas nécessairement d’arriver ici à une forme de phrase sentencieuse définitive sur cette notion, mais bien de mettre en avant des aspects particuliers qu’elle recouvre et qui sont exploitables dans le cadre d’une recherche sur la collaboration et ses outils.

Le premier aspect qu’il est nécessaire de souligner, avant de l’oublier, est que nous sommes avant toute chose devant une structure de travail similaire à une autre qui existe déjà et qui est déjà utilisée : l’équipe. Le travail en équipe est un mode d’organisation qui se développe maintenant depuis près de 50 ans, ses défauts et ses qualités ont déjà été étudiées par de nombreux spécialistes, que ce soient du point de vue sociologique, organisationel, managerial ou psychologique. Il serait stupide de croire que la virtualisation de ce modèle change complètement celui-ci et il semble évident, à priori, que des mécanismes qui sont à l’oeuvre dans le travail en équipe non virtuelles vont se retrouver dans celles qui le sont. Ils seront adaptés et d’autres éléments spécifiques vont les influencer, mais vouloir étudier l’équipe virtuel en se passant des acquis sur le travail en équipe serait risqué en plus d’être un sacré perte de temps.

Nous pouvons donc en venir aux spécificités de l’équipe virtuelle. Alors qu’une équipe de travail « classique » sera située dans le bâtiment d’une entreprise , probablement dans le même bureau ou atelier, la grande différence et la première qui vienne à l’esprti pour une équipe virtuelle est l’éloignement physique de ses membres. Que ce soient des personnes travaillant de chez eux, des personnes d’autres entreprises ou d’autres filiales ou des sous-traitant, la grande caractéristique des équipes virtuelles est leur éclatement géographique. Cette forme d’organisation en équipe éclatée géographiquement a été rendue possible grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication qui ont permis de transmettre beaucoup plus facilement, en plus grande quantité, sous de nombreuses formes et beaucoup plus vite des informations et des connaissances. C’est là une deuxième grande caractéristique des groupes de travail virtuel, le mode de communication électronique qui constitue la base de leurs échanges, contrairement à l’équipe de travail « classique » qui travaillera en face-à-face et avec un échange d’information orale ou via des supports physiques.

Ces deux grandes caractéristiques en appellent une autre, fondamentale dès qu’on tente d’étudier le fonctionnement des groupes virtuels. Les membres d’équipes virtuelles ne partagent donc pas nécessairement de liens entre eux. Ils n’ont pas toujours la même organisation du travail, pas la même culture d’entreprise et même, quelques fois, pas la même base culturelle. Cette mixité culturelle est un élément à prendre en compte pour évaluer des caractéristiques importantes des équipes virtuelles comme la confiance, le leadership, le processus de prise de décision et au final l’efficacité. Chacun a un à priori sur l’effet de cette mixité : les plus positifs parleront d’émulation et d’enrichissement tant méthodologique qu’en terme de contenu, les plus négatifs mettront en avant les difficultés d’organiser un espace de travail commun, de trouver des modes de communications efficaces ou tout simplement de trouver des consensus autours de notions liées à des aspects sociaux qui peuvent varier énormément entre des travailleurs virtuels.

Cette caractéristique de mixité entretient, pour compliquer encore un petit peu la donne, des relations ambivalente avec celle des moyens de communication. Est-ce que l’utilisation de moyens de communications principalement électronique et le peu de contact direct renforce les problèmes liés à la mixité sociale en rendant par exemple plus compliqué l’émergence d’un leader ou le consensus. C’est ce qu’on pourrait penser à première vue vu la « pauvreté » en terme qualité de l’information de ces médiums. Pourtant, certaines études tendent à démontrer qu’au contraire, les lacunes créées par ces vides liés aux médiums électroniques aideraient au contraire à passer au-delà d’oppositions de culture, notamment en créant des groupes fonctionnement autour de tâches plutôt qu’autour de fonctions, et que cette aide ne serait pas entravée par les pertes d’informations liées à ce style de médiums.

