Archives for the month of: décembre, 2009

L’exercice de cette année est beaucoup plus compliqué pour moi qu’il n’y paraît. Parce que je suis loin de m’être enthousiasmé pour les disques présentés comme les meilleurs de l’années par d’autres blogueurs ou critiques. Sans compter que comme chaque année, j’ai encore beaucoup de disque à rattraper ! Du coup, la justification de mes choix doit être beaucoup plus travaillée et réfléchie pour offrir une critique un minimum construite.

Vous l’aurez donc compris, chez moi, pas d’Animal Collective, pas de Grizzly Bear, Passion Pit, The Horrors, Florence & The Machines, WhoMadeWho, The XX ou Fever Ray. Pas que j’ai détesté ces albums (bon, à part Merriweather Post Pavillon qui m’emmerde, oui), mais la plupart m’ont semblé moyens. Et même si l’année est assez moyenne, je n’ai pas envie de consacrer des albums moyens dans mon top. Du coup, il sera assez court et reprendra des albums peut-être moins branchés mais que j’ai énormément appréciés, surtout pour leurs défauts d’ailleurs !

Pour info, j’ai cette année écouté 91 albums sortis en 2009 (presque 2 par semaine donc) sur les 8 jours de musique que j’ai acquis en 2009 (hors podcast). Le nouveau titre (acquis en 2009) que j’ai le plus écouté est « Cheap and Cheerful » de The Kills (44 écoutes) et les albums que j’ai le moins aimé sont No Line In The Horizon de U2, Years of Refusal de Morrissey, It’s ot me it’s you de Lilly Allen et The Fame de Lady Gaga. Mon meilleur live est celui de themselves à la Rotonde du Botanique. Maintenant, place au classement…

7. Archive Controlling Crowds

On m’a dit que cet album était inégal, qu’il manquait totalement d’originalité, qu’Archive ne faisait que répéter ce qu’il a déjà fait. C’est peut-être même vrai ! Mais bon, à un moment, il faut arrêter de rigoler. Quand un album comprend des titres aussi ambitieux et réussis que « Controlling Crowds« , « Dangervisit« , « Collapse Collide » / « Clones« , « Bastardized Ink » et « Razed to the Ground » (et encore, je n’ai pas écouté la quatrième partie de l’album qui vient de sortir), je vois difficilement comment on peut ignorer si superbement cet album. C’est vrai, ce n’est peut-être pas meilleur que You All Look The Same To Me, mais c’est loin d’être identique, et c’est certainement devant « Noise » et « Lights« , les deux précédents opus. Bref, un grand album d’un groupe qui a un son bien à lui, cela suffit largement à me contenter cette année !

http://www.myspace.com/archiveuk

6. Peaches I Feel Cream

Encore un album largement snobé par les classements de fin d’année, le dernier opus de Peaches est pourtant d’une qualité plus atteinte depuis longtemps par celle qui a popularisé le mouvement riot girl. Avec I Feel Cream, on a non seulement une collection de singles en puissance (les 4 premiers titres de l’album, de « Serpentine » assez proche de ses meilleurs titres du premier album à « Talk To Me », où Peaches joue à Beth Dido) mais on profite en plus d’une grande cohérence sonore, d’une production impeccable (bien qu’assez réduite) et d’une efficacité qui ne faillit jamais. Bien sûr, écouter Peaches en 2009, c’est pas très in, plus très branché et sans doute pas subversif comme au début de la carrière de la chanteuse. Mais bon, moi, tant que la musique est bonne (bonne, bonne, bonne !), je suis prêt à passer pour un ringard…

http://www.myspace.com/peaches

5. Moderat Moderat

J’ai été assez étonné de ne voir nulle part cet album repris dans les tops de l’année… A le ré-écouter, je me rends compte que ma première impression et le souvenir que l’album m’avait laissé était meilleur que la musique. Néanmoins, il y a de très bonnes choses dans ce LP commun de Modeselektor et Apparat (qui vont apparemment continuer ce projet). A commencer par l’excellence du travail sur les nappes typique d’Apparat et les grosses basses breakées qu’on attribue facilement à Modeselektor. Il est vrai que la composition n’est pas toujours à la hauteur des compétences des deux bonshommes ce qui donne certains titres un peu faibles (c’est à dire juste agréable). Reste néanmoins des morceaux marquants (Sick With It, d’une évidence pop insolente, Porc #1 et #2 envoutants et déroutants, Rusty Nails assez émouvant) et surtout un album qui propose une musique très abordable sans sacrifier son âme, qui se danse mais passe très bien dans son salon. J’attends impatiemment de voir ça en live !

