Archives for the month of: mai, 2010

Le métro bruxellois est une merveille pour celui qui cherche les pires publicités en affichage qu’il est possible de concevoir. J’espère que quelqu’un pense à en conserver une archive tant certaine atteignent un niveau rarement approché. Je trouve que l’affiche que j’ai aperçu aujourd’hui pour la Chambre Belge des Comptables fait partie de celle-là.

affiche CBC

Je ne vais même pas aborder ce qui concerne l’esthétique de l’image. Après tout, elle est affichée dans le métro, c’est sale et bruyant, la lumière est dégueu, c’est pas pour rien qu’on y voit pas les anorexiques de H&M. Je vais juste parler du message.

Et concernant le message, j’imagine bien le briefing créatif (enfin, là, cela supposerait qu’il y ait eu des pros pour travailler sur ça, ce que je préfère ne pas penser)

Bon, le problème, c’est qu’on manque de comptable. Donc on voudrait que plus de gens fassent des formations de comptables. Parce que les gens, ils croient que comptable, c’est pas un métier attractif. Comme contrôleur fiscal, quoi, l’image de grippe-sous désagréable nous colle à la peau, il faut changer ça. D’autant plus qu’en ces temps de crise, des métiers sûrs comme contrôleur fiscal et comptable, ça devrait bien fonctionner.

Alors, qu’est-ce qu’ils ont fait, les géniaux créateurs de l’annonce, ils ont écrit « un métier sûr et attractif ». Ah beh maintenant que c’est écrit, c’est sûr, tout le monde est convaincu. Même les fabricants de poudre à lessiver savent que ça marche pas comme ça. Qu’il faut refourguer un gens un nouvel agent blanchissant aux micro-perles ioniques pour qu’ils puissent penser que la lessive est réellement plus efficace. Ici, qu’a-t-on de plus que les mots écrits ? La tête de deux jeunes gens qui hurlent qu’ils veulent devenir contrôleur fiscal et comptable ? Est-ce qu’ils tentent de justifier le fait que le métier est attractif parce que deux jeunes crient qu’ils veulent les choisir, ou que les jeunes veulent les choisir parce que le métier est sensément attractif et sûr ?

Bref, une affiche illisible sur le contenu, et très peu lisible dans la forme, vu les polices immondes, les lignes de fuite contradictoires et la dispersion des informations essentielles dans les coins de l’affiche. J’espère que l’affichage dans le métro n’est vraiment pas cher, parce que sinon je ne vois aucune justification au bâclage complet de l’affiche (qui annonce, c’est vrai, un produit assez peu sexy…)

Temps d’écriture : 27 minutes

Je republie ici l’article écrit pour le site de Radio Campus. Il reprend ma playlist et les liens vers le site de la médiathèque des morceaux joués lors de mon émission de samedi matin.

Si vous avez des suggestions pour la semaine prochaine, n’hésitez pas ! Je serais ravi d’avoir des muses pour me chuchoter l’un ou l’autre bon morceau à passer à nos auditeurs…

6h30
Cocorosie – Noah’s Ark
Cirkus – Drugs of Choice
Tricky – Stay
Massive Attack – Atlas Air
Apparat – Hailing From The Edge

7h
Gusgus – Believe
Ra Ra Riot – Each Year (Absofacto Remix)
Sebastien Tellier – l’Amour et la Violence
Caribou – Foud Out
Gonjasufi – Made

7h30
Diplo Vs Sunday Girl – Four Floors
We Have Band – Oh! – titre téléchargeable gratuitement et légalement ici
Outkast – Happy Valentine’s Day
N.E.R.D – Lapdance
Antipop Consortium – The Solution

8h
themselves – Roman is as Roman does
Depotax – Elastik (feat. himself)
Two Fingers – Doing My Job
Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Waiting for the beat to kick in
Let’s go to war – Burn Down The Disco

8h30
The Rapture – House Of Jealous Lovers
The Faint – Agenda Suicide
The Dead Weather – Die By The Drop – titre téléchargeable gratuitement et légalement ici
DJ Hell – The DJ (feat. P. Diddy)

Temps d’écriture : 3 minutes (si on ne compte pas le temps d’écriture de l’article original)

