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Je reviens de la projection du film « The Social Network » tiré du livre « The Accidental Billionnaires ». Pour ceux qui se tiendraient à l’écart de l’actualité cinématographique et du monde (ce qui est peu probable si vou lisez ce blog), cela raconte une version / une vision de la fondation de Facebook en se centrant sur la personnalité de son fondateur, Marc Zuckenberg. Voilà les quelques réflexions à chaud à la sortie de la salle.

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Le film s’attache beaucoup à la personnalité de Zuckenberg et en fait un personnage assez moyen, dont la caractéristique est sa difficulté à socialiser. C’est finalement quelqu’un assez proche de tout le monde, et en tout cas assez proche de moi. Et ce film montre a quel point le besoin de reconnaissance peut-être une force de motivation énorme. Devenir riche par accident devient dans ce cadre bien plus important que d’être riche en soi, car la richesse est alors vu comme une résultante inéluctable du talent, du génie. Le film amplifie cet aspect en montrant un Zuckenberg bien plus intéressé par sa création que par ce qu’elle lui rapporte comme valeur. Je crois que chacun pourrait souhaiter cela : devenir riche non pas parce qu’on le souhaite, mais parce que c’est la manière dont la valeur d’une idée, la valeur d’une personne est reconnue actuellement.

Mais si les gens souhaitent devenir milliardaires par accident, ce n’est pas parce que c’est inscrit dans la nature ou le subconscient humain. Certes, le besoin de reconnaissance est un besoin assez fondamental de l’Homme. Mais la manière dont nous percevons cette reconnaissance est elle dictée par le monde qui nous entoure. C’est cette parabole du rêve américain qui nous amène à percevoir la richesse comme la reconnaissance ultime de notre excellence personnel, de notre valeur en tant qu’Humain. Or, il n’y a évidemment rien de plus faux. Les plus riches ne sont pas les personnes les plus compétences, celles dont les qualités sont les plus grandes, les plus intelligentes ou les plus méritantes. Des idées excellentes, tout homme en a. Chaque homme a ses fulgurences comme chaque homme a son quart d’heure de gloire. Sur ces éclairs de génies, quelques-uns ont lieu dans des conditions qui sont propices à voir leur valeur reconnue, et donc, à termes, être récompensés par de la richesse. Cela ne rend pas les autres moins intéressants, ceux en sont les auteurs moins malins. Peut-être moins chanceux, à la limite moins opportunistes pour certains, mais certainement pas moins doué. Le modèle qu’on nous vend est pourtant celui-là : si tes idées et tes projets échouent et que d’autres réussissent, alors que tu es issu du même milieu et de la même classe sociale, c’est que tu es moins doué. En cela, je ne crois pas.

Mais ce que je blâme, en fait, ce n’est pas tant le fait que la chance ou l’opportunisme de certains (mot que j’utilise dénué de sa connotation négative, mais bien comme le fait d’être capable de saisir une opportunité, ce qui n’est ni plus ni moins la manière dont le créateur de Facebook est décrit), mais le fait de faire croire que tout le monde devrait avoir cette même chance et ces mêmes opportunités accompagnées de l’opportunisme pour les saisir.

En tant qu’universitaire, je fais indubitablement partie des personnes qui ont déjà eu le plus de chance, à qui le plus d’opportunités ont été offertes et qui a été suffisamment opportuniste pour pouvoir les saisir. Mais en tant que fils d’universitaire, je serai aussi de cette génération qui ne va probablement ni être plus riche, ni plus reconnue que ses parents. Sans doute même un peu moins. Et cela, je ne suis pas sensé l’accepter. Nous devrions tous devenir plus riches de générations en générations, tous plus géniaux, tous tendants vers cette reconnaissance ultime du milliardaire par accident. Et cela finit par m’écoeurer. Non, je n’ai pas besoin de plus de reconnaissance et certainement pas plus d’argent. J’en brûle d’envie, mais cela dépasse de loin ce besoin de base inscrit dans la nature humaine. Cette envie, cultivée par notre société post-moderne faite d’images et de projection, elle en consume plus qu’elle n’en pousse à devenir meilleur.