http://www.myspace.com/moderat

4. Clark Totems Flare

Cet album de Clark, pour moi, c’est d’abord la découverte du single « Growls Garden » qui est une tuerie parfaite pour donner envie d’aborder cet album sans craindre la même difficulté que pour son opus précédent Turning Dragons. Une bonne introduction, mais pas une image très honnête de l’ensemble de l’album qui reste assez aride pour celui qui n’apprécie pas la musique électronique qui verse dans l’expérimental. Pourtant, moi qui suis généralement peut sensible au travail sonore torturé de Warp, je dois avouer que le travail de Clark garde une forme d’efficacité qui me plait beaucoup. En gros, même si les titres se perdent parfois dans des délires sonores compressés, ils gardent une ligne directrice. Maintenant, ce n’est pas le genre d’album que j’écouterais tous les soirs, mais ce LP a eu le mérite de me réconcilier avec la musique électronique plus « intelligente ».

http://www.myspace.com/throttleclark

3. Gui Boratto Take My Breath Away

Je ne suis pas un grand fan du mouvement techno minimal, mais le brésilien Gui Boratto avait réussi à me convaincre que je pourrais même apprécier des artistes de l’écurie Kompact avec son premier excellent album Chromophobia. Il remet le couvert de la meilleure façon avec son deuxième album. Le son a évolué vers quelque chose de plus électro, avec des nappes plus vintage. Ca tend même par moment vers l’ambiant même si l’album se termine sur quelques morceaux dans la veine techno. Il y a vraiment quelque chose de particulier qui se dégage de cette musique qui la rend différentes de certains de ses comparses que je trouve très ennuyant. L’évolution de style n’y a rien changé : on retrouve cet âme électronique qui habite les beats millimétrés de Boratto. Je ne suis toujours pas entièrement réconcilié avec la minimale, mais avec cet album, j’ai enfin pu combler le vide entre Ricardo Villalobos et Richie Hawtin

http://www.myspace.com/guiboratto

2. The Juan MacLean The Future Will Come

L’année 2009 a été un grand cru pour James Murphy et son label DFA avec des compilations et des rééditions de grande qualité mais également des productions originales très réussies comme le deuxième album de Juan MacLean. Avec son premier opus Less Than Human, on avait un brouillon riche mais souvent casse-gueule. Ici, on s’est recentré sur quelques éléments, et ça donne un résultat beaucoup plus abouti entre électro-pop et punk-funk si cher au label DFA. En plus, il y a vraiment des titres forts : « The Future Will Come », « No Time », « One Day », « The Simple Life », « Happy House » sont tous des morceaux excellents. On peut regretter que la folie du premier album se soit estompée au profit de l’efficacité, mais cela ne nous empêchera pas de nous dandiner sur le rythme des lignes de basses formidables du disque. Prochaine étape de DFA, le troisième véritable album de LCD Soundsystem l’année prochaine !

http://www.myspace.com/thejuanmaclean

Pochette Bat For Lashes

Pochette Bat For Lashes

1. Bat For Lashes Two Suns

Et oui, c’est la gentille Natasha Khan qui se retrouve à la tête de mon top album de 2009. Et pourtant, on en m’accusera pas d’être un fana de pop folk. Mais cet deuxième opus de Bat For Lashes n’a eu aucun mal à me transporter. Cela uniquement grâce au travail rythmique formidable sur certains titres dont l’ouverture « Glass » et « Two Planets ». Cet album est facile et s’est imposé comme une évidence cette année, et c’est ce qui me plait le plus. Mais il garde cette classe pop que Florence & The Machine est loin d’offrir, notamment grâce à un univers onirique qui colle particulièrement bien à cette musique.

http://www.myspace.com/batforlashes

PS : A l’heure où j’écris cet article, je suis en train de jeter une oreille attentive à l’album de St-Vincent, qui est assez sympathique, en fait. Ce qui me pousse à revenir à mon top 2008 pour un prochain article.

Ce classement-ci est un peu particulier, parce qu’il s’agit de mes meilleures découvertes faites en 2009. Et donc, les albums en questions ne datent pas tous de 2009. Disons qu’il s’agit des petits groupes et petits albums qui m’ont surpris cette année. Peut-être le top le plus intéressant, puisque sur le classement définitif de cette année, il n’y aura probablement pas de grandes surprises…