Une dernière notion qu’il me semble important de signaler pour ce premier aperçu du groupe de travail virtuel est la notion de progressivité dans la « virtualisation » du travail. Il est bon de rappeler qu’un groupe de travail virtuel n’est pas un groupe qui travaillent tous dans des lieux géographiquement éloignés et qui communique uniquement via moyens électroniques alors que les groupes non virtuels seraient tous dans le même bureau et ne s’enverraient jamais de mails. Ce sont les deux extrêmes, et aucun groupes n’existent sous cette forme, bien sûr. Les groupes de travail virtuels utilisent principalement des moyens électroniques pour communiquer et certains de leurs membres sont situés dans des lieux géographiques différents de certains autres. Cela n’empêche pas que les membres de l’équipe se rencontrent (et c’est même recommandé, afin de lancer une dynamique et fixer un consensus de travail) de façon régulière ou non, et qu’une partie des membres de cette équipe partage le même lieu de travail. Ces critères déterminent seulement le niveau de virtualisation d’une équipe de travail. Il convient donc d’abandonner toute vision dichotomique de ce mode d’organisation.

Voilà quelques notions qui me semblent importantes dans le cadre de l’utilisation du web 2.0 dans ce type d’organsation du travail. Ce petit panorama de notions devra être complété et approfondis par diverses notions connexes, ce à quoi je vais m’atteler pendant un an à partir de maintenant. J’espère en tout cas pouvoir vous fournir d’ici un an une réponse à cette question : « les outils du web 2.0 sont-ils une solution pour améliorer le travail collaboratif, notamment en terme d’interactions sociales, au sein d’équipe de travail virtuelles »

J’ai un sujet de mémoire, il concerne les médias sociaux. Et je devrais consigner mes avancées et mes réflexions autours de ce sujet dans un carnet ou dans un fichier texte ? En travaillant sur les médias sociaux, le minimum est de les utiliser. C’est pour cela que ce blog traitera des blogs (pas très original, je sais), des wikis, des mashups, du social bookmarking et d’autres outils dans le genre.

Mais il n’en parlera pas en tant que gadgets. Mon mémoire traite en effet de l’utilisation de ces différents outils dans le cadre de la communication interne à une entreprise ou une organisation. Et plus particulièrement, dans le cadre de la communication au sein de groupes de travail virtuels (« virtual teams »). Un groupe de travail virtuel, c’est une équipe qui collabore principalement via des interactions électroniques. Ces groupes sont généralement dispersés en terme géographique mais également culturel. L’exemple typique pourrait être un groupe de dévellopeurs de logiciels « Open Source » qui peuvent être situés n’importe où dans le monde et qui travaille autours d’un projet temporaire qu’est le développement d’un logiciel. En plus d’être généralement situé un peu partout dans le monde, ils ont généralement une approche totalement différente du travail et de la collaboration. Ils en se voient jamais – ou extrêmement rarement – et communique via mail, messagerie instantanée, viédoconférence et autres. Cela pose évidemment pas mal de problèmes – ou en tout cas, cela soulève pas mal de questions. Le travail collaboratif dans des équipes « normales » est déjà en soi une problématique passionnante, et cette problématique prend encore de la consistance dans le cadre de groupes virtuels et des autres défi de communication que cela représente. Mon travail de fin d’étude vise à étudier ce que les médias sociaux peuvent apporter pour la résolution de ces défis que j’exposerai plus en long dans des prochains posts.

Je ne compte néanmoins pas me limiter à ce sujet bien précis et pourquoi pas m’étendre de temps en temps sur des sujets des nouvelles technologies de la communication, de la communication des organisations, qu’elle soit interne ou externe ou du marketing et de la publicité, qui est un de mes petits dadas.

En vous souhaitant une bonne lecture…