Mais j’irai plus loin en affirmant que cette envie, cultivée par notre société comme étant un moyen de nous rendre collectivement meilleur, en devenant tous des individus exceptionnels, est néfaste. Notre société n’a pas besoin de personnes comme Marc Zuckenberg. Nous n’avons pas besoin de génies découverts grâce à une série de circonstances et d’opportunités saisies. Leur valeur ajoutée à notre société est à peine supérieur à la valeur ajoutée de chaque humain, ce qui à l’échelle globale, est donc marginal. Ce dont nous avons besoin, c’est qu’un tout petit peu plus des éclairs de sagacité de tous soient captés et exploités. Ce n’est pas en érigeant l’exception comme modèle à atteindre qu’on pourra y arriver, c’est en sortant le modèle du génie quotidien de la déperdition qu’on pourra pousser les gens à s’apprécier à leur juste valeur et à être donc plus productif.

Je ne sais pas, moi-même, comment promouvoir cette vision de la société, dévoré comme nous le sommes tous par cette envie d’exception. Tout ce que j’ai la force et la capacité de faire, c’est un peu de résistance passive par moment pour que la valeur d’une idée et d’une personne ne soient pas mesurée par son potentiel à améliorer la société dans son ensemble mais bien au bien-être qu’elle procure à son auteur en premier lieu, et aux personnes qui l’entourent ensuite. Sommes toutes, un peu d’individualisme social dans un océan de collectivisme libéral…

Voilà quelques réflexions à la sortie de la projection de « The Social Network ». A part ça, le film est bien.

Temps d’écriture : 60 minutes

[Vu la demande frénétique du monde entier, et surtout de ma colocataire adorée, je poste ici les différents articles que j'ai écrit dans le cadre d'un concours pour le télé-moustique. Veuillez donc excuser le décalage temporel de ces articles.]

Dans le monde merveilleux du cinéma, il est primordial de ne pas sous-estimer l’importance des bandes-annonces. Car si des films assez moyens bénéficient d’une très bonne audience grâce à un teasing réussi, certains films sympathiques peuvent rater leur public à cause d’une bande-annonce loupée. Ce sera sans doute le cas du premier film de Riad Sattouf (dessinateur de bande dessinée), “Les Beaux Gosses”.

Car non, ce long métrage adolescent n’est pas une simple version française des buddy movies américains à la “American Pie”, ce qui serait une entreprise vouée à l’échec. C’est pourtant ce que le film promo peut laisser croire. L’idée est de suivre les péripéties amoureuses de deux ados boutonneux de 14 ans. Alors, forcément, cela donne des scènes gags de l’ado qui s’entraîne à “rouler des pelles” devant son miroir ou encore des scènes typiques de lycée. Mais heureusement, “Les Beaux Gosses”, cela n’est pas que cela.

Alors, oui, il faut le reconnaître, les personnages sont caricaturaux, taillés pour se transformer en blagues ambulantes. Vincent Lacoste (Hervé) et Anthony Sonigo (Camel) campent d’ailleurs avec beaucoup de réussite les deux anti-héros losers du film. On se serait néanmoins vite lassés si le réalisateur n’avait pas réussi à insuffler une sorte de réalisme dans ses situations et surtout une évocation puissante des sentiments adolescents. On ressent et on croit à cet idéalisme de jeunes gens autant qu’on souffre de la cruauté dont ils peuvent faire preuve. S’il est difficile de s’identifier aux personnages trop caricaturaux, on pourra néanmoins se sentir proche de ce qu’ils ressentent, de leurs questions et de leurs difficultés, car nous les avons traversées et nous ne les avons pas toujours dépassées.

Maintenant, on n’est pas face à un chef-d’oeuvres de l’image cinématographique, et une vision DVD pourra contenter les plupart des cinéphiles, mais il est a noter que la musique par le groupe Flairs est très réussie, autant sous influence pop sixties que french touch à la Air.