8. Buraka Som Sistema « Black Diamond »

Je n’en fais un secret pour personne, la musique catégorisée « world » ne me plaît généralement pas. Mais je fais des efforts pour tenter de m’y habituer. C’est pour cela que dès que j’entends parler de nouveaux style qui émergent fortement basés sur la musique traditionelle « world », je tente à chaque fois l’écoute. Souvent sans grand succès, sauf cette année, avec cet album de Buraka Som Sistema. Son style, le kuduro, est à a croisées des musiques électroniques européennes et des rythmiques du Cap Vert. Le groupe portugais a réussi à garder l’essence de ces rythmiques endiablées et de les enrichir avec des sons et un flow hip-hop. L’album n’est pas fait pour s’écouter de bout en bout (c’est assez épuisant et répétitif) mais quelques titres valent le coup d’oreilles. En tout cas, avec l’album de Major Lazer qui me réconcilie plus ou moins avec les styles jamaïcains, l’année 2009 aura contribué à me pousser un peu plus à m’ouvrir à la musique non-européenne.

http://www.myspace.com/burakasomsistema

7. Fagget Fairys « Feed The Horse »

Album découvert tout récemment, mais auquel j’ai vraiment bien accroché. Il aurait peut-être grimpé encore un ou deux échelons si j’avais eu le temps de l’apprécier sur la longueur. Il s’agit d’un duo lesbien danois qui propose un électro-hip-hop, mais pas uniquement ! Influence dubstep, drum & bass et musiques balkaniques rendent cet album beaucoup plus varié qu’il n’y paraît. On retiendra la plage titulaire « Feed The Horse« , « Roll The Dice« , « Watch My Back » et les 9 minutes de délire balkanique de « Negori ». En plus, c’est assez drôle, un peu provocant et s’accordera très bien entre mes albums de Yo Majesty et Thunderheist, plus linéaires mais également bien sympathiques.

http://www.myspace.com/faggetfairys

6. Filastine « Dirty Bombs »

Une des raisons qui expliquent que j’aime la Médiathèque, c’est la possibilité de tomber presque par hasard sur ce type de disque. Encore un album qui va piquer ses sons dans les musiques plus traditionelles pour en ressortir un hip-hop très engagé, pas toujours abouti, quelques fois assez ennuyant même, mais tellement original qu’on reste accroché aux meilleurs morceaux : « Singularities » qui ouvre l’album, « Fitnah » et sa voix envoutante ou « Hungry Ghosts« . De toute façon, en 17 pistes, c’est également un album d’une belle unité qui réussit à néanmoins maintenir l’intérêt de l’auditeur jusqu’au bout.

http://www.myspace.com/filastine

5. Loney, Dear « Dear John »

La pop à guitare est souvent confinée dans les bas-fonds de ma musicothèque, elle réussit rarement à m’émouvoir, ce qui est sensé être son but. J’étais donc extrêmement dubitatif à l’écoute de cet album de Loney, Dear. Ca commence d’ailleurs mal avec le single « Airport Surrounding » qui reprend tout les poncifs du single à guitares que je déteste. Mais, heureusement, je ne me suis pas arrêté là, grâce au titre suivant « Everything turns to you » qui, sans être exceptionnel, m’a suffisamment accroché avec ces compléments rythmiques de bon goûts pour me pousser jusqu’aux excellents titres « Under a Silent Sea« , « I Get Lost » presque jazzy et surtout le glaçant « Distant.« . Sans doute l’album le plus irrégulier de ma sélection, mais les quelques bons titres de la galette compense largement ce défaut. On pourrait presque se laisser emporter par l’ambiance globale du disque, assez mélancolique il faut le dire, jusqu’à échouer sur « Harm.. » vraiment suicidaire…

http://www.myspace.com/loneydear

4. Circlesquare « Songs About Dancing And Drugs »

J’écoute le deuxième album de Circlesquare depuis deux jours seulement, mais j’avais également découvert le premier cette année. Et il ne fait aucun doute que, si javais déjà beaucoup aimé le premier opus, celui-ci le dépasse très certainement. Alors que tout le monde s’extasie sur The XX et parle des ambiances glacées de la cold wave, je me dis que le qualificatif conviendrait beaucoup mieux à Circlesquare. Le groupe réussit vraiment à recréer la rage froide et la tension à travers une ligne de basse accidentée mais toujours un peu remuante. D’autres morceaux font plus penser à She Wants Revenge en mois grandiloquent ou encore Fujiya & Miyagi (j’y viens après). Bref, c’est très recommandable, dont le premier single qui est extrait de cet album « Dancers » (que vous pouvez recevoir gratuitement ici), une petite perle pour danseurs psychotiques.