Vous ne le savez sans doute pas, mais dans ma prime jeunesse, je jouais pas mal aux jeux vidéo. Grand fan de Sega, j’ai commencé par la Game Gear (la console portable de Sega, en couleur bien avant la Game Boy, mais qui bouffait la batterie de façon incroyablement vorace) puis j’ai eu une Megadrive 2 (alors que la première Playstation pointait déjà son nez). Après, grand trou noir de console puisque je me suis particulièrement mis aux jeux sur PC. Jusqu’à il y a deux ans, je jouais régulièrement sur ordinateur, puis je n’ai plus eu de machine convenable pour jouer puisque je suis passé sur Mac. Passé sur Wii, je dois avouer que j’hésitais encore à reprendre un PC pour pouvoir profiter de temps en temps de gros jeux de stratégie et de rôle.

Mega Drive 2

Avec l’arrivée de Steam sur Mac, cette hésitation commence à disparaître. Steam est une plate-forme de jeux en ligne. Développée par Valve, elle servait au départ à rassembler les nombreux joueurs en réseau de Half Life 2 et ses fameux mods (Counter Strike par exemple). Elle s’est par la suite développée comme plate-forme de distribution de jeux dématérialisés sur PC et est devenu d’ailleurs la plus importante. Le catalogue de la plate-forme comprend énormément de « blockbusters » mais permet également de voir émerger des jeux qualifiés de « indies » développé par des indépendants qui trouvent là un moyen d’accéder au marché sans passer par les réseaux très cadenassés des distributeurs physiques.

L’arrivée de Steam sur Mac est en ce sens une très bonne nouvelle. J’ignore comment les portages de jeux sur mac sur déroulent, mais le fait est que le catalogue est plutôt restreint en distribution physique. Si Steam permet d’augmenter le nombre de portage de jeux sur mac, et le nombre de portages de jeux plus « hardcore gamers », Apple peut y gagner énormément en se débarrassant d’un des derniers arguments souvent invoqué pour justifier le choix du PC : pas de jeux. Actuellement, le nombre de titres (et de gros titres en particulier) disponibles est assez faible mais Valve promet des nouvelles sorties toutes les semaines.

Reste à voir l’efficacité et la stabilité de la plate-forme. Et jusqu’ici, je ne suis pas déçu ! L’installation se passe sans encombre (simple glisser-déposer) et la plate-forme se met à jour au lancement sans encombre. L’achat et l’installation des jeux est très fluide, presque aussi facile que sur le fameux Store d’Apple qui reste un modèle de simplicité pour la vente de contenu. On achète le jeu en quelques clics, il se télécharge et dès que le téléchargement est terminé, vous avec un raccourci sur le bureau et/ou dans votre répertoire application pour le lancer.

En plus de cela, Steam propose quelques fonctionnalités supplémentaires de « cloud gaming » : une fois acheté, le jeu peut être récupéré sur plusieurs ordinateurs configuré avec votre compte, tout comme la progression dans ces jeux. Des goodies exclusifs sont bien sûr disponible comme des aspects communautaires autours des jeux. Ce dernier point me semble d’ailleurs encore assez mal exploité, même avec des récompense à récupérer et des forums.

Au niveau technique, je ne sais pas trop comment cela fonctionne, mais il est à noter que pour lancer un jeu, la plate-forme devra être ouverte. S’il est possible de jouer sans connexion, tout est fait pour que vous ne le fassiez pas.

Bref, dans l’ensemble, je suis assez content de cette plateforme. Le succès sera au rendez-vous si le catalogue s’étoffe suffisamment. Dans ce cas, c’est sûr, je ne reviendrai jamais vers le PC. Mais bon, rien n’est moins sûr !

Temps d’écriture : 34 minutes

La cuisine belge est totalement mésestimée. Elle est pourtant une cuisine jouissive, sans doute pas aussi fine et travaillée que la cuisine française, mais pleine de saveur grâce à l’utilisation de produits simples. A Bruxelles, il est possible de trouver quelques tables dans ce style assez sympathiques, en voilà quelques unes.

