Ce mercredi, c’était le Betagroup 13. Mais c’était aussi (ou peut-être surtout) l’ouverture inaugurale du Café Numérique. Ca suffit largement pour un post de blog, ça…

D’autant plus que cette 13ème édition du Betagroup était un peu particulière vu qu’elle se déroulait au Mirano. Cet ancien cinéma reconvertit en boite est le lieu qu’a choisi le Café Numérique pour établir son camp de base hebdomadaire le mercredi. Même si le Betagroup n’est pas amené à se donner chaque mois dans le cadre du Café Numérique, l’occasion était bonne de profiter du cadre magnifique du lieu pour tenter d’offrir un autre visage que les couloirs de l’ULB à cet événement. Un autre visage, et une autre ambiance aussi. Si certains semblent penser que le Mirano offre un cadre plus approprié au networking et aux dialogues entre entrepreneurs et inverstisseurs, d’autres regrettent le manque d’adaptation de la sono et un public moins attentif qu’à l’ULB. De l’avis de l’organisateur, il manquait un côté un peu geek buveur de bière en canette qui fait, c’est vrai, en grande partie le charme du Betagroup. Qu’à cela ne tienne, nous avons quand même pu voir en démonstration les 5 traditionelles start-up mensuelle (elles ne sont pas nécessairement dans leur ordre d’apparition, mais cela ne doit pas être loin !)

1) Symbioz
Apparemment, le créneau de la géo-localisation doit être hyper rentable, parce que le nombre de start-up se lançant dans ce business est impressionant. Symbioz fait partie de celles-ci. Ce qui est proposé, c’est une géo-localisation en temps réelle via le GPS de votre GSM sous Androïd. Ces données sont stockées sur serveurs, ce qui permet de pouvoir retrouver vos parcours mais également votre vitesse et votre altitude [edit: et ce, depuis votre inscription]. Si l’utilité du service pour un individu ne me semble pas très claire (il n’est même pas question ici de fonction sociale pour partager votre position en temps-réel avec votre réseau), le secteur visé est plutôt celui des transports routiers. Le problème, c’est que l’autonomie d’un GSM est nettement insuffisante pour permettre une utilisation professionelle et la boîte se penche dès lors pour le moment sur les possibilités de développer une sorte de « boite noire ». Mais dès lors, je ne perçoit plus nécessairement la pertinence du service par rapport à la concurrence qui ne doit pas manquer d’exister.

2) WonderGraphs
Le postulat de base de Wondergraphs est que les graphiques de Excell sont moches et compliqués à réaliser. Donc, on va proposer un service hébergé pour faire facilement de beaux graphiques. Même si le Cloud Computing devenait une tendance forte, je crois que les entreprises chercheraient néanmoins à centraliser leurs services, ne fut-ce que pour faciliter la gestion des contacts avec leur fournisseur. Et donc, disposer d’un outil uniquement pour faire des graphes me semble assez limité. Néanmoins, l’outil semble être performant et propose quelques fonctionnalités intéressantes (qu’il faudrait pouvoir tester en réel, puisqu’on a pu voir qu’une vidéo) notamment le fait de stocker vos comportements et de pouvoir proposer des mises en forme courantes en fonction du type de données des tableaux. L’interface est jolie, le résultat semble à la hauteur, il se pourrait donc même que ça marche. Souvent, ce sont les petits services qui peuvent avoir le plus de succès.

3) Babelway
Un autre « petit service », ou en tout cas destiné à un marché assez précis. Babelway propose un moyen de faciliter l’échange de donnée. Grâce à cet outil, vous pouvez formater un type de donnée transmis via un protocole particulier vers un autre type et un autre protocole. Par exemple, transposer des fiches de commandes d’un logiciel particulier envoyé sur un serveur FTP vers un format CSV classique envoyé sur un mail. Concrètement, cela permet à des fournisseurs de centraliser la réception de bons de commande sous un seul format dans un seul lieu plutôt que d’être dépendant du système de chaque client. Sans que le service soit particulièrement excitant (ni la présentation d’ailleurs), on peut supposer qu’il existe là des possibilités de développement, surtout avec une politique de pricing adapté à la taille de chaque client.

4) Getyoo
Getyoo, c’est un peu l’inverse de Babelway. C’est catchy et présenté de manière très vivante, mais cela n’a, selon moi, aucune chance de se développer. En gros, Getyoo, c’est un carte de visite électronique stockée sur une clef USB avec émetteur/récepteur de donnée NFC via une plate-forme privée. Les petits plus, ce sont l’environnement web sur lesquels sont stockées les données rapatriées, assez joli et social, mais également la possibilité de communiquer avec des tags qui serviraient à promouvoir des produits en fournissant du contenu (vidéo YouTube, bons de réduction) via la clef et le rapatriement sur l’ordinateur. Non, ce n’est pas une technologie basé sur le RFID ni Bluetooth (et donc ce n’est pas interopérable ni compatible avec d’autres systèmesen fait, ça utilise NFC, technologie qui vise à remplacer le RFID). Et puis surtout, la clef coûte 27 euros (ou 37 ?). Je vois mal comment la start-up va pouvoir atteindre la masse critique absolument nécessaire au fonctionnement de leur produit si ils se contentent de la vendre au détail. La seule issue que je vois serait de s’associer à des annonceurs ou des gestionnaires d’espaces publicitaires pour que ceux-ci financent en grande partie le déploiement de cette clef. De toute façon, cela nécessite un business model complètement différent, et même une approche différente dans la présentation du produit. Si ils visent un public pro, la présentation devrait être un peu plus professionelle (tout en gardant la dynamique). Bref, Getyoo, ça fait beaucoup de bruit pour pas grand chose (un peu comme The Peas Project ? Non, je suis méchant, là…)

5) Spezzle
Perdu dans Bruxelles, les deux gars de Spezzle (dont un super-geek) ont présenté leur service en dernier. Il n’aurait pas été totalement inutile qu’ils passent plus tôt pour bénéficier d’une salle plus calme et plus fraîche. Car honnêtement, je n’ai absolument rien compris de leur service (si ce n’est qu’il avait rapport au CMS Druppal). Dès lors, j’attends les explications des spécialistes afin de compléter cet article.

A part ces 5 start-ups, on a eu droit à une démonstration du « Surface » de Microsoft, une table tactile destinée au travail collaboratif mais sur laquelle il est possible de développer de nombreux autres services (celui qui nous était présenté était destiné à la chaîne de débit de boisson Belgian Beer Cafe). Je fais confiance à la machinerie marketing de Microsoft pour vous donner toutes les infos pertinentes au moment de sa sortie. Là, ils sont occupés avec Windows 7.

A côté des présentations, c’était l’occasion de revoir la clique des blogueurs belges et pouvoir discuter de plein de sujets, dont le Café Numérique qui semble disposer de forces vives pour le soutenir. D’ailleurs, ils vous donnent rendez-vous mercredi prochain (le 28 octobre 2009) pour l’AndroïdParty 3 et toutes les semaines suivantes pour un programme qui promet d’être varié (vous pouvez le retrouver ici). A part ça, on a cassé du sucre sur le dos de Proximedia (et franchement, je crois qu’on a eu raison), Mateusz a dévoilé son intention d’investir, Ramon est prêt à partir pour la Webmission à Séville et l’échevin de la Culture de Saint-Josse m’a déclaré sa flamme pour Schaerbeek. Le temps de boire quelques bières à 2,5 euros, manger l’un ou l’autre panini à 4,5 euros et se faire jeter dehors vers 11h30, et la soirée était pliée.