http://www.myspace.com/circlesquare

3. Saul Williams « The Inevitable Rise and Liberation of Niggy Tardust »

Voilà un album qui m’aura marqué même si il n’est certainement pas celui que je ré-écoute le plus souvent. Il représente pour moi le meilleur de ce qui peut se faire quand le hip-hop rencontre le métal. Produit par Trent Reznor (Nine Inch Nails – cela m’a d’ailleurs poussé à la découverte de la discographie très intéressante du bonhomme) , l’album est extrêmement violent et sombre (les deux titres d’ouvertures « Black History Month » et « Convict Colony« ) et éprouvant sur la longueur vu la tension qui y règne même sur les morceaux le plus calmes ou la reprise de « Sunday Bloody Sunday » de U2. Bref, un album exceptionnel, mais qu’on ne ressort que dans les grandes occasions (genre, quand on a envie d’exploser son voisin dans le train)

http://www.saulwilliams.com/

http://www.myspace.com/saulwilliams

2. Fujiya & Miyagi « Lightbulbs »

On arrive là à un album que j’ai énormément écouté cette année. Le deuxième album de Fujiya & Miyagi a l’avantage d’être adapté à toutes les situations. Il est en même temps énergiques et sobre, émouvant et joyeux, pop et plus que ça. Les ingrédients sont les mêmes que pour le premier opus : une grosse ligne de basse qui s’arrange entre funk et krautrock, une voix toujours sur le souffle et quelques éléments de guitares et d’instruments électroniques rythmiques pour habiller le tout. C’est cette économie de moyen qui fait la réussite de cette musique, avec la qualité des mélodies qu’on retient dans la demi-seconde.  Même si l’album s’écoute très facilement dans son ensemble, on retient quelques titres : « Knickerbocker« , « Uh« , « Pussyfooting« , « Goosebump » ou même « Lightbulbs » comme moment d’accalmie de la basse sur fond de paroles assez mignonnes. Si vous connaissez le premier album, c’est la même chose et vous regretterez sans doute les mélodies connues du premier. Je ne le connaissais pas, et je préfère donc le deuxième opus…

http://www.myspace.com/fujiyaandmiyagi

1. CirKus « Medecine »

Non, je n’ai pas honte de choisir le projet de Neneh Cherry à la première place de ce top. Je n’ai d’ailleurs pas compris que cette sortie soit passée si inaperçue. Il est vrai qu’on avait eu en trip-hop le troisième album de Portishead pour nous contenter, mais on ne peut pas dire que les sorties de qualité dans ce style sont pléthores. Et ce deuxième album de cirKus est un petit bijou, sans doute pas fondamentalement innovant, mais tellement bien produit qu’il serait dommage de s’en priver. Développant une ambiance constante sur la longueur, entre morceau plus planants et morceaux plus agités, on retiendra le titre d’ouverture « Drug Of Choice » et le morceau titulaire « Medecine » comme chef-d’oeuvre de cet album, sans dénigrer aucun des autres morceaux du disque, tout très bons. La meilleure surprise de cette année, sans aucun doute !

http://www.myspace.com/cirkus

Vous le savez sans doute, je suis un grand défenseur de l’institution qu’est la Médiathèque de la Communauté Française de Belgique. Si l’idée de rassembler dans un lieu des supports physiques contenant de la musique, des films et des jeux peut sembler désuète et couteuse à l’heure actuelle, je n’ai pas encore pu découvrir un moyen aussi efficace sur Internet pour amener l’auditeur acharné que je suis à de nouvelles découvertes (Internet est en réalité fondamentalement « mainstream » au niveau musical). Démonstration par l’exemple…

Fagget Fairys ou les lesbiennes danoises de l’espace

On connaît surtout les groupes lesbiens dans le style d’électro-punk façon riot girl (Peaches, Le Tigre, Lesbian on Ecstacy, Cobra Killer,…) mais les Yo Majesty ont apparemment ouvert la voix vers un hip-hop-électro lesbien. Mais si les Yo Majesty enfonçait le clou du hip-hop américain en retournant ses clichés sexistes au profit d’un féminisme exacerbé, les Fagget Fairys sont beaucoup plus fines. Les inspirations sont variées, plongeant dans l’ensemble du spectre des genres « breakbeat » : électro, hip-hop, drum & bass, dubstep,… Le tout sous légère influence balkanique (ou parfois plus que légère). Les morceaux « Feed The Horse« , « Watch My Back » ou « All I Want » sont des décharges de basses qui vous feront remuer à coup sûr. Cela donne un mélange franchement intéressant, drôle, parfois indécent, mais qui va rejoindre gracieusement les CD d’électro-hip-hop de qualité qui peuplent mes étagères (Cadence Weapons, Reverse Engineering, Thunderheist, Yo Majesty,…)

MySpace : http://www.myspace.com/faggetfairys

Un patron de label qui a bon goût

source : www.balencourt.com

A la médiathèque, on peut également louer (gratuitement) des démos que de nombreux producteurs en herbe (ou pas) laisse à la disposition du public. Parmi ces démos, on trouve parfois des perles comme l’album de Ext Int. Il s’agit du projet du directeur du label belge Boya Entertainement, sur lequel on a pu retrouver Depotax et son producteur Bishop Dust (maintenant passé sur AKA Music) ou encore Ucture que vous retrouverez tous en concert ce jeudi au Botanique. Le patron a donc un goût assuré pour l’électro travaillée sans être trop prise de tête. Et c’est d’ailleurs ce que propose Ext Int, avec une musique penchant vers le trip-hop, sur lequel le jeune homme pose une voix se rapprochant par moment de celle d’Anthony & The Johnsons. C’est loin d’être parfait, mais certains titres sont vraiment gracieux et très réussi comme le titre d’ouverture « all that we need« . Bref, si vous avez de l’argent à investir dans de la musique, jetez une oreille à Ext Int, ça vaut la peine !