  • Viva m’boma

Impossible de ne pas commencer cet article par ce restaurant incroyable située Rue de Flandres, juste à côté de la place Sainte-Catherine et dans pas loin de tous les bars flamands si sympathiques de la capitale. Situé dans une ancienne boucherie dont le carrelage blanc au mur a été conservé, la salle est tenue par une famille bruxelloise sympathique et les quelques tables à l’intérieur et sur la terrasse en cas de beau temps sont toujours fort occupées. Normal, les langues de veau à la sauce verte sont une entrée absolument délectable tandis que tous les plats, de l’onglet de cheval et ses vrais frites à la boulette sauce tomate, sont savoureux au possible. En plus, il est possible de s’en tirer pour une somme relativement raisonnable. Pensez à réserver, le restaurant n’est pas ouvert tout le temps et il est plutôt fréquenté.

  • Mirabelle

Le cimetière d’Ixelles regorge d’établissement plus ou moins corrects dans le style « brasserie » mais la Mirabelle est sans doute le seul qui vaut réellement le détour. Ouvert souvent et tard, vous pourrez y déguster un ensemble de plats de brasserie et de plats belges traditionnels (chicon au gratin, rognons, stoemp saucisse et un excellent américain) dans une salle suffisamment grande pour être quasiment sûr de pouvoir trouver place même lorsque vous n’avez pas réservez. Le service est rapide et convivial, l’addition plus élevée que la moyenne des environs tout en restant raisonnable et les plats seuls capables de sustenter les plus affamés. C’est aussi pour ça qu’on aime la cuisine belge…

  • Houtsiplou

Est-ce vraiment une table belge ou de brasserie ? Sans doute pas, le Houtsiplou, place Rouppe, propose bien d’autres mets que les traditionnels stoemp saucisse, chicon au gratin et moules frites. Ils proposent de fameux véritables hamburger, des tartines ou des salades. Ce qui est sur, par contre, c’est que le Houtsiplou est bien belge. Les frites sont réellement délicieuses et le décor est tout en dessin rappelant l’histoire de Belgique (et même avant que celle-ci existe). Le service est peut-être un peu froid, mais vous pourrez manger-là plus ou moins à n’importe quel moment de la semaine, le tout pour un prix très raisonnable. Et ce, même si vous vous laissez tenter (si vous avez encore la place après le plat) par les desserts. Bref, une cantine peut-être, mais une de celle qu’on aimerait vraiment avoir au coin de sa rue pour pouvoir en profiter plus souvent !

  • Le Royal

Autre restaurant de la Rue des Flandres, mais plus loin vers Molenbeek, le Royal s’affiche comme une brasserie tendance, symbole de la reconquête de la bourgeoisie bruxelloise de ce quartier longtemps laissé en friche. A priori, je ne suis pas fan de ce genre d’établissement, en grande partie à cause de la population qui y traine. A raison d’ailleurs, l’établissement ne manquant pas à sa réputation : bruyant, surpeuplé de personnes qui veulent surtout se montrer avant de manger. Le service en pâtit d’ailleurs, il est un peu débordé, tandis qu’on peut difficilement profiter du cadre même si il a plutôt l’air soigné. Reste l’assiette qui vient rattraper ces menus défauts. La carte est longue et propose, à côté d’un nombre assez étendu de plats de brasserie (parmentier de cheval, carbonnade et banquette de veau entre autres), le lieu propose une carte branchée orientée cuisine « fusion légère » avec consonances asiatiques. C’est tout à fait bon, cela reste abordable (même si le fait de faire payer l’accompagnement à côté est assez vicieux et relativement peu justifié vu le prix global) mais cela reste dans les normes. Dès lors, je recommanderais plutôt la Mirabelle où la cuisine a un petit plus et où l’ambiance sera plus détendue. Maintenant, si vous recherchez un spot branché à Bruxelles, allez-y, vous ne serez probablement pas déçus…

Il y a bien sûr de nombreux autres endroits où on peut déguster de la cuisine de chez nous, mais voilà une sélection de ceux que j’ai pu tester. Nul doute qu’elle devrait s’étoffer au fur et à mesure de mes pérégrinations bruxelloises.