Certes, on peut regretter que les personnages féminins n’aient pas bénéficié du même traitement que les personnages masculins (le point de vue du film est tout a fait centré sur celui des “garçons”). Mais cette comédie dépasse largement la moyenne des comédies françaises en allant bien plus loin qu’une série de gags que laissait présager la bande annonce. Dans ce film, vous ne trouverez pas un humour comparable au controversé “Bienvenue Chez les Chtis”. On peut espérer que cela en réconciliera certains avec les comédies issues de l’Hexagone.


La fameuse bande-annonce :

Qui pouvait donc mettre à mal un phoque si ce n’est un autre phoque ? Seal n’est plus premier des ventes hebdomadaires d’albums (bon je l’admets, ça fait quelques semaines, mais j’attendais la confirmation que la tendance n’est pas passagère). Pourtant, les phoques dominent définitivement le classement des ventes d’albums, les reprises de Seal se classant toujours deuxième derrière les vocalises tristounettes de Anthony And The Johnsons et son dernier album « Crying Lights ». Entre l’américain folk (et PD comme un phoque) et l’américain pop/soul (appelé aussi phoque défiguré) s’annonce un combat de titan qui risque de laisser tous les prétendants au titre du phoque d’or sur le carreau, des dansouillants Franz Ferdinant qui ont du mal à convaincre avec les éléments plus électroniques de leur nouvel opus à Axelle Red et son premier opus en anglais. On notera néanmoins les bonnes performances de Saule, qui semble donc réussir l’exploit d’un succès critique et publique.

5) Franz Ferdinant « Tonight »
4) Axelle Red « Sisters & Empathy »
3) Saule « Western »
2) Seal « Soul »
1) Anthony & The Johnsons « The Crying Light »

Du côté du cinéma, pas de grandes nouvelles à annoncer. Les comédies tiennent toujours le haut du panier, sur les toiles avec LOL, Bridget Wars ou De l’autre côté du lit, malgré les exceptions notables du nouveau Fincher (et son Brad Pitt rajeunissant) et Volt, le nouveau Disney (ou Pixar, ou les deux, on sait plus très bien). En DVD aussi, surtout par le « Bienvenue Chez Les Chtis » qui risque de squatter la première place quelques mois encore, suivi par un peu de tout, d’Indiana Jones à Gad Elmaleh.

Enfin, en livre, stupeur, les quatres premières places du classement ne sont pas attribuées aux quatre tômes de la saga dont le film Twilight est tiré. Car la quatrième place est volée par le dernier tôme du Petit Spirou.

Un peu de chauvinisme et un post très court pour nous réjouir du très bon palmarès des belges au festival de Cannes (du film, pas de la publicité, hein…)

Au delà de la récompense en sélection officielle pour les frères Dardenne qui ont reçu le prix du scénario pour Le Silence de Lorna, les belges ont aussi touché dans les sélection parallèles et particulièrement Bouli Lanners qui a rafflé 3 récompenses de la Quinzaine des réalisateurs pour son film Eldorardo (Label Europa Cinéma par les exploitants de salles, le prix « Regards Jeunes » par le ministère de la anté, du sport et de la jeunesse et le prix de Fipresci de la critique internationale). Cela me conforte encore plus dans l’idée que ce film va être une excellente découverte et peut créer un mini-effet C’est arrivé près de chez vous (qui continuera encore à hanter pendant longtemps le cinéma belge).

Du côté de la Semaine de la critique, on peut aussi féliciter un belge, Christophe Van Rompaey, et son film Moscow, Belgium pour les deux prix qu’il remporte (prix de la SACD et du soutien ACID) même si le grand prix de la semaine de la critique est allé à Snow du bosniaque Aida Begic.

Bref, même si ces films ne feront pas le score d’un Bienvenue chez les Chtis ou d’un Iron Man, on peut être très content du palmarès obtenu eu égard des moyens qui sont mis à disposition des cinéastes belges.

J’attends donc avec impatience la sortie de ces films en salle (plus que celui des frères Dardenne, dont je n’apprécie pas outre mesure le cinéma)