MySpace : http://www.myspace.com/extintmusic

La super-band américain de branques

La mode des super-bands américains envahi nos oreilles : entre Them Crooked Vulture ou The Dead Weather, les grands rockeurs se réunissent et réalisent souvent des albums intéressants. Discovery est également un super-band, rassemblant le claviériste de Vampire Weekend et un membre de Ratatat. Sauf qu’ici, pas question d’un bête rock garage efficace, mais une musique plutôt bancale. L’auditeur se retrouve assis entre la chaise pop mélodique de Vampire Weekend et les compressions de Ratatat, ce qui donne des morceaux comme « I Wanna Be Your Boyfriend » ou « It’s not my fault (it’s my fault) » qui peuvent faire penser à certains morceaux barrés de Hot Chip dans les bons cas, à des morceaux écoutables de Animal Collective dans les moins bons. Mais on ne reste certainement pas indifférent face à ces sons tous plus synthétiques les uns que les autres !

MySpace : http://www.myspace.com/discoverdiscovery

Bien sûr, ces groupes sont écoutables sur le net, mais par contre, il n’est pas évident de trouver des gens pour vous y inciter. C’est pour cela que je continue à fréquenter le Passage 44 et sa caverne d’Ali Baba musicale…

Après les plus grandes déceptions musicales de l’année 2009, on passe aux albums les plus kitschs de l’année écoulée. Ne comprenez pas kitsch comme (nécessairement) mauvais, au contraire. Mais il faut bien avouer qu’il sera difficile de détrôner le formidable gagnant de la catégorie l’année dernière, Neon Neon. Reste que certains candidats sérieux se bousculent au portillon…

5. Calvin Harris « Ready For The Weekend »

Cet album aurait pu se trouver dans mes déceptions de l’année, c’est vrai. Car j’attendais beaucoup du deuxième album de Calvin Harris après son excellent « I Created Disco » déjà assez kitsch. Sauf que dans le premier cas, il y avait une forme de second degré qu’on retrouvait dans la production un peu branque qui donnait une subtilité. Celle-ci manque fondamentalement dans ce deuxième opus. Car en plus de pomper les sons des années 90 (oui, y compris les horribles voix de la house européenne que nous avons dû supporter tout au long de nos enfances), il pompe aussi la production tsoin-tsoin typique de cet époque. Bref, un exemple type de kitsch qui tourne au mauvais goût. On pourra quand même sortir quelques titres du lot (sans doute les singles dont « I’m not alone » qui illustre parfaitement mon propos mais réussit à rester efficace), mais Calvin Harris nous offre aussi l’exemple parfait de ce qui ne faut pas faire dans le créneau « rempompage des 90′s ».

4. Pet Shop Boys « Yes »

On ne peut pas parler de kitsch sans parler des papes du kitsch, les Pet Shop Boys, qui ont ressorti un album. Difficile d’égaler leur niveau, il ne mérite néanmoins que la 4ème place car ils se renouvellent peu ! On ne peut pas dire que l’album « Yes » se démarque fortement de son précédent « Fundamentalism« . Comme d’habitude, on a quelques singles qui marchent vraiment bien (surtout un, systématiquement en première plage de l’album), et le reste, on le supporte. Mais les pépés de la variété anglaise tournent toujours (ils sont au Lotto Arena début de l’année prochaine) et j’ai pu assister à leur concert pour me rappeler que, quand même, « West End Girl« , « Suburbia » et « It’s a sin » sont des monuments de mélodies électro-pop.