Temps de rédaction : 2 heures

Avant toute chose, je ne suis pas friand du travail de Kourtrajmé et de Romain Gavras. Néanmoins, après avoir vu le clip Born Free tourné pour M.I.A et en ayant les souvenirs vagues du clip précédent ayant déclenché les mêmes passions (Stress pour Justice), j’ai tout de suite voulu écrire un article sur le sujet. Parce que, contrairement à ce que je lis beaucoup, je ne trouve pas que Born Free est dans la continuité de Stress. Au contraire, je le considère plutôt comme un changement d’approche.

Dans le clip Stress, Romain Gavras filme des jeunes gens noirs et beurs dans des scènes de violence urbaine totalement gratuites. Le clip finit par l’agression de l’équipe du film sur fond de bagnole brûlée. Ce clip est totalement apolitique et amoral, il n’y a strictement aucun point de vue, à mon sens, il est plus une expression concrète d’un fantasme de la violence extrême. L’accoutrement et les références à certains autres clips musicaux violents (Come To Daddy d’Aphex Twin) rende ce clip principalement cosmétique (ce que je considère être le cas de la plus grande partie du travail de Kourtrajmé).

C’est assez différent pour Born Free de M.I.A qui, derrière le trick des roux (autre manière de situer la scène dans le fantasme, comme pour les vêtements dans Stress), on ne peut nier la connotation politique assez forte du clip. Les militaires sont américains, les scènes sont tournées dans des lieux qui pourraient être Bagdad ou l’Afganistan. La violence n’y est pas gratuite mais bien dirigée vers un but. Au vu de tout cela, je trouve qu’on peut difficilement comparer Born Free qui est un véritable film politique avec Stress qui ne joue que sur des aspects visuels. Je ne doute pas que M.I.A y soit pour quelque chose, elle est nettement plus engagée que Justice. A l’époque, ce dernier groupe avait réfuté toute volonté politique, et c’est ce qu’on lui avait reproché. Ici, je ne doute pas que M.I.A ne réfutera pas la volonté de dénonciation des dernières guerres américaines.

Je n’ai pas contre pas d’avis sur la musique ou les qualités esthétiques du film. Mais j’attends avec beaucoup plus d’impatience le travail de M.I.A que celui de Justice (et je me fous de Gavras)

Temps d’écriture : 22 minutes

Dans la grande famille de Hot Chip, on connaissait bien le fils, Metronomy, et je viens de faire la connaissance avec le petit fils lors des Nuits du Botanique, hier. Il s’appelle Tanlines et bizarrement, il ressemble beaucoup à l’arrière grand-père, Liquid Liquid. Je n’irai pas jusqu’à dire que la boucle est ainsi bouclée. Ce serait d’une part accordée sans doute trop d’importance à un groupe dont la vertu est principalement hédoniste. D’autres part, c’est peut-être moi qui, dans une poussée de fièvre, a cru déceler dans le chant et la structure des morceaux les traces de leurs ancêtres cultes. Confirmation après écoute de leur CD.

http;//www.twitter.com/tanlines

Je ne parlerai pas de Piano Club, c’est la scène belge, et j’écrirai bientôt un article sur la scène belge. Comprenez en cela que ce n’est pas positif.

J’avais déjà vu We Have Band à leur précédent concert au Bota, et ils m’avaient laissé un souvenir agréable. Ici, ma bonne impression s’est encore accentuée. On les compare aussi à Hot Chip, et je trouve ça ridicule. D’abord, les 3 membres du groupe ont beaucoup de charisme, ce qui n’est pas le cas de Hot Chip qui a autant de présence sur scène qu’une huitre. C’est sans doute un détail, mais ça change tout au live. Ensuite, We Have Band est un groupe beaucoup plus simple. Truffé de bonnes idées dans la construction de leur morceau et dans le choix de leurs sons, mais sans aucune ambition révolutionnaire, sans aucun concept si ce n’est de réussir leur montée dansante. D’ailleurs, en réalité, le résultat est très différent. Hot Chip fait des chansons avec des mélodies assez construite, We Have Band fait plutôt des morceaux plus proche d’une construction techno. Bref, We Have Band se prend moins la tête, et comme ça fonctionne, on en redemande !

http://www.twitter.com/wehavebandtwitt

Temps d’écriture : 37 minutes (dont 10 minutes de visionnage de vidéo)