Oui, je fais souvent les choses en retard, et c’est donc hier que j’ai été assister à la projection en 3D (11 euros, merci) du dernier-né de James Cameron, Avatar. Et si ce titre et cette chronique viennent en effet après tout le monde, cela résume également bien le film qui, alors qu’il nous a été présenté comme révolutionnaire (sous-entendu, qu’on nous a lavé le cerveau pour nous faire intégrer le fait qu’il est révolutionnaire) n’est qu’une vulgaire copie de tout ce que Hollywood a fait (surtout de mauvais) ces dernières années.
Après cette introduction, vous avez compris que je ne suis pas emballé. Mais j’entends déjà des voix gronder et me ramener à la poire l’argument 3D et qualité des images. Alors, pour vite écarter ces arguments : non, la 3D dans ce film n’est pas bien. La 3D n’apporte absolument rien en termes d’immersion dans le film, elle est très inconfortable et elle n’est pas impressionante. Quand à la qualité des images, si elle est difficilement criticable d’un point de vue technique, les choix esthétiques sont tels qu’elles en deviennent simplement imbuvables. Dans le monde d’Avatar, l’eau est toujours pure et limpide, toutes les plantes et les animaux (enfin, les 8 espèces d’animaux – il y en a plus dans Ice Age) sont beaux, lumineux et chatoyants et les conditions climatiques sont toujours optimales. Bref, qu’on ne vienne pas me dire que les images d’Avatar sont photo-réalistes. Elles sont certes très photogéniques, mais elles n’ont rien de réelles : ce sont des images polies et aseptisées pour être esthétiques, ce qui les rend simplement ennuyantes. Un ami me rappelle que c’est aussi parce que le film parle d’un monde où la Nature n’est qu’harmonie et que les choix esthétiques sont donc cohérents avec le propos de Cameron. Et on se retrouve donc à parler du contenu…
Et là, c’est encore pire. Tout a déjà été dit à ce sujet, mais je reviendrai juste sur quelques points. Le premier, c’est la propos en lui-même. On va finir par savoir qu’on est très vilains et qu’on pollue beaucoup (et qu’en plus, on ne fait rien pour arranger les choses), mais la dernière chose que l’humanité a besoin pour s’en sortir, ce sont les intégristes écolos qui clament que la planète a une âme et que nous devons la respecter. Or, c’est bien ce qu’avance le film : protège la planète et elle te protègera si tu le mérites, puisque la Nature est bien évidemment la Justice incarnée. Bref, rien que ce point de vue me donne de l’urticaire, et comme il sous-tend l’ensemble du film, peut-être même la direction graphique, c’est plutôt dérangeant.
Si on rajoute à ça un scénario bateau hollywoodien (je ne vois pas pourquoi tout le monde s’acharne en particulier sur le scénario, il n’est pas plus mauvais que l’ensemble), des personnages à la psychologie aussi fouillée que celle de Jar Jar Bings dans Star Wars I, des dialogue et un jeu d’acteur assez risible, et dont la piètre qualité est renforcée par la motion capture (ou performance capture, si vous voulez), la musique totalement insupportable (on en a marre des percussions à la Safri Duo), et vous avez un nanar absolu qui trouve parfaitement sa place entre Transformers, 2012 et Beowulf.
Ce qui m’énerve le plus, pour finir, par rapport à ce film, c’est qu’on s’acharne à le présenter comme révolutionnaire. Or, si les techniques le sans doute, le résultat en est à l’opposé. En choisissant un sujet aussi rétro (Gaïa, l’âme de la planète, ça date quand même de 68), en le traitant sans aucune originalité et en réalisant avec des moyens techniques impressionnants mais sans vision personnelle, Cameron a transformé ce film en usual bullshit hollywoodienne. Et ça ne m’étonne pas.
Ha ben j’ai de moins en moins envie de le voir, même à 5,5€ ^^
Moi c’est sur, je n’irai pas
C’est vrai ? Mais pensez à tout le bien que ça vous fera de pouvoir après pouvoir dire en toute légitimité que ce film est pourri et ne plus devoir, par objectivité scientifique, concéder que vous ne l’avez pas observé de vos propres mirettes !
Yann tout craché