3. Simian Disco Mobile « Temporary Pleasure »

Un autre deuxième opus attendu au tournant. Les compositeurs du titre « Never Be Alone » qui a permis à Justice de devenir mondialement connu avaient en effet réussi un excellent premier opus (« Attack, Decay, Sustain, Release » que je trouvais personnellement supérieur à celui de Justice). Eux aussi se sont donc plongés dans la vague nineties, avec un peu plus de succès que Calvin Harris. D’abord, parce qu’ils se sont entourés pour cet album. Gruff Rhys (Super Furry Animal, Neon Neon) a déjà l’expérience de composition kitschissime et le morceau d’ouverture est tout à fait dans la lignée de ce qu’il a fait avec Boom Bip pour Neon Neon. Beth Dido (Gossip), de son côté, assume sans problème le rôle de diva house 90′s et rend crédible un morceau qui, sans sa voix, aurait été insupportable. Jamie Liddel réussi le morceau le plus travaillé de l’album avec Alexis Taylor (Hot Chip). Bref, si on retrouve effectivement les sons hyper synthétiques, kitschs et maintenant désuets de la pop/house des années 90, on est face à un album qui réussit à rester dans son temps malgré tout. Pas parfait, mais mieux que ce que la plupart des critiques en ont dit.

2. Patrick Wolf « The Bachelor »

Attention, ici, c’est du lourd ! Patrick Wolf est français, et je ne sais pas si il est lié à Laurent Wolf qui commet dans la musique électro commerciale, mais en tout cas, Patrick Wolf fume de la bonne. Il suffit de voir la pochette de son dernier album « The Bachelor » où il place dans des images très travaillées tiré de l’univers heroïc-fantasy des éléments assez improbables. C’est psychédélique, ça fait mal aux yeux, et bizarrement, c’est attirant. un peu comme la musique de l’album, avec violon tuné (sa marque de fabrique) et voix grandiloquente débitant des textes qui le sont tout autant. Difficile de le comparer à quoi que ce soit, difficile également de dire que c’est bien, vu que c’est quand même sur la tangente du bon goût. Mais en tout cas, c’est kitsch à en mourir, et rien que pour ça, ça vaut la peine d’y jeter une oreille !

1. The Golden Silvers « True Romance »

Honnêtement, on aurait pu penser que plus kitsch que Patrick Wolf, ce n’était pas possible. Encore moins dans la veine « années 80″ déjà surexploitée. Et bien, détrompé vous, les anglais n’allaient pas laisser un français s’emparer du trophée si facilement et nous ont pondu un groupe qui ne peut exister que là-bas. Les Golden Silvers, c’est le condensé des années 80 anglaises (New Order, Cure, Duran Duran,…) repris dans leur forme originale au premier degré. La chanson titulaire de l’album est inimitable, tout comme le clip franchement marrant ! Et en plus, comme c’est plutôt bien produit, on pourrait presque apprécier (pas tout, il y a des morceaux qu’on ne peut simplement pas supporter jusqu’à la fin). Bref, même si le revival des années 80 est sur la fin, on attend encore les bonnes production estampillées années 90 pour détrôner les grosses lignes de basses et les claviers vintages. Merci à l’équipe de 5 Heures pour la découverte, et on finit sur la vidéo formidable du premier single « True Romance »

Moodio LogoNotre plat pays n’est pas seulement connu à l’étranger pour ses frites, les chocolats de Marcolini et nos Webmissions à Séville, mais également pour le nombre de festival de musique par habitant. Malheureusement, la passion des belges pour la musique ne se reporte que très peu vers les artistes nationaux, et encore moins vers les artistes de l’autre côté de la frontière linguistique. Un état de fait que les fondateurs de Moodio.tv ont bien l’intention de changer !

Avant de réellement parler du produit Moodio.tv, il faut donc avoir le but du projet en tête : mettre en valeur les artistes nationaux, qu’ils soient signés sur des majors ou auto-produits auprès du public belge mais également international. En slogan, cela donne « Expose your Music » et il faut bien dire qu’on peut difficilement le paraphraser. Pour arriver à cet objectif, Moodio.tv a lancé un site Internet entre plate-forme, webzine musical en image.

  • Un webzine vidéo sur la musique belge

Plutôt qu’une émission de télévision qui coute cher à produire, les fondateurs de Moodio ont pensé à produire des capsules vidéo à diffuser sur le web. Sans sacrifier la qualité néanmoins, ce qui donne aux reportages de Moodio une qualité d’image, de prise de son, une identité visuelle également qui les rends incomparablement meilleures que ce qu’on peut trouver sur YouTube.

Néanmoins, de jolies vidéos ne seraient rien sans un contenu digne de ce nom. En ce sens, Moodio se détache assez bien de ses concurrents en laissant une réelle liberté à ses deux rédactions (francophone et néerlandophone) pour le choix des sujets, du moment qu’un équilibre entre les différents styles musicaux puissent être trouvé. Ainsi, pas question de voir un artiste payer pour être sur Moodio.tv, la rédaction garde le contrôle de ses sujets. Cela permet de retrouver côte à côte un sujet sur le luthier sauvage Max Vandervorst et un autre sur Zita Swoon, des artistes à la renommée d’ampleur très différentes et pourtant traités sur un pied d’égalité. Cela fait bien longtemps que ce n’est plus le cas dans beaucoup de magazines culturels, soumis aux pressions de leur régie publicitaire.

  • Une plate-forme pour l’industrie musicale

Mais Moodio ne pouvait se contenter de produire des vidéos pour attirer du monde sur son site et les faire revenir. Derrière ces vidéos a donc été développé une plate-forme pour les artistes mais pas seulement. Les fans également, bien sûr, mais surtout tous ces maillons qui gravitent autours des artistes et qu’on oublie souvent : producteurs, musiciens, labels,… Tout ces intervenants forment un joli réseau qui s’entrecroisent énormément, ce qui a permis à Moodio de développer un carnet d’adresse extensif de la profession !

Mais ce n’est pas tout… Aù-delà de permettre des contacts entre acteurs de l’industrie musicale, cette plate-forme offre aussi différents services intéressants. A termes, elle devrait permettre de gérer la présence sociale d’un artiste sur les différents réseaux : Facebook, Twitter, MySpace,…

De plus, au travers de son widget de lecture vidéo, il sera possible aux artistes de vendre directement leurs place de concerts, leurs titres ou simplement faire de la pub. Le potentiel est assez intéressant : quand un blog reprend votre vidéo Moodio, il affiche en même temps les publicité pour votre concert ou votre musique, soit pour l’achat direct via l’outil (payant, mais pas à la commission) que Moodio met à la disposition de ses membres, soit via vos canaux de ventes habituels (iTunes Store, billetteries en ligne,…).

Une petite vidéo pour vous présentez tout cela en images :

Bref, Moodio.tv se présente non seulement comme un producteur de contenus de qualité pour les artistes, mais fournit également des moyens pour partager ce contenu sur la toile et le transformer en revenus.

  • Et le business model, dans tout ça…

Beh oui, tout cela c’est bien beau, mais ça coute cher ! Que ce soit en termes d’investissements (gros travail de développement du site, achat du matériel vidéo,…) qu’en termes de coût récurrents (besoin de personnel pour continuer à produire les films, stockage et bande passante pour les films). Et comme on voit  le service, il n’y a pas énormément de source de monétisation.

D’autant plus que le site privilégie la qualité de son portail et de son contenu aux rentrées financières : pas de pubs, pas de vidéos sur commande, pas de paiements à la commission sur les ventes via l’outil de vente ,… C’est pourtant cet outil qui est le premier pillier espéré des rentrées financières : des abonnements mensuels pour les artistes qui souhaitent accéder à ces fonctions plus avancées. C’est moins cher que les systèmes de e-ticketing de grosse ampleur (Go For Music) et cela ne fonctionne pas à la commission. On imagine néanmoins mal le projet survive sur cette base. Même si l’option coûte 30 euros par mois et que 300 artistes l’adoptent (ce qui est fort optimiste), on en arrive à 9000 euros par mois, ce qui est trop peu pour rendre le projet viable.

C’est pourquoi il est également prévu de se baser sur des collaborations avec certains acteurs forts. On imagine mal quelle collaboration serait possible si le contenu reste indépendant et si il n’y a pas de publicité, mais c’est apparemment le modèle privilégié. Bref, on voit difficilement où ils veulent en venir pour gagner de l’argent, mais vu la manière dont ils en parlent, créer l’équilibre financier ne devrait pas être un problème vu qu’ils annoncent y arriver pour fin 2010…

Enfin, pour ce qui est du remboursement de l’investissement, nos amis envisagent de revendre leur technologie à d’autres secteurs, et là, effectivement, on comprend tout de suite qu’il y a de l’argent à se faire. Hélas, en one shot… Car le modèle de monétisation proposé est assez bancal : créer plus de contenu n’apporte pas de nouveau revenu (ou de manière indirecte et assez faible). Dès lors, le modèle financier pourrait causer la diminution de la création de contenu…

Mais ne jouons pas les oiseaux de mauvaises augures, le projet est pas mal ficelé, avec beaucoup de possibilités intéressantes, et soutenus par de véritable passionnés. Je les remercie donc pour leur engagement, pour leur invitation m’avoir laissé m’incruster à leur présentation lundi et souhaite beaucoup de réussite à ce projet !

Puisque je reprends ma veille sur les sites et blogs musicaux, je vous en propose ici un petit condensé sélectionné. Au menu, des morceaux qui annoncent de chouettes nouveaux albums, du plagiat, d’un top de fin d’année bien plus important que les miens et deux retours fracassants…

1. New-York, Londres, Waadt : quelques sorties attendues !

Commençons par celui qu’on doit maintenant nommer un pape, même si sa musique n’a pas dix ans : James Murphy ! Son label DFA se porte bien et offre des rééditions, des compilations et des exploitations des sons de New-York fin des années 70 – début des années 80. Cela influence clairement la musique de so groupe LCD Soundsystem qui a laissé les internautes télécharger gratuitement 20.000 fois son nouveau single « Bye Bye Bayrou« . Ne vous précipitez pas, tous les téléchargements sont partis, il vous reste la possibilité d’écouter le titre, assez proche des origines punk-funk new-yorkaise, sur son MySpacehttp://www.myspace.com/lcdsoundsystem

Si James n’a pas annoncé de nouvel album à ma connaissance, ce n’est pas le cas des londoniens de Hot Chip dont le quatrième effort studio devrait sortir en février. Ca tombe bien, leur tournée de sortie s’arrête à Bruxelles à l’Ancienne Belgique. En attendant, vous pouvez écouter la plage titulaire de leur nouvel album « One Life Stand »  ainsi qu’un titre du nouvel album solo du deuxième chanteur du groupe Joe Goddard sur le blog de Mr. Meuble « Sous les pavés, la plage ». Et vu la qualité des titres en solo, je serais assez curieux de jeter une oreille sur son album « Harvest Festival« .

Reste la news concernant la charmante ville suisse de Waardt (ou Vaud en français). Elle ne concerne pas de minarets (je doute d’ailleurs que la ville en comporte), mais la sortie imminente du deuxième album de Reverse Engineering. Découvert en 2008, l’album « Duck & Cover »  de ce groupe de hip-hop électronique industriel m’avait fait pas mal d’effet et c’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai appris la sortie en janvier 2010 de leur deuxième opus « High Complex Machine« . Et comme c’est quelqu’un de bien, il propose sur SoundCloud quelques morceaux pour prendre contact avec l’album et avec le style, il est vrai particulier, de leur musique

HCM_Promo_November by  Reverse Engineering

2. Entre inspiration et plagiat

Autre sortie peut-être intéressante, le deuxième album de Charlotte Gainsbourg. Du moins, si je me fie aux deux morceaux écoutés et au nom à la production : Beck. Et donc, premier clip pour le premier simple « Heaven can wait » réalisé par un clippeur assez reconnu Keith Schofield. Suite un peu désordonnée de plans absurdes, le clip est assez réussi. Sauf que le débat fait vite rage chez les passionnés de l’image, car Schofield se serait inspiré du travail photographique de William Hundley visible sur son Flickr, bien évidemment sans le créditer. Je vous passe les détails et je vous renvoie vers l’article de Bienbienbien.net sur le sujet. Reste que la question des droits d’auteur sur Internet est extrêmement complexe, et que si cela vous intéresse, vous pouvez vous rendre demain au Café Numérique à Bruxelles, puisque qu’on y discutera Hadopi et droits d’auteur dans le monde numérique.

3. Ne sortez pas vos albums en décembre !

Beh oui, vous ne pourrez pas vous retrouver dans les tops de fin d’années de sites prestigieux très fréquentés comme Fluctuat.net qui a déjà publié son top des meilleurs albums de 2009. Il n’a évidemment absolument rien d’étonnant (Animal Collective en première place – quel-le surprise !, Fever Ray, The XX, Phoenix,…) et devrait se retrouver assez à l’opposé du mien. Mais bon, il n’empêche que ce genre de classement vaut toujours mieux que l’Ultra Top et que cela permet quelques fois de faire de chouettes découvertes : http://musique.fluctuat.net/diaporamas/les-meilleurs-albums-de-2009/

4. Des mythes (mites ?) sur le retour…

Bon, je suis loin d’adhérer totalement au blog SubMusic (on se demande d’où vient le Sub), mais il m’apprend deux nouvelles capitales du petit monde de la musique. Je ne sais pas par laquelle commencer, peut-être par la moins étonnante : Oasis va se reformer ! Vous avez sans doute entendu parler de la dispute violente des frères Gallagher qui avait amené à annoncer la fin d’Oasis quasiment en live au festival Rock-en-Seine. Evidemment, on y croyait pas trop. A juste titre, Liam Gallagher a annoncé qu’il allait reformer Oasis… sans son frère et avec d’autres musicien. Peut-on réellement parler de reformation, alors ? Apparemment, oui, la franchise Oasis rapporte trop pour la laisser tomber comme ça, n’est-ce pas…

Plus étonnant, mais peut-être pas nécessairement pire, Dorothée, la star des émissions pour jeunes puis « chanteuse », s’apprête à ressortir un album. Elle sera en plus en concert à l’Olympia en 2010 en France. Il n’y a pas grand chose d’autres à en dire, j’ai pas vraiment cherché à entendre ce que donne le « son Dorothée » en 2009.

Bref, ces deux nouvelles et d’autres dans le même genre se retrouve sur submusic.fr